« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

samedi 6 février 2016

Père Onésime Lacouture - 2-11 - Les rois mages


DIXIÈME INSTRUCTION
LES MAGES.

«Où est le Roi des Juifs qui est né?  Car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus l’adorer.» Mt.2.

Plan Remarque.  (Sa grandeur.  Leur vocation: (Sa gratuité.  (Leur fidélité à la suivre.  (Parfaite.  Leur foi est:

(Eprouvée.  (Récompensée.  (Laisse les prêtres indifférents.  Leur visite: (Trouble le peuple.  (Excite la colère d’Hérode.  (Généreuse.  Leur offrande est: (Symbolique.  (Liturgique.  

REMARQUE Il est tellement difficile pour l’esprit humain d’accepter l’humanité de Jésus que la divine Providence a multiplié les mystères de la sainte Enfance pour nous convaincre qu’il est vraiment homme comme nous.  Les avantages de cette conviction sont immenses pour la vie spirituelle.  C’est dans l’humanité que se reflète la divinité de Jésus; nous devons toujours avoir ce miroir de la divinité dans l’esprit pour progresser dans la divinité de Jésus.  Les saints ont toujours affectionné l’enfance de Jésus parce qu’elle est pleine de leçons pratiques pour la sainteté.  Jésus n’a-t-il pas dit: «A moins que vous ne deveniez de petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.» Les enfants ont plusieurs vertus appréciées dans le ciel, moins l’orgueil et une foule de défauts qui éloignent les hommes de Dieu.  De nos jours Dieu a pris la peine de nous remettre devant l’esprit l’estime qu’il fait des vertus de l’enfance en faisant canoniser Ste Thérèse de l’Enfant Jésus qui a puisé les principes de sa sainteté dans les mystères de l’enfance de Jésus.  Les hommes ont toujours eu peur de Dieu: sa majesté et sa puissance les faisaient trembler à son seul Nom.  Eh bien, il se fait petit enfant précisément pour que tous les hommes s’approchent plus de lui, si doux et si humble de cœur.  C’est là qu’il commence à prêcher par l’exemple sa doctrine divine qu’il enseignera de bouche plus tard.  Ce n’est pas pour rien que le St.  Esprit nous a laissé tant de détails sur l’enfance de Jésus.  Chaque mystère contient de sublimes leçons de sainteté que nous devons recevoir avec la plus vive reconnaissance et pratiquer le plus fidèlement possible avec sa grâce.

Jésus venait de s’offrir à son Père pour le salut du monde quand il commence son ministère en appelant à lui des païens d’une région lointaine.

 L’arrivée à Jérusalem de ces étrangers conduits par une étoile qui leur apparaît en Orient et les amène jusqu’à Jésus, a tellement frappé les premiers chrétiens que la fête de l’Epiphanie a pris une importance remarquable dans la liturgie chrétienne.  Ce mystère étale en tableaux vivants la théologie de la foi telle qu’elle agit dans les âmes.  On peut dire la même chose de la grâce.  Le St-Esprit nous décrit là sa façon de faire pour faire passer les hommes des ténèbres du paganisme à la lumière de la foi.  Ce qu’il fait pour les Mages il le fera pour nous tous en proportion que nous coopérons avec lui.  C’est donc notre propre vie spirituelle que nous étudions dans cet épisode merveilleux de l’Enfance de Jésus.  Mais, en nous, la foi ne sera plus sensible pour ainsi dire comme nous la voyons dans les Mages.  Une raison de plus de bien comprendre sa façon d’agir dans ce mystère.  Leur vocation à la foi.  Elle est la même que la nôtre.  Nous ne l’apprécions pas suffisamment parce que nous nous y arrêtons trop peu.  Prenons l’occasion de cette méditation pour nous faire une grande idée de notre vocation à la foi en examinant dans le détail les caractères de la vocation des Mages.  Sa Grandeur: On juge de la grandeur d’une entreprise par la fin qu’elle se propose, par les moyens qu’elle emploie et par ses résultats.  Examinons la vocation des Mages en fonction de ces trois idées.  Or les Mages sont appelés à venir adorer le Messie et ils sont les premiers païens à le faire.  Que peut-il y avoir de plus grand que d’adorer le Roi des rois et le Sauveur du monde?  C’est faire ce que nous sommes appelés à faire éternellement au ciel.  Rien de plus beau ni de plus grand sur terre.  Les moyens employés par Dieu sont miraculeux et donc divins.  Cette étoile étrange qui apparaît tout près de la terre et qui les conduit jusqu’à Jésus n’est pas un phénomène naturel; il fallait l’intervention spéciale de Dieu, de même que pour cette inspiration intérieure qui les sollicite à aller adorer le Roi des Juifs et qui ne leur laisse pas de paix tant qu’ils ne se mettent pas en route, vient sûrement de Dieu.  De plus il leur fallait des grâces bien puissantes pour les déterminer à partir malgré les reproches de leurs parents et les moqueries du peuple qui devait les trouver fous de suivre une étoile.  Peut-être avaient-ils lu la prophétie de Balaam, Mm.  l4-17: «Un astre sort de Jacob, un sceptre s’élève d’Israël.» Quoique l’on ne trouve pas de prophétie expresse pour les Mages, l’Eglise leur applique cette prophétie du psaume 71: «Devant lui se prosterneront les habitants du désert… les rois de Tharsis et des îles paieront le tribut, les rois de Saba et de Méroé offriront des présents.» Le résultat a été qu’ils ont trouvé Jésus et qu’ils l’ont reconnu pour le Messie et le Sauveur du monde.  Ils lui ont offert des présents symboliques des caractères qu’ils reconnurent en lui comme nous le verrons plus loin.  Eh bien, 19 siècles de christianisme et de foi bien prouvée sont passés, qu’est-ce que les chrétiens pensent de leur vocation à la foi?  Quelle insouciance à son sujet!  Comme nous en profitons peu, comme nous l’étudions peu, comme nous la pratiquons encore moins!  Jésus est à nos portes dans nos églises et dans les chapelles et combien se dérangent deux minutes pour aller saluer leur Dieu du Tabernacle!  Même les prêtres, comme ils vont rarement adorer Jésus où il est aussi présent qu’aux Mages quoique invisible aux sens.  Cela montre que nous apprécions bien peu notre vocation à la vision béatifique, puisque notre foi sur terre est le germe de la lumière éternelle du ciel.  Si notre foi n’agit pas, elle se meurt vite et nous risquons notre salut éternel.  Réveillons-nous sur la grandeur de notre vocation à la foi ici-bas et à la vision béatifique là-haut.

Sa gratuité devrait susciter en nous de vifs sentiments de reconnaissance.  Comme Dieu a choisi les Mages de préférence à tant d’autres païens ainsi Dieu nous a choisis plutôt que des milliers d’autres qui auraient apprécié peut-être plus que nous leur vocation à la foi.  L’étoile brillait pour tous sans doute, mais les Mages sont les seuls à comprendre sa signification.  C’est un pur don de Dieu qu’ils reçoivent, comme aussi notre foi.

Combien d’hommes ont entendu la même prédication de l’Evangile et quelle différence dans son acceptation.  Comme l’étoile venait uniquement de Dieu ainsi sa signification ne venait que de Dieu.  Il en est de même pour nous; non seulement les vérités prêchées viennent de Dieu, mais notre acceptation de ces vérités vient aussi de la grâce de Dieu.  Pas plus que les Mages nous ne pouvons mériter ces manifestations divines dans l’âme.  Tout ce que nous pouvons faire est de nous disposer à les recevoir, ce que nous devons faire avec soin.  On peut juger de l’estime qu’un chrétien fait de sa vocation surnaturelle par sa détermination à éviter tout péché mortel qui la fait perdre ou la rend inutile.  Comme ils sont rares ceux-là!  Combien perdent la grâce sanctifiante pour un rien, pour rester couché un peu plus longtemps le dimanche, pour une bouteille de liqueur enivrante, pour un plaisir charnel d’un instant, pour quelques piastres volées au voisin, etc.  Surtout ceux qui restent tant soit peu dans l’état de péché mortel sans se soucier de recouvrer la grâce montrent bien qu’ils n’ont aucune estime pour elle.  Que ces gens n’espèrent pas être sauvés tant qu’ils sont dans cet état d’esprit par rapport à la grâce.
Leur fidélité à la suivre montre leur sincérité à croire.  Car ceux qui ne comprenaient rien à cette étoile ont dû les blâmer et se moquer d’eux.  Rien ne les arrête: ils laissent tout pour suivre leur inspiration divine.  Ils ne se contentent pas de savoir ce qu’ils doivent faire, ils le font de fait.  Ils donnent la leçon à ces chrétiens qui connaissent leur religion, mais qui ne la pratiquent pas ou mal.
Comme ils sont convaincus de la divinité de leur inspiration, ils ne sont pas influencés par le respect humain.  Ceux qui le sont, comme tant de chrétiens, montrent bien qu’ils estiment plus les jugements des hommes que ceux de Dieu.  Comme ce respect humain est fort en général!  Cela montre que la plupart des chrétiens sont faibles dans la foi.  Celui qui n’ose pas se compromettre devant l’opinion publique pour l’amour de sa religion peut sérieusement douter de son salut.  Il n’a pas encore choisi carrément Jésus de préférence au monde auquel il veut plaire aux dépens de ses devoirs envers J.C.  Comme ils sont nombreux!  Un serviteur tient les yeux sur son maître: tant qu’un chrétien surveille le monde de peur de lui déplaire, il montre bien qu’il regarde le monde comme son maître et donc il n’appartient pas à Jésus.  Quand Jésus est devenu notre roi et maître, nous ne faisons plus de cas de notre ancien maître, le monde, n’espérant rien de lui, nous ne travaillons plus pour lui du tout.  A quel groupe appartenez-vous?  Leur foi…

La foi est la porte d’entrée dans le monde surnaturel: ce n’est pas la raison, qui est une lumière purement naturelle.  Pour que ma lampe électrique sur ma table éclaire, il faut la connecter avec une source d’électricité.  Eh bien, pour être éclairé divinement, il faut mettre mes facultés en connection avec une source de lumière divine, ce qui est celle de Dieu, manifestée aux hommes par la foi.  Tout homme qui veut connaître le monde de Dieu doit se servir de la lumière de Dieu, qui est la foi.  Un chrétien doit donc prendre dans la révélation et dans l’enseignement de l’Eglise ce qu’il doit croire pour être sauvé.  Or combien voudraient se servir surtout de leur bon sens humain pour servir Dieu.  Tant qu’on suit son bon sens, on nage dans le naturel et pas du tout dans le monde de Dieu.  Etudions donc la foi des Mages qui sont de parfaits modèles de gens de foi.  Leur foi est parfaite

DANS TOUS SES ÉLÉMENTS ESSENTIELS.

La foi comme la grâce prévient, dirige, soutient, éprouve et couronne.  On trouve tout cela dans la foi des Mages, en suivant le récit de l’Evangile.  C’est l’étoile qui les prévient: elle est apparue quand ils ne s’y attendaient pas du tout et ils n’on rien fait pour la mériter.  Elle est donc l’œuvre unique de Dieu.

Il en est de même pour nous: tout ce que nous faisons selon la foi est un pur don de Dieu.  Notre part n’est que d’accepter librement l’offre de Dieu et là encore il y a de la grâce de Dieu!  C’est de nature à nous rendre bien humbles dans le monde surnaturel.  Nous n’avons rien là que nous n’avons reçu de Dieu et par suite toute la gloire du bien en nous appartient à Dieu seul.  Un chrétien ne devrait donc jamais s’enorgueillir du bien qu’il a ou qu’il fait, ni être jaloux du bien que les autres ont ou font.  Sont-ils nombreux ces chrétiens?  L’étoile les dirige comme par la main: Ils n’ont qu’à la suivre pour être sûrs d’arriver au Roi des Juifs.  C’est ce que Dieu fait pour nous par la foi.  Si nous la suivions fidèlement, elle nous conduirait sûrement au ciel.  Mais comme il y en a peu qui se laissent conduire par cette lumière divine!  Combien consultent surtout leur petit bon sens humain et celui des autres?  Tous ceux qui sont flottants dans la pratique de la religion, qui sont inconstants, qui font comme leur entourage, sont des païens de mentalité.  Ceux qui vont communier seulement dans les grands concours, qui vont à l’église quand beaucoup de gens y vont, qui sont bons chez eux et méchants à l’étranger, qui auscultent l’opinion publique pour faire des actes de religion, ces gens ne suivent pas la foi ou si peu qu’ils risquent leur salut.  Un chrétien doit toujours se demander: Qu’est-ce que Dieu veut pour moi dans ce cas-ci?  dans ce doute, qu’est-ce qui ferait plaisir à Jésus?  en commençant une entreprise, est-elle pour la gloire de Dieu?  est-elle selon sa volonté?  Enfin quand on se laisse diriger par la foi on a toujours un œil sur Dieu pour voir ce qu’il veut.  Ainsi on est tout aux choses de Dieu parce que la foi ne nous conduit que là.  St-Paul dit que ce sont ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu qui sont les enfants de Dieu (Rom.  8-14) Or il faut être enfant de Dieu pour être sauvé!  Suivons donc notre étoile spirituelle, la foi! 

L’étoile les soutient, en se tenant toujours devant eux.  S’ils étaient tentés de rebrousser chemin, l’étoile continuait sa route de sorte qu’ils étaient encouragés à la suivre jusqu’au bout.  Sans doute l’inspiration intérieure était toujours là aussi pour les éclairer dans l’âme sur la naissance du Roi des Juifs.  Et nous avons non pas une étoile, mais le Soleil de justice en personne pour nous diriger et nous soutenir dans le chemin de la vertu nous avons ses propres paroles et ses exemples avec sa grâce et comme nous lambinons en route!  Comme beaucoup même n’avancent plus et reculent souvent!  Jésus ne nous manque pas, c’est nous qui manquons à Jésus; nous ne coopérons pas avec lui.  C’est que le cœur est trop pris par les choses sensibles du monde, on n’a pas le temps ni la volonté de s’occuper des choses du monde de la foi trop au-dessus de la vie des sens qu’on estime tant.  Quel dommage que nous ne sachions pas mieux que tout ce que nous faisons en dehors de la foi est perdu pour l’éternité… Leur foi est éprouvée.  Après les avoir guidés longtemps, voici que l’étoile disparaît quand ils arrivent à Jérusalem.  Voici quelques raisons qu’on peut donner de ce fait.

1)         Dieu ne multiplie pas les miracles inutilement.  Il avait déjà révélé aux Juifs le lieu de la naissance du Messie par le prophète Michée: «Et toi, Bethléem Ephrata, quoique tu sois petite entre les milliers de Juda, c’est de toi que sortira Celui qui doit être Dominateur en Israël et dont l’origine est dès les temps anciens, dès les jours de l’éternité.»

2)         Pour donner aux Mages la chance de se servir de leur propre activité et les honorer ainsi dans leur raison, et pour voir s’ils continueraient leurs recherches sans l’étoile.

3)         Pour attirer l’attention des Juifs sur la naissance du Messie, qui leur était rappelée d’une façon si étrange.

4)         Pour montrer aux païens que le salut doit venir des Juifs.  Le fait que pas un des prêtres juifs ne se dérange pour aller avec eux voir le Roi des Juifs, a dû être un rude coup pour leur foi.  Voilà que des gens qui avaient été choisis spécialement par Dieu pour surveiller la venue du Messie, ne se donnent pas la peine d’aller avec eux, c’est donc qu’ils se sont fait jouer par leur étoile!  C’est une illusion!  Ils se sont emballés pour rien!

Nous aurons tous cette même épreuve dans la vie spirituelle.  Un fervent sera scandalisé de voir l’insouciance de ceux qu’il croyait des modèles ou qui devraient être des conducteurs en religion.  Comme des prêtres, des religieux.  Lui est tout feu et flamme et il ne rencontre qu’insouciance et tiédeur chez ceux qui devraient donner l’exemple de la ferveur au service de Dieu.  Que les bonnes âmes ne se découragent pas quand elles perdent un bon directeur: ce que Dieu leur a donné par lui, il est capable de le leur donner par un autre.  Celles qui s’attristent montrent qu’elles sont encore pleines d’humain… et que leur fameux directeur n’était pas si bon s’il les a laissé s’attacher à lui de la sorte.  Si elles avaient vu Dieu seulement en lui comme il aurait dû le leur enseigner, elles remarqueraient à peine qu’il est parti!  C’est encore Dieu qui va les conduire par un autre instrument aveugle dans ses mains.  Une bonne leçon pour nous est celle-ci: quand la foi parle clairement, suivons-la fidèlement; puis quand elle se cache et n’indique rien, alors suivons notre raison et Dieu est satisfait et nous bénit.  Que de gens s’énervent quand ils ne savent pas que faire devant Dieu.  C’est si simple!  Dieu ne vous dit rien?  Eh bien, cela veut dire: fais ce que tu voudras et j’en serai content; Défions-nous de ceux qui viennent après coup nous dire que nous aurions dû faire telle chose ou telle chose.  qu’on leur réponde: J’ai fait ce que je croyais bon, je ne regrette rien, peu importe le fiasco qui s’en est suivi!  Dieu soit béni dans ce fiasco!  Je n’ai aucun remords de conscience!  Quand le soleil est au-dessus de l’horizon, on suit sa lumière; quand il se couche on allume son fanal!  Eh bien, quand la foi se couche, on allume son petit fanal: la raison!

Récompensée, parce qu’ils persévèrent dans leur recherche du Messie, Dieu les récompense par l’apparition de l’étoile au sortir de Jérusalem et cette fois elle les conduit jusqu’à la maison où se trouve la sainte Famille.  Quel bonheur de le trouver enfin!  Leur étoile venait donc bien de Dieu et les conduisit à Dieu!  Leur persévérance est récompensée en voyant le Roi des Juifs.

Leur foi reçoit encore un dur coup quand ils trouvent en Jésus tant de pauvreté!  Le Roi du ciel et de la terre dans une maison si abjecte!  Jamais ils n’avaient vu un tel dénuement!… Quel dommage que tous nos chrétiens ne connaissent pas mieux toutes ces leçons pratiques de la foi que nous donnent les Mages!  Nous devrions tous avoir les yeux sur Dieu comme les Mages les avaient sur leur étoile, pas pour rester stationnaires, mais pour avancer constamment vers Jésus.  Quand allons-nous apprendre comment vivre de foi?  Ce n’est pas vivre de bon sens humain, mais de lumière divine telle que manifestée dans l’Ecriture, c’est organiser notre vie selon l’enseignement de Jésus et non pas selon celui des hommes.  Ceux qui vivent de foi ont de ces expressions dans la bouche: Dieu le veut.  Cela fait plaisir à Dieu.  Dieu ne veut pas.  Les païens disent: ça n’a pas de bon sens.  C’est ridicule.  Je n’aime pas cela.  Ils sont le centre de tout, tandis que pour un catholique qui vit de foi, c’est Dieu seul qui est le centre de tout pour lui.  Ne prenons pas cinquante ans pour comprendre que pour vivre de foi il faut se mettre au-dessus de la raison et des sens.  Dieu les contredit exprès pour que nous les mettions de côté afin de suivre sa lumière divine.  C’est quand ce n’est pas naturel ou humain que c’est divin!… leur visite Laisse les prêtres indifférents.  Ils ont été choisis par Dieu uniquement pour préparer et pour surveiller la venue du Messie: C’est leur seule raison d’être.  D’après les prophètes les temps semblent accomplis pour sa venue; ils devraient être sur le qui-vive pour saisir le moindre signe du Messie.  Quand des étrangers respectables se présentent à Jérusalem, conduits là par une étoile miraculeuse, ce devait suffire pour les intéresser; on croirait qu’ils seraient accourus avec les Mages pour aller voir et adorer leur Roi attendu depuis des siècles par tout le peuple juif.  Mais pas du tout; ils ne se dérangent pas; cette nouvelle du Messie ne les intéresse pas!  La fascination des choses terrestres a obscurci l’intelligence des choses célestes; leur cœur est tout à la terre de sorte qu’ils ne comprennent rien aux choses divines; ils ne les estiment pas du tout.  Jésus enseignera qu’on ne peut pas aimer le monde et Dieu; c’est l’un ou l’autre, pas les deux à la fois.  Comme ils aiment le monde, ils n’aiment pas le Messie et ils le persécuteront toute sa vie et le tueront un jour.  Nous aussi nous avons été choisis par Dieu pour être tout aux choses de Dieu afin de donner au peuple de notre surabondance de vie surnaturelle.  Eh bien, combien remplissent leur mission divine même convenablement?  combien s’ingénient par l’étude des choses saintes et par la prière de se remplir si bien le cœur du divin qu’ils puissent ensuite intéresser le monde par leur prédication?  Les prêtres écourtent leurs sermons sous prétexte que le peuple n’aime pas les longs sermons.  Pourtant Jésus dit que les brebis entendent volontiers la voix du Maître.  Quand le peuple n’écoute pas un prêtre c’est souvent parce qu’il ne transmet pas la voix de Jésus parfaitement, qu’il ne donne pas la doctrine de Jésus et il ne parle pas du cœur, de ce qu’il vit, de ce qu’il aime.

Le peuple suivait les saints des heures de temps parce qu’ils prêchaient du cœur et de ce qui faisait leur propre vie.  C’est donc inutile de blâmer le peuple de ne pas aimer les sermons, ce sont les sermons qui ne sont pas de substance divine.  Le St-Esprit ne passe pas par la philosophie de tête même quand c’est un sujet de religion.  Il veut le cœur et si le prédicateur parle selon ce qu’il vit il est intéressant pour n’importe qui.  Que les prêtres soient toute la semaine aux choses de Dieu et pas du tout à celles du monde et les fidèles les écouteront bien le dimanche dans leurs sermons.  Pour cela il faut prêcher ce qu’on vit!… Trouble le peuple.  «Toute Jérusalem est troublée» et pour une nouvelle qu’elle attend depuis sa fondation!  Les livres sacrés qu’ils gardent comme la prunelle de leurs yeux annoncent que la venue du Messie est proche et voici que des hommes sérieux disent qu’il est né et qu’une étoile miraculeuse les a conduits jusqu’à Jérusalem pour venir l’adorer… et tout le peuple est bouleversé en entendant dire qu’il est né!  Ils sont furieux et tout de suite ils menacent de le tuer, s’ils le trouvent.  C’est curieux comme le peuple est volage et se laisse mener à toutes sortes d’excès, évidemment les prêtres avaient leur part dans ce trouble du peuple.  Il y en aura toujours pour l’exciter dans différentes factions.  On voit au cours de l’histoire de l’Eglise comme le peuple est facilement influencé.  Dans les Actes on voit un jour le peuple qui veut adorer Paul et Barnabé et le lendemain ils les ruent de coups et laissent Paul pour mort.  Cela recommence dans les autres villes où il va prêcher.  Il en est ainsi pour un prédicateur qui prêche Jésus-Christ comme une vie à vivre tout de suite.  Les autres prêtres se diviseront avec le peuple pour ou contre et surtout contre.  Personne ne sait bien pourquoi on attaque ce prédicateur, mais le voisin a dit telle chose, un autre en dit plus et finalement toutes les calomnies sont inventées contre lui.  Les démons ont sûrement leur part dans ces tempêtes soulevées contre les vrais disciples de Jésus.  Les pharisiens et les prêtres Juifs parlaient parfois de la venue du Roi des Juifs ou du Messie, mais comme ils n’avaient pas l’intention de le donner au monde comme une vie à vivre dans le concret et qu’ils le prenaient au point de vue naturel et temporel, les démons ne les ont jamais persécutés; au contraire ils les secondaient dans leur mentalité purement païenne au sujet de Jésus à venir.  Mais dès que les Mages en parlent comme déjà arrivé et qu’ils vont l’adorer tout l’enfer est sur pied pour le combattre.  Voilà pourquoi tant de prêtres ne sont jamais et ne seront jamais persécutés; ils ne font que parler de Jésus et ils l’ont tellement naturalisé dans leur esprit qu’ils ne font aucun tort aux démons et souvent si peu d’âmes, que les démons ne les dérangent pas.  C’est quand les hommes veulent s’unir à Jésus qu’ils opèrent leur salut et donc échappent aux démons.  Dans le concret c’est quand ils agissent pour des motifs surnaturels que dans la même proportion ils échappent aux démons: tout de suite on le voit par la guerre que les démons leur suscitent.

Exemple: deux frères étaient ivrognes: l’un est obligé de cesser de boire parce qu’il fait de la haute pression et que les médecins lui disent qu’il va en mourir s’il boit.  Ses amis le plaignent, le regardent comme un martyr.  Son frère fait une retraite fermée et cesse de boire pour l’amour de Dieu.  Ses amis lui font la guerre, le traitent de fou et l’injurient tellement qu’il est obligé de les quitter pour tout de bon.  Un fumeur abandonne de fumer parce que sa vue en souffre; tout le monde l’approuve.  Un autre abandonne parce que cela nuit à la lumière divine de la foi: tout le monde le traite de fou, etc.  On voit donc que les démons enragent seulement quand on va produire l’union avec Jésus ou une plus grande union par notre prédication ou par nos motifs, qu’ils soulèvent une tempête contre nous. On peut voir par là combien rares sont les prédicateurs de Jésus et les bons chrétiens qui avancent dans l’union avec Jésus.  Combien sont persécutés!  Cela devrait faire trembler un grand nombre et de prêtres et de fidèles… Excite la colère d’Hérode.  Ces bons Mages ont parlé du Roi des Juifs et Hérode l’est déjà!  Il voit tout de suite un rival en cet enfant et il veut le tuer tout de suite.  Jésus dira plus tard que ce sont les démons qui veulent le tuer par les Juifs, instruments des démons.  Jo.  8-45: «Vous cherchez à me faire mourir… vous faites les œuvres de votre père… Le père dont vous êtes issus est le diable.» Ce sont donc les démons qui suscitent encore ces persécutions contre tout prêtre qui donne Jésus réellement ou contre tout fidèle qui veut vivre saintement en Jésus.  Par conséquent ceux qui ne sont pas critiqués, soit prêtres soit fidèles, ne donnent donc pas Jésus au monde; ils se contentent d’en parler ou font semblant de lui appartenir. 

Comme ils risquent leur salut avec ce camouflage de religion!  Que les persécutés sachent que Dieu veille sur eux et qu’il les protégera contre leurs ennemis jusqu’au jour où il voudra les immoler pour la gloire de son Nom.  Ainsi il protège l’Enfant Jésus jusqu’au jour où Dieu veut son sacrifice pour le salut du monde, Dieu leur donnera la grâce pour qu’ils acceptent volontiers le sacrifice de leur vie pour coopérer à la rédemption du monde avec Jésus.  Leur offrande Est Généreuse.

Ils donnent ce qu’ils ont de meilleur dans leur pays: de l’or, de l’encens et de la myrrhe.  C’est qu’ils croient à la royauté de cet enfant qui vient de naître.  Il faut des dons précieux pour un roi et surtout pour le Roi du ciel.  Ils sont les premiers à croire en la divinité de cet enfant et ils agissent en conséquence.  Eh bien, quand allons-nous agir selon notre foi que nous devrions avoir après 19 siècles de christianisme et de toutes sortes de bonnes preuves?  Habituons-nous à être généreux envers Jésus.  Donnons-lui des actes parfaits, soyons consciencieux dans tout ce que nous faisons pour Dieu.  Par exemple que nos prières soient ferventes et dirigées sur les biens éternels et sur Dieu lui-même.  Quand nous assistons à la messe, donnons-lui une messe complète, parfaite!  par l’attention à ce mystère, par notre union avec Jésus qui s’offre à son Père, une messe complète, pas écourtée par les deux bouts!  Que l’on fasse son travail quel qu’il soit consciencieusement puisque nous devons travailler pour Dieu.  Qu’on ne gâche jamais son travail: un chrétien doit toujours travailler en présence de Dieu et pour Dieu: donc le faire parfaitement de toute façon.  Cet esprit de foi est très rare chez nos chrétiens.  Si on engage un homme il faut le surveiller pour qu’il fasse son devoir.  Cela ne devrait pas être nécessaire pour un chrétien.  Dieu est toujours là qui le surveille et il n’accepte pas des présents gâchés.


Symbolique.  Il est évident que le St-Esprit les a inspirés dans leur offrande.  Chaque chose devait représenter une note caractéristique de Jésus.  D’après les Pères de l’Eglise l’or représente sa royauté, l’encens sa divinité et la myrrhe son humanité.  On emploie de la myrrhe pour embaumer les corps.  On peut aussi trouver d’autres applications comme par exemple, l’or représente nos bonnes œuvres, l’encens, la prière, et la myrrhe, la mortification.  Liturgique.  Les Mages nous donnent de bonnes leçons de liturgie que nous devrions imiter.  «Ils entrent», ils ne restent pas sur le perron ou dans le portique de l’église.  «Ils se prosternent» pour adorer Jésus.  Les chrétiens devraient rester plus longtemps à genoux devant Dieu.  «Ils lui offrent des présents.» C’est comme l’offrande de notre messe.  Que les fidèles soient généreux aux quêtes qui servent pour toutes sortes de bonnes œuvres!

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