« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

samedi 14 février 2015

Père Onésime Lacouture - 1-27 - La volonté divine

 
VINGT-CINQUIÈME INSTRUCTION LA VOLONTÉ DIVINE.
«Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel! » plan (Libre En elle-même… ……… (Immuable (Aimable
(Parfois gênée La volonté divine Dans ses effets……… (Variable (Souvent désagréable (Toute sainteté Est le principe de……… (Toute efficacité (Toute félicité Se présente: Comme dans l’Annonciation… Conséquence: Indifférence.  
LA VOLONTÉ DIVINE… Nous voici rendus au terme des subdivisions du souverain domaine de Dieu: tout ce que nous avons dit à ce sujet se termine à la volonté divine: la fin de l’homme d’une façon concrète.  Elle vaut la peine qu’on lui consacre une méditation complète, même si on revient à quelques idées déjà méditées, puisque celle-ci est comme la conséquence de tout ce que nous avons dit de la volonté divine. 
Comme elle est la source de toutes les bénédictions que nous recevons du ciel, on ne peut jamais trop la considérer.  Elle est la moelle et l’essence de la vie spirituelle.  Examinons quelques-unes de ses qualités pour mieux l’accepter dans notre vie pratique.  en elle-même…
Elle est libre de faire ce qu’elle veut.  Qui pourrait l’empêcher d’agir à sa guise?  Elle est infinie et donc suprême en tout.  En théorie, nous acceptons tous cette vérité évidente.  Mais en pratique combien la nient par leur façon d’agir!  Tous les impatients, les énervés, tous ceux qui disputent, qui se mettent en colère contre les personnes et les choses n’admettent pas que Dieu soit libre de faire ce qu’il veut.  Car nous avons bien montré que absolument tout ce qui arrive vient sûrement de Dieu, excepté nos péchés, que nous faisons nous-mêmes.  Nous avons donc tous besoin d’approfondir davantage ces vérités que nous ne pratiquons pas assez encore dans la vie.  La liberté d’un être intelligent est entravée par des choses qui ne dépendent pas de lui, soit dans les événements soit dans les personnes dont la volonté peut s’opposer à la sienne.  Mais rien de cela en Dieu, comme il est le créateur de tout l’univers et qu’il a tout disposé comme il l’a voulu lui-même, personne ne peut l’empêcher de faire ce qu’il veut.  Il est le seul être infini et tout puissant; donc il n’y a absolument rien qui puisse s’opposer à sa volonté dans ce qu’il veut faire.
Sa volonté est la dernière raison de toutes choses au monde.  Il nous l’a donnée comme échantillon de sa liberté.  Qu’on demande à un cultivateur pourquoi il a semé de l’avoine dans telle pièce, il répondra: parce qu’il l’a voulu!  Qu’on demande à une cuisinière pourquoi elle a fait cuire un rôti au lieu d’un bouilli, elle peut répondre: parce qu’elle a voulu… Appliquons cette connaissance de la liberté de Dieu dans tous les cas qui ne nous plaisent pas afin de ne plus jamais critiquer la volonté divine.  Pourquoi a-t-il fait les hommes si bornés?  Parce qu’il l’a voulu!  Pourquoi les a-t-il faits si contraires les uns aux autres?  Parce qu’il était libre de le faire et qu’il l’a voulu.  Prenons donc une bonne fois la résolution de respecter cette liberté de Dieu dans sa demeure qui est l’univers.  Surtout maintenant que nous savons comment il dirige tous ses êtres libres comme il le veut: donc tout ce qui nous vient des personnes nous vient de Dieu: adorons sa sainte volonté en tout et surtout dans ce qui nous est désagréable, car c’est là que nous sommes exposés à critiquer.  Qu’on ne regarde pas cette pratique comme une affaire de pure dévotion; il s’agit de nous assurer le ciel!  Si on est mécontent de sa volonté on le mécontente et on s’éloigne de lui en proportion.  Alors mettons-nous-y sérieusement; cessons de critiquer!  Améliorons ce que nous pouvons et laissons le reste à Dieu sans murmurer contre lui.
Elle est immuable.  Comme l’intelligence de Dieu est infinie, elle voit tout de suite les fins qu’elle veut et les meilleurs moyens pour les obtenir, de sorte qu’elle ne tâtonne jamais ni ne se corrige; elle ne change donc jamais.  Cependant Dieu par sa volonté immuable, veut les changements qu’il y a dans le monde, comme celui des saisons, des âges, des humeurs et des dispositions chez les hommes.  Alors à quoi bon prier?  N’est-ce pas influencer la volonté divine?  Sûrement il faut prier, mais Dieu a vu cette prière de toute éternité et il a voulu alors ce qu’il veut après notre prière.  Comme un père de famille pourrait acheter d’avance une montre à son fils parce qu’il sait qu’il va lui en demander une.  Pourquoi n’essayons nous pas d’imiter Dieu dans son acte éternel en autant que nous le pouvons, même avec notre nature si changeante?  On pourrait dire à Dieu quelque chose comme ceci: Mon Dieu, j’accepte tout de suite, par un acte réfléchi, toutes les variations des dispositions et des conditions des personnes avec lesquelles je vivrai dans l’avenir.  Quand j’en verrai de bonne humeur, je m’attendrai à les voir de mauvaise humeur le lendemain, comme cela se voit si fréquemment.  Alors je ne serai plus renversé de voir des gens de mauvaise humeur qui me critiquent, m’injurient et me font du tort; je m’y attends et je le veux tout de suite tel que Dieu le veut lui aussi tout de suite.  Je fais de même pour mes propres changements d’humeur et je ne me plaindrai pas quand je serai triste ou impatient ou en colère.  Ce n’est sûrement pas facile, nous sommes si peu habitués à imiter Dieu; mais il y a un commencement à tout; essayons de participer à l’immutabilité de la volonté de Dieu en voulant tout de suite ce qui nous arrivera dans tout le cours de notre vie… et attendons-nous à tout au monde!  Quand un homme ouvre un magasin, est-ce qu’il n’accepte pas tout de suite d’être dérangé par la clientèle?  Quand on entreprend un voyage en mer, est-ce qu’on n’accepte pas tout de suite d’être ballotté par les vagues?  Eh bien!  pourquoi ne pas accepter tout de suite toutes les traverses et toutes les épreuves de la vie humaine?  Nous avons vu dans les méditations précédentes que tout ce qui massacre le païen est normal dans la vie d’un chrétien et dans le plan de Dieu; il faut donc s’y attendre.  Ne soyons donc plus étonnés, renversés de ce que ces contrariétés nous arrivent.  Ne changeons plus dans notre acceptation!  Imitons l’immutabilité de la volonté divine.  C’est un des plus beaux actes d’amour de Dieu qu’on puisse faire.  Que de mérites sont attachés à cette pratique qui unit notre volonté à celle de Dieu d’avance avec d’autant plus de mérite.  Quelle source de paix et de bonheur elle met dans le coeur.  C’est un acte admirable aussi de confiance sans limite en la bonté de Dieu.
Elle est aimable.  Dieu nous a créés pour nous communiquer son bonheur et il a créé le monde pour nous aider à parvenir à ce bonheur; il est donc évident que sa volonté ne veut que le bien de l’homme et en ce monde et en l’autre.  Même après le péché, le fait qu’il nous livre son Fils unique pour le réparer, montre bien qu’il veut nous faire arriver à son bonheur céleste et cela au moyen des créatures; il n’y a donc que du bien pour l’homme en tout ce que Dieu veut.  Il ne s’agit pas ici de savoir que la volonté est aimable, il faut nous en convaincre assez pour que nous le montrions dans notre manière de recevoir d’elle tout ce qu’elle nous présente dans les épreuves comme dans les bienfaits.  Voyons l’amour de Dieu en tout ce qui nous arrive Attachons-nous donc à la volonté de Dieu en elle-même et pour elle-même; elle renferme toutes les perfections divines.  Comme le soleil est toujours beau en lui-même ainsi la volonté divine l’est aussi en elle-même.  Ce qui le fait varier vient de la terre et de ses brouillards qui s’interposent entre nous et le soleil.  Sur terre nous ne pouvons éviter ces variations du soleil, mais dans l’ordre surnaturel, par la grâce de Dieu, nous pouvons nous élever au-dessus de nous-mêmes et de nos humeurs et passions pour contempler la volonté divine en elle-même avec tous les avantages merveilleux pour la paix, le mérite et le bonheur de l’âme même sur la terre dans les ténèbres de la foi.  dans ses effets.  Il est bon de repasser ces apparences en nous parce que c’est la façon ordinaire de la juger faussement.  Il faut nous défaire de la juger dans ses effets, parce que ces effets viennent de nos déficiences d’une façon ou d’une autre.  Nous n’avons pas le droit d’en tenir Dieu responsable et de le juger selon ces effets en nous.  Car tout ce qu’il y a de désagréable en elle vient de nous.  Voyons quelques-unes de ces causes qui font qu’elle est….  parfois gênée… Le péché est une révolte contre la volonté de Dieu; c’est là seul que Dieu ne fait pas ce qu’il veut.  Pour un temps le pécheur gêne donc la volonté divine dans l’exercice de sa liberté.  Dans l’éternité le pécheur retombera sous la volonté divine pour son malheur.  S’il ne veut pas se soumettre à l’amour de Dieu, il se soumettra malgré lui à sa justice éternelle.  Les attaches aux créatures paralysent la volonté divine dans le bien qu’elle voudrait nous faire.  Car Dieu est amour et il ne peut supporter un amour rival au sien; il lui ferme ses trésors de grâces.  Tout chrétien est tenu de s’en défaire le plus possible avec la grâce de Dieu, car il perd énormément en les cultivant même dans les bonnes choses en soi; Dieu n’en veut pas du tout comme on sait par le premier commandement où il mobilise absolument toutes nos capacités d’aimer pour lui seul.
Le manque de foi.  Comme Jésus fit peu de miracles à Nazareth parce que ses compatriotes n’avaient pas de foi en lui, ainsi, le manque de foi en un chrétien empêche Dieu de lui faire du bien comme il voudrait; cela paralyse donc la volonté divine.  C’est par la foi qu’on monte dans le surnaturel où Dieu opère par sa grâce; celui qui ne l’a pas ou peu perd beaucoup.  L’ignorance du plan divin, comme par exemple dans la folie de la croix, empêche la volonté de Dieu de donner une foule de grâces, car ces gens regardent comme un mal ce qui est un grand bien, et comme un bien ce qui est contraire au plan divin.  Ainsi, que Dieu leur oppose un imbécile qui contrarie leur jugement, ils voient là un mal pour eux quand Dieu leur donnait simplement une occasion de renoncer à leur jugement pour leur donner sa sagesse divine à la place.  On voit combien nos défauts de toutes sortes peuvent paralyser la volonté de Dieu pour nous faire du bien.  À nous donc de les diminuer le plus possible.  Elle est variable comme les choses terrestres le sont.  Celui qui s’attache à ces changements extérieurs plutôt qu’à la volonté de Dieu, va passer par toute la gamme des émotions humaines: que d’impatiences et d’énervements pour lui!  Exemple: dans un collège, supposons qu’on change un professeur de classe chaque semaine.  Combien peu se promèneraient de classe en classe sans murmurer contre le supérieur et même qui accepteraient de changer!  Puisqu’ils sentent des déchirements intérieurs, c’est donc qu’ils ont laissé une partie de leur coeur dans leur ancienne classe; ils n’enseignaient pas uniquement pour faire plaisir à Dieu et faire sa volonté, mais en bonne partie pour leur propre satisfaction.  Car celui qui fait tout seulement pour Dieu ne voit que sa volonté en arrière de tous les changements qui le touchent et il les suit sans aucune difficulté: c’est qu’il déménage chaque fois, corps et âme, heureux de suivre son unique trésor, la volonté de Dieu.  Quand on voyage dans un train à 50 milles à l’heure, si on s’attache aux choses qui passent à côté du train, il y aura de sérieux inconvénients.  Mais que fait-on?  On cause par exemple avec un compagnon qui voyage comme moi et nous allons d’une ville dans une autre sans nous occuper même des changements extérieurs au train.  Eh bien!  Pourquoi ne pas faire la même chose dans notre grand voyage à travers la vie du monde: occupons-nous seulement à causer avec la volonté de Dieu qui nous suit partout où nous allons pour nous donner des biens infinis!  Elle devrait nous suffire!  Pourquoi alors nous arrêter aux changements extérieurs?  Promenons-nous donc avec elle à travers toutes les variations des choses humaines sans même les remarquer si possible!  On remarque que dès que Dieu appelle quelqu’un à la sainteté, il le fait voyager constamment pour le détacher des choses du monde comme il fit pour Abraham, Jacob et Joseph, etc.  Aidons-lui donc à nous détacher en cessant de nous accrocher à quelque poste, à quelque maison, ou quelque personne ou quelque ville.  Le degré de notre paganisme est manifesté par ces attaches à toutes ces niaiseries de la vie humaine.  Ce sont ces païens qui murmurent contre les fréquents déplacements que la providence exige de tous ceux qu’elle veut sanctifier.  Nous sommes des voyageurs et des pèlerins en ce monde, nous dit l’Écriture, nous cheminons vers notre vraie patrie le ciel; pourquoi nous attacher aux diverses choses qui bordent la route vers le ciel?  Celui qui vit de foi cesse de voir les variations dans la volonté divine à cause de ses effets: il ne s’attache qu’à elle et alors il retombe avec elle dans l’immutabilité divine et de l’éternité avec toutes les heureuses conséquences pour sa paix, son mérite et son bonheur même en ce monde.  Que de fois on entend dire aux inférieurs que leur supérieur ne sait pas ce qu’il veut: il dit: oui, et deux minutes après il dit: non!  Aujourd’hui il est de bonne humeur et demain, de mauvaise humeur; il change comme le vent et ses inférieurs s’impatientent de ces variations chez le supérieur.  Mais on devrait voir maintenant que c’est un supérieur idéal pour sanctifier ses inférieurs s’ils avaient un grain de foi surnaturelle!  Quelle bénédiction Dieu leur fait là et ils sont trop païens pour l’apprécier!…
Souvent désagréable.  Ce point revient pratiquement au précédent.  Parmi ces variations de la volonté divine quant à nous, à cause de notre condition humaine, il y en a beaucoup qui nous sont désagréables.  Car, non seulement nous avons à expier nos péchés, mais après cela et en même temps que cela, nous avons toute notre activité naturelle à diviniser, nous avons donc à renoncer à notre païen ou au vieil homme naturel auquel nous tenons mordicus par nature.  Dieu est obligé de nous amputer tout ce naturel comme le chirurgien ampute en nous tout ce qui est gangrené.  Pour ces opérations Dieu se sert de ses créatures selon son bon plaisir.  Allons-nous prendre 50 ans pour l’admettre et pour le pratiquer?  Est-ce que le bonheur du ciel ne vaut pas toutes ces souffrances?  Tous les plaignards le sont parce qu’ils n’ont jamais ou trop rarement réfléchi sur la sublimité de cette participation à la vie intime de la Trinité au ciel.  En proportion que nos chrétiens pensent sérieusement à la grandeur du bonheur du ciel, ils sont patients pour supporter les épreuves de la vie, sachant bien qu’ils seront heureux dans la mesure où ils participeront au calice de N.  S.  Ces idées ne sont pas seulement pour l’esprit, mais pour le coeur et donc pour la vie pratique.  Que pas un de nous ne se plaigne à l’avenir des contrariétés que Dieu lui envoie pour le diviniser.  Faisons tout de suite la volonté de Dieu comme au ciel.  Elle est le principe… de toute sainteté.  La sainteté de Dieu consiste dans l’adhésion de sa volonté pour ses perfections infinies.  En d’autres termes qui seront mieux compris par nous, elle est son amour-propre, mais en lui parfaitement légitime parce que ses perfections lui appartiennent en propre.  Si donc on veut la volonté de Dieu, on veut tout ce qu’elle veut elle-même, ses propres perfections.  De cette sorte nous participons à sa sainteté à mesure que nous adhérons à sa volonté.
Comme pour nous, la volonté divine se manifeste à travers tous les événements et les personnes qui viennent en contact avec nous, il faut le savoir et profiter de ces contacts pour faire la volonté divine.  Comme une femme brode un nom avec des centaines de coups d’aiguille, ainsi Dieu brode son nom en nous ou son union avec nous par des milliers de coups de providence.  Ou encore, comme un historien écrit une histoire par des milliers de lettres juxtaposées selon son intelligence et sa volonté, ainsi Dieu écrit l’histoire de mon union avec lui par des milliers d’événements souvent bien insignifiants, mais qui dans l’ensemble font mon union avec la volonté divine en proportion que je vis de foi et donc ma sainteté.  Vues de cette façon, les créatures nous apportent quelque chose du Créateur: c’est l’ensemble de tout ce divin qui fait notre sainteté.  Mais cela est à la condition de recevoir la volonté divine dans la chose qu’elle me présente.  Si on dispute, si on s’impatiente, on perd le divin.  De même si on perd son temps à analyser le pourquoi de la volonté divine on perd en proportion.  Les uns objectent: je ne sais pas si telle chose me vient de Dieu.  Du moment qu’elle ne vient pas de notre volonté, on peut toujours dire qu’elle vient de Dieu, même en passant par le démon!  D’autres ne savent pas s’ils avancent en vertu et voudraient le savoir.  Eh bien!  moi non plus je ne le sais pas… et ce m’est égal!  Ce n’est pas le savoir qui compte devant Dieu mais le vouloir!  Du moment qu’on veut sincèrement se sanctifier, on peut être sûr que cela est agréable à Dieu; que pouvons-nous désirer de plus?  De toute efficacité.  La volonté de Dieu est l’âme des choses; elle leur donne la vie et le mouvement et donc le rendement en faveur de l’homme.  Que de fois dans l’Écriture Dieu fait dire à son peuple qu’il le bénira s’il observe ses commandements et qu’il le punira s’il lui désobéit.  Alors dès que la volonté de Dieu n’est plus là, les choses ne valent plus rien pour nous au point de vue du mérite éternel.  Qu’on aime sa mère tant qu’on voudra, dès que son âme la quitte, on l’enterre, elle n’est plus qu’un cadavre pour la famille.  Eh bien!  qu’on aime un emploi, une maison, un ami ou tout autre chose, dès que la volonté de Dieu n’est plus là, ces choses ne sont plus pour nous que des cadavres!!!  Tout chrétien devrait donc toujours s’assurer de la volonté de Dieu dans tout ce qu’il entreprend.  Il veut faire un voyage, qu’il consulte Dieu d’abord, pour voir s’il est parfaitement conforme à sa volonté; il veut acheter une maison ou une ferme, qu’il s’arrête avant de conclure le marché et qu’il prie, qu’il consulte Dieu pour voir si cet achat est bien conforme à la volonté de Dieu.  Quand même il n’aurait pas une réponse bien nette par quelque bonne inspiration, le seul fait qu’il a consulté Dieu lui plaît et il bénira cet achat.  Dans l’Ancien Testament il y a plusieurs cas où Dieu a puni les Juifs parce qu’ils avaient consulté des païens au lieu de le consulter lui, leur Dieu.  Quand ils le consultaient d’abord, il les bénissait.  Or c’est encore le même Dieu pour nous et aussi jaloux pour sa gloire.  Quand un homme ne consulte que les hommes ou son propre jugement, Dieu lui envoie un fiasco pour l’en punir.  Voilà ce qui explique tant de ménages plus ou moins malheureux!  Ils n’ont pas consulté Dieu avant de se marier, mais ils ont suivi leurs passions, leurs goûts particuliers, ou n’ont consulté que des hommes.  Avant de faire un pas dans cette importante affaire tout chrétien devrait prier longtemps, consulter Dieu et s’efforcer de découvrir si c’est bien la volonté de Dieu qu’on se marie et qu’on marie telle personne.  L’archange Gabriel dit à Tobie que les maris de Sara avaient été tués par le démon le premier soir de leurs noces parce qu’ils n’avaient consulté que leur nature et non pas Dieu.  C’est évident que la leçon est pour tous les âges puisque le St Esprit l’a fait écrire dans la Bible.  De nos jours tout le monde voit des exemples frappants de cette doctrine.  Après les deux grandes guerres mondiales, le grand Conseil des Alliés, réuni pour faire la paix, a perdu tous les fruits de ces deux victoires justement parce qu’il n’a pas voulu consulter Dieu.  Ils n’ont pas même fait une prière au commencement de leurs assemblées.  Eh bien!  ils ont voulu régler la paix sans le concours de Dieu et c’est un fiasco phénoménal.  Ils ont semé des divisions pour de futures guerres et ils ont perdu tous les avantages de leurs victoires complètes… Mais ces païens n’ont pas encore appris leur leçon: ils continuent de vouloir mener le monde sans Dieu et ils vont à la ruine.  C’est la débâcle totale en toutes choses.  Eh bien!  que chacun commence dès aujourd’hui à mettre Dieu en tête de toutes ses actions et de toutes ses entreprises.  En proportion de ce qu’on veut faire, qu’on prenne du temps pour tout régler avec Dieu d’abord.  Trop de religieux et de prêtres oublient ces exigences de la gloire de Dieu.  On les voit se choisir un homme éminent d’après eux, puis ils comptent sur lui pour toute l’entreprise… et dans la même proportion leur grand homme gâte l’entreprise… parce que ces gens qui l’ont mis là comptaient trop sur lui et sur eux-mêmes dans ce choix.  En proportion qu’on oublie Dieu pour compter sur les hommes dans la même proportion on ira à la débâcle!  Mais qui prend ces leçons des autres?  Ils se succèdent les uns les autres et font les mêmes bêtises que leurs prédécesseurs tant ils sont païens de mentalité, remplis d’eux-mêmes et de leur suffisance.  Voilà pourquoi Dieu ne les seconde pas et qu’ils manquent leur coup…
De toute félicité.  C’est la conséquence des deux autres points: si on vit uni à la source de tous les biens et qu’on met sa confiance uniquement en Dieu, on est béni de Dieu en tout; voilà la route du véritable bonheur sur terre.  On accomplit ce que le premier psaume dit: «Bienheureux l’homme qui met son plaisir dans la loi de Yahveh et qui la médite jour et nuit!  Il est comme un arbre planté près d’un cours d’eau, qui donne son fruit et son temps et dont le feuillage ne se flétrit pas: tout ce qu’il fait réussit!» Est-ce que ce n’est pas le succès que les hommes cherchent?  Pourquoi alors ne pas prendre le seul moyen de réussir en tout: s’unir à la volonté de Dieu d’abord et ne chercher que son bon plaisir?  Qu’on cesse donc de s’appuyer sur les créatures quand le Créateur s’offre à nous pour nous donner tout ce que nous voulons.  Avec lui, succès! 
Sans lui, fiasco!… manière de se présenter… Comme dans l’Annonciation.  On sait que le plan divin est de nous diviniser complètement afin de nous rendre aptes à participer à l’activité trinitaire au ciel par notre union avec J-C.  Plus J-C.  sera formé en moi et plus il me communiquera le bonheur de la Trinité.  Par conséquent notre sanctification est l’incarnation continuée dans les membres du corps mystique de J-C.  C’est donc tout le même mystique qui se continue en nous tel que commencé en J-C.  Dieu nous a tout raconté l’Incarnation une fois pour nous montrer comment il nous sanctifie, mais, maintenant, tout est invisible pour chacun de nous, mais aussi réel que dans l’Annonciation et nous avons les mêmes personnages pratiquement, puisque c’est le même mystère qui se continue.  Comme il a fallu l’union de la volonté de Marie à la volonté de Dieu, caché en arrière d’une créature, comme étant l’ange Gabriel.  Divisons le mystère en ses parties pour mieux nous l’expliquer.  Le messager pour Marie est l’archange Gabriel; c’est lui qui lui apporte la volonté de Dieu.  Comme le mystère dépasse toute compréhension humaine, Dieu veut montrer qu’il s’agit d’une opération purement divine, c’est pourquoi il envoie un ange qui se manifeste à Marie.
Quel sera notre messager quand Dieu voudra nous donner plus de divin?  Il pourrait bien encore envoyer un ange, mais nous ne le méritons pas et de plus Dieu veut exercer notre foi.  Le messager de la volonté divine pour nous est le devoir du présent, que ce soit une personne à recevoir, un voisin à soulager, un service à rendre au prochain, une tâche qui s’impose par mon devoir d’état, un événement qui m’arrive, une charge qu’on m’impose, une maladie, un contretemps, etc.  etc., tout cela est mon ange Gabriel qui m’apporte la volonté de Dieu et qui me demande si je veux être la mère du divin qu’il m’apporte… Un jour qu’on loue Marie, sa Mère, Jésus dit que tous ceux qui font la volonté de son Père sont sa Mère!  C’est lorsqu’on fait la volonté de Dieu que le St Esprit forme plus de divin en nous, ce qui est former Jésus en nous: nous sommes donc sa Mère en ce sens.
On voit l’importance de toutes les méditations où on explique comment voir la volonté de Dieu dans absolument tout ce qui nous arrive excepté nos péchés.  Celui qui ne voit pas comment Dieu vient en lui, en arrière d’un ennemi, d’un méchant, d’un imbécile, etc.  perd toutes ses chances de voir Jésus formé en lui faute d’union avec la volonté de Dieu qui se cache en arrière de ces personnes désagréables.  Le message de l’archange Gabriel est le plus merveilleux jamais venu du ciel: le Verbe va se faire homme pour vivre comme nous sur la terre et surtout pour y souffrir et être crucifié pour expier nos péchés.  Pour Marie, ce message dépasse toute la nature humaine, car après qu’elle a dit qu’elle ne connaissait pas d’homme et évidemment dans le sens qu’elle ne pouvait pas à cause d’un vœu très probablement.  L’ange le comprend ainsi puisqu’il lui dit qu’elle n’aura pas besoin de l’homme puisque ce sera par la vertu du St Esprit qu’elle deviendra mère.  Jamais Dieu n’avait demandé une chose aussi impossible à sa créature, et aussi jamais une créature n’a reçu autant de divin que Marie puisqu’elle a reçu le Verbe en personne.  Dieu a fait ce grand miracle parce que la Ste Vierge a cru en la parole de Dieu.  Il en sera de même pour nous: plus ce que Dieu demande est difficile, absurde et désagréable et plus il y a du divin pour nous à condition que l’on croie en Dieu.  Par exemple, quel immense sacrifice Dieu demanda quand il exigea d’Abraham qu’il lui immolât Isaac!  Eh bien!  Dieu bénit Abraham et lui promit que le Messie sortirait de sa race et que lui-même serait béni en ce monde.  De même les grandes épreuves de Joseph lui attirèrent de très grandes bénédictions du ciel.  Par conséquent dès qu’une épreuve quelconque nous arrive, au lieu de ne voir que ce que nous perdons, pour critiquer et murmurer contre la Providence, voyons donc tout de suite simplement comme un ange de Dieu qui nous apporte l’offre de devenir la «mère» de Jésus dans un certain degré, en proportion que nous croyons en la parole de Dieu que cette créature nous apporte de la part de Dieu.  Et plus elle nous est pénible et plus Jésus sera formé en nous si nous l’acceptons en esprit de foi.  Ceux qui croient à la présence réelle dans l’hostie consacrée devraient croire aussi bien à la volonté de Dieu dans tout événement qui lui arrive de la part de Dieu, ou en tout ce qui lui vient des personnes.  C est le même Dieu qui nous enseigne ces deux manières d’être du divin dans l’hostie consacrée et dans tout ce qui vient en contact avec nous.  Comme l’hostie consacrée cache sous les espèces sensibles la présence de Jésus, ainsi toute créature qui vient en contact avec nous cache l’action divine qui veut produire Jésus en nous.  «Le St Esprit vous couvrira de son ombre».  Pour nous cette ombre est justement la créature qui se présente à nous dans notre devoir d’état présentement.  C’est une ombre parce qu on ne voit pas le divin caché en elle.  Plus l’ombre est épaisse et plus il y a de divin.  Ainsi, la conception de Jésus en Marie était physiquement impossible aux yeux des hommes; il fallait donc une foi extraordinaire pour y croire quand même.  Par exemple, il est plus difficile pour nous d’obéir à un supérieur malcommode qu’à un bon supérieur; à un qui manque de jugement plutôt qu’à un qui est sage, etc.  Dans tous ces cas on a beaucoup plus de mérite parce que l’ombre contredit notre jugement; elle est donc plus épaisse, et il faut plus de foi pour croire à l’action divine quand même.  Cette doctrine est de nature à nous donner une bonne dose d’humilité, car nous aussi nous sommes seulement une ombre, qui cachons l’action divine dans le bien que nous faisons aux autres; nous ne sommes que le messager de la volonté divine ou de la grâce.  En Marie, ce n’est ni l’ange, ni l’ombre qui a opéré la conception de Jésus, mais le St Esprit.  Il en est ainsi pour moi quand je fais le bien; ce n’est pas moi qui le fais, mais Dieu par moi et en arrière de moi.  Je ne suis que l’écran qui cache l’action divine.  Alors d’où peut me venir le sujet de me glorifier?  Il n’y en a absolument aucun.  Que Je ne l’oublie plus dans le bien que je pourrai faire ou plutôt, pour parler selon la foi, que Dieu pourra faire par moi, comme son instrument seulement, pas comme cause du bien d’aucune façon.  Quelle idée pour nous garder humbles!
Quel dommage que les fidèles ne sachent pas ce plan divin pour leur donner Jésus!  Justement ce qui les contrarie le plus leur apporterait plus de divin.  Au lieu de disputer ils devraient remercier Dieu à deux genoux de leur donner une si belle chance d’exercer leur esprit de foi et de tant mériter pour le ciel.  Quelle ignorance que de regarder comme un mal ce qui les divinise le plus!  ce qui va leur donner le plus grand bonheur!
Les prêtres ont une grande responsabilité de ne pas expliquer ces voies de Dieu pour nous sanctifier.  Qu’ils les étudient davantage au lieu de perdre leur temps dans une foule de choses plus ou moins profanes; ils devraient lire plus de livres spirituels, surtout ceux qui traitent de l’ascétisme et de la mystique.  Ce serait plus catholique que de se passionner pour les sports de toutes sortes!  Le consentement de Marie était la condition, non la cause de l’Incarnation.  Tout de même Dieu l’a attendu avant de lui donner Jésus.  Il fait de même pour tout messager qu’il met sur notre route pour nous apporter sa volonté; il attend que nous consentions à ce qui nous arrive avant d’opérer une augmentation de Jésus en nous.  Alors, que ce consentement soit clair, catégorique et sans condition.  C’est Dieu qui a mis une personne bien désagréable pour vivre avec moi dans telle communauté ou telle maison: eh bien!  dès que l’on comprend la situation, qu’on dise du fond du coeur à Dieu: Mon Dieu, j’accepte de vivre avec cette personne de bon coeur, selon votre sainte volonté!  et qu’on le montre dans la suite par la façon de traiter cette personne, exactement comme si elle était un ange descendu du ciel pour m’apporter Jésus!  Voilà ce que des chrétiens doivent faire dans tout le cours de leur vie.  le devoir du présent est important.  Le passé n’existe plus et l’avenir n’existe pas encore; alors je suis donc en communication avec Dieu uniquement dans l’instant présent.  Il est donc important de rester en union avec Dieu à ce moment puisque c’est le seul par où la grâce peut m’arriver.  Si je proteste contre mon messager de la grâce, je n’en reçois plus du ciel.  Voilà pourquoi tous les démons font tant pour faire murmurer les gens dans ce qui leur arrive.  Exemple: une sphère métallique roule sur une table électrisée.  Le point de contact change constamment, mais comme il y a de l’électricité partout, elle entre dans la sphère par ce point de contact.  Dès qu’on le brise on empêche l’électricité de passer.  Eh bien!  notre vie est comme une sphère qui roule sur le plan éternel et divin; tant que notre volonté fait le contact avec celle de Dieu, la grâce s’écoule en notre âme, mais dès qu’elle refuse son devoir du présent, elle retire donc sa volonté et le contact- est brisé avec Dieu et la grâce cesse d’entrer dans l’âme.  Tous ceux qui désobéissent à leurs supérieurs voient maintenant ce qu’ils perdent de divin.  Un cultivateur dit à son fils de faucher telle pièce de grain, le fils s’en va à la pêche; pendant tout ce temps la grâce n’entre pas dans son âme; il n’a aucun mérite devant Dieu de sa pêche.  Un Curé dit à son vicaire d’aller confesser à trois heures; il s’en va faire une promenade à la place; pendant tout ce temps il perd son mérite qu’il aurait eu à confesser.  Après avoir accepté l’épreuve, rien n’empêche qu’on prenne les moyens convenables pour en sortir, comme dans une maladie.  Je l’accepte, puis ensuite je vais voir le médecin.  Cela n’est pas contraire à la volonté de Dieu; ainsi dans toutes les épreuves… L’abandon à la volonté divine est la conséquence de la doctrine que nous venons de donner.  Comme la Ste Vierge s est abandonnée à Dieu dès qu’elle vit la volonté de Dieu; ainsi maintenant que nous savons que la volonté de Dieu se manifeste à nous par le devoir du présent, il faut nous abandonner parfaitement à cette sainte volonté qui se cache en arrière du devoir présent.
Dans le ciel nous serons parfaitement abandonnés à Dieu; eh bien!  il faut commencer tout de suite dans la foi ce que nous voulons faire dans la gloire.  Ce qui faisait la grande difficulté d’accepter la volonté de Dieu dans les choses désagréables, notre ignorance, nous ne pouvons plus la prendre comme excuse.  Car nous savons maintenant que les choses pénibles, même si elles viennent du diable, de fait viennent de Dieu pour nous; qu’elles ont même d’autant plus de divin pour nous qu’elles sont contraires à notre nature.  Il n’y a donc plus rien pour nous empêcher de nous abandonner parfaitement à la volonté de Dieu dans tout ce qui nous arrive au jour le jour, ou mieux, instant par instant.  L’indifférence D’après St Ignace, qui ne fait que suivre la théologie, tous nos motifs d’agir doivent venir exclusivement de notre fin dernière et donc de la volonté divine, qui est notre fin dernière.  Donc là où la volonté de Dieu ne se manifeste point d’une façon ou d’une autre, je dois rester indifférent et suspendre mon adhésion.  Ce n’est donc qu’en fonction de la volonté divine qu’on peut être indifférent, comme St Ignace l’indique en disant: «Désirant et connaissant uniquement ce qui me conduit plus sûrement à ma fin dernière.» Toute notre retraite jusqu’à présent n’est qu’une préparation à faire la volonté de Dieu en toutes choses, sans aucune exception, hors le péché évidemment.  Il ne faut pas essayer de prêcher l’indifférence en dehors de la volonté de Dieu, comme certains commentateurs le font.  La seule raison de rester indifférent c’est quand on a compris que la volonté de Dieu doit être le seul mobile de nos actions ou qu’elle est l’âme de nos actions; alors quand elle n’est pas là il n’y a rien de bon pour nous là; donc on reste indifférent.  Demandons à Dieu la grâce de ne plus vivre que pour la volonté de Dieu et selon la volonté de Dieu; cultivons-la comme notre vie éternelle, car c’est elle seule qui va nous la donner.  Ce culte nous détachera de tant d’imperfections dans la vie spirituelle qui rongent notre mérite: comme notre amour-propre, notre gloriole, nos jouissances même spirituelles.  En cultivant la volonté divine, on se détourne de soi pour mettre Dieu le centre de notre vie; tout converge alors sur Dieu puisqu’on ne cherche que sa sainte volonté en tout.  Alors c’est la mort plus ou moins lente du païen, mais la mort sûre avec le temps.  C’est l’oubli de soi pour mettre Dieu à la place de ce petit dieu rival de Dieu même.
«Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel» montre ce que Dieu pense de cette doctrine que nous venons de donner.  C’est la vie du ciel qui commence pour nous sur la terre; c’est le bonheur qui entre en l’âme avec cette sainte volonté et c’est la vie intime avec la Trinité en union avec Jésus qui se forme toujours de plus en plus avec notre union à la volonté divine dans tout ce qui nous arrive de la part de cette sainte volonté… «Qu’il me soit fait selon cette volonté» doit être le refrain habituel de tout chrétien qui veut arriver au ciel.

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