« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

vendredi 6 juillet 2018

Père Onésime Lacouture - 3-18 - Le rôle de Jésus-Christ en nous



DIX-SEPTIÈME INSTRUCTION
RÔLE DE JÉSUS-CHRIST EN NOUS.

«Ce n’est plus moi qui vis, c’est J.-C. qui vit en moi». Gal. 2-20.

La sainteté de Dieu consiste dans l’adhésion de sa volonté à ses perfections infinies. C’est son «amour-propre», mais en lui parfaitement légitime, puisqu’il est Dieu et infiniment parfait. C’est dans sa sainteté divine qu’il trouve son bonheur éternel. Eh bien! Quand Dieu décréta l’Incarnation du Verbe, c’était en vue de nous communiquer cette sainteté divine, afin de nous faire participants de son bonheur éternel. Le Verbe s’unirait à notre humanité et deviendrait l’un des nôtres d’une façon bien réelle puisqu’il serait vraiment homme tout en restant vraiment Dieu. Après avoir communiqué la vie divine à son humanité, il ferait de même pour les autres hommes qui croiraient en lui et l’accepteraient comme leur Sauveur.

Pour nous faire comprendre cette merveille inouïe, Jésus nous donne l’exemple de la vigne. «Je suis la vigne et vous êtes les sarments… de même qu’un sarment ne saurait porter de fruit de lui-même sans rester sur le cep de la vigne, il en est ainsi de vous, si vous ne demeurez pas en moi… celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit; car vous ne pouvez rien faire sans moi». Jo. 15.

Ailleurs il dit: «Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. Nous avions déjà la vie naturelle avant son incarnation»; il parle donc de la vie divine qu’il nous apporte et l’exemple de la vigne s’applique surtout à la vie surnaturelle.

Par la grâce sanctifiante, nous sommes greffés sur J.-C.; c’est la même vie divine qui circule dans notre être et en J.-C.

Saint Paul prend l’exemple du corps humain avec ses membres pour expliquer notre union avec le Sauveur. Comme chaque membre vit de la vie du corps et qu’il constitue le corps, ainsi tout chrétien en état de grâce constitue un membre du corps mystique de J.-C. qui vit de la vie même de J.-C.

Or la vie divine est aussi sa sainteté: donc en proportion qu’un chrétien reçoit de cette vie divine, il participe à la sainteté de Dieu.

Nous pouvons résumer toutes les exhortations de Jésus à la sainteté par ces paroles de la fin de sa vie: «Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’ils soient aussi sanctifiés dans la vérité (Il vient de dire qu’il est la vérité). Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui doivent croire en moi par leur parole; afin qu’ils soient tous une seule chose, comme vous, mon Père, vous êtes en moi et moi en vous et qu’ils soient de même une seule chose en nous, afin que le monde croie que vous m’avez envoyé». J. 17.

C’est la plus intime union possible entre Dieu et nous que Jésus veut nous donner. C’est une participation à la vie intime de la Trinité dans la vision béatifique du ciel. Nous devrions tous nous bien disposer à bien comprendre d’abord le plan divin, puis ensuite nous déterminer à tout faire pour le réaliser en chacun de nous.

On voit tout de suite que la sainteté de Dieu est tout le contraire de notre amour-propre; c’est son amour-propre à lui. Donc si nous voulons devenir saints comme lui, il nous l’ordonne, nous devons rejeter complètement notre amour-propre pour prendre le sien. C’est un changement radical et absolu dans notre vie. Il va falloir haïr ce que nous avons aimé et vice versa, de fait sinon de volonté. Par nature, notre vie a été toute aux créatures, maintenant par grâce elle doit être toute à Dieu et aux choses de Dieu. Voyons comment Dieu va s’y prendre pour opérer cette transformation ineffable.

IL NOUS ÉLÈVE DANS L’ORDRE SURNATUREL

Par la grâce sanctifiante, il nous fait participants de la vie divine et donc nous élève au rang divin. Nous devenons réellement les enfants de Dieu par adoption, mais plus parfaitement que par l’adoption de la terre. Les parents ne peuvent pas faire que l’enfant adopté ait leur sang et leur chair, mais l’adoption divine nous communique la vie divine propre de Dieu. Nous sommes donc vraiment ses enfants et il est notre Père, comme Jésus nous le fait dire dans sa prière: «Notre Père…».

Voici un point extrêmement important et rarement connu par les prêtres et encore moins par les fidèles. Est-ce que la grâce nous divinise totalement? Sans hésiter tout le monde dit: «Oui». Il y a du vrai et il y a du faux…

La grâce sanctifiante divinise totalement tout notre être ou toute sa substance, notre entité physique, corps et âme. Trop de prêtres mêmes restent là pour eux-mêmes et pour les autres. Ils disent ouvertement que lorsque l’on est en état de grâce, tout en nous est surnaturalisé. Physiquement, oui!

Mais l’homme libre, est libre et Dieu respecte sa liberté jusque dans notre élévation surnaturelle. Il y a toute la partie libre des intentions et des motifs ou de l’orientation libre de notre activité physique qui n’est pas divinisée automatiquement par la grâce sanctifiante! Même quand je suis en état de grâce, je reste libre de manger une pomme pour Satan, pour mon païen ou pour Dieu. Pourquoi Jésus, les Apôtres et tous les Saints nous recommandent tant de tout faire pour Dieu, si une fois en état de grâce on le fait automatiquement? Pourquoi tant parler des intentions dans les livres spirituels, si ces intentions sont surnaturelles quand nous sommes en état de grâce? Elles ne le sont pas par le seul fait de notre élévation dans l’ordre surnaturel!

Or, le mérite éternel est dans la partie libre de notre activité, il n’existe pas dans la grâce sanctifiante; elle est une condition nécessaire au mérite, mais elle n’est pas le mérite! après avoir donné la grâce sanctifiante aux anges, Dieu les a éprouvés pour leur donner une chance de mériter le ciel par un acte libre de leur intention ou motif. Or Lucifer, étant en état de grâce, a agi librement comme s’il était encore dans l’ordre naturel et c’est pour cela qu’il est devenu le diable. En état de grâce il a agi avec un motif naturel et il fut précipité en enfer uniquement pour cela. Saint Michel et les bons anges, étant en état de grâce, ont agi pour un motif surnaturel, pour l’amour de Dieu et ils sont allés au ciel continuer de vivre pour Dieu dans la partie libre de leur activité angélique. Substantiellement, ils étaient divinisés, mais pas dans leur orientation libre des intentions. Avec la grâce actuelle de Dieu, ils ont voulu agir en êtres divins qu’ils étaient physiquement. Mais leur mérite et la gloire de Dieu étaient justement dans l’usage libre de leurs intentions.

Nous sommes dans le même cas que les anges. Le seul fait de recevoir la grâce sanctifiante ne nous donne pas de mérite ni à Dieu de la gloire, puisque c’est un don purement gratuit que nous ne pouvons jamais mériter, quand nous ne l’avons pas. C’est pourquoi Dieu nous éprouve une fois en état de grâce. Il nous fait ses enfants et ensuite il nous donne des chances d’agir comme tels ou non. C’est uniquement quand nous agissons librement pour plaire à Dieu et donc pour un motif surnaturel que nous montrons notre appréciation du don divin de la grâce sanctifiante et donc que nous avons du mérite et Dieu de la gloire.
En d’autres termes, la grâce sanctifiante est comme l’arbre, mais nos actions libres surnaturelles, par nos motifs surnaturels, en sont les fruits. Or on cultive un arbre pour ses fruits; Dieu attend des fruits surnaturels libres de notre grâce sanctifiante. Là est sa gloire et notre mérite.

Est-ce qu’un enfant a du mérite à recevoir la nature humaine? Pas du tout, quand même c’est déjà un grand don, il ne vient pas de lui. Où sera son mérite et la gloire des parents? C’est quand cet enfant grandira de manière à faire plaisir à ses parents ou quand il agira en être humain avec sa raison et sa volonté libre. Autrement, s’il agit seulement comme un animal, c’est un idiot et une vraie croix pour ses parents. Quelle consolation auraient-ils dans le fait qu’il a la nature humaine? Aucune, puisqu’il ne s’en sert pas librement et intelligemment. Ce que les parents surveillent, ce n’est donc pas le fait qu’il est homme, mais qu’il agit en homme.

Eh bien! Ce que Dieu surveille en nous, ce n’est pas tant le fait que nous avons sa nature, puisque nous l’avons sans aucun mérite de notre part, mais le fait d’agir en Dieu ou comme un enfant de Dieu librement et intelligemment. C’est donc quand nous agissons avec des motifs surnaturels ou pour lui plaire qu’il est heureux de nous avoir faits ses enfants. Mais des chrétiens qui sont en état de grâce et qui agissent avec des motifs naturels comme des païens sont des idiots spirituels devant Dieu… et une honte pour lui! Il en a du chagrin, il est insulté d’avoir des enfants qui imitent Lucifer dans son péché quand même ce n’est pas toujours péché d’agir pour des motifs naturels.

Voici une source fréquente d’erreurs de jugement dans une foule de prêtres et par conséquent de laïques aussi. Comme dans la partie physique et substantielle de notre élévation à l’ordre surnaturel, nos actions restent humaines tout en étant faites dans l’ordre surnaturel. Par exemple, l’action d’un païen qui mange une pomme est la même que celle d’un saint qui mange aussi sa pomme. A cause de cela, beaucoup de prêtres transfèrent sur la partie libre la même conclusion et plusieurs disent qu’une action faite en état de grâce pour un motif naturel est surnaturelle à cause de la grâce sanctifiante. C’est la même erreur que de dire que toute action d’un idiot est raisonnable parce qu’il est un homme ou qu’il a la nature humaine. C’est faux! Cet homme est idiot justement parce qu’étant un homme, il n’agit pas en homme, mais comme un animal. Eh bien! Le chrétien qui est enfant de Dieu et qui n’agit pas en enfant de Dieu mais comme un simple païen est un idiot devant Dieu!

Par conséquent, c’est faux de dire que la surnaturalisation de nos actions vient uniquement de la grâce sanctifiante. C’est aussi faux que de dire que toute action qui vient d’un homme est raisonnable! Les idiots sont des hommes et leurs actions ne sont pas raisonnables! Combien de chrétiens formés par nos philosophes du clergé ont la grâce sanctifiante et agissent comme de vrais païens dans la partie libre de leur activité ou dans leurs motifs.

Si on ne peut pas trancher entre le naturel et le surnaturel des actions en elle-mêmes ou physiquement ou substantiellement, dans la partie libre des intentions ou des motifs, il faut trancher au couteau entre les motifs naturels et surnaturels. Ils sont absolument opposés les uns aux autres. Un motif ne peut pas être en même temps naturel et surnaturel; c’est l’un ou l’autre. Si je fais une action pour mon païen, ce n’est pas vrai qu’elle peut être pour Dieu en même temps.

Dans mon ignorance, comme il y en a tant sur cette matière, je puis bien croire que mon motif naturel est acceptable à Dieu, mais c’est une erreur. Dieu mobilise absolument tout notre amour, comme il le dit bien par son premier commandement. L’amour que l’on donne à une créature quelconque et donc les motifs naturels sont contre Dieu.

C’est la doctrine bien claire de Saint Ignace dans tous ses exercices si souvent approuvés par l’Eglise. Il rejette absolument tous les motifs naturels même bons en soi. Jamais il ne permet le mariage des deux comme tant de philosophes enseignent. Il exige qu’on rejette d’abord tout motif naturel pour ne prendre que les motifs qui viennent uniquement de Dieu d’une façon ou d’une autre.

On sait que c’est aussi la doctrine de Saint Jean de la Croix, docteur de l’Eglise. Pour lui, tout motif naturel est du fumier devant Dieu. Il pense donc comme Saint Paul. Saint François de Sales qui dit que faire une chose par affection et donc pour un motif naturel est entièrement contraire à la dévotion et à la vie spirituelle et même dangereux pour le salut. Lui aussi est docteur de l’Eglise.

C’est la doctrine claire de J.-C.: «Gardez-vous… et donc faites attention… de faire vos œuvres pour être vus des hommes, autrement vous n’en recevrez point de récompense de votre Père qui est dans les cieux». C’est catégorique! Que valent les opinions de nos savants philosophes qui transfèrent sottement dans la partie des intentions ce qui est vrai dans la partie physique ou substantielle…

Saint Paul veut que nous rejetions tout motif naturel. Il écrit aux Col. 3-22: «Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair en tout, ne les servant pas seulement lorsqu’ils ont l’œil sur vous, comme si vous ne pensiez qu’à plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur et crainte de Dieu. Tout ce que vous faites faites-le de bon cœur comme le faisant pour le Seigneur et non pour les hommes». Il ne dit pas pour les deux, mais pour Dieu seul; donc uniquement pour des motifs surnaturels.

Donc toute notre imitation de J.-C., qui dépend de notre liberté, est uniquement dans les motifs au point de vue pratique. Comme ils peuvent être naturels ou surnaturels même quand nous sommes en état de grâce, c’est là que nous devons travailler pour imiter J.-C. en faisant tout pour lui, comme lui faisait tout pour son Père. Le choix du chrétien est donc uniquement entre ces deux sortes de motifs. Or les seuls que Dieu veut sont des motifs surnaturels… et les motifs naturels sont du fumier devant ses yeux. C’est Saint Paul qui le dit. Toute affection pour une créature est du fumier par rapport à l’amour de Dieu. Or, c’est cette affection pour la créature qui nous fournit nos motifs naturels. Les prêtres philosophes qui favorisent les motifs naturels offrent donc du fumier à Dieu. Du fumier! Du fumier! «In se» ou en soi, c’est bon! Qu’ils le gardent pour eux; c’est bien ce qu’ils méritent dans leur ignorance crasse de l’amour de Dieu. Ils n’ont que l’amour naturel de Dieu comme leur patron et modèle, le jeune homme riche de l’Evangile… à qui il manquait encore une chose pour être sauvé: l’amour de Dieu surnaturel qu’il n’avait pas puisque son cœur était encore dans ses biens.

Puisque Jésus nous élève dans l’ordre surnaturel, restons-y! Prenons là nos motifs, puisque nous ne sommes plus dans l’ordre naturel. Quelle bêtise de vouloir aller là prendre des motifs pour agir dans l’ordre divin! Quel aveuglement quand il n’y a pas d’amour surnaturel de Dieu! Il nous élève donc par la grâce sanctifiante physiquement et substantiellement et donc sans aucun mérite de notre part, ni aucune coopération, ni liberté, puisque en général nous la recevons au baptême avant l’âge de raison. Il faut donc continuer librement notre élévation en prenant en Dieu ou dans l’ordre surnaturel nos motifs d’agir avec la grâce de Dieu.

Si Saint Jean dit que nous sommes les enfants de Dieu par la réception de la grâce sanctifiante ou participation à la nature divine, Saint Paul dit que pour être enfants de Dieu, il faut se laisser conduire par l’esprit de Dieu. Voilà la partie que je veux faire ressortir ici… et dont les philosophes ne parlent à peu près jamais. C’est quand je me laisse conduire par l’Esprit Saint que je suis enfant de Dieu. Donc quand j’agis pour des motifs surnaturels. Donc ces deux Apôtres sont clairs: pour agir dignement comme un enfant de Dieu, il faut se laisser guider par l’Esprit Saint, donc par des motifs surnaturels.

Voilà une doctrine que tous les prêtres devraient posséder sur le bout des doigts, comme on dit. Mais quelle ignorance en général! Tout est confondu d’un ordre à l’autre. Ils donnent des demi-vérités où les démons font un tort immense à la vie spirituelle par ce mélange ignorant des idées.

IL VEUT QUE NOUS RENONCIONS À NOS DEUX AMOURS
NATURELS

Comme ce sont ces deux amours qui nous fournissent tous nos motifs naturels, on peut s’attendre que les philosophes, nos grands défenseurs des motifs naturels, n’ont rien vu ou trop peu de ces deux amours absolument condamnés par J.-C.

D’abord notre amour pour les créatures est condamné par J.-C. Il dit qu’on ne peut pas aimer Dieu et le monde: ou on aimera l’un et on haïra l’autre. C’est clair, c’est catégorique! Quel est donc ce monde dont il s’agit ici? Les uns disent que c’est le mauvais monde, le monde qui suit ses maximes contraires à celles de Jésus, les méchants qui sont compris là; c’est tout le créé comme tel: ce sont toutes les créatures. Saint Jean interprète ce texte de Jésus en disant: «N’aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde; si quelqu’un aime le monde, la charité du Père n’est pas en lui». Tout ce qui est dans le monde… et qui n’est pas Dieu. voilà ce que nous devons mépriser souverainement!».

Les philosophes ont de la peine à comprendre ces textes parce qu’ils ne s’arrêtent qu’aux choses in se; alors ils en font toujours une question de péché ou de licite et, dans ce cas, ils ne voient pas d’opposition entre les créatures et le Créateur… et ils ont raison.

Mais quand on les considère «in nobis» ou en nous, là il s’agit de notre amour pour elles ou pour le Créateur. Or l’opposition se trouve entre mon amour pour les créatures, les bonnes comme les mauvaises, et mon amour pour Dieu. Comme mon cœur est limité, l’amour que je donne à une créature est autant d’enlevé à mon amour de Dieu. Or Dieu veut absolument tout mon amour comme il le montre bien par le premier commandement. Par conséquent, Dieu ne veut pas que je donne un brin d’amour à aucune créature pour elle-même. Donc si je ne puis pas donner mon affection à une seule créature, je ne puis pas plus donner un seul motif naturel, qui jaillit de cette affection.

Que ces créatures soient bonnes tant qu’on voudra, personne n’a le droit de leur donner le moindre amour naturel pour elles-mêmes. Saint Ignace résume bien la doctrine de l’Eglise quand il ordonne aux siens de se dépouiller entièrement de toute affection naturelle qu’ils pourraient avoir pour leurs parents, afin de ne les aimer que pour Dieu, donc uniquement pour des motifs surnaturels. Pourtant cette affection est la meilleure au monde naturel!

Ailleurs il dit que tous aient une aversion entière pour tout ce que le monde aime et embrasse. Or l’amour du monde ne se porte pas seulement sur les choses défendues, mais aussi sur les bonnes. Il ne pourrait pas demander cette perfection à ses religieux si elle n’était pas celle de l’Eglise.

Nous avons dit ce que Saint Paul et Saint Jean de la Croix disent de l’amour des créatures, bonnes ou mauvaises: c’est du fumier! Que les philosophes le digèrent comme ils pourront! C’est la doctrine de l’Eglise comme celle des saints. Tant pis pour eux s’ils n’en veulent pas! Ils auront l’éternité pour le regretter. S’ils voulaient abandonner leurs attaches de toutes sortes, ils finiraient par recevoir la lumière du Saint-Esprit. La moindre attache, dit Saint Jean de la Croix, empêche l’intelligence des choses de Dieu. C’est évidemment leur cas!

L’amour de soi est condamné par Jésus comme l’amour des créatures, puisque nous sommes créatures. Mais cet amour mérite une mention spéciale à cause de sa ténacité dans le cœur de l’homme. C’est celui qui est le plus difficile à déraciner du cœur de l’homme. Surtout peu de prêtres prêchent systématiquement contre cet amour parce qu’il est bon en soi selon nos philosophes. L’Université Laval a récemment donné un doctorat à un prêtre dont la thèse était: L’amour de soi est une bonne chose! Une imperfection était une bonne chose! Evidemment tout était vrai, parce que uniquement au point de vue in se. Mais quel tort vont faire ces idées chez les autres! Elles vont les confirmer dans leur amour-propre en eux-mêmes.

En tout cas, voici ce que Jésus dit: «Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce lui-même…». Que veut dire cette parole? D’après les saints, c’est mourir à soi, c’est détruire le moi païen, c’est renoncer à sa personnalité morale pour que Jésus seul mène dans notre composé avec lui. C’est arriver à pouvoir dire comme Saint Paul: «Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus qui vit en moi». Et encore: «Vous êtes morts et votre vie est cachée en Dieu par J.-C.».

Renoncer à soi veut donc dire mourir à soi: c’est substituer J.-C. à son moi païen. C’est mettre J.-C. le seul maître de mon composé avec lui.

Nous savons que les motifs naturels sont faits pour ce moi païen, pour mes intérêts personnels et mes avantages temporels. Eh bien! Tout chrétien doit être mort à soi; donc c’est absolument ridicule que d’admettre qu’un chrétien peut encore agir avec des motifs naturels. C’est lui permettre d’agir pour un mort, pour un cadavre! Quelle folie! Comme le démon aveugle ceux qui vivent de naturel! Jésus dit que Satan est le prince du monde naturel des intentions libres ou des motifs. Comme il fait du tort à ceux qui vivent de motifs naturels. Ils lui appartiennent et il aveugle… L’archange Raphaël dit à Tobie que le démon peut tout sur ceux qui entrent dans le mariage pour se contenter comme le cheval et le mulet! Donc pour des bons motifs naturels. Car ces hommes ne péchaient pas puisqu’ils prenaient Sara pour épouse. Mais ils ne suivaient que la nature et c’est pour cela qu’ils avaient le démon pour maître et il les a tués tous le premier soir des noces. Donc le bon Dieu ne veut pas de motifs naturels pour le moi païen quelque bons qu’ils soient en soi, puisqu’il a permis au démon de tuer ces hommes qui avaient agi pour des motifs naturels légitimes en soi.

Si donc tout chrétien doit se débarrasser de sa personnalité morale ou de son moi, pour mettre Jésus à la place, la raison d’être des motifs naturels tombe automatiquement! De même la raison d’être de nos deux amours naturels tombe automatiquement! De même la raison d’être de nos deux amours naturels disparaît par le fait même.

En Jésus, comme la personne humaine n’existait pas, il n’avait pas du tout nos deux amours naturels comme sa vie le montre bien. Il a montré un souverain mépris pour toutes les créatures puisqu’il n’en voulait aucune; il a préféré la plus parfaite pauvreté qu’on peut pratiquer sur terre. Et quant à son amour-propre humain, i1 n en montre aucun. Il met toujours son Père en avant constamment, comme s’il n’existait pas. Il dit que toutes ses pensées, ses paroles et ses actions sont faites en lui par son Père. Tout son amour allait donc à son Père et aux choses de Dieu.

On va objecter peut-être: Pourquoi Dieu nous les a-t-il donnés, ces deux amours? Pour la même raison qu’il doit donner de la semence au cultivateur pour qu’en la semant il ait une récolte de son grain. Dieu est amour; donc pour le récolter, il nous faut semer de l’amour. Voilà pourquoi Dieu nous a donné ces deux amours, bons en soi et très absorbants, pour nous donner une idée de son amour divin et en même temps que nous les semions pour récolter le sien.

C’est donc aussi impossible d avoir l’amour surnaturel de Dieu en gardant nos amours pour les créatures et pour nous-mêmes qu’il est impossible pour un cultivateur d’avoir une récolte d’un grain qu’il garde pour lui-même. Sans semailles, pas de récolte! Eh bien! Sans semer nos deux amours, il est impossible d’avoir l’amour surnaturel de Dieu.

Encore une fois, nos philosophes ont la tête tellement dure! Parce qu’ils ont un certain amour naturel de Dieu tout de tête et qui n’est qu’une espèce d’admiration intellectuelle de Dieu comme Créateur et Maître absolu de toutes choses, ils soutiennent qu’ils peuvent aimer Dieu et garder leur amour naturel de Dieu avec leurs amours, mais ils n’iront pas au ciel avec cet amour naturel… Ils iront avec leur patron, le jeune homme riche qui aimait ses biens et qui disait qu’il aimait Dieu. Mais Saint Luc et Saint Marc, tous les deux, lui disent: «Il te manque encore une chose pour entrer au ciel», ce qu’il avait demandé. Tous ceux qui essaient d’aimer les deux: Dieu et les créatures, sont tous dans le même cas que lui, qu’ils soient prêtres ou évêques ou Papes! Leurs deux amours les empêcheront d’entrer au ciel dans la même mesure qu’ils les ont dans le cœur.

Tout catholique doit donc dire comme Saint Jean-Baptiste: «Il faut que je diminue et que lui augmente!». Voilà le travail de tout chrétien qui veut arriver au bonheur de la Trinité. Il doit lutter contre ses deux amours naturels qui constituent la vie de son païen et dans la même proportion l’amour de Dieu entrera en lui et l’amour de Dieu, c’est la vie de Dieu.

JÉSUS NE VEUT DONC PLUS DE MOTIFS NATURELS EN NOUS

Un motif est un amour qui agit sur notre volonté; c’est pourquoi tout ce que nous disons des amours, on peut le dire des motifs. Eh bien! Puisque Jésus ne veut pas du tout que nous gardions nos deux amours naturels, il ne veut pas plus que nous gardions nos motifs naturels qui jaillissent en ces deux amours.

Notre sanctification est la continuation de son incarnation dans ses membres mystiques. Il veut donc pour nous exactement ce qu’il veut pour lui-même: nous devons devenir d’autres Christs. Eh bien! En ne voulant pas de la personne humaine, il réglait par le fait même la question des deux amours naturels que son humanité aurait pu avoir. N’étant pas une personne, elle n’avait pas d’amour différent de l’amour du Verbe en elle, son Maître absolu. Comme Lui ne vivait que d’amour divin, ses motifs étaient tous surnaturels et divins.

Son humanité avait son intelligence humaine et sa volonté humaine, et, parfaitement libre, autrement il n’aurait pas mérité comme homme. Or il méritait de fait, donc parce qu’il pouvait se servir de sa liberté. Mais à cause de son union dans la personne du Verbe, elle consultait pour ainsi dire le Verbe dans ses vouloirs et d’avance elle était absolument soumise au Verbe.

Voilà ce que Jésus veut pour chacun de nous: un seul amour! Donc une seule source de motifs… Cet amour infini, divin! Donc Jésus veut en nous comme en lui seulement des motifs surnaturels. Supposons que je sens une grande attraction pour un voyage, disons d’aller à Rome. Si je vis selon le plan de Dieu, je dirai: «Je vais consulter mon unique Maître, Jésus en moi, et s’il veut, j’irai à Rome, mais s’il ne veut pas, je ne veux pas y aller non plus». Alors quand même il se présenterait des motifs naturels, ils ne sont pas reçus du tout devant mon unique amour qui est Jésus et qui est le seul qui me fournit des motifs d’agir.

Evidemment pour nous, nos deux amours restent toujours plus ou moins forts et ils ne manquent pas de nous suggérer des motifs naturels; c’est vrai. Mais c’est justement pour arriver à les combattre que nous méditons sur cette question si peu connue et si peu expliquée par nos philosophes du clergé, qui n’en connaissent rien en général… puisqu’ils n’en parlent à peu près jamais. Quand nous connaîtrons bien la question des motifs, nous saurons mieux où faire porter la lutte. Il nous faut arriver vite à pouvoir dire comme Jésus: «Je fais tout pour plaire à mon Père.». Donc l’amour de son Père était la source de ses motifs.

Eh bien! Il doit en être ainsi pour nous à l’avenir en autant que nous pouvons le faire avec la grâce de Dieu. Mais il faut y tendre de toutes nos forces et avec toutes nos prières.

Dans l’Ancien Testament, il y a une belle figure de ce que Dieu veut pour nous. 1 Rois, 5. «Les Philistins, qui s’étaient emparés de l’arche, la conduisirent dans le temple de Dagon, à Azot, en face de leur idole. Le lendemain, Dagon gisait à terre devant l’arche. Ils remirent leur idole en place et le lendemain ils trouvèrent Dagon à terre avec la tête et les deux mains coupées».

C’est exactement ce que Dieu veut faire avec notre moi païen, notre idole. Il faut donner à Dieu notre tête ou notre jugement avec notre volonté et toute notre activité extérieure et naturelle doit être retranchée complètement. C’est bien la figure de notre personnalité que nous devons immoler devant Dieu dans notre alliance avec J.-C. Toutes mes pensées, mes paroles et mes actions doivent venir uniquement de mon unique amour, l’amour de Dieu.

Allons-nous prendre cinquante ans pour accepter cette doctrine de l’Evangile pour notre divinisation? Jésus et les Apôtres ont insisté énormément sur cette transformation radicale du naturel au surnaturel. Mais nos imbéciles de philosophes ont mis toute cette transformation à peu près uniquement dans la grâce sanctifiante. C’est aussi sot que de mettre toute la Trinité uniquement dans le Père. Par la grâce sanctifiante, nous recevons la vie du Père… et les deux personnes ne nous donneraient rien? C’est absurde! Elles nous donnent justement ce que j’essaie de vous expliquer dans cette instruction: la mentalité de Jésus et l’amour du Saint-Esprit. Par conséquent, la partie libre de notre divinisation dans la mentalité est aussi importante que la grâce sanctifiante, comme les deux autres personnes sont aussi importantes que le Père.

Ne nous contentons donc plus de la seule grâce sanctifiante, mais divinisons aussi notre mentalité libre des motifs.

JÉSUS VEUT QUE NOUS PRENIONS SON AMOUR DIVIN

L’amour seul assujettit un être à un autre complètement. Comme notre amour-propre veut assujettir toutes les créatures à son service, ainsi, quand nous aurons l’amour de Jésus au cœur, nous lui assujettirons absolument toute notre activité libre, des motifs et des intentions. Quand on aime, on se livre corps et âme sans aucune restriction et en proportion qu’on aime. On doit sacrifier pour l’amour de Dieu absolument toute notre activité naturelle quelque bonne qu’elle soit en elle-même.

Au premier Livre des Rois, ch. 5, on trouve un bon exemple de ce que Dieu veut pour nous. Dieu ordonna à Saül de massacrer complètement tous les Amalécites avec toutes leurs possessions, parce qu’ils étaient corrompus et une source de corruption pour les Israélites. Or Saül agit exactement comme nos philosophes font: il garda tout ce qu’il trouvait bon et beau. De ce jour, Dieu rejeta Saül et lui enleva son royaume et il périt misérablement. Nos philosophes défendent pouce par pouce tout le naturel qu’ils peuvent sauver malgré l’ordre de Dieu bien formel de tout détruire le naturel libre des motifs et de la personnalité; en d’autres termes, nos deux amours naturels, parce que ce sont eux qui sont la cause de notre corruption, la cause subjective de nos péchés et les instruments des démons pour nous perdre. Massacrons toute cette activité des affections naturelles et des motifs naturels… si nous voulons vivre d’amour de Dieu et nous laisser conduire par l’Esprit Saint qui est l’amour substantiel de Dieu.

C’est en proportion que nous aurons l’amour surnaturel de Dieu que nous serons conduits par l’Esprit Saint et que nous resterons enfants de Dieu, comme dit Saint Paul, Rom. 8-14. «L’amour est une fin et on veut la fin sans limite». Alors quand nous aurons l’amour surnaturel de Dieu, nous irons à la limite de tout faire pour Dieu sans difficulté. Ceux qui ont de la peine à tout faire pour Dieu, c’est parce qu’ils n’ont pas encore renoncé à leurs deux amours naturels: ils veulent en conserver ce qu’ils trouvent bon et beau. Alors Dieu ne se donne pas ou bien peu à ces espèces de Saül!

C’EST ABSOLU ET ÉTERNEL!

 Encore une fois dans l’ordre de la mentalité ou des motifs, il ne peut y avoir de mélange des deux mondes: naturel et surnaturel. C’est tout l’un ou tout l’autre dans notre choix. Nous savons que nous nous en allons dans la Trinité en union avec Jésus où il n’y a absolument rien de naturel, mais tout du divin. Par conséquent, il faut tout de suite choisir le surnaturel partout et toujours sans aucune exception au moins dans notre détermination libre de la volonté. Nous tomberons encore sans doute dans le naturel, mais il faut regarder ces chutes comme un malheur épouvantable, une reculade malheureuse et que nous devrons expier par quelque pénitence chaque fois, afin de nous corriger au plus vite possible avec la grâce de Dieu.

Donc, sans merci, massacrons tous nos bons motifs naturels et n’ayons que des motifs surnaturels partout et toujours. C’est actuellement que notre choix doit être absolu et éternel… avec la grâce de Dieu qu’il sera content de nous donner quand il verra nos dispositions d’amour envers lui.

vendredi 29 juin 2018

Abbé Eric Jacqmin - La « thèse Cassiacum » au risque… du conclavisme sauvage

– Cassiacum ou Cassiciacum ?
Pour commencer cette thèse peut avoir deux noms : « Cassiacum »ou « Cassiciacum » .  Car elle doit son nom a un village en Italie où St Augustin s’est retiré avec des amis pour réfléchir sur la théologie après sa conversion. On trouve dans les encyclopédies que son nom ancien est « Cassiacum » quoique le nom de « Cassiaciacum » circule parmi certains auteurs. Mais je prends le nom le plus simple des deux car « les choses ne doivent pas être compliquées si ce n’est pas nécessaire » (St Thomas).
Mappa con l'indicazione dei luoghi più importanti di Cassiacum
Cassacchum (-i, n.) (alia nomina: Cassiacum) (ItalianeCassaccoForoiuliensiceCjassà)
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– C’est la troisième solution possible pour la restauration de la papauté : mais il faut deux miracles pour la réaliser!
Cette thèse rejoint la troisième solution mentionnée: l’antipape n’est pas pape formellement, mais il l’est materiellement et dès qu’il se convertit, il reçoit de Dieu la papauté. Cette thèse souffre donc des mêmes inconvénients que je vient d’énumérer dans l’article sur les solutions pour la papauté.
Mais elle est très dangereuse et tombe dans le puit qu’elle veut absolument éviter : le conclavisme sauvage !

7 hérésies dans une encyclique de François.

En réalité, si François se convertit, il sera tout simplement « un fier fidèle de l’Eglise catholique », mais il ne sera ni prêtre, ni évêque, ni docteur en théologie ni en droit canon, car tout est « Novus ordo » chez lui et donc douteux, donc à considérer comme invalide,  et il ne sera probablement surtout pas accepté comme pape par tous les bons et vrais évêques. Il doit faire des études de prêtrise, doit être ordonné prêtre, obtenir un doctorat en théologie en être sacré évêque et surtout: être accepté comme pape par l’Eglise.

Sacre d’un évêque traditionnel

Qu’un antipape converti devient pape automatiquement n’est pas forcément accepté par toute l’Eglise.
Je viens de le prouver au nr 3 de l ‘article mentionné.
En effet il y a des évêques catholiques qui n’acceptent pas cette thèse Cassiacum donc ils ne vont pas « automatiquement » accepter un laïc converti, comme pape sans aucune discussion.
François sera donc pratiquement proclamé pape par un petit groupe de personnes qui sont pour « la thèse » et rejeté par les autres qui ne sont pas pour « la thèse ».
Or, un petit groupe qui se choisit un pape qui n’est pas accepté par les autres,… est du conclavisme sauvage et ils feront donc un schisme,  encore un !
Le drame est que les adeptes de cette thèse ont une horreur pour le conclavisme sauvage et pour cause, mais qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils y courent à yeux ouverts si l’on pousse les conséquences de leur thèse jusqu’au bout : la discussion sur l’acceptation d’un antipape-laïc converti, comme pape.
Antipape Benoit XIII est installé par ses adeptes.
– Autre point faible : le terme « Thèse »
Elle a pour autre point faible que dans l’Eglise on ne parle jamais de « thèses » pour résoudre de graves problèmes et il faut respecter les traditions dans l’Eglise.
Une thèse est en effet « une tentative de solution provisoire dans une question scientifique compliquée », ici la science théologique. Donc c’est plutôt une affaire de théologiens que de l’Eglise enseignante au sens stricte, prêchant à ses fidèles,
Les Pères et Docteurs des l’Eglise, les Papes et les conciles ont résolu des questions, puisant dans le trésor et les sources de la Révélation.  Aucun Père ni Docteur de l’Eglise, ni les Papes ni les conciles n’ont jamais parlé de « thèse » pour résoudre des questions et le proposer au peuple chrétien. C’est plutôt l’affaire de savants qui se pensent des solutions provisoires en attendant la solution certaine d’une question.
Mais acceptons la possibilité de thèses dans la théologie, parmi les théologiens qui sont en effet des scientifiques.  Mais que cette thèse reste alors dans les livres théologiques, mais qu’elle ne se présente pas sur les places publiques catholiques comme la solution par excellence pour une des questions les plus graves dans l’histoire de l’Eglise.
Parmi pas mal de fidèles d’un institut « la Thèse » est considérée pratiquement comme un super-dogme à ce point que ceux qui la rejettent, sont évités par ces fidèles et même par certains de leurs prêtres comme des ‘vitandi », des personnes à éviter comme pour une hérésie. C’est dommage et c’est absolument exagéré. Dans l’histoire de l’Eglise on ne trouve nul part qu’une thèse n’ai jamais été proposée aux fidèles, cela restait toujours parmi les théologiens.
Il faudra au moins parler de « l’argument Cassiacum » mais pas d’une « thèse Cassiaciacum ». Cela « sent » mal. Mais ce n’est pas cela qui est grave. Il s’agit bien sûr du contenu.
En plus cet institut a même sacré un évêque POUR continuer la survie de la « thèse ». On l’appelle « l’évêque de la thèse ». Cela n’existe nul part dans l’histoire de l’Eglise qu’on sacre un évêque pour un thèse, pour un opinion. Vous voyez comme cela fait mal à des oreilles catholiques d’entendre cela.
Dès 1965 le Rev. Père Guérard
soutient sa thèse sedevacantiste
concernant les hérésies de Paul VI
– Valable pour Paul VI seulement
La thèse cassiacum était tout à fait raisonnable pour le cas de Paul VI:
– car il était élu pape par un conclave
– il a été accepté par toute l’Eglise
– il était même validement ordonné prêtre et évêque dans les anciens rites.
Dès qu’un pape a été accepté par toute l’Eglise pendant un certain temps, ce qui est certainement le cas de Paul VI pour plusieurs années, personne ne peut dire qu’il n’a jamais été pape et que donc … l’Eglise s’est trompée. L’Eglise entière ne peut jamais se tromper, de par cette promesse de Notre Seigneur Jésus Christ que « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas ».
Paul VI a perdu sa papauté par l’hérésie. Mais la partie saine du clergé a le droit et le devoir de le corriger. Ce qui est arrivé, plusieurs évêques, prêtres, théologiens et fidèles ont protesté contre les hérésie de ce pape conciliaire. Supposez que Paul VI se serait converti. Alors en effet il aurait recouvert sa papauté. Car ce n’est que par la pertinacité dans l’hérésie qu’on devient hérétique.
Alors c’est tout à fait acceptable de dire que Paul VI après l’hérésie publique est devenu pape materialiter seulement et qu’il recouvrerait la papauté formaliter par sa conversion. Mais cette thèse s’évanouit par le temps – cela est même un aveu de son inventeur Mgr Guérard des Lauriers. (note du blogue : Nous avons des réticences à propos de ce paragraphe.)
– la thèse s’évanouie après Paul VI
Car les antipapes après Paul VI
– n’étaient plus élus par des cardinaux. Car entretemps de vrais cardinaux meurent et d’autres sont « crées » par des antipapes, donc invalidement. Le conclave suivant de 1978 été donc composé des vrais et de faux cardinaux. Ce qui rend le conclave et donc l’élection invalides.
– et les papes après Paul VI n’étaient plus acceptés comme pape par toute l’Eglise : les vrais fidèles rejettent des papes hérétiques.
– L’agir se fait uniquement par la forme et jamais par la matière  (ou par une être « materialiter »)
Alors l’explication qu’un évêque soutenant la thèse m’a donnée était:
– « des cardinaux faux sont cardinaux materialiter.
– Or des cardinaux materialiter peuvent choisir des papes materialiter »
Réponse : choisir est un « agir ». L’agir se fait toujours et uniquement par la forme et jamais par la matière selon Saint Thomas. La matière est purement « puissance passive », un pur réceptacle pour recevoir éventuellement des formes d’un autre agent, mais pas pour engendrer des formes (pour  choisir, pour élir etc..). Donc un cardinal materialiter n’est pas cardinal du tout (formaliter) et ne peut agir aucunement comme cardinal.
Car CE que c’EST la chose est déterminé par la forme uniquement et nullement par la matière (encore St Thomas – « Physique« ). La matière fait seulement qu’un forme soit matérielle et sensible et pas purement spirituelle (comme un ange p.e.) et c’est tout.
Je n’ai pas eu de réponse de la part de cet évêque…
Il y a un adage : « Se taire est consentir ».
Prions pour la solution que Dieu veut nous donner car il y a 7,5 milliards d’âmes qui ont été crées pour aller au ciel. Et aller au ciel se fait par l’Eglise.
Je ne prétends pas que la thèse puisse donner la vérité de l’avenir, mais pour la réaliser Dieu devrait faire deux miracles
– François se convertit
– François est accepté unanimement par tous les bons évêques et toute la vraie Eglise.
Et si le premier miracle se ferait sans le deuxième on assistera probablement à un x-ième schisme.
Que Dieu nous préserve.
Solution:
Prenons cette thèse savante moins au sérieux actuellement, étant évanouie après la mort officielle de Paul VI et faisons tout pour éviter des schismes dans l’avenir.
PS


jeudi 28 juin 2018

Abbé Eric Jacqmin - Hérésie de l'Institut Mater Boni Concilii (IMBC)

Obligation


Je suis obligé de parler, car se taire concernant des hérésies ambiantes nous rend complices du crime contre la foi (voir : le « Formulaire d’acceptation des hérétiques convertis » du Pape Saint Hormisdas 5e siècle, voir en annexe ci-dessous).

La Vierge Marie pleure à La Salette pour les péchés contre le premier commandement de Dieu.
Des disputes théologiques sur des opinions sont normales
L’Eglise a toujours accepté des discussions sereines sur des questions pressantes selon les circonstances dans laquelle elle se trouvait.
C’est un bien pour l’Eglise que les théologiens sont forcés d’étudier des questions vitales dans l’Eglise. Car alors les questions sont traitées et regardées de tous les côtés, mieux cernées et comprises. Et un pape peut être motivé à un certain moment de proclamer un dogme sur le sujet.
Mais…
Une hérésie par contre n’est jamais admise
L’Institut MBC doit corriger une erreur hérétique dans son sein. Leur supérieur l’abbé Ricossa a publié dans le bulletin officiel de l’Institut : Sodalitium N°48
que l’Apocalypse agit du passé, et même avant l’année 33.
Cela a été publiée  dans le bulletin officiel de l’institut nr 48, toujours en ligne sur internet et jamais révoquée :
« l’Apocalypse, comme l’indique son nom signifie “révélation”, est bien la description d’une venue, de la venue de Jésus-Christ: mais il ne s’agit pas de celle qui viendra à la fin des temps, mais de celle qui s’est réalisée au cours de toute l’histoire, depuis la création du monde, et qui a eu son point culminant dans le grand ‘événement’ (gr. kairós) de la venue historique de Jésus-Christ, surtout dans sa mort et sa résurrection”.
Selon ce texte, l’Apocalypse, qui a été écrite par l’apôtre et évangéliste Saint Jean en l’année 94, porte uniquement sur l’histoire du peuple de Dieu jusqu’à l’année 33. Donc elle s’agirait du passé et pas de l’avenir.
Preuve de l’existence d’une vraie hérésie
Une hérésie est un énoncé contradictoire à une source de Révélation.
Le texte de l’abbé R. est contraire aux deux sources de la Révélation. Donc il est certainement hérétique.
Preuve (de la mineur) :
1) l’Ecriture Sainte dit clairement:
Apocalypse Chapitre I :
« Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a confiée pour découvrir à ses serviteurs les événements qui doivent arriver bientôt; et qu’il a fait connaître, en l’envoyant par son ange, à Jean, son serviteur,.. »
Et cela a été écrit en l’année 94 environs, par Saint Jean l’évangéliste sur l’île de Patmos en Grèce où il a été exilé par les Romains persécuteurs.
2) La Tradition certaine enseigne infailliblement.
Tous les Pères de l’Eglise et les exégètes enseignent que l’Apocalypse est un livre prophétique qui annonce l’avenir de l’Eglise de l’année 94 jusqu’à la fin des temps.
Et l’unanimité des Pères est infaillible.
Donc  il est malheureusement absolument certain et sans aucun doute que l’abbé Ricossa est clairement et purement un hérétique public et l’IMBC à sa suite.
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Tout l’institut IMBC est  en effet également dans cette erreur:
– car elle accepte un supérieur hérétique
– elle accepte sa publication sans protestation
C’est très grave, car l’hérésie met finalement ses adeptes en dehors de l’Eglise. C’est dans tous les catéchismes.
– Tentatives de correction de cette hérésie – et pertinacité.
Voir la controverse traitée sur internet qui a abouti à aucun résultat, l’abbé R. a refusé de se rétracter  :
J’ai parlé personnellement avec Mgr Stuyver, évêque de l’Institut, à ce sujet, qui m’a répondu tout simplement :
 « je ne suis pas d’accord avec mon supérieur, c’est son opinion mais pas la mienne. Pour moi la chose réglée ! »
Mais  comme évêque, Prince de l’Eglise, il fait partie de l’Eglise Enseignante, il doit parler et surtout corriger. Sinon il accepte un hérétique et il devient « semi-hérétique », car si on ne résiste pas à une hérésie on devient soi même  semi-hérétique. (Voir mon article sur la semi-hérésie, ci-dessous).
Bien sûr les fidèles peuvent aller à la Messe de l’Institut si c’est difficile de trouver un bon centre de Messe,  mais à condition qu’ils ne se laissent pas influencer par cet esprit hérétique, mais vous comprenez tous, comme bons catholiques, qu’il y a encore une chose urgente et insupportable à régler. Mais par qui? Par un pape quand il sera là un jour et entretemps par un concile de tous les évêques catholiques (pas concilaires, pas hérétiques ou semi-hérétiques : Fellay-istes, Williamsonistes, Feeney-istes, ou Palmariens etc…).
Prions pour la solution de l’Eglise et son avancement urgent.
Abbé Eric Jacqmin+

Plus amples détails sur cette affaire

Citations :
Sodalitium n° 48, L’APOCALYPSE SELON CORSINI, par M. l’abbé Francesco Ricossa, page 46 :
« Tout en demeurant soumis au jugement de l’Eglise, seule compétente en matière d’interprétation authentique de la Sainte Ecriture (Dz 1788), le soussigné se range en cela à l’opinion d’un Billot, d’un Spadafora, d’un Romeo ou d’un Allo: ce n’est pas du futur que parle l’Apocalypse, mais bien plutôt du passé. Sur ce, voilà que m’est tombé entre les mains le livre d’Eugenio Corsini. Je veux le présenter au lecteur. »
Mais même Cardinal Billot dit clairement que les textes de l’Apocalypse de St jean  » sont des prédictions »  (L. Billot, La Parousie, Beauchesne, 1920, pp. 267-271) donc il dit bien qu’il s’agit de l’avenir! Ce que combattent ces personnages citées (Mgr Billot et Abbé Spadafora) est l’eschatologisme (système selon lequel Jésus aurait prêché essentiellement la fin imminente du monde). Donc les citations d’auteurs par l’abbé Ricossa ne valent pas en sa faveur mais au contraire… le contredisent ! C’est vraiment une affaire triste et incroyable.
Et l ‘abbé Ricossa ne s’appuie que sur un auteur moderniste : Eugenio Corsini, qui est un “progressiste” comme son “maître” Pellegrino.  En 1980 ses études furent publiées sous le titre « Apocalisse prima e dopo » (éd. SEI, Torino) avec une préface d’un autre “progressiste”, Mgr Rossano, et en Français : « L’ Apocalypse maintenant », avec préface du non moins progressiste Xavier Léon-Dufour.
Entretemps l’Abbé Ricossa est un hérétique matériel
Heureusement que l’abbé Ricossa ajoute laconiquement :
« Mon intention est de présenter le plus fidèlement possible la thèse de l’auteur, tout en laissant à chacun (en attendant un éventuel jugement de l’Eglise) la tâche de se faire une opinion personnelle après une éventuelle lecture de l’œuvre recensée ».
Cela le rend hérétique matériel mais pas formel jusqu’au jugement d’un pontife. Et en attandant, il donne du poison hérétique à ses lecteurs.
Entretemps c’est absolument clair et sans aucun doute que son texte est bel et bien hérétique.
Et cela est très dommage dans un temps de crise de l’Église, qui souffre d’hérésies et d’apostasie générale.

Annexe : Doctrine sur l’hérésie et la semi-hérésie

Commençons par rappeler quelques définitions.
L’hérétique est celui qui profère obstinément une ou plusieurs hérésies.
Une hérésie est une contradiction avec Dieu, avec la Révélation de Dieu.
Celle-ci a deux sources : l’Ecriture Sainte et la Tradition.
Donc toute contradiction avec l’Ecriture Sainte pour autant qu’elle est claire, ou avec la Tradition pour autant qu’elle est infaillible est une hérésie.
La semi-hérésie est une erreur qui donne partiellement une hérésie. On parle de semi-arianisme, de semi-pélagianisme, de semi-rationalisme etc…
Un semi-hérétique est celui qui profère une ou plusieurs  semi-hérésie(s).
Sens plus large
Mais dans un sens plus large le terme  « sémi-hérétique » est parfois utilisé pour désigner celui qui n’agit pas contre les hérésies ni contre les hérétiques. Il est même en bons rapports avec des hérétiques.
Condamnation par un document infaillible
Ce commerce avec des hérétiques est gravement peccamineux, car le Pape Saint Hormisda, dans son formulaire de réconciliation des hérétiques avec l’Eglise catholique le condamne.
Image illustrative de l'article Hormisdas
Pape Saint Hormisda
Ce formulaire du Saint Pape Hormisda  en 519
« La première condition du salut »
« est une des pièces les plus importantes de toute l’histoire de l’Eglise »(Rohrbacher, « Histoire Universelle de l’Eglise catholique », livre XLIII, p.617).
Citation de ce formulaire :
« …Nous anathématisons pareillement Acace, autrefois évêque de Constantinople, devenu leur complice et leur partisan, ainsi que ceux qui persévèrent dans leur communion ; CAR EMBRASSER LA COMMUNION DE QUELQU’UN, C’EST MERITER UN SORT SEMBLABLE. De même nous condamnons et anathématisons Pierre le Foulon d’Antioche, avec tous les siens… »
En effet ce n’est que l’écho du même principe dans l’Ecriture Sainte – Epitre de II Jean 1:10 et 11 :
« 10: si quis venit ad vos et hanc doctrinam non adfert, nolite recipere eum in domum nec ‘have’ ei dixeritis 11qui enim dicit illi ‘have’, communicat operibus illius malignis »
« Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine,
ne le recevez pas dans votre maison, et ne le saluez pas,
car celui qui le salue a part à ses oeuvres »
Dieu-même nous interdit donc tout contact avec les hérétiques, « pour ne pas avoir part à ses oeuvres ». Donc celui qui a commerce avec l’hérétique a part à ses oeuvres.
Pastorale désirée bien sûr
L’Eglise va bien sûr toujours et partout « tout » faire pour les convertir, mais tout commerce qui n’a pas pour but et intention de les convertir, est condamné clairement par l’Ecriture Sainte et la Tradition.
Bossuet déclare que :
« ce formulaire a servit dans les siècles suivants, avec le même exorde et la même conclusion, en y ajoutant les hérésies et les hérétiques qui, aux diverses époques, troublèrent l’Eglise. De même que tous les évêques l’avaient adressé au saint pape Hormisda, à Saint Agapet et à Nicolas I, de même nous lisons qu’au huitième concile on l’adressa, dans les mêmes termes à Adrien II, successeur de Nicolas. Or, ce qui a été répandu partout, propagé dans tous les siècles et consacré par un concile oecuménique, quel chrétien le rejettera? »  (« Defensio » l.10,c.7)
Bossuet fait donc allusion au critère d’infaillibilité ordinaire : « Quod ubique, semper, ab omnibus » de St Vincent de Lérins et les Pères de l’Eglise du 4e, 5e siècle et plus tard.
Bref, « celui qui a commerce avec les hérétiques, reçoit le sort des hérétiques ». Puisqu’il n’est pas hérétique au sens stricte il est appelé parfois dans ce sens-là : « semi-hérétique » : celui qui a commerce avec les hérétiques et en contracte « le même sort ».