« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

vendredi 13 octobre 2017

Père Onésime Lacouture - 2-22 - Les paraboles de la justice divine


VINGT ET UNIÈME INSTRUCTION
LES PARABOLES DE LA JUSTICE.

«Alors le roi dit à ses serviteurs: Liez-lui les mains et les pieds et jetez-le dans les ténèbres extérieures; c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.» Mt.  22-13

Plan Remarque.  1e parabole: Les invités au festin: Mt.  22 L.  24 - Attaches aux créatures.  2e parabole: Les dix vierges:

Mt.  25, 1-13 - Insouciance.  3e parabole: Les talents: Mt.  25, 14-30 - Paresse.  4e parabole: Le mauvais riche: L.  16, 19-31 - Egoïsme.

REMARQUE  Plus on s’éloigne de Dieu et moins on aime à penser à sa justice.  Elle fait frémir la nature coupable et consciente de la mériter en partie.  Aussi les gens à mentalité plus ou moins païenne aiment à trouver des raisons pour éliminer l’idée de la justice divine.  On compare Dieu aux hommes: est-ce qu’un père jetterait son fils dans le feu pour le punir?  Jamais de la vie: Alors le bon Dieu est trop bon pour faire cela avec nous.  On oublie ce que Jésus a fait pour nous avoir dans son ciel et ce que ce bonheur divin signifie pour nous.  En tout cas, ce n’est pas une question de bon sens humain, c’est un dogme clairement enseigné par Jésus: que Dieu peut punir éternellement en enfer.  Le bonheur céleste dans la participation à la vie intime de la Trinité est aussi incompréhensible que le châtiment de l’enfer éternel.  Si on accepte l’un il faut accepter l’autre.  D’ailleurs est-ce que Dieu ne nous donne pas autant d’exemples de sa justice dans la Bible que de sa bonté?  N’a-t-il pas mis sur la terre autant d’échantillons de sa justice que de sa bonté?  N’y a-t-il pas plus de misères dans la vie de l’homme que de jours?  plus d’épines que de roses?  Plus de misères dans le monde que de bien-être?  Eh bien, est-ce que cela ne suffit pas pour nous convaincre que si Dieu est infiniment bon, il est aussi infiniment juste, que s’il récompense les bons, il doit punir les méchants, si le bonheur des bons nous dépasse, pourquoi le châtiment des méchants ne nous dépasserait pas aussi?  Jésus n’a-t-il pas donné autant de paraboles de sa justice que de sa miséricorde?

Je répète que séparer la miséricorde de la justice est aussi hérétique que de séparer la justice de la miséricorde comme les jansénistes ont fait.  De nos jours une foule de prêtres dans tous les pays sont tombés dans l’excès opposé au jansénisme et avec autant de mal pour les fidèles du monde entier.  Il faut ramener le clergé à ces deux perfections divines, sans en exagérer une au dépens de l’autre.  Voici une parole d’or de St. Fr. Xavier, écrivant au P. Barzé aux Indes: Il lui dit: Prêchez la justice divine à ceux qui pèchent encore et la miséricorde à ceux qui ont fini de pécher.  Voilà la vraie sagesse au sujet de ces deux attributs de Dieu, dont il se sert constamment selon le cas.  Les prêtres devraient menacer les pécheurs des châtiments de Dieu comme de l’enfer et de la possibilité que Dieu laisse sa justice agir selon ses droits et que des pécheurs soient damnés.  Que les fidèles comme les prêtres méditent sur ces quelques paraboles de la justice divine afin de prendre ce que la foi nous enseigne et non pas ce que la raison humaine aimerait!  Quelle folie que de vouloir rabaisser Dieu au niveau de la raison humaine!  Ces prêtres qui rejettent la justice, non pas en théorie, mais de fait, dans le concret en ne voulant jamais en parler, sont responsables en partie de la dépravation des moeurs, ils parlent tellement de la seule bonté de Dieu que les pécheurs ne craignent plus Dieu.  Les pénitences insignifiantes qu’on donne de nos jours confirment les gens dans l’idée que c’est une affaire de rien que de se faire pardonner ses péchés.  C’est rien pour le bon Dieu mais c’est extrêmement difficile pour l’homme de changer son coeur pour être pardonné.  C’est cette partie que les missionnaires ne font pas assez ressortir.  Ils parlent toujours de ce que Dieu peut faire, pas assez de ce que l’homme doit faire pour que Dieu lui pardonne ses péchés.  Eh bien, dans ces paraboles de la justice nous allons voir ce qui manque aux pécheurs pour être pardonnés et donc ce qu’ils doivent faire pour être sauvés.  les invités au festin.  «Le royaume des cieux est semblable à un roi qui célébrait les noces de son fils.  Il envoya ses serviteurs convier aux noces les invités, mais ils ne voulurent pas venir!» L’explication est claire: le roi, c’est Dieu, le Fils, c’est Jésus, les noces, c’est l’union de Jésus avec les hommes par la grâce.  La ville détruite est Jérusalem parce que les Juifs, les premiers invités, ont refusé l’invitation de Dieu, puis les autres sont les païens tous appelés au Royaume de Dieu.  Tous ceux qui refusèrent sont punis, c’est là que s’exerce la justice divine.  Ceux qui refusent l’invitation de Dieu à la sainteté seront punis sûrement.  Les principales raisons que les hommes ont de décliner l’offre de Dieu sont ou se résument aux suivantes:

Excuses des invités.  St Luc les détaille plus que StMathieu.  1 – «J’ai acheté une maison de campagne et il faut que j’aille la voir, je vous prie de m’excuser!» Ce groupe représente des «sports» de toutes sortes.  Ces gens ne sont pas capables d’être tout aux choses de Dieu parce que leur coeur est déjà pris par les créatures.  Les bons auteurs spirituels disent qu’on ne peut pas avoir l’intelligence des choses de Dieu quand on cultive une attache quelconque.  C’est ce que St-Paul enseigne quand il dit que l’homme animal ne perçoit pas les choses de Dieu.  D’après St-Jean de la Croix et d’autres, l’homme animal est celui dont les sens sont remplis de satisfactions sensibles, qui met son bonheur dans les plaisirs de la chair ou des choses même permises.  Comme la passion du jeu est rendue loin chez nos chrétiens et chez les prêtres et les religieux!  Comme ils aiment à assister aux parties!  Comme ils en parlent avec intérêt!  Comme ils lisent les journaux pour suivre toutes les parties du pays, connaître tous les joueurs, les bons et les mauvais points qu’ils font!  Quelle honte que des chrétiens faits pour les choses du ciel mettent tout leur coeur dans ces folies!  Mais quelle abomination que des prêtres et des religieux soient passionnés pour le sport!  Les journaux sont pleins de ce paganisme et des chrétiens consacrés à Dieu se font prendre par cet appât du diable!  Mais le comble de la passion du sport est d’être assez bête pour suivre ces parties à la radio!  Comment un animal pareil peut-il s’intéresser aux choses de Dieu?  Jamais de la vie: Ces religieux et ces prêtres accomplissent juste le strictement nécessaire sons peine de péché mortel ou de perdre un honoraire; le reste est négligé…!  Comment avec l’esprit et le coeur pleins de leurs parties peuvent-ils avoir du goût pour les choses spirituelles?  C’est impossible!  Qu’on trouve un de ces prêtres ou de ces religieux qui reviennent d’une partie et qui s’en vont faire une longue visite à Jésus dans le Tabernacle?  Est-ce qu’un fidèle peut le faire?  Comment peuvent-ils aller voir des malades pour les consoler, ou des pauvres?  ou étudier un auteur spirituel?  ou préparer un sermon?  On voit tous ces amateurs de sport faire à la diable leurs exercices spirituels et leurs fonctions de prêtres ou de religieux.  Pas de préparation à la messe, pas de méditation et pas d’action de grâces après la messe: du lit à l’autel et de l’autel à la table… pour retourner au lit quand c’est possible!  Quelle pitié que ces excès n’ouvrent pas les yeux de ces chrétiens!  C’est la conséquence logique de leur philosophie de la religion.  Elle permet tout cela sans aucun scrupule, puisqu’il n’y a pas de mal «en soi» en aucune de ces choses ou actions.  On voit bien que ces religieux, ces prêtres et ces laïques qui les suivent, n’ont aucune idée du point de vue théologique ou de l’amour de Dieu où l’on voit qu’il faut gagner le ciel par le sacrifice des choses permises comme des autres qui sont défendues.  Ils ne connaissent que les créaturesdessert et pas du tout les créatures-fumier de St-Paul et des saints.  Celui qui va voir sa maison de campagne ne pèche pas, ce n’est pas défendu d’aller visiter cette maison, mais il manque les noces!  Il agit exactement comme une foule de prêtres et de religieux qui s’absorbent dans des choses permises au point de n’avoir plus de temps de s’occuper des choses de Dieu convenablement.  Manquer des séries de grâces par son affection aux choses créées c’est finalement le royaume de Dieu, dans la même proportion que l’on perd ces grâces offertes par Dieu dans toutes sortes d’actions de religion.  2 – «J’ai acheté cinq paires de boeufs et je vais les essaye, je vous prie de m’excuser.»

C’est un commerçant en gros!  C’est un homme lancé dans les affaires.  Ce sont des hommes de professions absorbés par leurs intérêts temporels: l’industrie, la bourse, les procès, les malades, etc.  Rien de cela n’est défendu!  Ces actes individuels sont permis.  Pourtant Jésus dit que ces hommes peuvent manquer les noces éternelles en refusant le royaume de Dieu ou les noces divines!  On devrait réfléchir sur ce fait que ce n’est pas par un seul acte isolé qu’on mérite le ciel, mais par des séries d’actions et par toute une vie d’activité.  C’est ainsi que Dieu présente sa grâce dans toutes les actions individuelles de notre vie.  Ce n’est pas péché toujours de refuser une grâce dans tel acte, mais si à force de refuser ces grâces individuelles on montre son indifférence pour elles et son amour pour les choses du monde, on finit par perdre son âme.  C’est ce que Jésus veut dire.  Quand on perd une grâce pour une chose humaine, on montre son peu d’amour pour Dieu et l’on répétera bien cette préférence pour l’humain des milliers de fois… et l’on meurt comme on a vécu!… Les hommes d’affaires devraient se surveiller pour ne pas trop entreprendre et se donner tout entiers aux choses du monde.  Alors ils négligent leurs prières, leurs visites au S.S., leurs communions, la lecture spirituelle pour s’instruire dans les choses de Dieu, et même la messe peut-être, les retraites, etc.  Ces hommes peuvent bien ne pas commettre de péché dans des actes isolés et cependant perdre leur âme en oubliant leurs intérêts spirituels.  C’est la doctrine des deux Etendards de St-Ignace et des saints qui ont écrit sur ce sujet.  L’homme est limité; s’il se donne tout aux choses du monde même permises, il n’a plus le temps de s’occuper de son âme ni le goût pour le faire.  3 – «J’ai épousé une femme et ainsi je ne puis y aller, je vous prie de m’excuser.»

Ce groupe représente ceux qui cherchent leur bonheur dans les plaisirs de la chair même permis, comme chez les mariés.  Cela comprend les soucis qui découlent de la vie de famille.  Il n’y a pas de péché là, mais on peut s’y donner tellement qu’on oublie ses devoirs essentiels envers Dieu.

Voilà donc trois groupes de gens qui refusent le royaume de Dieu et donc le salut de leur âme pour des joies honnêtes et permises.  On ne peut pas mettre le doigt sur une seule action isolée qui soit défendue… et cependant, d’après Jésus, ils représentent toute une foule de chrétiens qui ne seront pas sauvés parce qu’ils refusent son invitation d’aller aux noces de Jésus au ciel!  Cela confirme bien la doctrine donnée dans la parabole du semeur où il n’est pas du tout question de péché et où pourtant la parole de Dieu est étouffée.  Est-ce que ces paraboles ne suffisent pas pour montrer que la masse des prêtres dans le monde entier sont de travers avec le plan de Dieu.  Ce n’est pas vrai que ce plan soit de choisir entre les choses permises et les défendues!  Ce n’est pas vrai!  C’est faux!  et c’est à peu près la doctrine de tous les prêtres du monde.  Ce n’est pas vrai!  C’est faux!  que ce soit le plan de Dieu.  Il est évident qu’on doit éviter les choses défendues, mais ce n’est qu’une partie infime du plan divin pour nous sauver.  Dans tous ces exemples que Jésus lui-même donne, il n’y a pas une seule chose défendue… et pourtant ces gens sont damnés!  Ils n’entrent pas au ciel!  On peut éviter toutes les choses défendues individuellement et se damner!… comme ces gens qui mettent leur amour dans les échantillons plutôt qu’en Dieu.  Encore une fois c’est cette maudite philosophie qui pervertit le jugement du clergé.  Dans ce monde absolument païen des «in se», même quand on considère la Trinité «in se», c’est du paganisme tout pur.  Eh bien dans ce monde païen de cette philosophie, il n’y a que ce plan d’éviter le défendu et l’on peut se donner de bon coeur à ce qui est permis.  Mais, en théologie ou dans la religion surnaturelle de la foi, qui considère tout en Dieu qui est amour, ce n’est plus vrai qu’il suffise d’éviter le défendu et qu’on peut jouir tant qu’on veut du permis.  Ce n’est pas vrai!  Car les choses permises peuvent captiver le coeur de l’homme comme les défendues et quand le coeur est captivé par les choses permises, il transgresse le premier commandement et pour cela il sera damné… sans aucun péché peut-être dans un acte isolé.  Son péché s’étendra dans toute sa vie.  Un manque d’amour ne se manifeste pas seulement par un coup de revolver, mais dans chaque mille petits riens, qui sont aussi efficaces dans l’ensemble pour tuer l’amour que le coup de revolver.

C’est autant par le sacrifice des choses permises qu’on achète son ciel ou qu’on le récolte que par les défendues.  Les philosophes mettent la division entre les choses permises et les créatures défendues tandis que les vrais théologiens la mettent entre les créatures et le Créateur.  Toutes les créatures sans exception sont des moyens pour arriver à Dieu.  Or on ne s’attache pas au moyen, mais à la fin.  Devant Dieu c’est absolument bête de séparer les créatures en deux comme plan total pour satisfaire Dieu.  C’est faux!  St-Paul ne dit pas que seules les créatures défendues sont du fumier pour gagner Jésus-Christ, mais il dit: Toutes choses.  Les philosophesprêtres disent: Toutes choses défendues!  C’est là qu’ils dérapent de la vraie doctrine de Jésus!… Jamais Jésus n’a fait cette distinction entre les permises et les défendues, mais toujours il parle de la préférence de Dieu sur toutes les créatures sans exception sur terre.  Les bonnes créatures encore une fois ensorcellent l’esprit et le coeur de l’homme autant que les défendues, comme St-Ignace l’enseigne si clairement dans les deux étendards et Jésus dans tant de paraboles.  Que de bonnes gens n’ont jamais ou rarement le temps de communier souvent, de lire de bons livres, de faire des retraites de suivre les missions et ils ne se croient pas capables parce qu’ils sont pris par leurs affaires et leurs amusements parfaitement légitimes.  Mais graduellement les soucis des choses humaines absorbent tellement leur esprit et leur coeur qu’ils négligent leurs devoirs religieux de plus en plus jusqu’à perdre leur âme.  Jésus dit: Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme?  insinuant que c’est justement en accaparant les biens de ce monde avec amour on vient à perdre l’amour de Dieu et à perdre son âme.  Que de fois on entend dire par nos chrétiens quand on les invite à un acte religieux: Je n’ai pas le temps.  C’est la même réponse des invités dans les paraboles de Jésus et il dit qu’ils sont rejetés des noces au ciel.  Donc cela arrive et très souvent puisque Jésus en parle si souvent et pour des choses permises.  Est-ce qu’on trouve du temps pour visiter une famille qu’on n’aime pas?  Non.  On trouve toujours des prétextes pour s’en exempter.  Eh bien, ceux qui ont toutes sortes de prétextes pour s’exempter des choses de la religion montrent que leur coeur n’est pas là du tout.  On réserve le meilleur de son temps à ce qu’on aime.  Quand donc le temps se passe aux choses du monde, c’est donc que le coeur est là et pas en Dieu.  Ces gens ne seront pas sauvés même si on ne voit pas un péché mortel dans un acte individuel.  Le mortel s’étend sur toute la vie.  La conclusion de cette parabole est donc celleci: On peut être exclus des noces de Jésus au ciel pour toute une série d’actes bons et légitimes posés individuellement mais qui peuvent absorber le coeur tellement que le péché mortel s’étende sur toute la série sans paraître, sans être dans aucun en particulier!  Que les prêtres sortent donc de la morale païenne fournie par leur philosophie naturelle ou [qu’ils acceptent] la seule règle de la vraie théologie qui veut que tout notre coeur soit à Dieu et pas du tout aux créatures permises ou défendues.  Qu’on mette Dieu d’un côté et absolument toutes les créatures visibles de l’autre.  Voilà la séparation que l’amour de Dieu exige pour nous donner le ciel.  Toutes les créatures sont du «fumier» pas seulement les défendues!  Est-ce clair?

Est-ce compris une bonne fois!  Va-t-on nous laisser la paix avec ces expressions de païens: ce n’est pas défendu!  c’est permis!  Cela ne règle absolument rien selon le plan de Dieu.  Celui qui est dans le plan divin se dit: est-ce que je veux acheter le ciel?  est-ce que je veux le récolter?  Eh bien!  n’importe quelle créature permise peut servir à cela.  Et là cette distinction entre permises ou défendues ne vaut rien.  C’est pour cela que Jésus n’en parle pas.  C’est évident qu’il faut éviter les choses défendues.  St-Paul le dit clairement que les adultères, les fornicateurs, les ivrognes, etc.  n’entreront jamais dans le ciel.  Mais cela ne veut pas dire que si on n’est pas adultère etc.  on entre immédiatement dans le ciel; ce n’est pas vrai.  Il faut en plus préférer Dieu à toutes les choses du monde, donc un chrétien n’a pas le droit de s’attacher à des choses permises, et il peut se damner en le faisant.  Voilà ce que Jésus enseigne dans ces paraboles-ci et si souvent ailleurs.
les dix vierges Voici encore une parabole qui confirme la doctrine donnée dans les invités au festin.  On va voir la justice s’exercer sur cinq entre les dix, sur la moitié donc, et pas un seul péché dans un acte isolé!  Prenons tout de suite le cas des cinq folles.  Elles étaient bonnes, étaient vierges, voulaient aller aux noces, suivaient les autres, avaient fait beaucoup pour être prêtes; il leur manquait de l’huile seulement.  Comme tous les négligents, elles se sont dit: nous en trouverons bien en temps et lieu!  Il nous en faut, mais nous verrons plus tard… Le signal donné, elles veulent allumer leurs lampes et s’aperçoivent qu’elles n’ont plus d’huile.  Elles essaient de s’en procurer de leurs compagnes, qui leur disent d’aller s’en chercher.  Pendant qu’elles y vont, l’époux arrive; celles qui étaient prêtes entrent, les portes sont fermées.  Quand les vierges folles arrivent, l’époux ne veut pas leur ouvrir et leur dit: «Je ne vous connais pas.  Veillez donc parce que vous ne savez ni le jour ni l’heure…» Là évidemment est leur péché.  C’est dans ces dernières paroles qu’est la leçon de la parabole: Dieu veut que nous préférions le ciel à absolument tout au monde, comme il le dit dans la parabole de la perle précieuse… pas seulement les défendues!  Les folles avaient été formées par des philosophes du temps; elles se sont dit: ce n’est pas péché de ne pas avoir d’huile dans sa lampe.  Les sages avaient été formées par de vrais théologiens.  Il faut préférer ces noces à tout!  Il ne faut rien risquer!  A tout prix il faut être là, donc voyons à tout, tout de suite!  L’insistance de Dieu à ce que nous soyons prêts quand il nous donnera le signal de la mort est pour que nous montrions notre amour qui n’hésite jamais, ne lambine pas et ne prend pas de risques!  Tandis que lorsqu’on n’aime pas une chose on ne se met pas bien en peine pour se la procurer, on prend des risques parce qu’on n’y tient pas.  Ceux donc qui prennent des risques pour le ciel, montrent leur peu d’amour pour Dieu et donc risquent leur salut éternel.

L’époux n’a pas voulu accepter toute cette préparation hâtive après le signal donné.  Pourtant elles étaient sincères, elles voulaient vraiment aller aux noces, elles attendaient avec les autres vierges, mais parce qu’elles avaient pris un risque sur un point essentiel pour leurs lampes, elles ont été exclues des noces.

C’est donc là le cas d’un grand nombre de chrétiens qui sont bons, qui sont sincères et qui veulent aller au ciel et qui prennent certains moyens… et qui seront exclus du ciel pour leur insouciance ou négligence sur quelque point important. 

Du moment que par leur vie ils montrent qu’ils ne préfèrent pas Dieu à toutes les choses du monde, ils prennent des risques et sont aussi fous que les vierges folles.  D’après les Pères, l’huile est la foi.  Or combien de chrétiens suivent les autres à la messe, dans les missions communient et prient et qui ne seront pas sauvés, parce qu’ils ne vivent pas de foi, ne se laissent pas guider par le St-Esprit, mais par leur bon sens humain.  D’après Jésus, il y a donc des chrétiens qui font comme les autres extérieurement, mais qui ne le font pas: «par esprit de foi», mais pour faire comme les autres et pour des motifs humains; ces gens n’ont pas d’huile dans leur lampe!  Ils attendent à leur dernière maladie pour tout régler.  Ils prennent un risque, donc ils n’aiment pas Dieu par-dessus toutes choses, donc risquent leur salut.  Tous ceux qui pèchent mortellement, même rarement, doivent craindre, car Jésus dit que puisque leur maison tombe c’est donc qu’elle est bâtie sur le sable, or le sable c’est le naturel dans les motifs.  Ces gens mènent une vie païenne dans leurs motifs; ils n’ont donc pas d’huile dans leurs lampes; ils risquent leur salut et seront avec les vierges folles… ce sont des fous!

Quel dommage que les missionnaires et les prédicateurs ne méditent pas plus sur ces paraboles de la justice divine!  Combien laissent entendre que c’est facile et évidemment commun qu’on soit sauvé à la dernière minute.  Ils l’ont tellement prêché que les chrétiens en grand nombre attendent l’heure de la mort pour gagner le ciel.  A les entendre, un signe de croix, une bonne pensée, une absolution, une Extrême Onction, la visite du prêtre… et notre homme est sauvé!

Tout ce qu’on peut dire, c’est possible à Dieu de faire cela.  Mais de quel droit dit-on que c’est facile et fréquent?  Ce sont des philosophes qui parlent de la sorte.  «En soi», tout cela, est possible, Mais dans les hommes en chair et en os, ce n’est pas vrai qu’on change son coeur ainsi en un instant.  Que ces missionnaires essaient donc leur recette facile tout de suite.  Qu’ils abordent un adultère sur la rue et qu’ils lui disent qu’il suffit d’abandonner sa maîtresse pour aimer Dieu et il est sauvé à l’instant!  Qu’ils disent donc aux ivrognes qu’il suffit d’une bonne pensée pour abandonner la boisson!  Qu’il suffit d’un acte de volonté pour faire ses Pâques!  Qu’ils disent à un habitudinaire qu’il suffit de dire un Ave et qu’il est converti!  Allez-y donc avec vos recettes magiques et le bon Dieu qui peut tout.  Il faut être nigaud pour croire que changer sa fin dernière est chose facile.  Ce n’est pas plus facile à l’heure de la mort que pendant la vie.  On peut crier: Seigneur, Seigneur!  On peut être sincère, mais rien de cela n’est l’amour de Dieu qui sauve.  Judas était sincère, il a regretté amèrement son crime… et il n’a pas été sauvé.

Evidemment, rendu au chevet d’un mourant, faisons tout pour essayer de le sauver.  Mais c’est ridicule de prêcher ces recettes magiques comme tant de prédicateurs le font.  Ces paraboles de Jésus que nous étudions ici donnent le démenti à ces recettes fameuses comme étant faciles et fréquentes.  Encore une fois que ces philosophes essaient donc tout de suite leur recette sur les pécheurs.  Essayez votre acte de contrition qu’il suffit de dire pour être transformé en ange, de démon qu’on était.  Est-ce que ces prédicateurs de la dernière heure veulent faire mentir Jésus qui prêche sur tous les tons de ne pas attendre à la dernière heure, mais de toujours être prêt.  Voilà ce que des prédicateurs théologiens prêchent.  Ils considèrent les choses non pas dans l’abstrait où tout peut être facile, mais ils les considèrent dans le coeur de l’homme et avec les exigences de l’amour de Dieu… et l’homme n’est pas une masse de chair et de passions faciles à changer en ange céleste. 

Le péché n’est pas seulement une désobéissance, c’est un amour de préférence de la créature sur Dieu.  Pour se convertir il faut préférer Dieu aux créatures.  Or, ce n’est pas vrai qu’il soit facile de changer son amour dans le concret et pratique de la vie.  S’il est si facile d’aimer Dieu à la mort, que ces prédicateurs le fassent donc aimer tout de suite!  Ça a tant de bon sens de préférer Dieu aux créatures!  Il suffit de le vouloir… eh bien, faites-le donc vouloir par tous les mondains et par tous les pécheurs!  La seule recette sûre c’est de se tenir prêt à paraître devant Dieu… et c’est celle-là que tout prêtre devrait prêcher au peuple.  Dans les deux paraboles que nous venons de voir, la justice divine s’exerce autant que la miséricorde… et c’est ce qu’il faut mettre dans la tête des prêtres: que Dieu est aussi juste qu’il est bon.  Que si la miséricorde est infinie en elle-même, elle peut être limitée en nous à cause de nos mauvaises dispositions et que le cas arrive fréquemment, assez fréquent pour que les prêtres aient le devoir d’avertir les fidèles des châtiments qui les attend s’ils ne sont pas prêts au signal donné à la fin de la vie… et que leur préparation hâtive peut bien ne pas être acceptée comme celle des vierges folles.

les talents.  Encore une parabole où Dieu, non seulement récompense, mais punit et très sévèrement.  «Serviteur méchant et paresseux, vous saviez que je moissonne où je n’ai pas semé et que je recueille où je n’ai rien mis, vous deviez donc placer mon argent entre les mains des banquiers et à mon retour j’aurais reçu avec usure ce qui est à moi.  Ôtez-lui donc le talent qu’il a et donnez-le à celui qui en a dix, car on donnera à celui qui a et il sera dans l’abondance, mais pour celui qui n’a point on lui ôtera même ce qu’il semble avoir.  Jetez ce serviteur dans les ténèbres extérieures, c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.» Encore une cause de damnation qui n’apparaît pas dans un acte isolé.  Ce serviteur n’a fait aucun mal, aucun péché mortel dans un acte individuel et il est jeté dans les ténèbres extérieures où il y a des pleurs et des grincements de dents!  Cette doctrine est sûrement vraie dans l’ordre surnaturel.  Ceux qui ne font pas fructifier les lumières reçues et les grâces peuvent être châtiés bien sévèrement par Dieu.  Ces paresseux spirituels peuvent être damnés d’après cette parabole.  Et Jésus ne la donne pas pour quelques cas isolés.  C’est donc que cela arrive assez souvent, les prêtres doivent donc donner cette doctrine aux fidèles.  Ces paresseux spirituels peuvent être affairés au point de vue temporel.  Peu importe comment ils perdent leur temps, s’ils ne travaillent pas pour leur vie spirituelle, ils risquent leur salut.  Par exemple, la grâce sanctifiante est un fameux talent que Dieu nous confie pour nous permettre d’agir divinement par des motifs surnaturels.  Ceux qui se contentent d’essayer de la garder comme simple ornement ou comme billet pour le ciel, seront sévèrement punis pour ne pas s’en être mieux servis.

Ceux qui ont une Bible et ne la lisent pas ou qui négligent de s’en procurer, ou n’étudient pas la vie spirituelle dans les auteurs et dans la vie des saints quand ils pourraient le faire, rendront un compte à Dieu de leur négligence.  Combien profitent du don de l’Eucharistie, des autres sacrements?  Combien agissent selon la foi que Dieu leur a donnée?  Une foule de négligences de cette sorte peuvent attirer de grands châtiments sur ces coupables.  Le serviteur paresseux et appelé méchant serviteur, pourtant quel mal a-t-il fait?  Aucun en acte individuel.  Jésus nous avertit qu’on demandera beaucoup à qui on aura donné beaucoup.  Les prêtres et les religieux ont besoin de surveiller les lumières que Dieu leur a données et les grâces pour faire le plus de bien possible autour d’eux et en euxmêmes!  Cela est vrai aussi dans l’ordre temporel.  Par amour pour Dieu que chacun essaie de développer le ou les talents que Dieu lui a donnés.  Que les cultivateurs, par exemple, fassent tout ce qu’ils peuvent pour améliorer leur culture et leur ferme, leur moisson et leurs troupeaux, etc.  pas pour s’enrichir ou par orgueil, mais par respect pour l’intelligence que Dieu leur a donnée et ainsi par respect pour Dieu.  Mais que de nigauds et de paresseux dans toutes les branches de l’activité humaine!  Combien n’améliorent rien autour d’eux!  Pour cacher leur paresse et leur peu d’esprit, ils se font les champions des traditions; cela les dispense de rien changer et donc de tout effort.  Ils occupent simplement la place et ne produisent rien ni pour les autres ni pour Dieu.  Que de routines dans les deux clergés sur la manière de faire le ministère ou d’enseigner ou de prêcher.  Que chacun prenne donc quelques minutes chaque soir pour faire un examen sur ce qu’il pourrait améliorer pour le bien des âmes et la gloire de Dieu.  Qu’il prie surtout le StEsprit afin d’être éclairé sur ce qu’il pourrait faire pour donner un meilleur rendement dans tous les domaines où s’exerce son activité.  le mauvais riche.  «Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de fin lin, qui festoyait tous les jours.  Il y avait aussi un pauvre, nommé Lazare, couvert d’ulcères, couché à sa porte, désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; même les chiens venaient lui lécher les ulcères.  Or il advient que le pauvre mourut et fut transporté par les anges au sein d’Abraham.  Le riche aussi mourut et fut enseveli dans l’enfer.  Et dans l’enfer, ayant levé les yeux tandis qu’il était dans les tourments, il aperçut de loin Abraham et Lazare dans son sein; il s’écria en disant: Père Abraham, ayez pitié de moi, et envoyez Lazare afin qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme…» Voilà toujours bien un autre cas où la justice divine s’est exercée et personne ne peut mettre le doigt sur une seule de ses actions individuelles qui soit mortelle.  Les philosophes verraient là un beau cas pour la miséricorde!  Mais Jésus dit que c’est la justice divine qui le condamne à l’enfer.  Tous les prédicateurs de la seule miséricorde, venez examiner ce cas qui contredit votre prédication de la miséricorde divine!  S’il avait été adultère ou assassin, Abraham le lui reprocherait.  Mais tout ce qu’il lui dit est ceci: «Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu des biens pendant ta vie et pareillement Lazare des maux, et maintenant il est consolé tandis que toi tu es dans les tourments.»

Ce que nos prêtres-philosophes considèrent comme une bénédiction, la richesse, Abraham dit que c’est pour cela que le riche est damné!  Ils sont donc de travers dans toute leur formation avec Abraham au ciel… et les pauvres qu’ils fuient en général ou qu’ils négligent sont au ciel!  Qu’on demande à nos philosophes: est-ce un péché mortel de festoyer aujourd’hui?  de s’habiller de fin lin?  demain, est-ce un péché mortel de festoyer encore?  Pas un prêtre-philosophe ne blâmerait un chrétien qui vivrait comme cela; au contraire, il le féliciterait, il le cultiverait le plus possible pour être invité à ses banquets, fumer ses bons gros cigares et boire ses vins exquis et jouer aux cartes toute la nuit… et si je lui montrais mon étonnement, il me dirait tout de suite: Il n’y a pas de mal à cela, mon Père.  Que de chrétiens vont donc se damner avec la majorité des prêtres qui les approuvent, qui les imitent!  Que de prêtres vivent exactement comme le riche!  Quand les prêtres vont-ils comprendre cette doctrine du péché mortel s’étendant sur toute une vie et pas du tout dans un acte individuel?  StThomas définit le péché mortel: se détourner de Dieu et donner son amour aux créatures.  Il n’y a pas de doute que cela peut se faire dans un acte isolé, par exemple, délibérément je tue un homme ou j’apostasie aujourd’hui par un acte formel de ma volonté.  Mais il y a aussi des péchés mortels d’état où l’on entre là graduellement.  Est-ce qu’il n’arrive pas souvent qu’un mari s’amourache d’une fille au point de ne plus aimer sa femme et sans avoir péché avec cette personne?  On peut faire de même pour Dieu.  A force de fréquenter le monde ou de prendre part à ses plaisirs permis, on peut être captivé assez qu’on n’aime plus Dieu et qu’on néglige ses devoirs envers Dieu.  C’est le cas du riche de l’Evangile et il y en a par milliers dans le monde.  Voyons comment un homme vient à être passionné pour une joute ou un sport quelconque.  Les premières fois il reste bien calme, mais à mesure qu’il comprend mieux le jeu, il s’enthousiasme, se passionne et le voilà tout pris au jeu.  Lui-même ne pourrait pas dire à quelle partie il est devenu passionné; mais il est certain qu’il l’est actuellement.  On peut raisonner de même pour tous les plaisirs permis au monde et donc qui peuvent damner un homme à la longue.  Si on dit que c’est parce qu’il refusait de donner à Lazare, je réponds que ce n’était pas nécessaire qu’il se dise un jour: jamais je ne donnerai à ce pauvre, pour que ce soit mortel.  Il l’a refusé comme on le fait ordinairement.  Un pauvre demande à manger et on lui refuse une beurrée, qui dira que c’est mortel?  Puis on refuse une deuxième beurrée, une troisième, etc.  Personne ne peut dire exactement à quelle beurrée refusée est le péché mortel… et le riche est damné pour ces refus successifs.

Ce riche ne s’est pas servi des créatures pour acheter le créateur ni pour le récolter selon le plan divin donné par Jésus plusieurs fois, ce qui montre que son amour était dans les échantillons et non pas en Dieu, voilà pourquoi il est damné… et cela n’apparaît pas nécessairement dans un seul acte mais dans toute sa vie.  Au dernier jugement Jésus dira aux damnés: «Chaque fois que vous avez refusé un verre d’eau, c’est à moi que vous l’avez refusé.» Cela ne veut pas dire qu’un refus de ce genre soit mortel, mais c’est à cause de tous ces refus qu’ils sont damnés et pourtant pas un n’est mortel.  Les prêtresphilosophes peuvent-ils dire le contraire?  Devant ces faits donnés par Jésus lui-même.  Pas un acte isolé signalé par Jésus n’est mortel et ils sont condamnés quand même.  Et dans le jugement dernier tel que donné par Jésus, il n’y a pas un seul péché mortel dans un acte individuel, qui est mentionné, mais seulement ce qui damne dans l’ensemble.  S’il n’y avait que l’adultère ou le meurtre et des péchés de ce genre qui damnaient, c’était le temps de le dire.  Mais non, C’est comme si Jésus disait: Vous savez que ces crimes damnent, mais il y en a une foule d’autres que vous ne savez pas et que vous devriez savoir et ce sont ceux qu’il donne là et qui s’étendent sur toute la vie et pas dans un acte isolé nécessairement.  Encore une fois ces sortes de péchés n’existent que contre l’amour ordinairement et leur philosophie ne s’étend pas jusque là avec leur «in se» abstrait.  C’est pour cela que tant de prêtres formés à l’esprit philosophique de la religion ont de la peine à admettre ces péchés qui n’apparaissent pas dans un seul acte isolé, mais dans l’ensemble d’une mentalité et donc d’un amour.  Peu importe comment on y est arrivé, du moment qu’on préfère les échantillons à Dieu, notre salut éternel est réglé!  On est damné même si on n’est pas adultère ou assassin ou ivrogne, etc…
Que de chrétiens sont à plaindre avec ce que leur disent les prêtres-philosophes qui approuvent toutes ces vies condamnées par Jésus dans ces paraboles de la justice.  Que de prêtres aussi seront navrés au jugement d’avoir été de travers avec la mentalité de Jésus et avec l’amour de Jésus… et qui ont passé leur vie à fendre les cheveux en quatre, et à ergoter sur ce qui est permis ou ce qui est défendu, jusqu’où on peut aller sans péché mortel, etc., en un mot qui auront fait les pharisiens et auront tué l’amour incarné comme les pharisiens ont tué Jésus.  Ces quatre paraboles de la justice divine avec la même doctrine donnée à plusieurs endroits par Jésus devraient ouvrir les yeux des philosophes sur les actes in se, qui ne constituent pas la seule morale des chrétiens, mais que les péchés de mentalité damnent autant que les actes individuels et ils devraient en parler au peuple.  Combien imitent exactement la vie du riche qui est condamné à l’enfer!  Combien de prêtres et de religieux font de même!  Quelle déception quand ils arriveront au jugement!  Espérons aussi que les prédicateurs de la seule miséricorde vont changer leur doctrine!  Il faut parler autant de la justice divine et menacer tous ceux qui pêchent encore de la justice et quand ils reviennent à Dieu alors seulement on leur parle de miséricorde.  Voilà une doctrine dont tous les prêtres ont besoin, en général.

100e des apparitions de Fatima, miracle du soleil




mercredi 11 octobre 2017

Jean la grenouille

Cela est autant valable pour la résistance



Source : http://www.slideserve.com/kalei/histoire-de-jean-grenouille-tradi-fid-le-de-la-fsspx

samedi 23 septembre 2017

Père Onésime Lacouture - 2-21 - Les paraboles de la miséricorde


VINGTIÈME INSTRUCTION
LES PARABOLES DE LA MISÉRICORDE.

«Les Pharisiens dirent à ses disciples.  Pourquoi votre Maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs?  Mais, Jésus les ayant entendu, leur dit: Le médecin n’est pas nécessaire à ceux qui se portent bien, mais aux malades.  Allez donc et apprenez ce que veut dire: Je veux la miséricorde et non le sacrifice.  Car je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs.» Mt.  9-13

Plan Son importance.  1e parabole: La Brebis perdue Luc 15.  2e parabole: La Drachme perdue Luc 15.  3e parabole:
L’Enfant perdu Luc 15.  4e parabole: Le Bon Samaritain Luc
10. 5e parabole: La Sanction: Le Serviteur sans pitié Mt.  18-23.

SON IMPORTANCE.  La miséricorde est une tendre compassion pour les pécheurs qui incline Dieu à leur pardonner leurs péchés quand ils regrettent leurs péchés.  Comme nous sommes tous pécheurs nous avons absolument besoin de la miséricorde divine pour être sauvés.  Il est donc important de l’étudier pour mieux connaître ses exigences tout en étant infinie.  Dieu n’a pas coutume de jeter ses perfections à ceux qui n’en veulent pas: Jésus dit qu’on ne jette pas des perles aux chiens, à plus forte raison Dieu ne jettera pas sa miséricorde sans certaine condition dans les pécheurs.  On dit qu’elle est infinie: c’est vrai, mais c’est en elle-même.  Ses effets en nous sont limités et par notre condition de créature limitée et par nos dispositions libres plus ou moins bonnes ou aptes à recevoir la miséricorde.  Nous pouvons abuser de la miséricorde comme de toutes les autres perfections de Dieu.  Ainsi, quand on sépare la miséricorde de la justice divine, on fait la même erreur que les jansénistes qui isolaient la justice de la miséricorde.  Les conséquences désastreuses sont aussi grandes dans un cas que dans l’autre.  Ainsi, à la rigueur des jansénistes on voit apparaître dans plusieurs pays un laxisme aussi traître que la rigueur des jansénistes; on est allé d’un excès à l’autre.  En France et aux Etats-Unis, on ne parle plus pratiquement de la justice divine: ce n’est que la miséricorde qui règne dans l’enseignement et dans la prédication en général.  On parle toujours de la bonté de Jésus, de sa miséricorde pour les pécheurs.  On va jusqu’à abandonner en pratique la prédication de l’enfer.  On n’en veut plus!  Moi-même j’ai missionné avec un missionnaire qui n’y croyait plus du tout!  C’est une exception sans doute; il avait le front de me le dire; combien agissent comme lui.  Est-ce qu’on y croit vraiment quand on ne veut plus le prêcher?  C’est rendu si loin aux Etats-Unis que le peuple même proteste énergiquement si un missionnaire a le front de donner un sermon sur l’enfer… et les curés auront soin de l’avertir qu’on évite ce sujet de nos jours!… et on l’évite!  Tous ces prêtres font donc avec la miséricorde ce que les jansénistes ont fait avec la justice divine.  C’est un abus criant et une erreur dans la foi.

Remarquons bien que la miséricorde agit quand on revient à Dieu!  Quand on regrette sincèrement ses péchés, et quand on a fini de pécher dans son coeur et donc qu’on ne veut plus jamais pécher.  C’est alors que la miséricorde se penche sur les pécheurs en proportion qu’ils sont bien disposés… et que la contrition est réelle dans le coeur!  Il faut insister sur ces dispositions concrètes surtout de nos jours.  Voici pourquoi.  C’est que les démons ont semé leur ivraie perfide dans le repentir comme partout ailleurs.  Leur diabolique philosophie qui ne parle des choses qu’en elles mêmes et donc d’une façon abstraite s’applique au sacrement de pénitence aussi.  Ils expliquent le sacrement «in se», par exemple, du moment qu’on accuse ses péchés, qu’on dit son acte de contrition, et qu’on récite sa pénitence, tout est fini!  L’âme est blanche comme de la neige d’écarlate qu’elle était avant.  Puis l’on voit nos missionnaires arriver avec leur zèle pour rendre la confession facile; ils facilitent tellement les choses que ce n’est plus qu’une formalité.  Les prêtres séculiers-philosophes sont entrés dans la partie avec le sacrement abstrait, exposant tout ce que Dieu peut faire dans le confessionnal, comme si les pénitents n’avaient plus rien à faire que de se laisser faire.  En tout cas, c’est bien passé chez les fidèles.  Quelle pitié dans les confessions!  On vient simplement se débarrasser d’une charge de péchés de temps à autre… pas avec l’idée même d’arrêter, mais simplement croyant que chaque confession liquide automatiquement tout le passé et donc qu’ils peuvent continuer ainsi jusqu’à la mort.  Là, du moment qu’ils auront un prêtre, tout est sauf!  Voilà «in se» ce que le sacrement peut faire.  Comme les gens pèchent facilement!  Comme ils se confessent cavalièrement!  On peut s’en convaincre en essayant de prendre des moyens pour les arrêter de pécher.  On ne les revoit plus!  On passe pour sévère et janséniste; on ne veut plus qu’ils pèchent… c’est absurde pour eux!  et ils vont à n’importe quel autre prêtre qui va régler son cas facilement… pour ne pas l’éloigner du confessionnal!  et il se félicite d’avoir un coeur miséricordieux comme Jésus… et il s’endort sur ce fameux principe qu’on fait circuler dans ces pays à la miséricorde: «on ne peut pas exagérer la miséricorde du bon Dieu!»… en ellemême?  Je le concède; en nous, ce n’est pas vrai!  On peut l’exagérer… comme la très grande masse des prêtres le font actuellement.  Cette maudite philosophie de la religion en est responsable!  Cette théologie païenne des diaboliques «in se» contrôle le sacrement de pénitence comme elle domine dans tout le reste de la religion naturelle que l’on donne actuellement au monde.  C’est ce qui explique la mentalité païenne et naturelle de la masse des prêtres et des religieux dans le monde entier.  On peut donc abuser de la miséricorde de Dieu!  L’Ecriture est remplie de textes qui proclament la miséricorde de Dieu.  En voici quelques-uns:
Ps.  103: «Mon âme bénis Yahweh et n’oublie pas ses nombreux bienfaits.  C’est lui qui pardonne toutes les iniquités, qui guérit toutes les maladies; c’est lui qui délivre ta vie de la fosse, qui te couronne de bonté et de miséricorde… Yahweh est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté.  Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa bonté est grande envers ceux qui le craignent… Comme un père a compassion de ses enfants, Yahweh a compassion de ceux qui le craignent, car il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussières…» Remarquons l’expression: Il est miséricordieux à ceux qui le craignent!  il n’est pas dit à ceux qui continuent de l’offenser!  Luc 1-50: «Sa miséricorde s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent!» Remarquons encore pour qui il est miséricordieux: pour ceux qui le craignent!  Donc qui ne pèchent plus.  Ce n’est pas d’une façon arbitraire que Jésus prend ses sujets de paraboles, car il a créé ce monde précisément pour illustrer le monde de Dieu; c’est donc l’esprit de Dieu ou la manière de faire de Dieu que l’on retrouve dans la façon d’agir des personnes dans ces paraboles.  Ce sont des échantillons des sentiments de Dieu qu’il a mis au coeur des hommes pour nous faire connaître ses propres sentiments.  Peu importe la simplicité de l’exemple ou son insignifiance; il suffit pour nous donner une idée de ce que Dieu pense.  Ainsi on peut se faire une idée du soleil qui se réfléchit dans une goutte d’eau.  Jésus prend des exemples dans la vie commune et quotidienne des gens à qui il prêche.  Quel modèle pour nos prédicateurs!  On ne trouve jamais Jésus restant dans la stratosphère de l’abstrait et des «in se».  Il vit à terre avec les gens qu’il veut instruire.  Ainsi il va se servir de trois exemples dans la vie vulgaire du petit peuple ordinaire pour illustrer la miséricorde de Dieu et la joie au ciel du retour des pécheurs à Dieu: une brebis, une pièce de monnaie et un pécheur ou un homme.  la brebis perdue.  «Qui de vous ayant cent brebis, s’il en perd une ne laisse pas là les 99 autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée?  Et quand il l’a retrouvée, il la met avec joie sur ses épaules et de retour à la maison, il assemble ses amis et ses voisins et leur dit: Réjouissez-vous avec moi parce que j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue.» «Ainsi je vous le dis il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentir.» Il faut donc savoir que dans ce pays les troupeaux sont à peu près la vie du peuple qui est bien pauvre et naturellement qui estiment leurs troupeaux, leur seul moyen de vivre.  Les bergers les connaissent, les aiment et en ont bien soin.  Une brebis vaut beaucoup pour ces pauvres aussi quand une se perd, ils vont la chercher.  Alors c’est une vraie joie dans la famille et chez les voisins à qui ils ont raconté leur perte.

Dans l’ordre surnaturel les fidèles sont aussi impuissants, aussi sans dessein et aussi insouciants que des brebis le sont.  Elles sont à la merci de n’importe quelle bête sauvage et absolument incapables de se défendre contre leurs ennemis.  Eh bien, les hommes sont justement tout cela.  Un pécheur est absolument incapable de revenir à Dieu par lui-même.  «Sans moi, vous ne pouvez rien.» Il faut donc que Dieu aille le chercher lui-même, ce qu’il fait par ses prêtres surtout, par les événements et par toutes sortes d’épreuves pour le faire réfléchir.  Puis il mettra sur son chemin des amis et des prêtres qui essaieront de lui ouvrir les yeux pour le faire revenir à Dieu.  En arrière de ces instruments de sa miséricorde, il y a sa grâce qui est offerte au pécheur.  Elle excitera des remords de conscience; s’il veut bien les écouter, il reviendra à Dieu.  Plus le berger a eu de misère à retrouver sa brebis perdue et plus il est content quand il l’a ramenée au bercail.  On a de la peine à perdre une chose en proportion du prix qu’elle nous a coûté, la joie de la recouvrer est en proportion de ce prix qu’on a payé et de l’amour qu’on a pour cette chose, qu’on a montré dans la patience à la chercher.  Eh bien!  voyons maintenant ce que Notre suprême Pasteur a fait pour nous, ses brebis perdues à tout jamais par le péché.  Jésus a pris la peine de descendre du ciel pour venir se faire homme pour nous, prenant la forme de l’esclave de Souverain Maître qu’il était au ciel et sur la terre!  Il a été persécuté, a souffert une passion terrible et a été crucifié pour nous sauver!  Pour nous avoir avec lui au ciel.  Si nous prenions le temps de réfléchir sur ce que nous lui avons coûté, nous comprendrions mieux sa joie au ciel quand un pécheur revient à lui.  On sait quel zèle Jésus a montré pendant sa vie publique pour aller chercher les pécheurs.  C’est justement le reproche que les pharisiens lui font, d’être toujours avec les pécheurs.  C’est alors qu’il leur dit que ce sont les malades qui ont besoin du médecin et qu’il est venu précisément pour appeler les pécheurs à la vie divine!  Que de fois l’Ecriture dit qu’il manquait ses repas avec ses disciples tant il était occupé à discuter avec les pharisiens et à enseigner sa doctrine pour gagner les gens.  Il dit qu’il est le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, qu’il les connaît par leur nom, qu’il leur trouve des pâturages et qu’il les défend de leurs ennemis.

Voilà le modèle des prêtres et d’une certaine façon de tout chrétien.  Jésus a choisi les prêtres pour continuer son oeuvre sur la terre et nous savons qu’il veut que nous soyons tous une seule chose avec lui.  Pour cela il faut donc vivre comme lui en tout, autant que nous le pouvons avec sa grâce.  Donc un prêtre, comme dit St-Paul, doit être un autre Christ de toutes les façons possibles.  Comme Jésus a laissé son ciel pour courir après nous, que les prêtres laissent leurs beaux presbytères pour aller à la recherche de leurs brebis perdues.  Avec tact et avec patience, qu’ils aillent les voir pour les gagner à Jésus-Christ.  Voici un bon conseil à ce sujet.  Il ne faut pas y aller en son propre nom, car alors on se froisse de leur mauvais accueil, ou de leurs insultes ou de leur insouciance.  Le mieux est de se présenter au nom de Jésus-Christ tout de suite et qu’on s’efface soi-même complètement.  Comme un collecteur se présente au nom de sa Compagnie pour collecter une dette.  On est bien plus dégagé, plus indépendant, plus calme; on n’est que le commissionnaire de Jésus.  Quand ils nous disent des bêtises, nous leur disons simplement que nous ferons leur message au bon Dieu qui nous envoie les inviter au ciel, que s’ils ne veulent pas y aller, c’est leur affaire.  Plus on s’efface et plus Dieu agit par sa grâce.  On a beau être éloquent, être fin et habile tous nos arguments ne valent rien sans la grâce de Dieu.  Cette pensée qu’il ne faut pas oublier est de nature à nous garder dans l’humilité et ainsi attirer les bénédictions du ciel sur notre ministère.  La visite de la paroisse est trop officielle pour valoir beaucoup auprès des pécheurs, il faut d’autres visites.  Il y en a qu’on ne peut voir qu’à l’heure des repas, eh bien!  qu’on y aille pendant leurs repas!  et l’on prendra le sien quand on pourra.  Si on visite une famille où se cache une brebis perdue et qu’elle est sortie; alors les «formalistes» disent: Je suis allé pour le voir et il n’y était pas, qu’il s’arrange!  Ohé non, c’est à vous à l’arranger!  Trouvez-le, il faut lui parler personnellement.  On ne fait pas son devoir en donnant la commission à sa femme ou à une autre personne pour en parler au pécheur.  La brebis ne revient pas si un autre lui dit que son berger la veut!  Jamais elle ne bougera!  Il faut aller chercher ses pécheurs soi-même; c’est aux prêtres à y aller.  Combien jouent au golf ou vont à la chasse, ou à la pêche, pour se distraire du ministère.  Eh bien!  à l’avenir vous irez courir après vos brebis perdues et vous en avez assez que vous serez tellement fatigué que vous n’aurez pas envie d’aller jouer au golf ou d’aller à la chasse ou à la pêche.  St-Jean dit que de même que Jésus a donné sa vie pour nous, nous devons être prêts à donner notre vie pour le prochain.  Au moins soyons prêts à donner nos aises, nos loisirs, notre santé et notre temps.  Peu de prêtres vont au peuple comme on dit, peu vont à la recherche des pécheurs.  Les démons ont sûrement semé leur ivraie là afin de briser ce contact de berger avec les brebis.  Car ils font une seule chose.  Des brebis seules se perdent infailliblement.  Les chrétiens abandonnés par les prêtres se perdent infailliblement.  Les grâces leur arrivent par les prêtres et pas seulement quand ils leur donnent les sacrements, mais en les préservant de toute ivraie que les démons sèment parmi le peuple.  C’est aux prêtres à toujours surveiller ce qui fait du tort a la vie spirituelle des fidèles et à ce qui pourrait l’augmenter.  Il faut qu’ils les nourrissent d’une doctrine solide et divinisante comme le mépris des créatures et le renoncement à son jugement et à sa volonté.

Les démons ont si bien réussi à mettre un abîme entre les prêtres et les fidèles qu’il faut le signaler par des exemples que je connais personnellement.  Par exemple, en France, le clergé, en général, est toqué de cette abomination qu’il perd sa dignité en parlant à des gens du peuple.  Il n’y a pas un prêtre sur mille qui oserait, en France, parler à de pauvres gens sur la rue ou quand ils les rencontrent n’importe où.  Les démons leur ont mis cette maudite idée d’aristocratie dans la tête; ils sont au dessus du peuple et ce serait s’abaisser, se dégrader que de prendre contact avec les gens du peuple.  Est-ce étonnant que plus de trente millions (30 millions) de Français ne pratiquent pas du tout avec un clergé zélé mais aveuglé à ce point par les démons de l’orgueil.  Combien d’Américains ont été scandalisés de voir cette séparation entre le clergé et le peuple pendant leur séjour à la dernière guerre.  En Amérique, les prêtres sont démocrates, ils parlent à tout le monde, sont familiers avec leurs gens, c’est merveilleux!  Oui, mais, les démons sont en Amérique comme en France et ils sont aussi fins pour jouer les Américains que les autres races.  A quoi sert ce contact?  A rien du tout.  Nos prêtres américains parlent à tout le monde, mais des bagatelles du monde, des vues animées, des sports, de la bourse, et de tout sous le soleil… excepté de Dieu et de religion!  Le résultat n’est pas meilleur qu’en France.  Les autres pays d’après ce que j’ai pu voir et apprendre par des témoins fidèles, ce n’est guère mieux.  Le clergé ne s’occupe pas assez de ses fidèles qui lui sont confiés par Dieu.  Le prêtre devrait être plein de Dieu et des choses de Dieu et aller déverser le trop plein de son âme chez son peuple.  Ce n’est que lorsqu’il se présente comme venant du monde céleste qu’il captera l’attention et le coeur des coeurs.  Comme St.  J.  Baptiste venant du désert pouvait parler du royaume de Dieu avec autorité et avec fruit.  Mais nos «sports», qui viennent d’une joute quelconque ou qui en ont le coeur plein ne pourront pas donner le divin qui nourrirait les âmes qui leur ont été confiées et dont ils rendront un compte sévère à Dieu au jour du jugement.  Ce que je dis des prêtres, je le dis aussi des religieux.  Combien visitent leurs parents ou vont dans les familles et n’ont pas un mot de Dieu à leur laisser, ne leur font aucun bien, comme de vrais païens.  Quelle honte pour des prêtres et des religieux d’être tout aux choses du monde comme leur conversation le montre!  La bouche parle de l’abondance du coeur.  Quel aveuglement pour ces prêtres et ces religieux de croire qu’ils font leur devoir parce qu’ils sont familiers avec les gens du monde à la manière des gens du monde, parlant de toutes les bagatelles et les niaiseries du monde!… Les laïques aussi sont tenus selon le commandement de la charité de sauver leur prochain par les moyens à leur disposition.  C’est ce que les Papes ont appelé l’Action catholique.  Nous sommes tous frères et nous devons faire tout le bien que nous pouvons à nos frères comme Jésus nous a fait du bien… et cela aux dépens de nos aises de notre réputation même, de notre bourse, de notre temps.  St-Jean dit que nous devons être prêts a mourir s’il le faut pour sauver notre prochain comme Jésus est mort pour nous sauver.  C’est surtout le respect humain qui arrête cet apostolat laïque; on a peur de se faire passer pour un bon catholique, pour un fervent.  C’est aux parents et amis intimes à faire du bien à leurs membres malades spirituellement mais souvent un étranger réussira mieux.  Que chacun fasse ce qu’il peut pour l’amour de Dieu!

Cette plus grande joie dans le ciel ne veut pas dire que ce pécheur converti est plus parfait que les autres ou qu’il glorifie Dieu mieux que les autres.  Voici un exemple pour faire comprendre ce que Jésus veut dire.  Une famille s’amuse sur le bord de l’eau.  Voilà qu’un des enfants en se baignant s’éloigne des autres tellement qu’il ne peut plus revenir et il va se noyer.  Il crie au secours; les autres vont à son secours et ont beaucoup de difficulté à le ramener.  La mère surveille toutes les péripéties avec une anxiété terrible et on le lui ramène sans connaissance après qu’il a été sous l’eau quelque temps.  Des hommes font des exercices pour le faire revenir à lui.  Enfin, le voilà revenu à sa connaissance; il est sauvé!  Quelle joie pour la mère!  Elle n’a pas cette joie pour les autres parce qu’ils n’ont pas été dans le danger comme lui, mais celui-là était comme mort et le voilà en vie!  C’est donc le danger qu’il a couru qui donne tant de joie quand il est hors de danger.  Eh bien, le pécheur était sur le bord de l’abîme infernal, il était sur le point d’être perdu pour toujours et voilà que quelqu’un le sauve du feu de l’enfer où il s’en allait sûrement.  Voilà ce qui donne une si grande joie à Jésus et aux élus dans le ciel.  Le manque de zèle vient du manque de foi.  Celui qui voit tout: au point de vue des sens et de la raison trouve que les gens sont bons, ont bon coeur et veulent le bien.  Mais tout cela est au point de vue naturel.  Le genre de prêtres-philosophes évidemment trouve que tout va bien dans le monde; les gens sont polis, reçoivent bien le prêtre et suivent leur conscience.  Mais ce n’est pas du christianisme cela!  Comme ces philosophes ne suivent que la loi naturelle et donc mesurent tout au péché, il est évident que nos gens ne sont pas toujours à commettre des crimes.  Dès que ces gens ne tuent pas, ne courent pas les femmes, ces philosophes n’ont plus rien à leur demander.  Mais celui qui est vraiment théologien et qui mesure tout sur Dieu et sa sainteté que nous devons reproduire dans notre vie, voit d’énormes lacunes partout, dans le clergé, chez les religieux et chez les fidèles.  Alors il veut leur faire du bien; il va les voir, il leur parle de perfection divine et se montre très exigeant en tout.  Il est renversé de voir tant de gens agir comme de vrais païens avec des motifs naturels et d’avoir tant d’affection pour les choses créées.  Alors il cherche dans son esprit des moyens pour leur venir en aide, pas seulement pour les sortir de l’adultère, mais pour les rendre semblables à Jésus-Christ dans toute la force du mot.  «Soyez saints conte moi je suis saint!» Quand vous voyez un prêtre sans zèle, soyez sûr que c’est un philosophe!  Il est de travers avec le plan de Dieu, ce n’est pas surprenant que les choses de Dieu ne l’intéressent pas plus.  La philosophie dont il est plein ne le conduit qu’aux créatures comme de vrais païens.  En proportion qu’un prêtre est théologien et qu’il rapporte tout à Dieu et compare tout avec Dieu, il est exigeant et zélé pour diviniser le plus possible de gens.  Quand est-ce que les prêtres feront de la vraie Théologie selon les dons du S.  Esprit qui donnent le goût des choses divines.

la drachme perdue.  «Ou bien quelle est la femme, qui, ayant dix drachmes, si elle en perd une, n’allume sa lampe, ne balaye sa maison et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée?  Et l’ayant trouvée, elle convoque ses amies et ses voisines, disant: Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la drachme que j’avais perdue.» «De même je vous le dis il y a joie parmi les anges de Dieu pour un pécheur qui se repent.» Ce n’est pas pour rien que Jésus donne un exemple si insignifiant. 

S’il y a tant de joie pour avoir retrouvé un sou, que doit être la joie dans le ciel pour avoir retrouvé une âme immortelle que Jésus a aimée jusqu’à mourir pour elle!  Les gens devaient être encore plus pauvres en Palestine au temps de Jésus que de nos jours.  Or on voit les pauvres faire des milles dans l’espérance d’avoir quelques sous.  Je me suis fait poursuivre quelques milles par une fillette dans une promenade que je faisais le long du lac de Génésareth sur la route entre Capharnaüm et le Jourdain.  Je ne voulais rien lui donner près du village, car j’aurais eu tout ce monde à mes trousses.  Quand je lui donnai son pourboire, elle sauta de joie et bondit comme une flèche vers le village en criant à tue-tête que je lui avais donné quelque chose.  Quelques minutes après arrivait une grande fille à la course pour me demander l’aumône.  Alors Jésus a du voir des cas semblables souvent.  Tout ce remue-ménage pour trouver la pièce de monnaie n’est qu’un échantillon du remue ménage que Dieu fait autour du pécheur pour le faire réfléchir.  Que de contrariétés, que de remords de conscience, de reproches de la part des autres, que de lumières il allume dans son esprit pour lui faire voir son triste état.  De là la joie au ciel après tous ces efforts de la grâce pour le ramener à Dieu.  
Tous ceux qui veulent faire plaisir à Dieu et donner cette joie au ciel travaillent sérieusement à la conversion du monde, à améliorer les bons, à empêcher les faibles de tomber, à ramener les pécheurs.  Pour cela il faut aller parmi eux et les fréquenter personnellement.  C’est le plan de Dieu des sauver le monde, les hommes par les hommes; écrire des livres et des revues ne suffit pas.  C’est comme la radio, c’est bien bon, mais elle n’a pas d’âme; elle ne remplacera jamais le contact personnel.  Mais qu’on se préserve d’une illusion: de descendre au rang des pécheurs, en suivant leurs moeurs plus ou moins, ou leurs habitudes.  Par exemple, suivre le même débraillé dans les habits, fréquenter les clubs de nuit, aller danser, etc.  Ces prêtres trop accommodants sont exposés à se faire prendre au lieu de prendre les autres.  Ces hommes et ces femmes savent bien apprécier la vertu et ils n’aiment pas à voir ceux et celles qui passent pour des modèles faire comme eux.  Il y a d’autres endroits pour rencontrer ces filles ou ces hommes que dans des endroits louches et dangereux.  Celle qui s’habille comme les mauvaises filles ne les gagnera pas en les imitant.  Que de prêtres et de religieux ont pris ce prétexte pour aller à toutes sortes de joutes!  Combien ont jamais fait d’apostolat sérieux là?  Mais la plupart se sont fait prendre et ont développé une passion aussi grande que les mondains qu’ils voulaient convertir en les suivant aux sports.  Aller avec les pécheurs, c’est imiter Jésus, il allait avec eux; mais jamais en incitant leur façon de faire.  Et quand il était avec eux, il leur parlait des choses de son royaume constamment.  C’est lui qui dirigeait la conversation, pas eux.  Que les prêtres l’imitent en gardant leur coeur bien loin des habitudes des gens du monde!

l’enfant prodigue.  Voici l’histoire ordinaire de la plupart des pécheurs.  Cet enfant n’est pas satisfait de la vie calme et heureuse dans sa famille, il veut jouir davantage.  Il demande sa part d’héritage et s’en va au loin le gaspiller, dans toutes sortes de plaisirs et jusqu’au péché mortel.  Combien de fils et de filles de cultivateurs qui vivaient heureusement sur la terre avec leurs parents, s’ils s’étaient contentés d’une vie chrétienne dans la sobriété et dans la tempérance, sachant qu’ils sont en ce monde, pas pour jouir le plus possible, comme des païens, mais pour gagner leur ciel par le sacrifice des plaisirs de la terre; combien, dis-je, ont quitté leur famille pour s’en venir dans les villes afin de s’enrichir plus, pour jouir plus des échantillons.  Puis, comme les Israélites au pied du Sinaï se mirent à banqueter et à danser, puis tombèrent dans l’idolâtrie qui est un péché mortel.  Eh bien, ces jeunes gens qui viennent dans les villes pour jouir plus, de fait s’amusent d’abord dans les choses permises, puis dans les choses plus ou moins louches et finalement dans les choses défendues et pour gagner plus d’échantillons ils perdent le bonheur éternel du ciel.  A mesure que la passion des choses créées entre dans le coeur, l’amour des choses divines s’en va.  La vie de l’âme avec ses vertus qui nous rendent semblables à Dieu diminue au profit de l’animal et de la corruption des moeurs.  Si Dieu n’intervient pas d’une façon spéciale ces pauvres gens sont perdus à jamais.  Comme pour l’enfant prodigue Dieu, leur envoie des épreuves, ils perdent leur position, ils deviennent pauvres, ils tombent malades, puis, avec ces deux choses si désagréables à la nature humaine, les amis disparaissent et laissent nos pécheurs seuls et dans l’ennui.  Ils commencent à réfléchir sur la vanité des biens de ce monde; ils voient leur vie ruinée, ils n’ont plus rien en ce monde et ils sont en train de perdre le ciel.  Il est vrai que plusieurs pour éviter la pauvreté sont capables de faire des transactions malhonnêtes pour tenir leur rang.  Tant pis pour eux: Dieu leur envoyait la pauvreté pour leur enlever leurs moyens de l’offenser; ils en prennent d’autres pour continuer de l’offenser; ils sont les seuls responsables!  Le prodigue descendit jusqu’à l’abîme de l’humiliation; il gardait les pourceaux et enviait leur nourriture qui était meilleure que la sienne Ce n’est qu’une image de la dégradation des pécheurs qui vivent dans le péché mortel.  Ils descendent non pas au niveau des pourceaux, mais des démons!

Mais en ce monde quelque bas que soit un pécheur, Dieu descend toujours jusqu’à lui par sa grâce pour exciter des remords de conscience et des désirs de sortir de ce triste état.  Le prodigue fut assez heureux pour écouter cette voix intérieure qui lui rappelait son ancien état de pureté et de bonheur dans la maison de son père.  Il se décida de revenir à son père, mais cette fois comme un simple mercenaire, car il se trouvait indigne d’être traité comme un fils.  Pendant tout ce temps son père allait souvent sur la grande route pour voir si son fils ne revenait pas.  C’est parce qu’il l’aimait beaucoup, qu’il avait une grande peine de le voir parti, qu’il eut tant de joie quand il l’aperçut au loin.  Du moment qu’il revient, son père est tellement heureux de le revoir, qu’il ne songe plus à ses fautes et l’admet tout de suite dans la famille et lui redonne tout comme s’il ne l’avait jamais quitté.  Il le traite si bien que son frère en est scandalisé et froissé et il lui dit: Vous ne m’avez jamais rien donné et maintenant que ce pécheur revient nous lui donnez plus qu’à moi qui suis toujours resté avec vous.  C’est alors que le père lui dit: Ton frère était perdu et il est retrouvé; il fallait donc nous réjouir.  Tandis que toi tu étais toujours avec moi et tout ce que j’ai est à toi… Par ces trois paraboles Jésus nous insinue que comme brebis nous devons chercher nos pâturages selon l’obéissance à notre Suprême Pasteur représenté par l’Eglise; que comme drachmes, nous devons connaître ce que nous avons coûté à Jésus; et comme fils, nous devons toujours nous hâter vers notre Père céleste.

le bon samaritain.  A un scribe qui demande qui est son prochain, Jésus répond par cette parabole.  «Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba entre les mains des brigands qui le dépouillèrent, le couvrirent de plaies et s’en allèrent le laissant à demi-mort.  Il se trouva qu’un prêtre descendait pur ce même chemin; mais, l’ayant aperçu, il passa outre.  De même un lévite qui survient en ces lieux et qui le vit passa outre.  Mais, un Samaritain en voyage arriva près de lui; à sa vue il fut rempli de compassion, il s’approcha, banda ses plaies et versant de l’huile et du vin; puis l’ayant mis sur sa propre monture, il l’amena à l’auberge et il y prit soin de lui… lequel des trois te semble avoir été le prochain de l’homme tombé entre les mains des brigands.  Celui qui a eu pitié de lui.  Jésus lui dit: va toi aussi et fais de même.» Cette parabole regarde la miséricorde de l’homme envers l’homme.  Mais, d’après ce que Jésus veut que nous pratiquions on peut mieux comprendre ce qu’il fait lui-même pour nous.  Il ne s’agit pas de péchés ici, mais de misères humaines qui touchent le coeur de Notre-Seigneur.  S’il est si compatissant pour les blessures du corps, combien plus il l’est pour les blessures faites à l’âme par les démons et les pêchés!  Est-ce par hasard que Jésus montre que ni le prêtre ni le lévite ont eu compassion de ce pauvre homme blessé?  En tout cas ce n’est pas glorieux pour le clergé!  Est-ce que beaucoup de prêtres ne passent pas ainsi tous les jours a côte des misères humaines sans les soulager?  Beaucoup sont très durs pour les pauvres, non seulement ne leur donnent rien, mais les disputent, leur adressent des injures. 

Dans une seule journée j’ai vu un curé refuser à manger à un pauvre parce qu’il venait durant le dîner.  «Tu viendras plus tard.» Il revient à trois heures.  «On ne vient pas entre les repas!» Puis il revient pendant le souper et le pauvre homme fut renvoyé sèchement parce que c’était pendant le repas!  Quel animal que ce prêtre!  Je ne voudrais pas être à sa place quand il se présentera pour le banquet divin!  Jésus peut bien lui dire comme il a dit à l’autre: «Ne viens pas me déranger pendant mon repas!» et comme ce repas est éternel… quand ce pauvre diable de curé va-t-il se présenter????…et ce curé était un religieux qui avait fait voeu de pauvreté!

La raison de cette dureté dans beaucoup de prêtres, je crois, est due à leur philosophie.  Ils connaissent parfaitement leurs devoirs envers les pauvres et les pécheurs, et ils se contentent de cette connaissance de tête comme ils font dans tout le reste de la religion.  Comme tant de religieux qui se glorifient d’appartenir à un ordre glorieux, qui vantent les qualités de leur fondateur et sa sainteté… et qui ne font rien pour la reproduire dans leur propre vie.  C’est exactement l’esprit des pharisiens et de beaucoup de juifs qui se glorifiaient de la loi de Moïse et des merveilles que Dieu avait opérées en leur faveur… et qui n’étaient pas agréables à Dieu comme le dit S.  Paul, dans l’épître de la Septuagésime.  Ce n’est pas ce qu’on sait qui donne du mérite, c’est ce qu’on fait.  Dieu jugera selon les actes, non selon la science, excepté que ceux qui l’auront eue rendront un compte plus sévère à Dieu s’ils n’ont pas agi selon leur connaissance.  Cette parabole est pour tous les chrétiens sans distinction; en proportion qu’ils veulent être avec Jésus, ils doivent agir comme lui pour soulager les infirmités que Dieu met sur leur chemin.  C’est difficile de soulager les autres.  Que de pauvres, de malades et d’infirmes sont hargneux, ingrats et exigeants!  Ce n’est pas par méchanceté, mais Dieu arrange tout pour que les bienfaiteurs fassent le bien uniquement pour l’amour de Dieu.  Il y a du vrai dans ce fait que les pauvres regardent le bien qu’on leur fait comme leur dû, mais les bienfaiteurs n’ont pas toujours l’esprit de foi pour le voir ainsi, surtout dans les débuts.  Il n’y a donc pas de consolation humaine ou naturelle à faire du bien aux autres, au moins en général.  Il faut donc un grand esprit de foi pour continuer les oeuvres de miséricorde.  Sachons que notre mérite dépend de notre esprit de foi et non de la manière que le bien est reçu.  le serviteur sans pitié.  Dans cette parabole Jésus veut nous montrer que si nous ne sommes pas compatissants par amour de lui, il ne le sera pas pour nous.  Il veut que nous soyons prompts à pardonner comme Dieu lui-même est prompt à nous pardonner.  «Un roi remet à son serviteur une dette de dix mille talents.  En sortant ce serviteur rencontre un compagnon qui lui doit cent deniers.  Il lui saute à la gorge en lui disant: paie-moi ce que tu me dois et il le fait jeter en prison.  Quand le roi apprend cela il le fait venir et lui dit: Serviteur méchant, je t’avais remis toute ta dette parce que tu m’en avais supplié, ne devais-tu pas avoir pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi?  Et son maître irrité le livra aux exécuteurs jusqu’à ce qu’il ait payé toute sa dette.  Ainsi vous traitera mon Père céleste si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du coeur.» Tout chrétien doit donc essayer de ressembler à Dieu pour être compatissant et miséricordieux envers tous les affligés et les misérables au monde en autant qu’il le peut.  Pour aller avec Dieu il faut être une seule chose avec lui, donc agir comme lui.  Certains disent: nous ne refusons personne!  Cela ne suffit pas.  Il faut aller chercher les pauvres et les malades et les affligés.  Jésus dans son ciel ne s’est pas contenté de dire: je ne refuse pas les hommes!  Il est venu sur la terre nous chercher à ses propre dépens et même de sa vie.  Si le pasteur doit courir après sa brebis perdue, tout chrétien doit aussi courir après les perdus de toutes les façons au monde.  S’il veut ressembler à Jésus il doit faire des démarches pour aller au secours des autres.  C’est aux bien portants d’aider les malades; aux riches de soulager les pauvres, aux instruits d’enseigner les ignorants, etc.  N’oublions pas cette parole de Jésus: «Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous le faites.» Cette pensée de foi, que nous soulageons les membres souffrants de Jésus est la seule qui donne de la force de se dévouer pour les autres et qui rend ce travail agréable surnaturellement.


C’est en proportion qu’on vit de Jésus qu’on peut l’imiter dans les oeuvres de miséricorde et corporelles et spirituelles.  Comme nous avons tous besoin de la compassion et de la miséricorde de Dieu, nous ferons bien de nous dévaluer pour le prochain et de le soulager si nous voulons que Dieu le soit pour nous.  Faisons donc tout le bien possible aux autres dans l’avenir!