« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

lundi 10 novembre 2014

Saint Pie X et Israël


SAINT PIE X et ISRAEL
 

En 1904, Théodore HERZL, fondateur du Sionisme moderne (congrès de Basle, 1897) avait obtenu une audience de saint Pie Dans plusieurs revues juives du temps, dont La Terre Retrouvée, en publia un compte rendu à sa façon, sur un ton quelque peu insolent et talmudiste. L'au­dience avait eu lieu en présence du cardinal Merry del Val et du comte hongrois Lippay. L'opinion de Herzl importe peu, ce qui nous intéres­se c'est ce que saint Pie X pensait du mouvement Sioniste. Le magnifi­que mensuel catholique Christiandad, de Barcelone, fondé pour promou­voir le règne mondial du Christ-Roi, reproduisait ce compte rendu de Herzl dont voici ci-après la traduction.
 
"Hier j'étais reçu par le pape Pie X... Il me reçut debout et me ten­dit sa main, que je ne baisai pas. Lippay m'avait dit que c'était né­cessaire de le faire, mais je ne le fis pas. Il s'assit dans un fau­teuil à bras, une sorte de trône pour "sujets mineurs", et m'invita à m'asseoir près de lui.
 
"...Le pape est un prêtre paysan, voire rustre, pour qui le christia­nisme reste une chose vivante, même au Vatican.
 
"Je lui exposai ma demande en quelques mots. Mais, offensé peut-être parce que je n'avais pas baisé sa main, il me répondit d'une façon plutôt brusque:
 
"Nous ne pouvons favoriser votre mouvement. Nous ne pouvons empêcher les Juifs de retourner en Israël, mais Nous ne pouvons jamais le favo­riser. La terre de Jérusalem, si elle n'a pas été rendue sacrée, a été sanctifiée par la vie de Jésus-Christ. Comme Chef de l'Eglise, je ne puis vous donner d'autre réponse. Les Juifs n'ont pas reconnu Notre Seigneur. Nous ne pouvons reconnaître le peuple juif."
 
"De cette façon, l'ancien conflit entre Rome et Jérusalem, personni­fié par mon interlocuteur et moi-même, reprenait vie entre nous.
 
"D'abord j'essayai d'être conciliant, et fis mon petit discours sur le statut extraterritorial des Lieux-Saints et de leur sacrae extra commercium gentium. Cela ne sembla pas l'impressionner. 'Gérusalem' ne doit, à aucun prix, tomber aux mains des Juifs.
 
"Et que pensez-vous du Statut actuel, Sainteté?
 
"Je sais, il est lamentable de voir les Turcs en possession de nos Lieux-Saints. Mais nous devons nous résigner. Il Nous est pratiquement impossible de favoriser le désir des Juifs de s'y établir eux-mêmes."
 
"Je répondis que nous fondions notre Mouvement sur la patience des juifs, et que nous voulions laisser la religion hors du sujet.
 
"Oui, mais Nous, en tant que Chef de l'Eglise Catholique, ne pouvons adopter la même attitude. De deux choses l'une arrivera: ou les Juifs garderont leur foi ancienne et continueront d'attendre le Messie, qui pour nous chrétiens est déjà venu sur la terre - et dans ce cas ils nient la divinité du Christ et Nous ne pouvons les aider, ou bien ils iront en Israël ne professant aucune religion, en quel cas Nous ne pouvons rien avoir à faire avec eux.
 
"La foi juive fut le fondement de la nôtre, mais elle a été surpassée par l'enseignement du Christ et Nous ne pouvons admettre qu'elle ait quelque validité maintenant. Les Juifs, qui auraient dû être les premiers à accepter le Christ, ne l'ont même pas encore fait.
 
"J'avais sur le bout de ma langue, comme réponse: "Cela arrive dans toutes les familles; personne ne croit à ses proches parents", mais en fait je répondis: "La terreur et la persécution ne furent certes pas les meilleurs moyens de convertir les Juifs".
 
"Sa réponse avait, dans sa simplicité, un élément de grandeur.
 
"Notre Seigneur est venu en ce monde sans puissance. C'était un povero. Il vint en paix. Il ne persécuta personne. Il fut abandonné même par Ses apôtres. Ce n'est que plus tard qu'Il prit Sa vraie place. L'Eglise prit trois siècles à se développer. Les Juifs eurent donc tout le temps nécessaire pour accepter la divinité du Christ, sans être persécutés ni molestés. Mais ils choisirent de ne pas le faire, et l'ont pas encore fait jusqu'à ce jour."
"Mais les Juifs souffrent de terribles tribulations, je ne sais pas si Votre Sainteté est au courant de toute l'horreur de leur tragédie. Il nous faut une terre pour ces êtres errants.
"Faut-il que ce soit Jérusalem?"
"Nous ne demandons pas Jérusalem, mais la Palestine, le territoire séculier.
"Nous ne pouvons Nous déclarer favorable à ce projet."
"Le pape se mit à me dire qu'il entretenait des relations amicales avec les Juifs, que les chrétiens prient pour eux, et que si les Juifs s'établissaient en Palestine, l'Eglise serait prête à les baptiser tous.
 
"L'audience avait duré environ vingt-cinq minutes. Lorsque je me retirai, le comte (Lippay) s'agenouilla pour un long moment, et sembla ne pas vouloir cesser de baiser la main du pape. J'eus l'impression que cela plaisait au pape. Quant à moi, je me contentai de le secouer chaudement par la main et de m'incliner".
 

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