« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

mardi 4 novembre 2014

Père Onésime Lacouture - 1-8 - La gloire de Dieu

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SEPTIÈME INSTRUCTION

LA GLOIRE DE DIEU

Plan La gloire de Dieu dans la Trinité La gloire de Dieu dans le monde (Le but de la création Pour Dieu, elle est: (L’idée directrice dans la création (Son bonheur (Son devoir principal Pour l’homme, elle est: (Son moyen de tout obtenir de Dieu (Son bonheur Exemple de Gédéon.

REMARQUE Nous avons pris six instructions pour expliquer le titre des Exercices de St Ignace: Exercices spirituels pour se vaincre soi-même et orienter sa vie sans aucune affection déréglée. L’idée est claire dans l’esprit, mais combien difficile dans l’exécution! Tout le monde comprend ce qu’est une opération chirurgicale, mais combien peu sont capables d’en faire! Il faut des années d’études et d’expérience pour les bien réussir.

Pas un commentateur à notre connaissance n’explique dans le détail ce que veut dire: se vaincre et ce qu’est une affection déréglée. Comme les philosophes de la théologie ne poussent jamais à la pratique concrète de la vie spirituelle, ils peuvent se contenter de l’idée du renoncement. Mais quand on veut faire vivre ce renoncement, il se présente une foule de difficultés pratiques qui empêchent les gens de se renoncer exactement comme l’ignorance de la chirurgie empêche les gens de faire des opérations quoiqu’ils sachent bien en quoi consiste l’idée.

C’est pourquoi nous n’avons pas cru exagérer en donnant six instructions pour guider les catholiques dans le renoncement, non seulement aux choses créées mais aussi et surtout à nous-mêmes, comme Jésus le veut pour que nous puissions le suivre, dans la sainteté sur la terre, et dans la vision béatifique dans le ciel. Nous avons donné les grandes lignes et posé les jalons pour indiquer la marche à suivre dans le travail de la transformation surnaturelle que Dieu exige de tout chrétien qui aspire au bonheur du ciel. Les Pères qui ne prennent pas le temps de faire cette dissection des différentes activités dans un chrétien pour montrer ce qu’on doit respecter et ce qu’on doit enlever sont comme des médecins qui pousseraient les gens à faire des opérations sans aucune étude de médecine. Aussi, qui oserait se risquer sans ces études? Eh bien! c’est cette même ignorance des forces en jeu dans le chrétien qui empêche nos fidèles de pratiquer le renoncement si souvent prêché par J-C. Comme les démons secondent les philosophes pour empêcher les prêtres d’étudier eux-mêmes cette question capitale pour un chrétien afin qu’ils ne l’expliquent jamais aux fidèles dans le détail! Puisque c’est un fait que nous avons été créés dans deux mondes différents: le naturel par notre première création et le surnaturel par notre deuxième, et que même après notre élévation à la grâce, nous gardons la faculté d’agir comme si nous n’étions pas élevés au surnaturel, il faut donc expliquer comment cela est possible. Nous expliquons donc dans la première instruction les différentes activités qui demeurent plus ou moins dans tout chrétien. Dans la deuxième, nous montrerons comment la grâce respecte le naturel et donc ce que nous pouvons garder même dans le renoncement. Ensuite, la troisième expliquera où ces deux activités naturelle et surnaturelle s’opposent et donc où il faut pratiquer le renoncement. Dans la quatrième, on montre la genèse de la mentalité païenne et ses moyens de se cacher et de se développer, car c’est elle qu’il faut absolument enlever par le renoncement exigé par Jésus. Puis comme les prêtres l’estiment énormément on insiste pour la faire mépriser en montrant comment Jésus l’a condamné constamment. Enfin dans la sixième, on montre comment cultiver une mentalité chrétienne après s’être défait de la mentalité païenne ou naturelle.

Voilà le sable qu’il faut enlever avant de bâtir sa maison spirituelle pour qu’elle ne soit plus jamais renversée! C’est un travail pénible mais absolument nécessaire pour assurer la solidité de la vie spirituelle de tout chrétien. C’est justement dans l’ignorance des idées que nous expliquons dans ces six instructions que les démons et les philosophes font leur travail néfaste, comme on a pu le voir dans tout ce que nous attaquons en eux et ce que nous attaquerons encore dans la suite de nos retraites. Si tant de prêtres sont incapables de diriger les bonnes âmes dans la perfection c’est qu’ils ignorent les principes donnés là. Combien rares sont les prêtres qui pourraient prêcher une retraite à des religieuses et pourtant tous devraient être capables de le faire! au début de nos retraites sacerdotales nous aussi, comme les autres Pères, nous passions vite sur ces idées du titre. Nous avons vite constaté que toutes les objections venaient de l’ignorance des activités  en tout chrétien et de ce qu’on pouvait garder et de ce qu’on devait enlever. À mesure que nous expliquions ces choses les prêtres admettaient plus facilement la doctrine des autres instructions. Ces développements sont si rares parmi les disciples de St Ignace que la plupart ne reconnaissent pas du tout les idées du titre des Exercices. Nous avons le droit, donné par St Ignace lui-même, de développer son texte comme nous le voulons et tant que nous y trouverons de la matière utile au bien de l’âme. C’est ce que nous avons fait. Nous avons montré comment faire entrer dans la vie les exercices spirituels pour se vaincre soi-même et ensuite orienter sa vie vers Dieu sans se déterminer par aucune affection qui soit déréglée. C’est du St Ignace, même si aucun de ses commentaires n’a jamais développé ces idées.

Maintenant, il nous reste après ce travail plus ou moins négatif à commencer à construire du positif dans la foi et sur le roc. St Ignace dit: L’homme a été créé pour louer dieu. C’est le premier devoir et le plus important. Nous allons donc développer cette idée de la louange de Dieu que l’homme doit lui donner. Prise du côté de Dieu, c’est ce que nous appelons la gloire de Dieu. Puisque nous nous en allons au ciel partager son activité trinitaire, nous devons prendre son point de vue avant tout comme nous le ferions au ciel; c’est sa gloire que nous devons lui donner avant de chercher notre propre bonheur. la gloire de dieu dans la trinité Pour comprendre ce qu’est la gloire de Dieu pour nous, il faut d’abord aller en Dieu voir ce qu’elle est pour lui, car il nous a créés pour nous communiquer ses propres perfections et sa propre activité divine. Il faut donc aller en lui chercher ce qu’est sa gloire avant de comprendre ce qu’elle est pour nous.

On sait que dans la Trinité c’est le resplendissement substantiel du Père qui constitue le Verbe de Dieu. Il est le miroir sans tache de l’activité de Dieu et l’image de sa bonté. C’est donc par son Verbe que Dieu se manifeste au sein de la Trinité. On comprend qu’il trouve en lui toutes ses complaisances. Le Verbe est donc la gloire substantielle du Père; c’est lui qui le loue éternellement pour ses perfections infinies qu’il reflète en lui-même et qu’il a d’une façon infinie comme son Père. Le Père trouve son bonheur dans ces louanges et dans cette gloire que son Fils donne au sein de la Trinité. C’est pour nous communiquer une partie de ce bonheur que Dieu a créé le monde. Il devait donc le faire de façon à nous communiquer son Verbe qui est sa gloire substantielle en qui il trouve son bonheur. Voilà la première raison de son Incarnation: manifester son Père à d’autres êtres qui loueraient son Père et lui procureraient ainsi plus de gloire. La gloire de dieu dans le monde

Elle lui vient donc par son Verbe incarné dans l’état actuel de la création. J-C. est l’unique moyen ou l’unique miroir qui peut refléter la gloire de Dieu qui lui vient par la création. Dieu n’accepte que ce qui lui vient par J-C. ou son Verbe incarné. Tout ce qu’il y a sur la terre et dans le ciel doit être récapitulé dans J-C. Avant de mourir il dit qu’il a glorifié son Père et qu’il a achevé l’œuvre que son Père lui avait confié: il venait donc pour procurer la gloire de son Père. St Paul dit que toutes les créatures sont pour l’homme et l’homme pour le Christ. Toute la gloire que les hommes peuvent donner à Dieu par la création doit donc passer par J-C. pour être acceptable au Père céleste. Tout chrétien doit donc s’unir à J-C. dans ses louanges qu’il donne à Dieu au moyen des créatures. Dans la mesure où il s’identifie avec N.S., ses louanges seront agréables au Père. Nous ne devons jamais oublier que nous devons commencer sur terre à faire ce que nous ferons au ciel. Or là-haut, ce sera comme les membres du corps mystique de Jésus que nous agirons. Nos louanges actuelles que nous donnons directement à Dieu ou par le moyen de ses créatures doivent donc passer par J-C.

Il s’ensuit que tout ce que nous disons ici au sujet de la gloire de Dieu doit se prendre au point de vue surnaturel selon notre 2ème création. Des louanges naturelles ne sont pas acceptées par Dieu pour nous chrétiens. C’est du divin ou du surnaturel qu’il veut pour le ciel. Dans notre exemple déjà donné des poissons que Dieu aurait élevés au rang d’oiseaux, il est évident que les louanges qu’ils lui donneraient comme poissons ne lui plairaient plus. Il en est de même pour nous. Maintenant que nous sommes élevés à l’ordre surnaturel, Dieu ne veut pas de nos louanges naturelles quoique bonnes en elles-mêmes; elles ne valent rien pour le ciel! Pour mieux apprécier l’importance et la nécessité de la gloire de Dieu, voyons ce qu’elle est pour lui et ensuite pour nous. Ici, il s’agit de la gloire extrinsèque que ses créatures peuvent lui donner. Pour dieu, la gloire Est le but de la création.

Tout être intelligent qui agit se veut du bien, puisque le bien est l’objet propre de la volonté. Or Dieu est infiniment intelligent, donc il se veut du bien. Or ce bien ne peut pas être intrinsèque puisque Dieu a déjà tous ces biens. Cette gloire extrinsèque lui vient de ses créatures raisonnables qui peuvent le louer pour ses perfections infinies telles que manifestées par les créatures. Nos louanges n’enrichissent pas plus Dieu que celles que nous donnons à un millionnaire. Mais elles lui font plaisir et c’est beaucoup pour une créature que de réjouir son Créateur. C’est pourquoi il y tient tant! Souvent dans les Écritures il nous exhorte à lui donner cette gloire. Is. 43-7: «Ramène mes fils des pays lointains et mes filles de l’extrémité de la terre, tous ceux qui portent mon nom, que j’ai créés pour ma gloire.»

Rom. 11-56: «Puisque c’est de lui, et par lui et en lui que sont toutes choses, à lui la gloire dans les siècles.» 1 Cor. 10-31: «Soit que vous mangiez, que vous buviez ou quelque autre chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu.» Ce sera notre vie au ciel, commençons tout de suite! Puisque la gloire est le but de la création, les hommes devraient orienter toute leur activité libre à mieux faire connaître et mieux aimer Dieu. Dieu indique ce qu’il veut de nous dans le Pater: Il veut que son nom soit en bénédiction chez tous les hommes, qu’il soit reconnu comme le Maître absolu de l’univers et que tous lui obéissent sur la terre comme dans le ciel. Voilà de la gloire pour Dieu! Quelle source de bénédictions pour un chrétien que ce souci de faire mieux connaître Dieu en le montrant partout dans les êtres et dans leurs actions afin de lui attirer des louanges de ceux qui ont cet esprit de foi!

Son idée directrice dans la création. La fin détermine les moyens. Quand on veut fabriquer des chaussures on ne construit pas une usine pour faire de l’électricité. Or Dieu a créé son usine mondiale pour lui fabriquer la gloire. Tous les êtres sont donc comme autant de machines pour lui fabriquer de la gloire, les uns matériellement en lui fournissant de la matière, et les autres en lui donnant des louanges par eux-mêmes comme les anges et les hommes. C’est dans ce premier sens que l’Écriture dit: «Les cieux racontent la gloire de Dieu et le firmament annonce l’œuvre de ses mains.» Quand on parle de la gloire de Dieu trop de gens ne pensent seulement à ce texte pour ne chercher de la gloire que dans les astres! Celle que les hommes donnent directement à Dieu est la seule qui le  glorifie de fait. Il faut être plus pratique et descendre sur la terre pour trouver de la matière à louer Dieu dans tous les êtres et dans toutes les personnes qui gravitent autour de nous dans notre vie de chaque jour. Tous sont des machines pour fabriquer des louanges pour Dieu; il s’agit de les juger selon l’intention que Dieu avait en les créant et non pas selon nos propres idées ou nos caprices du moment.

Comme le soleil se reflète dans une goutte de rosée comme dans la mer, ainsi la sagesse de Dieu se reflète dans un grain de sable comme dans une montagne, dans le monde microscopique comme dans le monde télescopique, dans les pauvres comme dans les riches, dans les petits comme dans les grands. Toutes les parties d’une machine, les petites comme les grandes, contribuent à son efficacité, ainsi tous les êtres que Dieu a mis dans son usine mondiale contribuent d’une façon ou d’une autre à procurer la gloire de Dieu et pour cette raison, tous doivent être respectés et aimés.

Que de conclusions pratiques pour notre vie spirituelle dans cette idée! Au lieu de me croire le centre de l’univers pour recevoir le service des créatures, on laisse Dieu à sa place et on dirige vers lui les louanges que l’on reçoit ou qu’on lui offre. Que de critiques disparaîtraient avec cet esprit de foi! Supposons que je visite une usine quelconque et là je trouve une machine si compliquée que je n’y comprends rien. Quelle sottise de ma part si je méprisais cette machine parce que je ne puis pas la faire marcher. Je n’ai qu’à appeler un expert et tout de suite cette machine donne un bon rendement.

Eh bien! Il en est ainsi pour les personnes autour de nous. Souvent nous ne pouvons pas les faire marcher, parce que nous leur imposons un but que Dieu ne leur a pas donné: celui, par exemple, de nous plaire, de nous faire jouir. C’est aussi insensé que si je voulais coudre avec un clavigraphe. La première chose qu’un homme sensé se demande quand il est en face d’une machine, c’est: quel est son but, pourquoi l’a-t-on bâtie ainsi? Alors on s’en sert selon sa fin propre! Par exemple, un Curé reçoit un Vicaire dont il ne peut rien tirer. Au lieu de disputer contre son Vicaire, qu’il cherche ce que Dieu pouvait bien vouloir en créant son homme de telle façon, puis qu’il essaie d’exploiter les qualités qu’il a et non celles qu’il n’a pas. Finalement s’il n’obtient rien, qu’il ne dise pas à l’Évêque qu’il ne veut pas de cette «machine là», bonne à rien. Mais comme j’appelle un expert pour faire marcher une machine que je ne comprends pas, que ce Curé écrive à son Evêque qu’il a un Vicaire trop compliqué pour lui et que si l’Évêque a quelque Curé expert dans le maniement des hommes qu’il serait bien aise qu’on lui passe ce Vicaire. Que de fois un autre Supérieur peut tirer bon profit d’un homme réputé inutile pour le premier Supérieur!

Si on me présente une scie pour enfoncer un clou, ce serait insensé de disputer contre la scie. Elle n’est pas faite pour cela; c’est un marteau qu’il me faut. C’est à nous à nous adapter aux créatures du bon Dieu et non pas à nous à vouloir changer leur but. Quelle folie que de vouloir se nourrir de sable! Dieu ne l’a pas fait pour cet effet et il ne le produira jamais pour cela.

Voici une bonne recette pour faire marcher les hommes comme les machines; c’est de leur donner  des louanges pour le bien qu’elles font. Voilà l’huile qui fait tout marcher rondement et doucement. Évidemment un chrétien devrait agir pour plaire uniquement à Dieu, mais en attendant que tous soient assez surnaturels pour agir de la sorte, mettons l’huile de l’encouragement et des félicitations. Avec le temps ces chrétiens apprendront à agir pour la seule gloire de Dieu. Un Vicaire prêche un sermon médiocre, au lieu de l’assommer par des reproches, que le Curé loue le bien qu’il avait. Ce Vicaire estimera son Curé pour l’intelligence qu’il montre en étant capable de bien juger ses bonnes qualités d’orateur… et il essaie de faire mieux encore. Ce que nous disons des prêtres s’applique à tout le monde, si avide de louanges. Il ne faut pas le faire par esprit de flatterie, mais sincèrement et pour louer Dieu en louant les bonnes qualités de ses créatures. Trop de personnes veulent humilier les autres en leur refusant des félicitations, mais la gloire de Dieu passe avant l’humilité des gens surtout quand il est si facile de combiner les deux en glissant un mot surnaturel, comme par exemple, le bon Dieu a été bien bon pour vous dans tel cas, dans tel succès; cela lui fera penser de passer sa gloire à Dieu.

Son bonheur. Pour en avoir une idée qu’on pense à l’immense joie des hommes quand ils sont félicités; ils se trouvent amplement payés pour leurs travaux même les plus pénibles. Quel bonheur pour des acteurs ou des actrices quand ils reviennent sur scène pour recevoir les applaudissements de la foule! Comme ils sont heureux pour ces quelques minutes de gloire qui ne leur appartient même pas! Mais Dieu est le véritable auteur de tout le bien qui se fait au monde et les louanges que nous lui donnons lui sont dues en toute justice et jamais nous lui en donnerons trop. Dieu n’est pas seulement bonté, il est aussi justice. Il doit punir les méchants comme il récompense les bons. Voilà pourquoi il détruit les empires qu’il a suscités pour le bien des hommes, qu’il envoie des tempêtes pour punir les péchés des hommes comme le beau temps pour récompenser les bons, qu’il donne la santé et la reprend par la maladie; tous les fléaux comme toutes les bénédictions manifestent des perfections de Dieu et tous les hommes doivent l’en glorifier.

On peut donc se faire une idée de la joie divine quand les hommes lui attribuent tout le bien qu’il fait dans le monde, même quand il nous punit, nous savons que c’est pour sauver les pécheurs de l’enfer, pour leur faire partager son bonheur au ciel. Si les chrétiens avaient cet esprit de foi, ils feraient constamment plaisir à Dieu et en retour ils en recevraient les plus abondantes bénédictions. Comme le cultivateur est heureux quand il entre ses moissons, le marchand qui compte ses profits et l’architecte qui admire son édifice, ainsi Dieu est heureux quand il reçoit la gloire pour laquelle il a tout créé. Or c’est nous qui pouvons lui donner ce bonheur, ne manquons pas à ce devoir! la gloire de dieu pour l’homme Elle est son devoir principal.

Quand un patron engage un homme pour tel ouvrage, cet homme n’a pas le droit de faire autre chose. Eh bien! Dieu a créé l’homme pour lui fabriquer de la gloire, L’homme doit donc travailler uniquement selon cette intention divine. Ce n’est pas difficile puisqu’il peut suivre le cours de sa vie humaine tout en orientant toutes ses actions vers Dieu. Comme les hommes travaillent pour gagner leur vie terrestre sans trop y penser, mais ils sont tellement décidés à le faire qu’ils ont ce but bien déterminé dans leur esprit et dans leur cœur et tout marche comme automatiquement, sans effort de tête ni fatigue du corps. Que chacun se persuade que cette gloire de Dieu est son devoir principal et ensuite ce sera facile de tout faire pour Dieu. Évidemment il faudra prier pour avoir la grâce de le faire dans le concret. Quelle amélioration dans les relations entre chrétiens si tous étaient bien convaincus de ce devoir important! La principale cause des jalousies et des envies serait enlevée. Dans les usines, est-ce qu’un ouvrier est insulté si un autre fait mal son travail ou jaloux s’il le fait bien? Comme ils ne travaillent pas pour eux-mêmes mais pour un patron, ils laissent au patron le soin de voir à ses employés. Si tous les chrétiens travaillaient uniquement pour Dieu, ils ne seraient ni jaloux ni envieux de ce que font les autres. Chacun ferait son travail sans s’occuper de ce que les autres pensent de leur ouvrage. Jésus dit qu’il est venu sur la terre pour manifester son Père, et donc pour le glorifier et que c’était là son œuvre que lui avait confié son Père. Or tout chrétien est un membre du corps mystique de Jésus; il a donc la même œuvre à accomplir en ce monde: glorifier Dieu! Tout chrétien doit donc se pénétrer de cet unique but de sa vie en ce monde. Il doit avoir cette gloire de Dieu toujours devant les yeux et profondément enracinée dans le cœur. Elle doit être le ressort de toute son activité libre et intentionnelle. Elle est le moyen de tout obtenir de Dieu. En effet, la gloire qu’on donne à Dieu est sa paye pour ses bienfaits envers nous. Il travaillera donc d’autant plus pour nous que nous le paierons plus. Il nous donnera la même mesure que nous lui donnons. Les saints accomplissent beaucoup parce qu’ils attribuent tout leur succès à Dieu seul.

On a un bon exemple de l’avantage de faire jouer le motif de la gloire devant Dieu dans les Nombres, 14-13, où Moïse dit à Dieu qui menace de détruire son peuple: «Les Égyptiens ont appris toutes les merveilles que vous avez faites pour tirer ce peuple de l’Égypte et maintenant, si vous le détruisez comme vous venez de le dire, nos ennemis diront que vous n’avez pas été capable de nous sauver ni de nous conduire en la terre que vous avez promis de nous donner, etc.» Alors Dieu dit qu’il épargnerait encore une fois son peuple.

Après une grande défaite des Juifs, Josué, 7-9, dit à Dieu: «Ah! Seigneur, que dirais-je après qu’Israël a tourné le dos devant ses ennemis? Les Chananéens et tous les habitants du pays l’apprendront, ils nous envelopperont et feront disparaître votre nom de la terre et que ferez-vous pour votre grand nom?» Et Dieu écouta sa prière. Nous avons là le secret pour réussir en toutes choses. En commençant un travail, en partant pour un voyage, en toutes les actions importantes et même le plus possible dans les autres, disons bien à Dieu que c’est uniquement pour sa gloire que nous entreprenons telle chose et que nous comptons uniquement sur lui pour y réussir et que dans ce cas nous en attribuerons tout le succès uniquement à Dieu. C’est extraordinaire comme Dieu bénit ces dispositions de foi et de confiance en Lui. Les saints ont opéré des merveilles avec rien en s’appuyant sur Dieu et en lui donnant toute la gloire.

Que de fiascos seraient évités si on donnait la gloire à Dieu en toutes nos actions! Un grand nombre pour ne pas dire tous ceux qui végètent dans le monde sont des gens qui n’ont rien compris à la gloire de Dieu. Ils se sont attribué tout le bien qu’ils pouvaient faire, alors Dieu s’est retiré d’eux et ils sont allés d’échec en échec. On a ici l’explication de ce fait que tant de premiers de classe dans les écoles et dans les collèges ne répondent pas aux espérances qu’on avait mises sur eux. Ils ont compté sur leur talent pour réussir et se sont approprié les louanges qu’on leur donnait à cause de leur succès en classe. Dieu les a rejetés comme ennemis de sa gloire et ils ont fait fiasco partout.

Les prêtres devraient avertir les premiers de classe de ce que Dieu veut d’eux. Au lieu de tant les vanter, on devrait les plaindre et leur dire: Vous arrivez bons dans vos études, vous aurez Dieu contre vous à moins que vous ne comptiez que sur lui et que vous lui donniez toute la gloire de vos succès. On doit se servir des talents que Dieu donne, mais il ne faut pas oublier de lui en donner la gloire, autrement Dieu cesse de coopérer efficacement avec ces orgueilleux et ils ne réussissent en rien. Prenons le conseil de St Ignace qui résume bien toute notre idée. Faites tout comme si le succès dépendait uniquement de vous, puis ensuite attribuez-en toute la gloire à Dieu seul. La gloire de Dieu explique la raison de certains mystères, comme la damnation de Judas que Dieu aurait certainement pu sauver, pourquoi ne l’a-t-il pas fait? Pas un homme au monde ne le sait. Et la gloire de Dieu exige cette ignorance de notre part. Si l’homme comprenait tout ce que Dieu fait, Dieu ne serait pas plus intelligent que l’homme. Or la gloire de Dieu exige qu’il fasse des choses que nous ne comprenons pas du tout. Aucun autre attribut de Dieu ne peut expliquer la perte de Judas. Seule, sa gloire peut nous contenter d’une certaine façon. Elle est le bonheur de l’homme.

Le bonheur de Dieu consiste dans la contemplation de ses propres perfections divines. Or St Paul dit que Dieu a créé le  monde pour faire connaître ses perfections divines. Donc, dans la mesure où l’homme les découvre dans les choses créées il se trouve à participer d’une certaine façon au bonheur de Dieu. Remarquons que ce n’est que le divin qui rend Dieu heureux, donc ce ne sera que le divin qui rendra l’homme heureux du bonheur de Dieu. Il doit donc par sa foi éviter de s’arrêter au sensible pour remonter le plus vite possible au divin dont la créature n’est que l’échantillon.

C’est l’enseignement du Maître qui nous est donné par St Paul: «Si vous êtes ressuscités avec J-C., n’ayez plus de goût pour les choses de la terre, mais uniquement pour celles du ciel.» Les plaisirs sensibles ne constituent donc pas le bonheur de l’homme selon le plan divin. Comme une cuisinière aura mes louanges quand j’aurai joui de ses bons pâtés, ou un chef d’orchestre quand j’aurai joui et goûté sa belle musique, ainsi Dieu aura sa gloire de moi en proportion qu’il me rendra heureux dans la contemplation de ses perfections divines même si ce n’est qu’à travers le voile obscur de la foi. On voit par là que Dieu n’est pas un égoïste qui veut être seul a jouir de ses perfections. Il a créé l’homme pour lui faire partager son propre bonheur dans ces mêmes perfections divines. Plus un chrétien pénètre dans la foi et plus il découvre les perfections divines et plus il est heureux. Or plus il est heureux et plus il donne des louanges à Dieu. Dieu a donc mis le bonheur de l’homme dans les louanges qu’il donne à Dieu. Dieu veut donc que nous commencions notre bonheur céleste sur la terre dans la vue de ses perfections par la foi comme nous le serons au ciel dans la lumière divine de la gloire du ciel. Que chacun oriente donc son activité mentale de ce côté et dans la même mesure il commence son ciel sur terre. exemple de gédéon (Juges 6 & 7)

Voici un bon exemple de la manière d’agir de Dieu pour avoir sa gloire; tout y est. C’est sa gloire qui dirige toutes les actions de Dieu dans le cas de Gédéon. Or comme Dieu est infiniment simple dans ce sens qu’il connaît du premier coup ce qui lui procurera mieux sa gloire et qu’il se sert habituellement de ces mêmes moyens, on peut être sûr que sa façon d’agir dans le cas de Gédéon sera aussi sa façon d’agir pour nous tous malgré la variété dans les circonstances. Il importe donc d’étudier le cas de Gédéon. «Les enfants d’Israël firent ce qui est mal aux yeux de Yahveh et Yahveh les livra entre les mains de Madian pendant sept ans.» On peut conclure que lorsque Dieu suscite de puissants ennemis à une nation c’est parce qu’elle a fait mal à ses yeux. Nos guerres mondiales actuellement sont pour punir les nations qui sont devenues idolâtres par le culte des plaisirs terrestres au détriment du culte de Dieu. Ainsi le communisme de nos jours est la preuve que Dieu est fort mécontent des nations chrétiennes qui agissent comme des païens dans la poursuite effrénée des plaisirs de la terre avec l’oubli des choses de Dieu.

Si on veut la paix il faut donc détruire nos idoles; cesser de se passionner pour les plaisirs même innocents, les sacrifier, puis faire pénitence et enfin prier. C’est inutile de prier si on ne détruit pas ses idoles et donc cesser de courir les théâtres, les cinémas, les joutes de toutes sortes, etc., pour se donner tout aux choses de Dieu par la communion fréquente, l’assistance à la messe même sur semaine quand c’est possible, la lecture de la Bible et des auteurs spirituels comme la vie des saints, etc… Voilà ce que les prêtres devraient exiger des fidèles de nos jours si troublés. Mais ils ont peur de le faire pour ne pas se mortifier eux-mêmes, puis pour ne pas être blâmés par les fidèles, ou par les autres prêtres.

Dieu choisit de pauvres instruments afin d’avoir toute la gloire de ce qu’ils font. «Voici que ma famille est la plus pauvre dans Manassès et je suis le plus petit dans la maison de mon père,» dit Gédéon à l’ange qui lui annonce que Dieu l’a choisi pour délivrer son peuple. Que d’exemples de la sorte on trouve dans l’Écriture sainte! Tous ceux que Dieu a choisis étaient regardés par leurs concitoyens comme des insignifiants. Quand Samuel choisit Saül pour être roi, Saül parle dans les mêmes termes. Quand on cherche quelqu’un pour battre Goliath, personne ne pense à David et, faute de mieux, il vient et Dieu lui donne la victoire sur le géant. On pourrait allonger la liste sans fin des pauvres instruments que Dieu se choisit pour opérer de grandes choses pour sa gloire. Il est sûr dans ce cas que son pauvre instrument ne lui volera pas sa gloire.

Quel encouragement pour les petits, les insignifiants et tous ceux qui sont méprisés par les autres! S’ils ont la foi, Dieu les choisira de préférence aux savants et aux puissants afin de s’assurer sa gloire. Que ces gens s’offrent souvent à Dieu pour faire de grandes choses et ils ont toutes les chances du monde d’être exaucés d’une façon ou d’une autre. Moins on a de ressources et plus notre confiance doit être grande en Dieu. «Je me glorifie dans mes faiblesses et dans mes infirmités afin que la gloire de Dieu soit plus manifeste», dit St Paul. Quand Gédéon eut mobilisé son armée de 32,000 hommes pour aller combattre contre les 135,000 Madianites, Dieu lui dit: «Le peuple que tu as avec toi est trop nombreux pour que je livre Madian entre tes mains de peur qu’Israël en tire gloire contre moi, en disant: C’est ma main qui m’a délivré. Renvoie donc tous ceux qui tremblent.» 22,000 s’en retournèrent chez eux! Dieu dit à Gédéon: «Le peuple est encore trop nombreux; fais le descendre près de l’eau et là j’en ferai un autre triage. Il en renvoie encore 9,700. Il en reste 300 pour se battre contre 135,000. Humainement c’est impossible que ces 300 puissent battre les 135,000 Madianites. S’ils réussissent il sera évident que c’est Dieu seul qui a remporté la victoire. Dieu dit à Gédéon de prendre des cruches de terre et de mettre un flambeau à l’intérieur, puis à minuit, après avoir cerné le camp des Madianites, ils sonneront de la trompette, briseront leurs cruches les unes contre les autres et les flambeaux apparaîtront les uns après les autres… et Dieu fera le reste!…

Les Madianites entendent ce bruit et voyant ces flambeaux s’allumer autour d’eux, sont pris de panique et s’entre-tuent pour se faire un passage afin de fuir, pendant que les hommes de Gédéon cassent leurs cruches! Gédéon n’a aucun sujet de se glorifier. Aussi quand les femmes viennent au-devant de lui pour le féliciter, il dit carrément qu’il n’est pour rien dans cette victoire; que Yahveh a tout fait seul. Voilà comment Dieu aime à se servir des cruchons pour faire ses grandes œuvres afin d’en garder pour lui toute la gloire. Les grands esprits sont si portés à s’attribuer le succès que Dieu n’aime pas à s’en servir. Cependant si ceux qui ont des talents étaient assez humbles pour laisser à Dieu sa gloire, il est certain qu’il s’en servirait. Mais comme il est rare de trouver l’humilité vraie dans ceux qui sont bien doués! Ils sont tellement habitués à être louangés qu’ils viennent à se croire les auteurs de ce que Dieu fait par eux… et ils sont facilement les voleurs de la gloire divine. Quel bel exemple d’un homme bien doué et qui reste humble dans le cas de David. 1 Rois, 17. David dit qu’il tuait des lions et des ours avec le secours de Dieu à qui il renvoie toute la gloire. À Goliath, il dit: «Tu viens à moi avec l’épée, la lance et le javelot; moi je viens à toi au nom de Yahveh des armées… aujourd’hui Yahveh te livrera entre mes mains…» et il tue Goliath.

Remarquons que nous sommes bâtis exactement comme les cruches de Gédéon, nous avons le flambeau de la foi caché dans notre corps mortel fait de terre comme ces cruches. Pour chasser les démons de nous et des autres, nous n’avons qu’à casser nos cruches ou massacrer notre païen par la mortification et le renoncement pour que le surnaturel apparaisse et mette en fuite tous nos ennemis. C’est en proportion que nous nous vaincrons nous-mêmes que nous éclairerons les ténèbres du paganisme en nous et autour de nous. On doit mieux comprendre cette parole de N.S.: Si quelqu’un veut me suivre, qu’il se renonce, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.» C’est  notre moi personnel qui est l’ennemi de la gloire de Dieu en nous; en le tuant par la mortification, on se trouve à tuer le voleur de la gloire de Dieu en nous. Quelle sagesse et quels trésors de sainteté dans la gloire de Dieu et dans ses conséquences pour notre vie pratique! Que notre esprit et notre cœur en soient absolument pénétrés afin que toute notre vie en soit pleine aussi!

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