« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

dimanche 22 avril 2018

Père Onésime Lacouture - 3-7- Apparition au bord du lac de Génésareth



SIXIÈME INSTRUCTION
APPARITION AU BORD DU LAC DE GÉNÉSARETH.

« Jésus leur dit: « Enfants, n’avez-vous rien à manger? » Ils lui répondirent: « Non». Il leur dit: « Jetez le filet à droite de la barque et vous en trouverez ». Ils le jetèrent aussitôt et ils ne pouvaient plus le tirer à cause du grand nombre de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: « C’est le Seigneur! ». Jo. 21-5.

PLAN
Remarque.

PÉNIBLE. Le travail selon la foi est: OBSCUR, INGRAT, LUMINEUX.

Fait par obéissance, il est: FACILE, RÉCOMPENSÉ.

CONDUITE DE JEAN ET DE PIERRE.


LE REPAS EN COMMUN, AVEC JÉSUS.
JÉSUS QUESTIONNE PIERRE SUR SON AMOUR.

REMARQUE

Voici encore une apparition pleine de leçons excellentes pour notre vie spirituelle. Le lac représente le monde toujours agité où nous travaillons dans la nuit de la foi pour notre mérite éternel, représenté par les poissons. Jésus reste sur le rivage pour montrer qu’il n’est plus de ce monde, mais que de son éternité, il surveille nos travaux et leur donne leur efficacité.

Cette vie de foi est complètement au-dessus de la vie naturelle de l’homme, et, par conséquent, il doit faire un effort constant pour s’y maintenir, mais cet effort doit compter uniquement sur le secours divin de la grâce. Cependant il nous faut faire notre part comme les Apôtres qui ont jeté leur filet à la mer pour prendre les poissons que Jésus avait mis à leur portée. Comme tout ce travail des Apôtres est l’image de notre travail dans l’Eglise pour sauver les âmes, il est bon de l’étudier dans le détail pour en faire notre profit spirituel.

Un jour, Simon Pierre dit à Nathanaël, Jacques, Jean, Thomas et à deux autres disciples: «Je vais à la pêche». Ils lui dirent: «Nous y allons avec toi». Ils travaillèrent toute la nuit sans rien prendre. Le matin venu, Jésus parut sur le rivage, etc…

LE TRAVAIL SELON LA FOI

EST OBSCUR car travailler dans la foi, c’est organiser sa vie selon un monde que nous ne connaissions pas, si ce n’est par la révélation que Dieu nous en a faite. Il dépasse les sens complètement et même nos facultés spirituelles. La foi ne vient pas d’elles quoique faite à elles. Notre intelligence ne voit rien dans ce monde divin; elle doit accepter ce que Jésus nous en dit, mais sans en avoir la connaissance intrinsèque.

Celui qui se dévoue pour le salut des âmes ne voit jamais le bien qu’il fait. Les bons résultats qu’il obtient peuvent venir des prières et des sacrifices des autres que Dieu applique à son travail. Il ne saura donc jamais en ce monde si ces résultats viennent de lui ou d’autres. Il travaille donc dans la foi, dans la nuit…

Jésus ne nous enseigne pas seulement par sa parole, mais aussi par ses exemples, comme dans ses apparitions. Ce qu’il a fait visiblement là, il le fait visiblement par sa grâce dans le monde de la foi. Ce n’est donc pas de l’imagination que nous faisons quand nous tirons des leçons de ses actes pour notre vie spirituelle; c’est du solide! Quand l’Evangile nous montre ces sept Apôtres pêchant toute la nuit sans rien prendre, c’est nous dire que nous devons faire comme eux: travailler toute la vie dans la nuit de la foi et sans jamais voir le résultat dans les âmes des fidèles…Voilà ce qui demande du courage et de la science surnaturelle. Eh bien! prenons-le ici tout de suite.

Le prêtre ne devrait jamais essayer de calculer le bien qu’il fait ou compter les âmes qu’il convertit; jamais s’attribuer tel succès, jamais se décourager parce qu’il ne voit pas de fruits apparents de son ministère. Il ne le saura jamais en ce monde! Eh bien! qu’une fois pour toutes, il ne s’occupe plus jamais de mesurer le bien qu’il fait ou ne fait pas. Ce n’est pas de ses affaires! Sa part est de travailler comme si tout dépendait de lui, et ensuite laisser tout à Dieu comme si rien ne venait de lui-même. Donc cette doctrine sûre coupe court à toute jalousie ou envie entre les ouvriers du Seigneur. Comme il y en a parmi les prêtres et tous ceux qui travaillent d’une façon ou d’une autre au bien des âmes! Tous ces gens ne travaillent pas dans l’obscurité de la foi mais dans la lumière aveugle du bon sens humain qui ne voit pas plus loin que les apparences.

Cette leçon est bien pratique pour les prêtres qui essaient de convertir les hommes aux choses de Dieu. Que de coups de filet pour rien! Que de démarches sans aucun résultat tangible! Comme il est difficile d’arracher les hommes à leurs passions de toutes sortes! Que de prêtres se découragent vite et cessent tout effort! S’ils avaient su que leur mérite est dans leurs efforts et non dans leurs effets, ils continueraient de se dévouer malgré les fiascos réels ou apparents. Puisque le mérite n’est pas dans les effets, mais dans les efforts, ne nous occupons plus jamais de compter ou de mesurer les effets. Cette partie nous regarde pas!

De même, ces prêtres qui apprécient les paroisses selon les revenus ou selon la culture des gens ou selon la richesse des fidèles, ou leur caractère, ces prêtres ne travaillent pas dans l’obscurité de la foi, mais selon leur petit fanal de bon sens humain. Bien mince sera leur récompense, s’ils en ont une!

Ceux qui vivent de foi, ne s’occupent que de leur travail le plus consciencieusement possible et le mieux orienté possible vers la gloire de Dieu et le bien des âmes… et tout le reste les laisse parfaitement indifférents… puisque ce n’est pas de leurs affaires! Mais de Dieu seul! Ils surveillent uniquement ce qui dépend d’eux: leurs intentions. Ils s’assurent d’avoir le plus parfaitement possible les motifs surnaturels les plus purs. Voilà des fidèles et des prêtres qui travaillent dans la foi et de la foi.

Tant que les Apôtres jetaient le filet où ils voulaient et donc qu’ils suivaient leurs facultés spirituelles, ils n’ont absolument rien pris. Mais dès qu’ils le jetèrent selon la volonté de Jésus, ils prirent beaucoup de poissons. Tant qu’un prêtre travaille pour des motifs naturels, il ne fait aucun bien surnaturel, ni mérite pour lui-même. Mais dès qu’il travaille pour Dieu seul, il est béni de Dieu et fait un grand bien surnaturel.

Ainsi les disciples ont jeté le filet à droite de la barque uniquement parce que Jésus le leur disait. Peu importe qu’ils ne l’aient pas encore reconnu comme tel. La leçon vaut pour nous quand même, car nous savons, nous, que c’était Jésus. Ils avaient dû le jeter là bien des fois durant la nuit, ça n’avait donc pas de bon sens de le jeter là encore. Mais cette fois, la différence est énorme! Jésus avait mis du poisson là, ce qu’il n’avait pas fait auparavant. Quand Jésus donne la grâce d’agir pour un motif surnaturel, il met notre mérite dans la ligne de l’obéissance.

Que de chrétiens perdent leur mérite éternel parce qu’ils suivent leur raison au lieu de suivre la foi. Par exemple, ceux qui limitent le nombre de leurs enfants tout en usant du mariage, sortent de la volonté de Dieu, et donc n’auront aucun mérite et, de plus, ils vont contre la volonté divine, donc ils pèchent mortellement et se damnent pour jouir un peu plus de la vie naturelle. Il est évident que le bon sens humain peut leur fournir une foule de bonnes raisons humaines pour empêcher la famille; mais quelle folie de penser arriver au ciel en suivant sa raison contre la foi.

Notre leçon vaut aussi pour les parents qui travaillent pour améliorer leurs enfants et qui ne semblent pas réussir. Que d’exhortations sont sans résultat! Que de reproches ne font aucune impression sur les enfants! Que de coups de filet pour sauver leurs enfants et en vain! Qu’ils fassent leur devoir quand même… pourvu que ce soit uniquement pour des motifs surnaturels! Et, à la mort, ils verront qu’ils ont fait du bien à leurs enfants et ils seront récompensés par Dieu.

Si nous étions destinés aux limbes, la raison serait la lumière souveraine pour nous; mais maintenant que nous sommes élevés à l’ordre surnaturel, nous devons suivre la lumière surnaturelle de la foi; c’est la seule qui nous conduit à Dieu. Dieu nous a donné la raison comme échantillon de sa sagesse: pour récolter la lumière divine, il faut semer notre raison, la sacrifier pour suivre la foi et ainsi arriver au ciel. Pour être enfant de Dieu comme il le faut pour arriver au ciel, il faut être conduit par l’Esprit de Dieu. Saint Paul ne dit pas par la raison! quoiqu’il faille s’en servir pour suivre l’Esprit de Dieu comme pour agir selon la foi.

On voit bien ceux qui suivent la foi dans leur travail, quand Dieu les arrête pour une raison ou pour une autre, ils sont parfaitement heureux, ne se plaignent pas d’être immobilisés, sachant que leur mérite vient de leurs motifs surnaturels, comme lorsqu’ils travaillaient. Leur union avec Dieu est aussi méritoire dans l’inactivité que dans le travail, puisqu’elle est la même.

TRAVAIL PÉNIBLE, parce que contre nature! Il faut constamment renoncer à son jugement et sacrifier sa volonté pour suivre la lumière divine et la volonté divine. C’est donc une lutte continuelle avec soi-même. La foi demande le sacrifice de tout l’humain intentionnel; c’est donc très dur. La preuve est que très peu de catholiques suivent ainsi la foi fidèlement. Que de fois ils préfèrent suivre leur petit bon sens humain plutôt que la lumière divine de la foi. Car le plan surnaturel de Dieu est de faire mourir le païen en nous ou l’homme naturel qui se trouve surtout dans ses facultés spirituelles où se trouve la liberté.

Dans les débuts surtout, c’est très dur d’aller contre sa nature toujours, car il faut que le vieil homme périsse et c’est justement celui-là qui aime à suivre la raison et à faire sa volonté propre. Dès que l’on veut vraiment se renoncer, Dieu semble en profiter pour nous envoyer toutes sortes de contrariétés et d’épreuves pour nous aider à agir contre nos deux amours naturels et uniquement pour l’amour de lui.
On a un bon exemple de ce que Dieu fait quand il veut nous faire vivre de foi. Pendant quarante ans il a conduit les Juifs à travers le désert où tout était contraire au bon sens humain. Imaginez un million de personnes au moins, qu’il promène pendant si longtemps où il n’y a rien à manger ni à boire! Eh bien! Dieu les soutient à force de miracles. C’est exactement ce qu’il veut faire avec nous tous en nous demandant tant de choses contraires à la nature justement pour que nous ayons confiance en lui et qu’il nous soutienne par ses interventions surnaturelles de la grâce qui dépassent le naturel et donc que l’on peut regarder comme des espèces de miracles.

Eh bien! Que font la plupart des chrétiens? Comme les Juifs dans le désert, ils murmurent dès que Dieu leur demande quelque chose un peu au-dessus du naturel. Malgré tout ce qu’il a déjà fait pour eux, ils se défient toujours de lui. Ils voudraient que Dieu agisse toujours selon l’ordre naturel quand nous sommes dans l’ordre surnaturel. Quelle folie et quelle tête dure ont les hommes!

Evidemment, nos prêtres philosophes en sont bien responsables. Avec leur religion abstraite selon la raison, c’est une religion toute naturelle qu’ils prêchent; c’est uniquement la raison qu’ils suivent partout et toujours. Le monde de la foi au point de vue pratique est inconnu pour la plupart et la preuve est qu’ils n’expliquent à peu près jamais aux fidèles comment agir pour vivre de foi.

Ainsi la foi nous commande d’aimer nos ennemis et de leur faire du bien. Qui peut le faire? Comme tous trouvent cela pénible! Si peu le font. La foi nous commande de mépriser les plaisirs du monde, comme tous trouvent pénible de le faire! Si peu le font!

C’est donc bien dur de passer sa vie à travailler sans jamais voir les résultats de son travail, sans savoir si Dieu est content ou non. Dieu le fait exprès pour que nous nous abandonnions uniquement à sa bonté.

TRAVAIL INGRAT

Parce que la gloire de Dieu exige le sacrifice de tout ce que nous aimons naturellement. S’il secondait nos efforts humains tout de suite, nous nous attribuerions le succès. Il est donc obligé souvent de faire tout le contraire du naturel. Nos œuvres prendront le chemin du grain de blé en terre et seront ruinées d’une façon ou d’une autre. Nos meilleurs amis se tourneront contre nous, ceux pour qui nous avons travaillé deviendront nos ennemis. Il est venu parmi les siens et les siens ne l’ont pas reçu, doit se vérifier pour nous aussi. Est-ce que toute l’œuvre de Jésus n’est pas descendue dans le tombeau avec lui? Le disciple n’est pas plus grand que le maître! Il verra son œuvre détruite devant ses yeux; tout le fruit de sa vie perdu! Il ne faut donc pas travailler pour s’enrichir sur la terre même des bonnes œuvres. Tout chrétien avec tout ce qu’il a fait devra prendre le chemin du tombeau, afin que dans le monde surnaturel toute la gloire en soit uniquement pour Dieu.

Comme Jésus laisse les Apôtres travailler toute la nuit sans rien prendre, rien leur donner, ainsi il peut faire pour tout catholique…

Combien de prêtres et de laïques vont travailler longtemps dans une famille, une paroisse, une mission ou dans n’importe quel travail de dévouement pour le bien des âmes, sans aucun succès apparent! Nous sommes tellement pleins de nous-mêmes qu’il nous faut une foule d’humiliations pour arriver à la vraie humilité devant Dieu. Qu’on aie confiance et l’on verra dans l’éternité le résultat de nos efforts faits pour des motifs surnaturels.

LE TRAVAIL FAIT PAR OBÉISSANCE

EST LUMINEUX.

Un aveugle conduit par un voyant reste aveugle, mais il marche dans la même lumière que le voyant. Ainsi un catholique qui suit la foi, marche dans la même lumière que Dieu: sa vie est donc lumineuse devant Dieu quoique obscure devant les hommes. Ainsi les Apôtres ne voyaient pas les poissons à côté de la barque, mais Jésus les voyait et quand ils ont jeté le filet selon la parole de Jésus, c’est comme s’ils avaient vu les poissons comme Jésus… et ils les ont pris!

Tant que les Apôtres suivaient leur raison, ils n’ont rien pris, mais dès qu’ils écoutent la voix de Jésus, ils en prennent un grand nombre. Ainsi, peu importe que l’on voie le bien que Dieu veut nous donner par l’obéissance, si on obéit, on agit selon la lumière divine qui montre ce bien et on le reçoit.
Quand Dieu met dans la tête d’un supérieur de demander tel travail à un inférieur, c’est parce qu’il a mis là du «poisson» ou du mérite. Peu importe par quel raisonnement le supérieur est arrivé à sa décision.

C’est Dieu en personne qui veut ce travail de cet inférieur, pour lui donner telle somme de mérite, qu’il a mis de côté près de ce travail pour l’inférieur. Celui qui obéit, agit comme s’il voyait ce que Dieu y voit: son mérite!

CE TRAVAIL EST FACILE.

Est-ce que ce n’est pas un fait d’expérience que Dieu coopère avec ceux qui suivent ses lois? C’est quand un cultivateur suit les lois de l’agriculture qu’il trouve facile de cultiver; c’est quand on suit les exigences de l’estomac qu’on digère bien, etc.
Eh bien! Puisque Dieu nous a mis dans l’ordre surnaturel, il bénira ceux qui suivent ses exigences et il sera contre ceux qui ne les suivent pas. Dans l’Ancien Testament, on voit que Dieu a puni des rois qui sont allés consulter des païens au lieu de consulter les prophètes de Dieu. On a un bel exemple dans David et Goliath. Ce dernier se fiait à sa force physique, mais David ne comptait que sur Dieu et de fait Dieu lui donna la victoire sur ce géant.

De grandes difficultés dans le travail viennent souvent des préjugés contre tel genre de travail ou de l’imagination qui grossit les obstacles ou des goûts ou des répugnances pour autre chose qu’on préférerait ou dégoût pour ce qu’on a à faire. Mais quand on vit de foi, toutes ces difficultés tombent automatiquement. On ne s’occupe de rien autre chose que des motifs surnaturels et alors tout va bien.

CE TRAVAIL EST RÉCOMPENSÉ. 

Après avoir travaillé toute la nuit en vain, du moment qu’ils obéissent à la voix de Jésus, ils prennent cent cinquante-trois gros poissons. C’est évidemment une figure de notre récompense au ciel après avoir travaillé dans la nuit de la foi selon la volonté de Dieu, qui récompense ce qu’on a fait pour lui.
Remarquons que Jésus récompense le travail des Apôtres et non leur science… qu’ils n’ont pas du tout! Au jugement, Dieu récompensera nos œuvres, pas nos idées ni notre science. Avis aux savants qui peuvent en imposer au monde par leur grand savoir, mais Dieu scrute les cœurs et juge les actions faites ou omises. Il les juge selon leur motifs, il ne récompense pas ce que est fait pour des motifs naturels, mais seulement ce qu’on fait pour lui par des motifs surnaturels.

Ceux qui objecteront qu’il y a là une opinion probable que les bonnes actions faites pour des motifs naturels peuvent être méritoires devant Dieu doivent se rappeler qu’ils n’ont pas le droit de suivre une opinion probable au sujet du mérite ou du salut éternel. Ils doivent suivre en pratique l’opinion la plus sûre et donc tout faire avec des motifs surnaturels.
CONDUITE DE PIERRE ET DE JEAN
Il est bon de comparer la manière d’agir de ces deux amants de Jésus pour mieux régler nos jugements sur les personnes et ne pas les condamner parce qu’elles agissent autrement que nous. Pourquoi Jean, qui est le premier à reconnaître Jésus, reste-t-il à sa place, tandis que Pierre s’élance de toute son ardeur, même à la nage, pour arriver plus vite près de Jésus? Il agit pas mal selon ses qualités naturelles qui ne montrent pas plus d’amour que Jean. Est-ce que Jésus ne pourrait dire à Pierre ce qu’il avait dit à Marthe: «Tu t’énerves beaucoup! L’amour est dans le cœur, pas dans les membres du corps». Jean imite plus Marie; il est calme et a plus de foi que Pierre. Il sait qu’il aime autant Jésus dans la barque qu’à la nage! La distance ne compte pour rien dans l’amour surnaturel. Son cœur est autant à Jésus dans la barque qu’à terre! Il agit mieux selon la foi, quoique les deux soient très bons.

Avis aux ardents! Parce qu’ils se jettent à la nage dans le travail et qu’ils s’exténuent dans leur zèle ardent, qu’ils ne méprisent pas ceux qui restent calmes, qui mènent plutôt une vie contemplative. Si tous avaient fait comme Pierre, ils auraient perdu leur filet avec tous leurs poissons que Jésus leur avait donnés miraculeusement!

Ils auraient manqué de nourriture pour leur repas sur le rivage. Il est bon qu’il y ait des gens calmes pour penser à tout! C’est l’union surnaturelle dans la foi avec Dieu qui compte le plus et non l’union physique selon les sens. Combien sont bien proches de Jésus dans la sainte communion et qui reçoivent bien peu de grâces comparées à ceux qui vivent unis à Jésus dans l’amour surnaturel de la foi. Cultivons cette union d’amour du cœur dans la foi pour Dieu; elle est la plus précieuse pour nous.

LE REPAS EN COMMUN AVEC JÉSUS

Quand les Apôtres arrivent avec leur filet et les poissons, Jésus leur dit d’en apporter et il le fait cuire, avec le sien qui était déjà sur le feu préparé par Dieu lui-même! Quelle scène inoubliable de voir Jésus mangeant un repas de poisson avec ses sept Apôtres sur le bord du superbe lac de Génésareth! Figure du banquet éternel où Jésus dit qu’il fera asseoir les élus et les servira lui-même à manger et à boire dans son royaume éternel! Personne n’osait lui demander, dit Saint Jean, qui êtesvous, car tous savaient que c’était le Seigneur!

Le poisson représente le mérite: on voit bien ici comment il vient tout de Jésus. La part des Apôtres n’est que matérielle dans le travail qu’ils ont fait pour jeter le filet à la mer. Mais c’est Jésus qui avait mis là ces poissons et qui en avait déjà un à lui qui rôtissait sur les charbons. On comprend cette parole de Saint Augustin que lorsque Dieu récompense notre mérite, il couronne ses propres dons. Ainsi, les Apôtres ont pris ces poissons, mais parce que Jésus les leur a donnés à prendre.

Voilà une idée fondamentale dans l’humilité; tout nous vient de Dieu. Notre part est bien insignifiante. Elle consiste seulement a étendre la main pour prendre ou à consentir par la volonté à accepter.

Remarquons que Jésus bénit le pain et ensuite bénit le poisson rôti et leur en offre à manger. Tout chrétien devrait prendre l’habitude de dire son Bénédicité avant et ses Grâces après les repas pour remercier Dieu de ses bienfaits. Jésus l’a fait et le faisait habituellement; imitons-le donc à tous nos repas sans fausse honte de païen. Tous savent que nous sommes chrétiens; agissons comme tels, même quand nous mangeons en compagnie de non catholiques. S’ils sont intelligents ils seront édifiés; sinon nous ne leur devons rien! Je n’approuve pas du tout la conduite des prêtres qui avec l’habit religieux et le col romain dissimulent leurs signes de croix avant et après les repas. Disons nos prières debout et en faisant ostensiblement notre signe de croix. Ils se fichent bien de nous en ne priant pas! Pourquoi ne pas nous ficher d’eux en faisant notre prière!

JÉSUS QUESTIONNE PIERRE SUR SON AMOUR!

Après qu’ils eurent dîné Jésus demande à Pierre: «Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci? ». Il répondit: «Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime». Jésus lui dit: « Paissez mes agneaux». Il lui demanda encore une fois: «Simon, fils de Jean, m’aimes-tu?». Pierre répondit: «Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime». Jésus lui dit: «Paissez mes agneaux». Il lui demanda pour la troisième fois: « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? ». Pierre, affligé de ce que trois fois il lui faisait la même demande, repartit: « Seigneur, vous connaissez toutes choses, vous savez que je vous aime ». Jésus lui dit: « Paissez mes brebis ».

Evidemment, Jésus veut lui donner une chance de réparer son triple reniement. Que tous ceux qui ont péché apprennent de là la nécessité de compenser par l’amour le déplaisir qu’ils ont donné à Dieu. Jésus ne s’est pas contenté de donner l’absolution à Pierre pour ainsi dire, mais il exige des protestations sérieuses d’amour vrai et solide, pas simplement en l’air comme Pierre avait fait avant sa chute. Il ne veut pas de l’amour pour rire! Il le veut des plus sérieux.

Alors il lui confie la garde de toute son Eglise: les agneaux signifient les fidèles et les brebis, les pasteurs.

Ensuite Jésus prédit à Pierre qu’il sera crucifié un jour; puis il lui dit: « Suis-moi ». Pierre se retournant vit Jean qui venait après eux. Pierre demanda à Jésus: « Que ferez-vous de celui-ci? ». Jésus lui répondit poliment: « Ce n’est pas de tes affaires. Toi, suis-moi… Occupons-nous donc de nous-mêmes et laissons les autres à Dieu!». Voilà ce que Jésus veut nous enseigner dans ces paroles à Pierre. Obéissons-lui!

Remarquons une parole de Saint Jean: il dit que Jésus lui prédisait le genre de mort que Pierre devait souffrir pour glorifier Dieu. Or le crucifiement est une mort absolument honteuse devant les hommes. Cela nous enseigne que plus nous imitons les souffrances de Jésus et plus nous glorifions Dieu. Indépendamment de tout péché, l’homme veut être maître de toute son activité et de toute sa vie. Or, notre destinée surnaturelle exige que nous soyons transformés totalement en divin pour être dignes et aptes à jouir du bonheur divin au ciel. Or, nous tenons mordicus à tout notre être; il faut donc que Dieu use de violence pour détruire notre «païen», afin de le diviniser entièrement. Par conséquent, plus nous souffrons et plus notre vieil homme dépérit et plus le divin augmente en nous. Voilà comment il se fait que les souffrances donnent de la gloire à Dieu.

Mais en plus nous sommes tous pécheurs d’une façon ou d’une autre. Alors la justice divine a le droit de se payer pour nos offenses et de nous punir. C’est ce qu’elle fait par toutes les souffrances qu’elle nous envoie dans le cours de la vie.

On dirait bien que N.S. veut nous enseigner que pour travailler au salut des âmes des autres, il faut être pur de tout péché et vivre dans un grand amour de Dieu. Il oblige Pierre à rétracter ses trois reniements et, en même temps, il lui fait faire trois actes d’amour de Dieu. Et évidemment il fait dépendre le soin des brebis de l’amour que Pierre manifeste.

Quel dommage que tous les curés et les autres prêtres du ministère ne réparent pas mieux leurs péchés passés par la pénitence et par une augmentation sérieuse d’amour de Dieu!

Ce n’est pas pour rien que Jésus dit devant tous les autres à Saint Pierre: « Viens et suis-moi ». Evidemment il veut montrer que le pasteur des pasteurs doit suivre de bien près J.-C. et dans la même proportion tous les pasteurs doivent suivre d’une façon particulière J.-C. Car les brebis suivront les pasteurs; il faut donc que celui-ci suive bien Jésus pour entraîner tout le troupeau à Jésus. 

Si tous les prêtres suivaient Jésus, on en verrait moins courir les Arénas pour suivre le sport, ou perdre leur temps dans les cinémas et maintenant à suivre la télévision pour suivre avec amour toutes les sottises des païens. Jésus a montré son mépris pour les vanités du monde; il nous commande de haïr le monde et tout ce qui est dans le monde. Les prêtres qui font tout le contraire s’en vont dans la direction opposée à Jésus. Ils prennent un gros risque pour leur salut éternel. Que Dieu nous éclaire tous de sa lumière surnaturelle de la foi, afin de ne rechercher que les choses du ciel et jamais celles de la terre. Voilà un moyen sûr d’arriver au ciel.


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