« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

lundi 25 décembre 2017

Naissance de Jésus-Christ



III. — Naissance de Jésus-Christ.

Dom GUÉRANGER. - « Et comme ils étaient là, il arriva que les jours de l'enfantement furent accomplis. Et Marte mit au monde son Fils Premier-Né ; Elle L'enveloppa de langes et Le coucha dans une crèche. » 6, 7. A l'heure de minuit la Vierge a senti que le moment suprême est arrivé. Son cœur maternel est tout à coup inondé de délices inconnus ; il se fond dans l'extase de l'amour. Soudain, franchissant par sa Toute-Puissance les barrières du sein maternel, comme Il pénétrera un jour la pierre du Sépulcre, le Fils de Dieu, Fils de Marie, apparaît étendu sur le sol, sous les yeux de sa Mère, vers Laquelle Il tend ses bras. Le rayon du soleil ne franchit pas avec plus de vitesse le pur cristal qui ne saurait l'arrêter. La Vierge-Mère adore cet Enfant Divin qui lui sourit; Elle ose le presser contre son cœur ; Elle L'enveloppe des langes qu'Elle Lui a préparés ; Elle Le couche dans la crèche.

« Le fidèle Joseph adore avec Elle ; les saints Anges, selon la prophétie de David, rendent leurs profonds hommages à leur Créateur, dans ce moment de son entrée sur cette terre. Le Ciel est ouvert au-dessus de l'étable, et les premiers vœux du Dieu Nouveau-Né montent vers le Père des siècles ; ses premiers cris, ses doux vagissements arrivent à l'oreille du Dieu offensé, et préparent déjà le salut du monde. » Année liturgique, Le saint jour de Noël.

S. AUGUSTIN. - « Le Tout-Puissant prend naissance, et sa Mère n'exhale aucun gémissement. Elle enfante, son Fils paraît à la lumière et sa Virginité ne souffre aucune atteinte. Du moment que c'est un Dieu qui naît, il fallait que la chasteté de la Mère reçut un nouvel éclat, et Celui qui était venu pour guérir toutes les souillures ne pouvait porter atteinte à la parfaite intégrité de sa Mère Marie dépouillée de son précieux fardeau, se tient là, debout et se reconnaît Mère, avant de s'être connue Epouse. Elle adore la Divinité de son Fils et tressaille de joie d'avoir enfanté par le Saint-Esprit ; Elle ne frémit pas d'avoir enfanté en dehors du mariage, mais Elle-se réjouit d'avoir donné naissance à un Dieu. L'Enfant, à sa Naissance, est déposé dans une crèche ; ce sont là les premières bandelettes d'un Dieu, le Roi du Ciel ne dédaigne pas ces entraves, après avoir trouvé bon d'habiter dans un sein virginal. » Sermons pour le propre du temps, 10e sermon, La Naissance de Jésus-Christ.

VÉN. BÉDÉ. Celui qui revêt le monde de sa riche parure est enveloppé de pauvres langes, afin que nous puissions recouvrer notre robe première ; Celui qui a tout fait a les pieds et les mains dans des entraves, afin que nos mains soient agiles pour les bonnes œuvres, et que nos pieds se dirigent dans la voie de la paix. » Hom. in Evang. Luc, II.

S. GRÉGOIRE DE NYSSE. — « Apparaissant comme un homme, Il n'est point soumis en tout aux lois de la nature humaine ; en effet, ce qui naît de la femme tient de l'humanité, tandis que la virginité qui Lui donne naissance montre qu'Il est au-dessus de l'homme. Ainsi sa Mère Le porte avec joie, son origine est immaculée, son enfantement facile, sa Naissance sans souillure ; il ne commence point par les déchirements, il ne sort point des douleurs. Celle qui par sa faute a attaché la mort à notre nature ayant été condamnée à enfanter dans les douleurs, la Mère de la Vie devait enfanter avec joie. Il entre par la pureté Virginale dans la vie des mortels au moment où les ténèbres commencent à diminuer et où l'intensité de la nuit est dissipée par l'exubérance de la lumière. La mort était le terme de la gravité du péché, maintenant elle va être anéantie par la présence de la Lumière véritable qui a éclairé tout l'univers de l'éclat de l'Evangile. » In Cat. grœc. Patr.

IV. -- Premiers actes que fit Marie après la Naissance de son Fils.

MGR. GAY. — « Qu'a fait Marie dans ce premier moment où Jésus, éclos de son sein, s'est pour la première fois trouvé vis-à-vis d'Elle ? Ce qu'Elle a fait, sans nul doute, c'est ce que le Saint-Esprit lui a inspiré de faire ; car si cet Esprit la possédait toujours au point de régir souverainement et constamment ses actes, que dut-il en être à l'heure de ce divin enfantement ? Jamais peut-être Dieu ne L’avait si complètement envahie ; Elle n'était que sa forme très pure et son organe docile. On devine d'ailleurs que ces premiers actes de la Sainte Vierge à l'égard de l'Enfant Jésus ont une importance capitale ; qu'ils sont ici comme autant de premiers principes, et que leur beauté, leur bonté, leur valeur morale dépasse tout ce que l'on en peut dire et penser.
1. « Avant tout nous croyons que Marie adora extérieurement Jésus. Aucune perfection, aucun titre ne manquaient à cet amour qu'Elle avait pour son Fils ; mais par-dessus tout, cet amour était une religion. La foi l'éclairait et en déterminait la nature et le caractère. Avant d'être son Fils, Jésus était son Dieu; avant d'être sa Mère, Elle était sa créature, sa sujette, sa servante. Si haut que pussent monter la liberté et l'ardeur de sa tendresse, cette tendresse restait appuyée sur son humilité et comme saturée de respect. Marie a dû dire à Jésus toutes les paroles enflammées du Cantique ; mais comme les fleurs si brillantes, si délicates et si parfumées, prennent appui sur ces branches ternes et solides qui les produisent, de même toute cette suave floraison de paroles saintement passionnées avait pour base et pour racine en cette Vierge, la conviction immuable signifiée par ces mots « Voici la servante du Seigneur

« Elle a donc adoré son Dieu paraissant dans la chair ; Elle L'a adoré en son nom propre ; Elle L'a adoré au nom de la création entière : Dieu seul a pu mesurer la profondeur et la sublimité de cette première adoration. Unie à celle que la très sainte Âme de Jésus rendait simultanément à son Père et l'imitant d'aussi près que possible, cette adoration de Marie réparait les déshonneurs sans nombre que les faux cultes, les idolâtries et les impiétés de tout le Genre humain avaient, depuis quatre mille ans, infligés à la Divinité et lui devaient infliger jusqu'à la fin des siècles.

2. « Après que Marie eut adoré Dieu dans cet Enfant, Elle Le regarda. On ne peut penser à ce regard sans éprouver un impérieux besoin de s'agenouiller et de se taire. Marie regardant Jésus pour la première fois I Ah t I quelle révérence t quelle piété, quelle simplicité, quelle tranquillité, quelle candeur, quelle pénétration, quel amour ! Ce regard devait ressembler beaucoup à une caresse ; il devait faire l'impression d'une onction. Il s'y écoula sans doute quelque chose du regard ineffable de Dieu sur sa Création après qu'Il l’eut achevée, et que, y trouvant « toutes choses très bonnes », Il s'y complut amoureusement. Ce regard de la Vierge traduisait encore toutes sortes d'admirations humbles et de transports paisibles, selon qu'il est naturel à l'âme d'en ressentir, quand, étant sainte, elle est divinement émue. Depuis le commencement du monde nul n'avait regardé Dieu ainsi. Jésus en fut touché jusqu'au fond des entrailles. C'est de quoi il dit dans le Cantique : « Tu as blessé mon cœur,ô ma sœur, qui es aussi mon Epouse ; tu as blessé et ravi mon cœur par tunique regard de tes yeux. » Cant., IV, 9.

3. « Enfin, qui pourrait en douter ? Marie baisa Jésus. Il me semble qu'Elle alla chercher ce baiser, non pas' seulement au plus intime d'Elle-même, mais au-delà, dans ce Cœur même de Dieu dont le sien était devenu le sanctuaire. Il me semble que, sans y dépenser plus d'un instant, Elle le prépara, comme le parfumeur prépare un baume exquis où il a résolu de faire entrer toutes les essences. Ce premier baiser dut être comme la récolte toute ramassée de son jardin intérieur. Toutes ses puissances y contribuèrent, toutes ses grâces s'y concertèrent et, pour ainsi parler, s'y surpassèrent. Ce baiser était leur fruit. Rien de si solennel, ni de si doux ne s'était encore extérieurement passé depuis l'origine des choses.... La créature collait immédiatement ses lèvres à cette sainte Face de Dieu dont l'éclat fait trembler les Anges. Jésus ne serait descendu ici-bas que pour y recevoir ce baiser que sa Création lui donnait par les lèvres immaculées et brûlantes de sa Mère, Il eût tiré une joie immense de son Incarnation et se fût applaudi de l'avoir décrétée.

 4. Après avoir rendu ses devoirs au Dieu qu'Elle venait d'enfanter, Marie avait à son égard une charge à remplir. Elle devait commencer, et commencer incontinent, le doux et sacré ministère de sa Maternité. Elle avait besoin pour cela de lumières très particulières.

Dieu s'était réservé d'être l'unique Précepteur de la Vierge. Il L'avait fécondée par son Saint-Esprit ce fut par le même Esprit qu'II Lui apprit intérieurement ce qu'il était séant qu'Elle connût touchant les suites pratiques de cette fécondité. En effet, il ne s'agissait pas seulement pour Marie d'être Mère ; Elle allait être la Mère de Dieu. Or, ce que doit faire une telle Mère, ni homme, ni Ange ne le savait. Cela ne s'était jamais vu nulle part. Le secret en était caché au plus profond de la science divine et comme au centre de l'amour infini. Dieu seul pouvait dès lors le révéler à une créature ; comme aussi il n'appartenait qu'à Lui d'élever cette créature au niveau d'une si sublime tâche.

« Dieu le fit avec sa Sagesse et sa Magnificence accoutumées. Aussi, quand le moment fut venu de commencer les œuvres de cette fonction inouïe, Marie n'eut pas l'ombre d'une hésitation, ni d'un embarras. Elle vit qu'encore bien que son Enfant fût la Vie en personne, et que, comme Il soutient par sa Vertu tout cc qu'Il crée par sa Parole, Il pût de même, s'Il le voulait, soutenir, sans appui humain, cette vie terrestre qu'Il lui avait empruntée, cependant il se rangeait à la commune condition des enfants de la terre, et ne s'exemptait d'aucune des servitudes auxquelles leur fragile existence est soumise. Elle comprit donc qu'Elle Le devait allaiter ; que, posé l'ordre de Dieu, c'était pour son cher Nouveau-Né une nécessité véritable que si Elle n'y pourvoyait pas, Jésus aurait faim, souffrirait, gémirait. Elle trouva adorable que les choses fussent ainsi réglées, puis, au dedans et au dehors, avec la même simplicité que son Divin Enfant, Elle entra dans cet ordre. La candeur qu'eut Jésus en prenant le sein de Marie, Marie l'eut dans son cœur en donnant son sein à Jésus.

« Ce sein, que Dieu seul et ses Anges avaient vu, Elle le découvrit donc à Jésus, comme la rose, qui s'épanouit, se découvre au soleil levant et sous son influence. Ce fut quelque chose de tranquille et de suave comme la première apparition du jour à l'horizon. Une Vierge voilant son visage ne sera jamais aussi chaste que cette Vierge dévoilant son sein. Elle était plus qu'un lis au dehors et au dedans ; Elle était un champ de lis, ce champ dont il est dit que l'Epoux, qui est l'Agneau de Dieu, « y a ses pâturages.» Et en effet cet Agneau béni allait boire le lait merveilleux dont cette virginale mamelle était pleine.

« Le lait de Marie fut comme la quintessence de tout ce qu'il y a de doux et de bienfaisant dans le monde des corps...Ce fut comme l'Eucharistie humaine de Jésus. » Elévalions sur la Vie et la Doctrine de N.-S. 15e et 16e Elév.


Le mystère de Jésus-Christ, Extraits de la Sainte Écriture, des écrits des Saints Pères et des meilleurs Auteurs Ecclésiastiques

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