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lundi 24 novembre 2014

Père Onésime Lacouture - 1-15 - Résumé du plan

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TREIZIEME INSTRUCTION RÉSUMÉ DU PLAN. 

«Je ne fais jamais ma volonté, mais toujours celle de celui qui m’a envoie.»

Plan Nécessité d’un plan (Notre transformation surnaturelle 4 idées principales: (La gloire de Dieu ou l’ intention (Échantillon, Souverain domaine: le moyen (Folie de la croix: résultat en nous. (La Trinité Correspondance avec: (Le Notre Père (Les Exercices de St Ignace

NÉCESSITÉ D’UN PLAN
 
Plusieurs pensent que dans le travail de la perfection il est mieux de laisser l’esprit libre de s’envoler à sa guise dans les régions de la foi; ce serait le gêner que de lui imposer un cadre plus ou moins fixe d’un plan bien déterminé. Cet amour de la liberté est bien naturel; il se manifeste surtout chez les hommes, depuis les enfants d’école qui détestent tout règlement jusqu’aux hommes âgés qui regimbent contre toute entrave à leur liberté.


Dieu est logique; s’il a soumis les hommes aux lois de la nature dans tous les domaines comme nous le savons, il est certain qu’il impose des lois aux hommes qui veulent pénétrer dans son monde divin. Nous avons comme modèle Jésus dont toute la vie fut de se conformer aux exigences de son Père dans l’oeuvre qu’il lui avait confiée. Il dit que toutes ses pensées, ses paroles et ses actions ne sont pas de lui, mais de son Père qui les fait en lui et avec lui. Il suit donc un cadre bien tracé d’avance dans toute son activité libre d’homme. Ses dernières paroles seront: «J’ai accompli l’oeuvre que vous m’aviez donnée à faire.» Il a donc exécuté à la lettre toutes les volontés de son Père et non les siennes propres.

Est-ce que les saints n’ont pas passé leur vie à essayer de conformer la leur à celle de Jésus comme modèle? Ils ne se disaient pas libres d’en suivre un autre. Tous disent qu’on se sanctifie d’autant plus qu’on est plus conforme à la volonté de Dieu. Puisque nous nous en allons participer à la vie de la Trinité au ciel en passant par l’humanité de Jésus, il nous faut donc nous adapter aux exigences de cette vie toute divine. Car notre vie terrestre doit être une reproduction exacte de la vie du ciel: à la mort nous continuerons dans la gloire la même vie que nous menions dans la foi excepté que nous verrons ce que nous aurons cru sur terre. Mais au ciel notre (gloire) sera en proportion de ce qu’elle a été sur la terre dans la foi par la grâce, un peu comme le chêne est déjà contenu dans le gland. Or au ciel nous verrons de la Trinité ce que Jésus nous en montrera, car il est la porte pour entrer à Dieu, en Dieu.


Dans la Trinité les trois personnes divines viennent avant l’humanité de Jésus, mais pour nous, c’est elle qui vient avant la Trinité, parce que nous sommes en dehors de la Trinité.

Ainsi mon intelligence vient avant mes pensées et mes paroles, mais pour un autre, ce sont mes paroles qui manifestent mes pensées et celles-ci mon esprit. Nous devons donc commencer par l’humanité de Jésus qui nous manifeste le Verbe et Lui nous manifeste le Père et enfin le St Esprit. Tout notre travail doit donc être de nous unir le mieux possible à l’humanité de Jésus pour l’imiter en tout afin que par elle nous puissions arriver à la divinité cachée en elle pour nous. Nous avons donc à opérer en nous quatre opérations, transformations radicales pour devenir une seule chose avec Dieu comme Jésus le veut pour nous tous dans son discours d’adieu, et que cela paraisse au dehors d’une certaine façon afin que le monde glorifie son Père. Voyons donc ces… quatre idées fondamentales 1.- Notre transformation surnaturelle est le changement total de notre être humain en être divin à l’image de la sainte humanité de Jésus, qui tout en restant humaine, était divinisée dans toute son activité aussi parfaitement qu’on peut l’être. Une partie de cette transformation se fait par Dieu sans nous consulter: c’est la grâce sanctifiante qui est une participation créée de la nature divine infusée en nous ordinairement par le baptême et qui suffit pour nous faire vraiment les enfants de Dieu et les héritiers du ciel. Mais elle ne suffit pas pour satisfaire Dieu quoiqu’elle soit un bon commencement de divinisation. Un enfant reçoit la nature humaine de ses parents, ce qu’on peut dire même si son âme est créée directement par Dieu. Les parents sont déjà fort contents d’avoir cet enfant dans leur famille. Cependant, si l’enfant n’agit pas intelligemment et qu’il n’a que la nature humaine, comme un idiot, les parents en seraient très peinés. Ils exigent son développement intellectuel et moral pour avoir un homme complet et parfait.


Il en est ainsi dans l’ordre surnaturel. Dieu serait fort peiné pour parler humainement, s’il ne voyait dans son chrétien que la grâce sanctifiante, sans les actes divins libres et intellectuels du chrétien. Il ne veut pas plus d’idiots dans l’ordre surnaturel que dans l’ordre naturel. Or la grâce sanctifiante ne change pas la tournure d’esprit du chrétien ou sa mentalité. Elle reste païenne dans toute son orientation tant que par l’ascèse et la mystique le chrétien n’a pas transformé cette activité libre de son être en activité surnaturelle quant à l’orientation, car il faut dire que la grâce sanctifiante divinise nos facultés dans leur entité. Mais là n’est pas le mérite puisqu’il n’y a pas de liberté là. Dieu surveille donc notre divinisation dans l’orientation libre de cette activité spirituelle de nos facultés.

La nécessité de diviniser cette partie de notre âme est à peu près ignorée des prêtres philosophes. Pour eux la grâce sanctifiante fait tout ce travail automatiquement et le chrétien n’a plus rien à faire que de rester en état de grâce et son progrès spirituel se fait automatiquement, sans aucun effort de sa part. C’est une ignorance des plus lamentables et qui fait un tort immense dans le monde chrétien. Elle explique la paresse générale des chrétiens à vouloir se sanctifier; on leur dit si souvent qu’ils n’ont qu’à rester en état de grâce et tout le reste marche tout seul. Leur effort se réduit à vouloir rester en état de grâce et donc qu’à éviter le péché mortel. C’est la mentalité générale de nos chrétiens. C’est absolument faux et dangereux. Même en état de grâce il y a toute notre personnalité morale à rejeter pour y substituer la personnalité de J-C., afin de ressembler à son Humanité qui n’était pas une personne, mais seulement une nature humaine. C’est là le vieil homme qu’il faut détruire pour que le nouvel homme créé dans le Christ prenne la place de ce «païen» en nous tous, comme l’enseigne St Paul. C’est ce que veut dire Jésus quand il dit: «Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.» Il ne dit pas de renoncer à un fruit, à un dessert, mais à soi-même. Cette idée est encore facile à comprendre, mais combien difficile dans la pratique! Au début de nos retraites sacerdotales, nous ne donnions qu’une seule instruction sur le renoncement, mais nous avons vite constaté que les prêtres ne comprenaient pas facilement la pratique du renoncement. Nous avons dû finalement prendre six instructions, pour l’expliquer et ce n’est pas trop. Il nous faut aller enlever de l’activité naturelle qui se cache et se faufile à travers nos trois activités animale, intellectuelle et surnaturelle. Si les chirurgiens étudient des années de temps pour savoir comment opérer dans le corps humain, combien plus il faut étudier pour nous défaire de notre activité naturelle qui reste dans la mentalité même quand nous sommes en état de grâce. C’est là que les démons et les bons esprits se font la guerre pour nous gagner chacun à son étendard ou à son monde. C’est justement le champ le plus ignoré des prêtres du monde entier et le plus négligé par eux. Ces six instructions sont le développement du titre des Exercices de St Ignace, que si peu de commentateurs ont jamais expliqué dans le détail et tous les exercices en dépendent. Elles enseignent comment se vaincre soi-même afin de saper par la base toutes nos affections désordonnées: l’idée essentielle des exercices de St Ignace. Détruire le moi en chacun de nous, n’est pas un travail agréable ni intéressant. Aussi il faut voir comme tous les démons ont poussé nos philosophes à attaquer ces premières méditations destinées à leur donner la mort. Tout être a l’instinct de sa préservation et nos «païens» flairent dans toute cette doctrine des six premières instructions une condamnation de toute leur vie, en même temps qu’une lumière qui expose leurs sophismes et leurs trucs pour éviter la pratique de la folie de la croix et du mépris des créatures, si nécessaire au salut.


En donnant cette doctrine nous rencontrons les pires ennemis de Dieu en nous: l’amour de soi et l’amour naturel ou l’orgueil avec l’amour des choses créées. Voilà pourquoi même chez les prêtres ils ont tant d’objections contre elle et tant de difficultés intérieures à la recevoir. Les démons aidant, nos philosophes ont recours à toutes les subtilités possibles pour éluder les conclusions logiques et pratiques qui en découlent clairement. Les pharisiens ont attaqué Jésus et les Apôtres qui donnaient cette doctrine; ce n’est pas étonnant s’ils attaquent quand nous la donnons aussi. C’est normal pour celui qui parle au nom de Jésus d’être attaqué par les ennemis de Jésus qui sont les mêmes de nos jours que de son temps. Nos pharisiens modernes ne le cèdent en rien aux anciens. Que tous les prêtres qui veulent prêcher le véritable renoncement pratique et concret s’attendent donc à la persécution des prêtres exactement comme Jésus l’a été par les prêtres Juifs.


Malgré cette guerre des démons et des philosophes, espérons qu’il se trouvera un bon nombre de prêtres assez courageux pour expliquer dans tous les détails et donner toutes les conclusions pratiques du renoncement à soi-même et aux choses du monde comme Jésus le veut absolument. Même s’il faut aller en exil et être bâillonné dans son pays, que peut-on faire de mieux pour la gloire de Dieu? Si le Maître a été écrasé sous l’opposition du clergé de son temps, pourquoi le disciple ne le serait-il pas à son tour et par le clergé aussi de nos jours qui peut tout aussi bien servir d’instrument aveugle à Dieu pour enterrer son Apôtre comme le grain de blé afin d’assurer une bonne récolte de disciples nouveaux.
 
2.- La gloire de Dieu.


En proportion que nous sortons de notre paganisme mental, nous entrons dans le monde de Dieu pour y vivre réellement et constamment. Il nous faut donc nous orienter tout de suite selon les exigences de ce monde divin. Quand un homme vient travailler dans une usine il faut qu’il prenne l’intention du chef qui dirige toute cette usine et qu’il fabrique ce que le chef veut. Eh bien! dans le monde surnaturel tout ce qui se fait là est pour la gloire de Dieu. Les chrétiens donc qui entrent dans le surnaturel doivent y travailler à procurer la gloire de Dieu.


On va dire que même dans l’ordre naturel on doit travailler à la gloire de Dieu; c’est vrai, mais cette gloire naturelle ne donne pas le ciel; elle ne suffit donc pas. Nous parlons donc ici uniquement de la gloire surnaturelle qui donne seule du mérite au ciel. Voilà pourquoi nous donnons une méditation spéciale juste au moment où nous sortons du naturel mental pour entrer dans le surnaturel intentionnel. L’idée de la gloire de Dieu devra diriger toute notre activité dans le monde de la foi et de la grâce. Glorifier Dieu surnaturellement doit donc être le but de la vie de tout chrétien et diriger toute son activité libre. Ce doit donc être la deuxième idée directrice dans l’ordre du temps, après celle de notre dépaganisation.

3.- Les échantillons et le souverain domaine de Dieu est le moyen de glorifier Dieu pour nous en ce monde-ci. En effet Dieu a mis ses perfections dans les créatures et dans leur activité. C’est donc par elles que nous pourrons donner de la gloire à Dieu tant que nous serons en ce monde-ci.


Voilà pourquoi nous donnons sept instructions sur l’usage des créatures pour glorifier le bon Dieu. Nous expliquons d’abord l’intention divine en créant les créatures pour se faire connaître et aimer. Donc nous parlons de l’amour de Dieu et de sa conséquence: le mépris des échantillons, puis des échantillons défendus ou des péchés et de leurs conséquences désastreuses pour les hommes.


Mais il ne suffit pas de reconnaître les perfections divines à travers les créatures, il faut aussi reconnaître son action divine. Alors nous méritons sur le souverain domaine de Dieu qui indique le contrôle que Dieu exerce sur toutes les créatures que le chrétien doit reconnaître afin de glorifier Dieu en lui. Nous donnons six instructions sur ce sujet afin d’entrer dans tous les détails et détruire les idées fausses que les hommes ont sur l’action divine et qui les empêchent de glorifier Dieu dans tout ce qui leur arrive de Dieu par les créatures. Celui qui comprend comment Dieu agit au moyen de toutes ses créatures, des désagréables même, a plus de chance de pouvoir glorifier Dieu dans tout ce qui lui arrive dans la vie, même de pénible et de contraire. Ce n’est pas de trop que ces six instructions pour expliquer ce point de doctrine si ignoré des prêtres et des fidèles qui l’entendent si rarement expliquer. Comme nos chrétiens ne voient pas facilement Dieu dans les évènements qui leur arrivent ou dans les personnes qui les entourent, surtout quand elles sont malcommodes! Pourtant dans le ciel nous verrons Dieu dans tous les élus, il faut donc commencer tout de suite à pratiquer cette vie de foi pour la pratiquer dans la gloire au ciel.


Tous les saints ont insisté sur la nécessité de nager dans le divin même au milieu des créatures de ce monde; c’est l’unique moyen de pratiquer les trois vertus théologales nécessaires au salut. Rien comme cet esprit de foi pour détruire en nous nos affections désordonnées que St Ignace condamne si sévèrement et si absolument. 4.- La folie de la croix est comme la conséquence logique de ce qui précède. Si on doit tout faire pour Dieu et qu’on ne doit s’arrêter qu’au divin dans les choses créées, même en soi-même, il s’ensuit que c’est comme la mort du moi et de toute son activité naturelle, même quand on est en état de grâce, ce qui s’appelle: la folie de la croix, qui vient de l’expression de Jésus quand il dit que celui qui veut le suivre doit se renoncer et porter sa croix, qui est ce renoncement total à soi-même. sa correspondance avec… 1.- La Trinité.


Un mot d’abord sur les relations avec les Personnes divines. Dieu est une intelligence infinie qui produit une pensée qu’on appelle: Verbe, comme si le Père l’avait parlée en dehors de lui-même, selon notre façon humaine de comprendre. En Dieu il est évident que cette pensée reste dans l’intelligence divine. On l’appelle aussi le Fils, comme engendré par le Père. Ce Fils est une Personne et donc capable de connaître et d’aimer son Père. C’est cet amour réciproque qui est le St Esprit. Or tout cela nous est révélé par l’Homme-Dieu, qui vient en premier lieu pour nous, puisque c’est par Lui que nous venons au Père. Nous n’entrerons en communication avec les trois Personnes divines qu’en proportion que nous ressemblerons à l’humanité de Jésus. Or elle est absolument parfaite, pure non seulement du péché, mais de toute attache naturelle et totalement surnaturalisée non seulement dans son entité, mais aussi dans toute son activité libre des intentions et des motifs.


Voilà donc notre premier but à atteindre: donc nous devons nous purifier de nos péchés et ensuite de toutes nos affections naturelles avec leurs motifs naturels, qui constituent notre moi païen et ennemi de Dieu. Toute cette purification de notre humanité est donc la condition de notre entrée dans le surnaturel ou de notre participation à l’activité divine des trois Personnes de la Trinité. Voilà notre première idée fondamentale: notre dépaganisation dans tout notre être et surtout dans l’orientation de notre activité libre et mentale. Notre deuxième idée: la gloire de Dieu, nous fait reproduire l’activité du Verbe qui est le reflet de la splendeur divine et donc la gloire (surnaturelle) substantielle du Père. St Paul dit qu’il est le «rayonnement de sa gloire, l’empreinte de sa substance.» Héb. 1-2. Quand il s’incarne, le Verbe continue de faire dans son humanité ce qu’il faisait au sein de la Trinité: glorifier son Père. Voilà donc la fonction de tout chrétien. glorifier Dieu. Comme nous l’avons dit: le moyen pour faire cela est de voir dans les créatures des reflets des perfections divines et dans leur activité un échantillon de la sienne ou encore mieux la sienne même. C’est notre troisième idée fondamentale. Elle correspond à l’activité du Père qui agit dans ses créatures et qui les contrôle directement. La quatrième correspond à l’activité du St Esprit. Car si nous méprisons les créatures et que nous renonçons à notre moi, c’est parce que nous préférons le divin à l’humain. C’est donc de l’amour de Dieu. Ce n’est pas tirer les choses par les cheveux. Puisque nous nous en allons au ciel pour participer à l’activité trinitaire à travers celle de l’humanité de J-C., il nous faut donc commencer tout de suite cela dans la foi et par la grâce sur la terre pour aller le continuer dans la gloire au ciel. On peut mettre ces idées en tableau pour mieux voir cette correspondance:

Dans la Trinité Dans notre plan de retraite La condition: l’Humanité de Jésus: … notre Transformation surnaturelle L’intention: Le Verbe: …………… la gloire de Dieu Le double moyen: L’activité du Père: … échantillons et souverain domaine Le résultat: Le St Esprit: ………… la folie de la croix.


On voit la force d’une spiritualité qui suit l’ordre établi par Dieu entre l’humanité de Jésus et la Trinité. On se trouve à travailler directement pour notre vie divine au ciel. On a bien plus de chances d’avoir la coopération divine en suivant le plan établi par Dieu. Tout ce que l’on fait dans cette direction est solide et fructueux. 2.- Avec le Notre Père. «Qui êtes aux cieux», indique que Dieu n’est pas de ce monde tout en étant dans le monde et que pour l’atteindre il nous faut renoncer à nos forces naturelles d’agir pour aller le trouver dans le monde de la foi. Pour cela il nous faut nous renoncer, nous dépaganiser et nous élever au-dessus des sens et même de nos facultés spirituelles pour tout juger selon la foi. «Que votre nom soit sanctifié.» Pour qu’il le soit, il faut que l’homme s’efface devant le divin, qu’il renonce à lui-même, comme nous l’avons montré.


«Que votre règne arrive» veut dire que Dieu règne en Maître sur toutes ses créatures et que tous reconnaissent le souverain contrôle que Dieu exerce sur l’univers. C’est le double moyen des échantillons et du souverain domaine de Dieu. «Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.» Pour faire cela il faut vivre comme au ciel et donc cesser de vivre pour la terre et pour l’humain; c’est la folie de la croix.


Nous suivons donc l’ordre que Jésus indique dans les demandes du Pater; c’est une bonne note pour ce plan.


On voit que ce n’est pas une découverte, mais une simple constatation de ce plan que Dieu suit partout parce qu’il reproduit l’ordre de son activité divine au sein de la Trinité unie à l’Humanité du Verbe incarné. Que chacun essaie de garder cet ordre dans toute sa vie spirituelle. Qu’il mette ces quatre idées bien en avant dans son esprit et alors il pensera toujours à la nécessité d’enfiler pour ainsi dire dans la Trinité en passant par l’Humanité de Jésus. Il n’oubliera rien d’essentiel comme la plupart font habituellement parce qu’ils ne se sont pas donné la peine de comprendre l’ordre qu’ils doivent reproduire dans leur vie pour être en correspondance avec l’activité de Jésus. Qu’ils sachent que Dieu veut que nous formions Jésus en nous jusqu’à sa stature parfaite et cela d’un Jésus vivant et non pas d’un corps seulement. Comme la croissance d’un enfant se fait selon l’ordre qu’il aura une fois adulte, ainsi le chrétien doit grandir selon l’ordre qu’il suivra une fois au ciel dans la Trinité. 3.- Avec les Exercices de St Ignace, je ne dis pas avec ses commentateurs! D’abord St Ignace dit que nous pouvons exploiter une idée tant que nous trouvons de la matière utile pour le bien de notre âme. De plus il ne développe pas son fondement, laissant à chacun la liberté de la faire à sa guise et selon les circonstances. C’est ce que nous faisons. Nous prenons six instructions pour développer le titre et pour expliquer exactement en quoi consiste le renoncement qui est à la base des exercices spirituels. Si les commentateurs n’ont rien vu là, c’est leur affaire. J’ai le droit de sortir de là tout ce que je peux pour le bien des âmes. Nous avons jugé à propos de donner une méditation spéciale sur les mots de St Ignace: L’Homme a été créé pour louer Dieu, dans notre méditation: La gloire de Dieu! Là encore, si aucun commentateur n’y a vu d’importance ça le regarde, mais nous avons le droit d’insister sur ces mots si nous le voulons!


«L’homme a été créé pour servir Dieu» est développé dans


la méditation sur le Souverain Domaine de Dieu. «L’indifférence» est abondamment développée dans les deux instructions sur «la mentalité païenne et la mentalité chrétienne.» L’usage des créatures est expliqué dans les méditations sur les Échantillons et sur la Folie de la croix. De là nous passons aux échantillons défendus et au péché et à ses conséquences: la contrition, la confession, l’enfer. Nos autres méditations ne sont que de plus grands développements pratiques des idées principales comme celle du Souverain domaine de Dieu et celle du renoncement. L’idée de St Ignace dans la première semaine est de purifier l’âme de ses péchés et de ses attaches pour qu’elle puisse ensuite dans la deuxième semaine comprendre la vie de J-C., pour mieux l’imiter et mieux l’aimer. Ceux qui ont fait nos retraites sacerdotales ont montré suffisamment que notre méthode était bonne. Les changements radicaux dans leur vie et les sacrifices que ces prêtres faisaient, tranchaient tellement avec les autres prêtres, dont un grand nombre avaient déjà suivi des retraites données par des Jésuites selon les commentateurs, que les autres en étaient jaloux. Ils ont suscité une vraie persécution contre nous parce que nous mettions des divisions dans le clergé. Quelles divisions? Nos retraitants en général brisaient avec toutes leurs attaches païennes et se livraient tout aux choses de Dieu. Les autres prêtres en étaient grandement humiliés et les fidèles ne manquaient pas de leur dire qu’ils étaient païens comparés aux retraitants. Le fait que les démons ont suscité une pareille persécution indique clairement que nos retraites leur faisaient un grand tort. Notre conception des Exercices de St Ignace était donc la bonne, puisqu’elle produisait justement les fruits que St Ignace voulait produire dans ses retraitants… ce que les autres Pères ne sont pas capables de faire avec leur façon piètre de comprendre les Exercices.


Ce qui déroute un grand nombre de Jésuites c’est que nous attaquons à fond de train tous les bons motifs naturels, ce que les commentateurs ne font jamais. C’est qu’ils donnent un sens purement naturel à l’expression de St Ignace «Affection désordonnée». Comme de bons philosophes qu’ils sont en général, ils prennent désordonné dans l’ordre naturel seulement. Là est désordonné qui est contre la raison. Évidemment avec ce sens, les bons motifs naturels, étant conformes à la raison, ne sont pas désordonnés. Mais nous montrerons ailleurs et plus longuement que St Ignace inclut sûrement les bons motifs naturels dans son expression «affection désordonnée». Le Père Nonell le montre bien dans son livre sur les Exercices de St Ignace, pg. 135. Celui qui comprend bien St Ignace dans cette expression acceptera toute notre retraite bâtie totalement pour faire la guerre aux bons motifs naturels, les pires ennemis de Dieu, pas «in se», mais in nobis, en nous.


Nos Pères habitués à mettre les quatre semaines dans huit jours, sont déroutés encore davantage par notre façon de donner huit jours exclusivement sur la première semaine. Nous aurons une autre série pour la vie de Jésus et une troisième pour l’activité du St Esprit. Pas un Jésuite rempli de l’esprit de St Ignace ne peut condamner notre façon de traiter les Exercices. L’extraordinaire succès de nos retraites sacerdotales nous justifie suffisamment, grâce à Dieu!

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