« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

mercredi 31 janvier 2018

Père Onésime Lacouture - 2-27 - Les apôtres


VINGT-SIXIÈME INSTRUCTION
LES APÔTRES.

«Allez donc enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du St-Esprit; leur apprenant tout ce que je vous ai commandé, Et voici que je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles.» Mt.  28-10
Plan Remarque.  (Ignorants.  (Leurs défauts… (Timides.  (Ambitieux.  Leur personne: (Droits.  (Leurs qualités… (Actifs.  (Endurants.  (Compagnons de Jésus.  (Son but ……… (Fonder l’Eglise.  (Salut du monde.  Leur vocation: (Promptitude.  (Ses conditions… (Détachement.  (Charité.  (Guérir.  (Sa fin………… (Prêcher.  (Glorifier Dieu.  Leur mission: (Pauvreté.  (Ses caractères… (Epreuves.  (Confiance en Dieu.
REMARQUE  Nous venons de considérer le bon Pasteur, l’idéal par excellence du prêtre et de l’Apôtre; il peut être utile maintenant de considérer les meilleurs disciples de Jésus, ceux qu’il a formés lui-même pendant trois ans de vie commune et d’enseignement continu au sujet des choses de Dieu.  Ceux-là étaient exactement comme nous; de la même masse déchue, avec les mêmes défauts que nous, les mêmes faiblesses et la même mentalité païenne.  Leur transformation en véritables apôtres mérite d’être étudiée par tous les prêtres et même par les fidèles qui doivent tous devenir des apôtres de l’action catholique selon la volonté de Dieu et des papes.  Ce que Jésus a fait pour eux il peut le faire pour nous si nous n’y mettons pas d’obstacles et si nous nous disposons à recevoir sa grâce d’après les exigences du surnaturel.  Comme les Apôtres nous devons continuer l’œuvre de Jésus à travers le monde et par conséquent nous avons besoin de la même formation, par les mêmes moyens et pour les mêmes motifs: le salut des âmes et la gloire de Dieu.  En voyant ce qu’étaient les Apôtres et ce que Jésus en a fait tout prêtre devrait avoir confiance que Jésus veut la même transformation pour lui et qu’il peut devenir un véritable apôtre selon le cœur de Notre-Seigneur.  Qu’il fasse sa part d’abord et Jésus fera la sienne aussi.  Qu’il commence par tout quitter comme les Apôtres et qu’il se donne tout aux choses de Dieu pendant quelques années.  Même s’il ne comprend rien, qu’il n’a aucun goût et qu’il ignore où tout cela aboutit, qu’il tienne bon comme les Apôtres pendant trois ans.  Ces pauvres hommes n’avaient pas encore reçu le St-Esprit et ne comprenaient rien aux voies de Dieu ni même à l’enseignement de Jésus pourtant si clair et si simple.  Mais le jour de la pentecôte ils sont abondamment récompensés pour leur longue attente.  Le voile du paganisme tombe et la lumière divine les inonde de sorte qu’ils voient le plan divin et les moyens pour le réaliser.  Eh bien, il en sera de même pour nous.  Commençons par nous donner tout aux choses de Dieu en quittant les attaches de toutes sortes même permises.  Les Apôtres ont abandonné leurs filets et leurs barques et quelques-uns leur femme: toutes choses permises, pour suivre Jésus.  Eh bien!  faisons de même.  Puis quand même nous ne goûterions pas les choses divines pendant des années; soyons fidèles à les cultiver le mieux que nous pourrons à travers le vide et l’ignorance ou le dégoût et l’ennui; notre pentecôte viendra, non pas subitement, mais graduellement.  Dieu récompensera sûrement notre fidélité à le suivre.  Mais il faut le suivre assez longtemps pour lui prouver que nous le préférons à tout au monde.  Ce n’est qu’alors qu’il se découvrira à notre âme émerveillée afin de saisir le plan divin pour notre salut éternel.  N’oublions pas que Dieu fait payer le divin par beaucoup d’humain, comme il est juste qu’il fasse.  Après Jésus nous avons là nos meilleurs modèles; étudions-les donc dans cette méditation. 

leur personne.

Ne soyons pas surpris que Jésus choisisse de bien pauvres instruments pour le salut du monde.  Il nous dit clairement que sans lui nous ne pouvons rien.  Dans le monde surnaturel surtout toute activité est divine et appartient donc à Dieu seul.  Alors l’efficacité du divin ressort encore plus quand les instruments dont il se sert ne valent rien ou très peu.  Plus ces instruments sont imparfaits et plus est grande la gloire de Dieu dans ce qu’ils accomplissent.  C’est donc normal pour Dieu d’affectionner des hommes imparfaits pour les instruments de sa gloire.  Quel encouragement pour la plupart d’entre nous!  Voyons d’abord leurs défauts puis ensuite leurs qualités.  Leurs défauts: Ignorants, timides, ambitieux.  Ignorants.  Les Actes le disent: «Lorsqu’ils virent l’assurance de Pierre et de Jean, sachant que c’étaient des hommes du peuple, sans instruction, ils furent étonnés: ils les reconnurent en même temps pour avoir été avec Jésus.» 4-13.  Jésus leur reproche souvent leur peu d’intelligence, évidemment pour les obliger à faire plus attention à ce qu’il leur dit.  Mt.  15-16: «Vous aussi, vous êtes donc sans intelligence; vous ne comprenez pas.  Mt.  16-9: «Pourquoi ne comprenez-vous pas?» Mc.  6-52: «Les Apôtres n’avaient pas compris.» L.  16-24: «Ils ne comprirent rien à cela.» Jo.  16-18: «Que signifie ce qu’il nous dit?  Nous ne savons de quoi il parle.»
Ils sont donc ignorants et en plus lents à comprendre même les choses qui nous apparaissent les plus simples au monde.  Dans le monde surnaturel ils n’y comprennent rien avant d’avoir reçu le Saint-Esprit à la Pentecôte.  Mais au moins après cela ils comprennent tout et sont tout aux choses de Dieu.  Ils prêchent les vérités les plus renversantes pour la nature humaine comme le mépris des créatures et le renoncement à soi-même.  Eh bien, où en sont les prêtres au sujet de la doctrine de Jésus?  Après des années de séminaire ou de formation religieuse où ils ont appris une foule de choses qui sert peu à la conversion des âmes, ils ignorent les idées fondamentales de la doctrine de Jésus que St-Paul appelle: la sagesse et la force de Dieu.  Ce sont donc les idées principales du plan divin qui produisent vraiment des résultats merveilleux quand on les donne.  Ce sont le mépris des créatures et le mépris de soi-même ou le renoncement à soi-même.  Ce sont les deux idées opposées aux deux amours naturels qui empêchent l’amour de Dieu de venir en nous.  Elles sont donc essentielles à la transformation des chrétiens ou enfants de Dieu, non seulement par la grâce sanctifiante, mais aussi par la mentalité comme l’exige St-Paul, Rom.  8-14.  «Sont enfants de Dieu ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu.» Les prêtres ignorent tellement ces deux idées essentielles au christianisme que dès qu’un prêtre essaie de les prêcher il est persécuté comme un hérétique par la masse des prêtres qui appellent ces deux idées une doctrine étrange et contraire aux traditions de l’Eglise.  Et cela non seulement après la Pentecôte, mais après l9 siècles de christianisme!  Comme il faut être aveugle pour ignorer ces choses!  Ils connaissent bien les textes qui les enseignent, mais cela reste dans l’abstrait pour nos philosophes.  Ils n’ont rien compris dans le concret de cette doctrine.  Ils le montrent bien par leurs attaques acerbes contre tout prédicateur qui essaie de les faire vivre par le peuple et par les prêtres.  La masse des prêtres ignore donc «la force de Dieu et la sagesse de Dieu» d’une façon concrète et ne s’en servent pas en général.  S’ils ont le Saint-Esprit, ses dons sont liés en eux par leurs attaches à différentes choses créées et permises.  Alors ils comprennent matériellement comme s’ils n’avaient pas du tout le Saint-Esprit.  On ne peut pas assez le répéter ce que dit StJean de la Croix: «Ceux qui ont une attache n’auront pas l’intelligence des choses de Dieu.» Voilà un des tristes résultats de la philosophie de la religion; elle permet les attaches et ainsi ferme le coeur aux dons du St-Esprit, de sorte que la plupart des prêtres ignorent les points essentiels de l’Evangile dans la vie pratique.  Ils n’ont pas le don de sagesse pour goûter la moelle de l’Evangile.  Très peu agissent selon ces dons du Saint-Esprit; c’est un très grand malheur pour l’Eglise que ses prêtres soient mus surtout par la raison purement humaine.  Et dire que cette ignorance des dons justement nécessaires pour la sainteté de vie existe après 19 siècles de christianisme, quand tout le monde sait lire et que cette doctrine est imprimée et publiée par le monde!  C’est incompréhensible, mais c’est l’effet des diaboliques «in se» de la philosophie de la religion.
Ils sont timides parce qu’ils vivent de naturel; tous les païens sont peureux devant les effets d’une force surhumaine.  Ainsi quand les Apôtres voient Jésus marcher sur les eaux, ils sont remplis d’une grande frayeur; quand ils sont dans la barque avec lui pendant une tempête, ils ont peur.  Jésus leur dit souvent: «Pourquoi êtes-vous craintifs, hommes de peu de foi?» C’est donc ce manque de foi qui est au fond de la peur.  Tout naturel a peur des sacrifices, puisque c’est la mort du naturel dans la même proportion.  C’est l’instinct de la préservation que tout le monde a.  Tant que le point de vue naturel n’est pas remplacé par le point de vue surnaturel, on a peur de tout sacrifice.  Après la Pentecôte, les Apôtres n’ont plus peur de rien excepté de Dieu.  Il n’y a pas de tourment qui les effraie, absolument rien ne peut les séparer de la charité de Dieu.  Voilà ce que vivre de foi fait pour l’âme; cette vie la trempe comme de l’acier, rien ne peut la faire broncher dans le devoir.  Eh bien, comparons les prêtres aux apôtres afin de mieux voir ce qui nous manque devant Dieu.  Combien de prêtres agissent comme les Apôtres encore païens de mentalité!  Comme les prêtres juifs ils ont peur que les Romains viennent prendre leur ville, ou leur paroisse, ou leur diocèse, ou leur position avantageuse devant le monde.  Combien évitent la prédication du mépris du monde et du renoncement à soi-même pour ne pas être critiqué par les fidèles, pour ne pas avoir d’affaires avec les supérieurs, pour ne pas être dénoncés comme des Jansénistes, des exagérés, des novateurs, etc.  Comme on est habile pour cacher le vide de sa vie et de sa doctrine derrière les «in se».  Cette exposition purement théorique est vraie et manifeste une certaine science qui satisfait l’esprit païen et qui permet toutes sortes d’attaches aux jouissances de la terre et pour les prêtres et pour les fidèles.  Tous sont satisfaits de ce régime naturel qui préserve de toute persécution et du monde et des démons et le bon Dieu n’a qu’à attendre la dernière maladie où on aura bien le temps de l’amadouer avec un acte de contrition parfaite ou une Extrême-onction… et on aura joui du monde at on jouira du ciel! 
Combien ont peur des supérieurs majeurs afin d’être bien vus pour les promotions possibles et si souvent enviées!  Et les chrétiens sont-ils plus braves?  Pas du tout.  Sont-ils nombreux ceux qui résistent au respect humain?  Par exemple, pour suivre la mode?  pour ne pas manger de la viande quand les autres en mangent?  pour aller communier quand les autres n’y vont pas?  pour ne pas voler le gouvernement ou les grosses compagnies quand les autres les volent?  pour avoir des enfants quand les autres n’en ont pas?  Combien ont peur de pratiquer l’Evangile intégral?  Ils ont peur de paraîtres trop dévots.  Enfin peur de tout, excepté de Dieu!  L’amour des créatures et l’amour de soi sont au fond de la peur; on a peur de perdre quelque chose qu’on a ou qu’on est.  Mais quand on a mis dehors au moins une bonne partie et que l’amour de Dieu commence à prendre la place, la peur disparaît dans la même proportion, parce qu’on n’a plus peur de perdre rien de ces deux choses; du monde et de soi-même.
Ils sont ambitieux comme tous ceux qui jugent selon les sens et qui sont affectionnés aux choses de la terre et à eux-mêmes.  On veut tout ce qui apporte des jouissances, des louanges; c’est l’égoïsme du païen qui veut accaparer le plus possible parce qu’il a mis son bonheur dans les créatures de ce monde.  Ainsi les Apôtres ont des querelles de préséance assez souvent.  Au moment le plus solennel de la vie de Jésus, à la dernière Cène, ils ont une contestation pour savoir qui était le plus grand parmi eux.  Quelle cause de trouble dans l’Eglise que cette question de préséance!  Que d’ecclésiastiques sont blessés au vif par un manque quelconque d’égard à leur dignité!  Ils ont beau se cacher sous l’honneur de l’Eglise qu’ils représentent, il est clair que c’est du paganisme tout pur avec son orgueil égoïste.  Jésus s’est soumis non seulement aux manques d’égards envers lui, mais à toutes les plus grandes humiliations sans craindre le déshonneur pour la Divinité qu’il avait et qu’il représentait.  Rien de plus glorieux pour l’Eglise fondée par un Chef couronné d’épines que des prêtres et des évêques humiliés et résignés dans leurs humiliations!  Quand allons-nous voir ce phénomène si rare que des ecclésiastiques qui imitent leur divin Maître?  Que d’ambition chez les prêtres et chez les religieux!  Comme on est habile pour plaire aux hommes afin d’avoir leurs suffrages pour monter en charge!  Que de supérieurs sacrifient les règles et la doctrine même qui embarrasse le naturel des motifs, par exemple, afin que les inférieurs n’écrivent pas contre eux aux supérieurs majeurs!  C’est une des grandes causes de décadence dans la vie religieuse et dans le clergé.  Qu’un supérieur tienne simplement aux règles et aux exigences de la vie religieuse que les religieux ont tous voué de garder… et de suite il est dénoncé aux supérieurs majeurs comme un tyran qui rend la vie amère aux confrères et les supérieurs majeurs pour les mêmes raisons lui ordonnent de mettre de l’eau dans son vin, d’être charitable pour ces chers religieux qui se lèvent quand ils veulent, vont où ils veulent et font ce qu’ils veulent!  Si les plaintes continuent on le dépose tout simplement comme inapte à gouverner Tous essaient de sauver les apparences au moins et encore…!  Quelle politique et diplomatie!  Quel camouflage chez des hommes voués au travail de la perfection!  Que d’humain là et de paganisme!  Comme pour les apôtres le jour de la Pentecôte il n’y a que les dons du St-Esprit pour détruire ces défauts qui gâtent la vie chrétienne.  Tous ceux qui ont la grâce sanctifiante ont les dons, mais ils sont ordinairement paralysés par toutes sortes d’attaches même aux choses permises.  Ainsi les fumeurs n’agissent pas selon les dons; ils n’en manifestent aucun.  Ni les amateurs de sports, ni les coureurs de grands salons, ou de vues, ou des chemins dans leurs superbes automobiles, ni les joueurs de cartes, ou d’argent, etc.  etc.  Tous ces prêtres, religieux ou laïcs, qui ont de telles attaches, ne sont pas conduits par les dons du St-Esprit.  Voilà pourquoi ils manifestent tous ces défauts des Apôtres avant qu’ils eussent reçu le St-Esprit.  Guerre donc à toutes ces attaches permises par la philosophie païenne des diaboliques «in se», mais absolument condamnées par la vraie théologie de Jésus et des Saints… et de ceux qui veulent les suivre.  Leurs qualités sont très grandes: la simplicité de leur vie les a protégés contre l’hypocrisie, la diplomatie et une foule de défauts des gens qui vivent en ville en général.  Voyons quelques qualités qui appartiennent à la vie de l’Apôtre: ils sont francs, actifs, endurants.  Ils sont francs: ils parlent comme ils pensent et n’agissent jamais sournoisement.  Cette franchise plaît beaucoup à Jésus et l’on s’attend à cette vertu dans les disciples de Jésus.  Comme on aimerait à voir cette belle franchise chez tous nos fidèles et chez les prêtres réguliers et séculiers!  Est-ce qu’il ne faut pas prendre des garanties quand on traite avec les prêtres et les religieux comme avec n’importe quel Juif?  On trouve des supérieurs qui accordent et refusent une permission en même temps.  Si elle cause des inconvénients, ils se glorifient de l’avoir refusée; si elle tourne au bien, ils se vantent de l’avoir accordée.  Ils ont dit: oui et non!  Alors arrive que pourra, leur réputation est sauve.  Plusieurs ont appris à mentir avec nos fameuses restrictions mentales, permises par la morale.  «In se», c’est possible, mais dans le concret on ne devrait jamais s’en servir.  Car les gens finissent toujours par savoir la vérité et ils sont scandalisés de ce mensonge du prêtre.  Nous ne devrions jamais l’employer à cause du scandale qui en résulte ordinairement.  Et qui sait exactement les limites entre les restrictions mentales et les mensonges?
Ils sont actifs.  Leur pauvreté les a obligés à travailler fort pour vivre; aussi, ils ne regimbent jamais au travail; ils ne se plaignent jamais de leur travail et pourtant leur vie avec Jésus était sûrement pénible, l’accompagnant partout sur les routes rocailleuses de la Palestine, au soleil brûlant, et, jamais chez eux, mais couchant n’importe où et mangeant dehors ce qu’ils pouvaient trouver.  Plus tard dans leurs missions apostoliques, ils ont parcouru des pays entiers prêchant sans mesurer ni leur repos ni leurs sueurs.  Ils se sont jetés corps et âme dans leur apostolat pour l’amour de Jésus et des âmes.  Le travail est une loi de Dieu qui oblige tout homme à faire valoir les talents que Dieu lui a donnés.  Tout prêtre devrait être actif d’une façon ou d’une autre pour les âmes et pour la gloire de Dieu, à l’exemple de Jésus, son Maître.  Mais qu’il le soit uniquement dans les choses de Dieu.  Combien perdent leur temps dans toutes sortes d’organisations profanes comme jeux, bazars, parties de cartes, vues animées et soirées.  Que d’énergie perdue chez les prêtres pour toutes sortes de bagatelles païennes sous prétexte de garder leurs gens dans la paroisse, ou de les préserver du péché… et le meilleur de leur vie y passe… et les choses de Dieu sont négligées et pour eux-mêmes et pour les fidèles.  Tout cela s’adresse aux fidèles aussi.
Ils sont endurants.  Ils sont habitués à la vie dure de pêcheurs à attendre le poisson souvent la nuit comme le jour avec toutes les intempéries des saisons.  Avec Jésus il arrive qu’ils n’ont pas de quoi manger ou le temps de manger et ils ne se plaignent pas.  Une fois ils marchèrent de Jéricho à Jérusalem dans une journée, ce qui demandait des forces peu ordinaires.  Combien d’autres courses ne sont pas mentionnées par les évangélistes!  Les Saints ont tous été endurants parce qu’ils voulaient d’abord expier leurs propres péchés, puis ceux des autres.  De plus ils voyaient à la lumière de la foi tout le bien qu’il y avait à faire et le peu d’hommes capables de le faire.  Alors ils se dévouaient de toutes leurs forces, sachant qu’ils travaillaient pour Dieu qu’ils aimaient grandement.  Prions le St-Esprit qu’il nous forme des prêtres des deux clergés endurants dans leurs travaux pour le salut des âmes.  Combien acquièrent vite après la prêtrise l’art de ne rien faire ou de paraître travailler sans rien produire, qui laissent aux confrères les corvées et qui vont se balader aux amusements de toutes sortes ou courir les routes en automobile.  Comme il y en a qui se trouvent des malaises devant un travail quelconque!  Mais qui peuvent passer des heures au froid pour suivre une partie de gouret, ou de balle, ou autre amusement de leur choix.  Combien se plaignent d’un sermon ou d’une séance de confessions, ou d’une course aux malades, mais qui vont passer une partie de la nuit à jouer aux cartes, ou faire des centaines de milles en automobile pour aller à une fête, ou à une partie! 
Quand on travaille pour le bon Dieu on ne se plaint pas.  Les plaignards sont ceux qui font l’œuvre de Dieu «à la diable» et dont le cœur est aux choses du monde, à leurs propres satisfactions et pour leurs propres intérêts.  Ils estiment les choses du monde et de leur personne.  Tout ce qui enlève quelque chose l’est intolérable pour leur païen.  Ils mesurent leurs pas quand ils vont aux choses de Dieu, mais ils ne comptent rien quand ils vont à leurs plaisirs favoris.  Eh bien, demandons au St- Esprit la grâce de tout voir aux yeux de la foi et de nous laisser conduire par ses dons divins.  Pour cela que chacun retranche au plus vite les attaches qui l’empêchent d’agir… voilà du bon travail pour un chrétien!  leur vocation Dès les débuts de sa vie publique Jésus se choisit quelques disciples stables qu’il voulait former pour continuer son oeuvre quand il serait retourné au ciel.  Il en choisit douze qu’il nomma Apôtres: leurs noms sont bien connus, avec Pierre leur chef.  Comme nous sommes les continuateurs de l’oeuvre des Apôtres nous pouvons tirer profit en méditant sur la grandeur de cette vocation.  D’abord… Son but.
Etre compagnons de Jésus; dans sa vie quotidienne, témoins de ses actions, manger avec lui, travailler avec lui, dormir à ses côtés, enfin être ses amis intimes.  Il leur expliquerait dans le détail tout le plan divin pour le salut du monde et les voies de Dieu en général.  Plus tard ils pourront témoigner comme St-Jean l’affirme, I Jo.  l-l: «Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons considéré, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons afin que vous entriez vous-mêmes en société avec nous et que notre société soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.» Nous sommes tous appelés à cette même familiarité avec Jésus, par les Stes Ecritures, et par la foi en sa divinité.  De plus dans l’Eucharistie, il est avec nous corps et âme et divinité comme il était avec les Apôtres.  Il nous assure que si quelqu’un croit en lui et observe ses commandements la Trinité viendra en lui et se manifestera à lui.  Mais comme les Apôtres sont devenus ses familiers en abandonnant tout ce qu’ils avaient même de permis, ainsi, Jésus répète sur tous les tons qu’il se communique aux hommes en proportion qu’ils se défont de l’amour des créatures et de l’amour d’eux-mêmes.  Pour pratiquer le premier mépris il faut se défaire de tout motif naturel qui jaillit des affections naturelles pour les créatures et pour pratiquer le second il faut se renoncer; donc accepter tout ce qui contrarie le jugement et la volonté.  Tout chrétien, prêtre ou religieux, qui ne fait pas la guerre à ces deux amours en lui de la sorte ne goûtera jamais la familiarité de Jésus; il restera étranger à Jésus quel que soit son genre de vie, sa vocation, qu’il soit prêtre, religieux ou laïque.  On ne peut pas aimer le monde, aimer soi-même et aimer Dieu! 
C’est Jésus qui le dit en toutes lettres dans le sermon sur la montagne.
La preuve que le clergé ne cultive pas cette familiarité avec Jésus est dans ce fait que peu de prêtres étudient St-Jean de la Croix, le Docteur par excellence de l’union avec Jésus; ils l’évitent comme un mauvais livre, car le païen flaire là l’ennemi acharné de ses attaches, de ses jouissances dans sa vie de bourgeois, de ses affections pour le créé qui fait si bien son affaire… et qui n’est pas défendu «in se».  Partout dans le monde on rencontre cette opposition du clergé à St-Jean de la Croix et aux mystiques en général; les spécialistes de la pratique de l’amour de Dieu!  Il faut donc qu’il y ait quelque chose de foncièrement faux dans la formation des prêtres et des religieux!  Nous l’avons souvent dit: c’est qu’ils ne reçoivent que de la philosophie de la religion, ils l’apprennent seulement dans leurs infernal «in se» ou simplement au point de vue naturel ou païen.  On comprend que nos spécialistes puissent étudier sans remords de conscience Jésus-Christ dans les savants athées et allemands et juifs ou anglais ou américains; ils passent le meilleur de leur temps à fouiller dans ces athées pour connaître Jésus-Christ!  Quelle pitié!  Aussi quel fiasco pour la formation de nos prêtres et de nos religieux!  Fonder l’Eglise d’abord sur Pierre comme chef: «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise.» Puis il les envoie tous enseigner aux nations tout ce qu’il leur a enseigné lui-même et il leur promet de rester avec eux jusqu’à la fin des temps.  Au temps des Apôtres les premiers fidèles se dépouillaient de leurs biens, comme de leurs maisons et de leurs fermes pour en donner le prix aux pauvres; c’est donc que les Apôtres ne prêchaient pas seulement de sacrifier les choses défendues comme les prêtres de nos jours; mais aussi les choses permises.  Quand allons-nous revenir à cette doctrine apostolique?  Quand nous nous serons débarrassés de nos Philosophes de la théologie, de nos docteurs aux «in se» païens qui permettent toutes les affections aux choses permises et donc qui font l’œuvre des démons en conservant l’amour naturel pour les choses créées et pour soi-même.  Revenons au plus vite à la vraie théologie où l’on considère les choses au point de vue du salut de l’âme et pas seulement «in se», mais en nous.
Le salut du monde est sûrement la plus belle œuvre possible.  Passer sa vie à envoyer des âmes au ciel et à faire connaître Dieu, que peut-on imaginer de plus grand pour de simples mortels.  Eh bien, les Apôtres se donnent corps et âme à cette œuvre et jour et nuit.  Ils ne se mettent pas à organiser des clubs de jeunesse ou des bazars, ou des amusements.  Même ils n’ont pas voulu perdre leur temps à distribuer des aumônes.  Quand celles-ci devinrent abondantes, le St-Esprit leur fit savoir qu’ils ne devaient pas perdre leur temps à ce «ministère» comme l’appelle St-Paul, mais ils choisirent des laïques qu’ils ordonnèrent diacres pour ce travail… réservant tout leur temps pour la prière et la prédication.  Les prêtres ont-ils jamais lu ce passage dans les Actes?  Comment cet enseignement du St-Esprit ne les a-t-il pas frappés?  Le St-Esprit trouve indigne de ses prêtres le «ministère» de distribuer des aumônes aux pauvres.  Que ne dirait-il pas à tant de prêtres qui organisent des jeux, même le dimanche, qui font danser les gens, qui passent leurs veillées dans des salles de pool ou de vues animées à bourrer les fidèles de jouissances sensibles quand ils ont été choisis justement pour les sevrer de ces jouissances!  Comme ces prêtres sont loin de l’esprit de Jésus-Christ et des Apôtres!  Ses conditions.
La Promptitude est exigée par Jésus parce qu’elle est le signe de l’amour qu’il veut toujours dans les siens.  Si on offrait un million à un homme, dirait-il qu’il est trop pressé, qu’il le prendra un autre jour?  Eh bien, Jésus nous offre plus qu’un million.  Si on offrait la guérison à un malade, dirait-il: il n’y a pas de presse, c’est aussi bien plus tard?  Eh bien, le ciel est encore plus que tous ces biens terrestres.  Il veut donc de l’empressement dans ceux qui veulent le suivre.  Un jour on lui demande le temps d’aller enterrer son père, Jésus répond: «Laissez les morts enterrer les morts».  Mt.  8-21.  Un autre lui dit: «Souffrez que j’aille faire mes adieux à ma famille.» Jésus répond: «Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au royaume de Dieu»… Plus on vit selon la foi et plus on obéit vite à Dieu.  Le Détachement des choses créées et de soi-même a déjà été suffisamment expliqué un peu partout.  On comprend sa nécessité; il faut vider le coeur des deux amours naturels pour que Dieu donne.  La charité qui prend la place des deux autres amours dans la proportion qu’on les rejette du cœur.  C’est ce que les Apôtres ont fait et que nous devons tous faire pour aimer Jésus comme il l’exige. 
leur mission.  Sa fin. 
Jésus les envoie pour guérir, prêcher et glorifier Dieu par le salut des âmes.  Guérir les corps d’abord comme Jésus a fait pour gagner la confiance des gens.  Comme on le voit par la parabole du bon Samaritain.  Jésus tient à ce que les prêtres s’occupent de guérir les maladies et les infirmités quand ils le peuvent, pas nécessairement par eux-mêmes, mais par des organisations qu’ils peuvent confier à des laïques comme les Apôtres ont fait pour les diacres.  Quand les malades demandent aux prêtres de les guérir, ils doivent volontiers accéder à leur demande en leur donnant une bénédiction et en priant pour eux.  C’est un ordre que Jésus donne à ses Apôtres: guérissez les malades!  C’est une humilité mal placée qui refuse de les guérir.  Est-ce que s’ils étaient plus parfaits, ils feraient des miracles?  Parfaits ou imparfaits, c’est toujours Dieu seul qui guérit et un prêtre devrait le savoir.  Alors inutile de refuser sous prétexte qu’on est imparfait.
Prêcher.  Que le prêtre se rappelle que Jésus dit: «… leur apprenant à observer tout ce que je vous ai dit.» Donc pas une partie seulement de l’Evangile, pas un choix selon le naturel, pas ce qui flatte les fidèles; rien de tout cela, mais tout ce que Jésus nous donne dans l’Evangile et uniquement parce que c’est Jésus qui nous le donne, peu importe ce que les fidèles en pensent ou ce qu’on aime soi-même.  On donne la doctrine intégrale de Jésus telle qu’il l’a donnée lui-même.  Ce n’est pas de la philosophie que Jésus a prêchée, mais sa propre vie et les vérités non pas «in se», mais en nous et en Dieu, ou pour notre salut éternel.  Jésus n’est pas une science abstraite, mais une vie à vivre tout de suite dans le concret des actions.  Qu’on étudie les Epîtres et l’on verra comment les Apôtres étaient concrets et comme ils exigeaient la pratique de ce qu’ils enseignaient. 
Jamais ils ne parlent selon le «in se», des païens, mais toujours des vérités vécues en nous.  Que Dieu nous délivre de la diabolique philosophie des prêtres et qu’il nous donne la théologie des Apôtres et des Saints.  Glorifier Dieu, c’est mettre en avant le Père en tout ce qu’on fait, c’est attribuer tout le bien qu’on fait à Dieu et c’est prêcher de façon à donner Dieu aux fidèles, en se faisant oublier soi-même.  Ce n’est pas avoir derrière la tête des motifs de sa propre louange et pour s’attirer des compliments du monde, mais c’est avoir uniquement sur Dieu les yeux tournés et s’effacer soi-même parfaitement.  Voici un bon signe qu’on travaille uniquement pour Dieu; c’est quand on est aussi content du bien que les autres font que celui qu’on fait soi-même et aussi content des louanges que les autres reçoivent que de celles qu’on nous donne.  Ceux qui sont jaloux ou envieux du bien des autres montrent clairement que leur point de vue est purement païen et égoïste.  Car s’ils travaillaient pour Dieu seul, ils devraient savoir que les autres en font autant et alors ils devraient donner à Dieu sa gloire dans ce que les autres font comme dans ce qu’ils font eux-mêmes pour Dieu.  Mais comme c’est rare de voir cet esprit de foi!  Que de jalousie cachée au fond du cœur!  Si on veut s’amuser qu’on loue un prêtre en présence d’un confrère et qu’on surveille les réactions de ce confrère.  Comme il perd vite la parole!  Comme un besoin pressant le prend pour s’esquiver ou comme il va compenser par des critiques contre ce prêtre!  C’est du naturel tout pur!  Ses caractères peuvent être divins par l’œuvre qu’ils ont à accomplir: ils doivent détruire les deux amours naturels dans le coeur des hommes: l’amour des richesses et l’amour de soi.  Donc Jésus va exiger d’eux la pauvreté, les épreuves et alors viendra l’amour de Dieu avec la confiance en Dieu.
La Pauvreté doit reluire dans celui qui vient montrer la nécessité de se débarrasser de l’attache aux biens terrestres.  Il faut qu’il en ait le cœur net pour demander aux autres cette pureté de coeur qui n’est souillé par aucune affection aux choses créées.  Que l’apôtre montre son amour pour la pauvreté dans ses habits, dans sa manière de manger, dans sa chambre et enfin en tout où il peut montrer son mépris pratique ces jouissances terrestres.  Combien sont extrêmement exigeants à la table.  Quelle honte pour un prêtre de parler beaucoup de nourriture, critiquant ce qu’il n’aime pas et vantant ce qu’il aime afin que les gens le lui servent.  Les Curés qui nous reçoivent sont si bons et généreux que nous devons faire attention pour ne pas nous laisser aller à la gourmandise et à prendre l’habitude de si bien manger qu’on devienne ensuite difficile.

Les Epreuves: elles sont inévitables pour les véritables apôtres.  Dès qu’on prêche Jésus-Christ comme une vie à vivre, tout de suite l’enfer suscite des tempêtes de persécutions et de dénonciations très pénibles surtout dans les débuts.  Mais c’est normal pour un prédicateur de la Théologie Catholique.  Il n’est pas plus que son Maître.  Ce que les Pharisiens, les philosophes de l’ancien Testament ont fait à Jésus, les pharisiens modernes le feront aussi sûrement et aussi bien que les anciens, pour tuer votre Jésus que vous prêchez si bien que l’enfer enrage.  C’est alors qu’il faut la prudence du serpent et la douceur de la colombe.  On ne peut pas préparer son plan de campagne d’avance.  Le St-Esprit inspirera la tactique pour le moment présent et à la grâce de Dieu pour le reste.  Peu importe ce qui arrivera, il faut le prendre en union avec Jésus qui a reçu toutes ces mêmes épreuves avant nous.  Qu’on se garde bien d’en vouloir aux instruments immédiats de Satan et de Dieu pour des raisons différentes.  C’est l’émondage normal de tous ceux qui portent des fruits et le bon Dieu se sert des philosophes comme d’instruments aveugles pour la sanctification des apôtres de la théologie véritable; c’est à peu près le seul bien qu’ils font dans leur vie quoique à leur insu!  La confiance en Dieu est absolument nécessaire à l’apôtre, précisément à cause de ces persécutions et aussi à cause de la doctrine divine qu’il prêche.  S’il comptait tant soit peu sur ses propres forces et ses propres talents, Dieu lui retirerait son secours et seul il ne ferait rien de bon.  Quand on voit la majorité des prêtres contre soi et ses meilleurs amis aussi, il faut une bonne dose de confiance en Dieu pour continuer quand même dans la même voie.  Si on écoutait le monde et son propre cœur, comme il serait facile d’aiguiller un tout petit peu vers les «in se» et tous les démons iraient se coucher et nous aurions la paix comme les docteurs en Israël l’ont.  Jésus, lui, donne la paix dans le cœur avec la conscience du devoir accompli même aux dépens de sa réputation, mais c’est la guerre avec le monde et les démons à l’extérieur.  «Parce que vous m’appartenez, le monde vous hait comme il m’a haï et il vous persécute comme il m’a persécuté; mais ayez confiance, j’ai vaincu le monde».  Examinons notre confiance; quand elle est en nous les fiascos se succèdent; quand elle est en Dieu, c’est le succès dans les choses de Dieu.

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