« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

jeudi 18 décembre 2014

Père Onésime Lacouture - 1-18 - Le mépris du monde partie 2

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SEIZIÈME INSTRUCTION LE MÉPRIS DU MONDE.

DEUXIÈME PARTIE

Plan Remarque Les échantillons nécessaires.  (L’amour divin.  Les échantillons captivants: (La gloire de Dieu.  (Il annonce un examen… (La danse.  (Les sports.  Échantillons indifférents: (La mode.  (Le tabac.  (Renversent le plan de Dieu.  (Privent l’âme de l’exercice… Le tort fait par les attaches: (Empêchent l’âme d’être éclairée par Dieu.  (Les attaches ferment la bouche… 

Comme il est difficile de convaincre un amant que l’objet de son amour est vil et méprisable, c’est aussi difficile de convaincre les chrétiens qu’ils doivent mépriser les échantillons de Dieu sur la terre.  Leur amour naturel pour les choses créées leur fait trouver toutes sortes d’arguments spéciaux et de sophismes pour éviter les conclusions de la doctrine qu’ils pourraient accepter en théorie, mais qu’ils rejettent en pratique.

Pour cette raison il est bon de descendre dans le détail concret des différentes sortes d’échantillons pour savoir comment agir avec chacune d’elles.  C’est là surtout que les démons travaillent pour tromper les fidèles.  Divisons-les en quatre catégories: Les échantillons nécessaires, les indifférents, les captivants et les défendus.  Nous verrons ces derniers dans une instruction spéciale.  Ce n’est pas que la doctrine soit différente dans ces différentes sortes, mais les sophismes le sont souvent.  Ce n’est pas non plus que ces catégories soient bien tranchées, mais elles nous donnent une chance de mieux nous prémunir contre les sophismes des démons et du naturel.  les échantillons nécessaires.  On y comprend la nourriture, le vêtement, le logement et certaines récréations: toutes ces choses sont nécessaires à la vie normale du chrétien.  Le Pape Pie XI dit qu’il faut un certain bien-être pour pratiquer les vertus et la religion.  Il faut bien admettre cette nécessité en même temps que la nécessité du renoncement exigé par Jésus; comment concilier cela dans la pratique?   C’est le tourment de ceux qui veulent vraiment se renoncer et tout de même qui voient bien qu’il faut se nourrir et se vêtir convenablement.  Montrons que le raisonnement seul ne peut rien.  Voici qu’on se trouve devant une table bien garnie.  On se dit: voici une viande dont je pourrais me passer sans inconvénient… je la laisse passer.  Puis je puis raisonner de la même façon pour le deuxième plat et ainsi de suite.  Mais alors, ça n’a pas de bon sens; je vais me laisser mourir de faim.  Et la tentation vient de rejeter tout à fait ce renoncement embarrassant!

Ces raisonnements sur chaque plat ou sur chaque plaisir pris isolément ne sont pas pratiques.  Il faut que l’amour y entre aussi.  Voici comment le montrer par un exemple: Supposons un cultivateur ambitieux de s’enrichir.  Comment le deviendrat-il?   C’est en vendant et en semant le plus possible de ses produits.  D’un autre côté, il aime sa famille et ses animaux ont aussi besoin de manger pour travailler pour lui; il va donc garder une bonne partie de ses produits pour cette fin et il le fera sans compter chaque grain de blé.  Il y va rondement à cause de son amour pour eux.  Mais son amour de s’enrichir va surveiller ses dépenses afin qu’il n’y ait pas de gaspillage.

C’est quelque chose de ce genre que nous devons faire dans l’usage des choses utiles et nécessaires à notre vie.  Mettons d’abord tout notre amour en Dieu dans le ciel, soyons ambitieux pour être riches dans l’éternité, alors nous enverrons là par le renoncement le plus possible des plaisirs de la terre.  Mais comme c’est avec notre corps que nous gagnons notre vie, donnons-lui tout ce qui lui est nécessaire pour qu’il ait bonne santé afin de travailler pour rendre service à l’âme et l’aider dans son salut.

C’est donc notre amour pour Dieu qui peut seul régler le détail de notre renoncement.  Alors cet amour nous poussera le plus souvent possible à choisir l’avantage céleste au plaisir terrestre dans chaque discussion mentale qui se présente avec chaque plaisir.  Cet amour de Dieu empêchera les abus dans l’usage des plaisirs réputés utiles ou nécessaires.  Un mari qui est amouraché de sa femme n’a aucune difficulté à se régler dans les signes d’affection qu’il pourrait donner à une autre femme; ils seront très rares sûrement.  Tandis que celui qui n’aime pas son épouse va le plus possible vers d’autres femmes.  Ainsi ceux qui n’aiment pas Dieu prennent le plus possible tous les plaisirs qui se présentent.  Tandis que ceux qui aiment Dieu font comme St Paul leur conseille en 1 Cor.  7-29: «Voici donc mes frères ce que j’ai à vous dire: le temps est court, ainsi ceux qui ont des femmes il faut qu’ils soient comme s’ils n’en avaient pas, et ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas, ceux qui achètent comme ne possédant pas, enfin ceux qui usent de ce monde comme n’en usant pas; car la figure de ce monde passe.»  C’est donc l’amour de Dieu seul qui peut nous régler dans l’usage des choses utiles et nécessaires.  Cet amour nous fait mépriser tous ces échantillons même quand il faut les prendre.

LES ÉCHANTILLONS CAPTIVANTS

Ils méritent une mention spéciale parce que ce sont ceux-là que nous recherchons avec le plus de passion et que nous estimons le plus.  Ils peuvent nous rendre un grand service ou nous faire un tort immense.  Pour savoir comment agir avec eux, il sera bon de repasser trois aspects de l’intention divine en nous donnant cette sorte d’échantillons.  Un échantillon captivant nous annonce… 1.- de l’amour divin que Dieu veut nous donner.  Est-ce que la récolte que Dieu veut donner à un cultivateur n’est pas insinuée dans les grains de semence qu’il lui donne?  Si Dieu lui donne de l’avoine, c’est de l’avoine qu’il récoltera quand il la sèmera et ainsi pour tous les autres grains.  Si donc Dieu donne de l’amour naturel pour les échantillons, c’est qu’il donne là une semence d’amour divin; il faut semer de l’amour pour récolter de l’amour.  Qu’on pense à cette idée dès qu’on se sent pris d’amour pour une créature quelconque et qu’on se dise tout de suite: Dieu veut que je l’aime encore plus.  Il me donne là une chance de le préférer à quelque chose de beau et de bon.  Si un roi veut marier une princesse, il envoie un ambassadeur aussi parfait que possible afin de mieux donner une idée de sa propre perfection.  Plus l’ambassadeur est joli, riche et puissant et plus la princesse pourra dire: que doit être le roi si son représentant est si attrayant?  C’est justement ce que Dieu veut que nous disions quand il met sur notre chemin un échantillon captivant.  Il veut nous faire faire un acte d’amour de préférence pour lui-même.  Et comme le roi serait en colère si la princesse s’affectionnait à l’ambassadeur et le préférait au roi, de même Dieu est indigné si nous nous attachons à cet échantillon captivant pour laisser Dieu de côté.

Tous les chrétiens devraient connaître ce plan de Dieu en créant tant de choses captivantes pour notre nature humaine.  Au lieu de s’attacher à ces ambassadeurs du roi céleste comme la plupart font, ils devraient porter leur amour sur Dieu même et laisser partir l’échantillon comme on renverrait un ambassadeur dire au roi que c’est le roi que nous voulons pour faire alliance éternelle avec lui.  2.-La gloire de Dieu.  On estime une chose en proportion qu’on la paie cher.  Eh bien!  plus j’estime l’échantillon et plus j’estimerai Dieu, si je donne cet échantillon pour acheter Dieu.  Une fois le sacrifice fait, on pourra dire à Dieu: Vous me coûtez cher aujourd’hui; je n’aurais jamais fait ce sacrifice pour un autre.  Vous voyez comme je vous estime.  Voilà de la gloire pour Dieu!  C’est justement ce que Dieu a exigé d’Abraham quand il lui dit: «Prends Isaac, ton unique que tu aimes et va me l’immoler sur telle montagne.» Eh bien!  Abraham préféra Dieu à son Isaac qu’il aimait tant.  Il a donc donné une grande gloire à Dieu qui s’en montra fort content en lui disant: «Parce que tu as fait cela et que tu ne m’as pas refusé ton fils, je te bénirai dans ta prospérité en laquelle toutes les nations seront bénies.» Cet exemple illustre notre doctrine.  Dieu voulait donner une grande postérité spirituelle à Abraham, il lui demande le sacrifice de sa postérité naturelle.  Dans nos tentations pour des échantillons captivants pensons à ce fait que Dieu veut nous donner des jouissances incomparablement plus grandes que celles qu’on aurait avec cet échantillon et alors la passion même nous aidera à vouloir ces plus grandes jouissances.  Qu’on se dise: Si cette chose matérielle a tant d’attrait pour nous, combien plus je devrais vouloir les jouissances plus grandes que Dieu m’offre par le sacrifice qu’il me demande actuellement.  On se trouve à donner une grande gloire à Dieu en le préférant à ces échantillons.  3.- Il annonce un examen dans la même matière.  Dès qu’on éprouve une affection particulière pour une chose ou une personne, on peut être sûr que Dieu va demander un grand sacrifice dans la ligne de cet amour.  Comme lorsqu’un maître commence à enseigner une matière, les élèves savent bien qu’ils devront passer un examen en cette matière, ainsi lorsque Dieu commence à nous passionner pour une chose nous pouvons être sûrs qu’il va nous faire passer un examen sur cette chose aimée.  Son plan est que nous nous exercions graduellement par des petits sacrifices avant que la passion soit trop grande.  Tous ces petits sacrifices nous attirent autant de grâces qui nous aideront à vaincre la grande tentation qui s’en vient dans cette ligne, comme les leçons bien apprises chaque jour aident les élèves à bien passer leurs examens.  Ceux qui aiment les filles, par exemple, peuvent s’attendre à une occasion très favorable de se contenter et où Dieu leur défendra cette jouissance sous peine de péché mortel.  Leur seule chance de résister alors, est de résister maintenant à cette passion et de faire le plus de sacrifices possibles pour éviter de les rencontrer, même quand il n’y a aucun péché.  Évidemment c’est la même recette pour les filles qui aiment les garçons.

Avis donc aux prêtres qui choisissent leur ministère en fonction de leur amour.  Ceux qui ont de l’affection pour des femmes ne veulent que du ministère de femmes.  Que de bons motifs ils trouvent dans leur affection pour les femmes!  Ce sont elles qui forment les familles; qui donnent le ton de la spiritualité dans la paroisse; elles sont plus pieuses que les hommes et nous donnent un rendement de cent pour cent.  Ceux qui aiment les garçons n’ont de zèle que pour leur ministère des garçons.  De là la vogue pour les Scouts, les campements dans les bois, etc….  Comme on peut les sanctifier en les empiffrant de toutes sortes de bonnes choses et en les surveillant aux bains!  Que d’illusions dans cet apostolat fondé sur l’amour naturel de son groupe favori.  Les consolations sensibles de l’animal sont prises pour des consolations spirituelles, ce qui est absolument faux.  La preuve qu’il n’y a pas de foi là, c’est que ces prêtres refusent de faire du ministère avec le groupe qu’ils n’aiment pas naturellement.  Tout est donc uniquement dans la chair et pas du tout dans la foi où il n’y a ni chair, ni beaux mollets, ni beaux yeux bleus, ni beaux cheveux blonds, etc…!  Pour tous ces amoureux, l’examen qui peut décider de leur sort éternel s’en vient et peut-être plus vite qu’ils ne pensent.  Comment pourront-ils résister alors quand ils ne résistent pas à leur amour naturel maintenant?

Que chacun résiste donc tout de suite au début de sa passion pour la liqueur; il s’enivrera un jour et ce sera mortel.  Pour les cinémas; il ira même à de mauvaises vues et ce sera mortel.  Pour les plaisirs charnels même chez les gens mariés, un jour viendra qu’ils devront s’en passer et cela pourra durer bien longtemps.  Comment celui qui ne vit que pour cela pourra-t-il résister à une occasion favorable que le démon mettra sur son chemin avec la permission de Dieu?  Celui qui aime l’argent sera exposé à en voler un jour et il risquera son salut éternel.  Que de belles occasions de voler pour ceux qui travaillent pour le gouvernement, pour les grosses compagnies!  Comme beaucoup vendent leur âme pour de l’argent!  Ils ont une passion pour l’argent, le diable leur en fournit tant qu’ils veulent.  Que chacun donc surveille son affection pour les choses de la terre et qu’il fasse la guerre à tous ses motifs naturels qui alimentent cette affection naturelle.  Ce sont ces motifs naturels qui sont autant de grains de sable sur lesquels il bâtit sa maison; il peut être sûr que dans les grandes tentations il tombera dans le péché mortel.  échantillons indifférents Ce sont ceux qui sont bons en soi et dont la moralité vient surtout de l’intention et des autres circonstances.  Comme le champ d’opération d’un chrétien doit être uniquement des bonnes choses en soi, cette catégorie est importante pour nous tous.  La doctrine de leur usage est bien donnée par N.S.  dans le sermon sur la montagne.  Il montre que dans les bonnes oeuvres et donc dans l’usage des choses bonnes en soi, ce sont les motifs qui comptent surtout.  Il fait dépendre la récompense uniquement des motifs; si on les fait pour les hommes, Dieu ne donne rien; si on les fait pour Dieu, il nous récompense dans le ciel.  Ainsi un verre d’eau sera récompensé, pas parce que c’est une bonne chose en soi, mais à cause du motif.  Celui qui le donne pour l’amour de Dieu aura sa récompense dans le ciel.

L’erreur de la masse des prêtres du monde entier est de mettre la moralité surtout dans les actes en eux-mêmes au lieu de la mettre, comme J-C., dans les motifs ou dans les intentions.  Pour eux, dès qu’une chose n’est pas défendue en soi, ou mauvaise en soi, ils la permettent à tout le monde.  Ils ne s’occupent pratiquement pas des motifs dans l’usage des bonnes choses en soi.  Alors toutes leurs solutions sont fort boiteuses; ce sont celles qu’on pourrait donner sur le chemin des limbes dans l’ordre purement naturel.  Tandis que d’après N.S.  la séparation des mauvaises choses des bonnes ne règle pas du tout la moralité des bonnes au point de vue du mérite qui est le point essentiel pour tout chrétien.  J-C.  enseigne clairement que le mérite éternel de nos bonnes actions dépend du motif.  Un motif naturel ne donne rien au ciel; seul un motif surnaturel est récompensé au ciel.  Par conséquent, dans la pratique, pour tous les échantillons bons en soi ou indifférents, ce n’est pas du tout la bonté de l’acte qui règle la question du mérite, mais surtout l’intention ou les motifs.  Quand les fidèles demandent aux prêtres ce qu’il faut penser de tel plaisir, c’est tout simplement absurde de répondre par le refrain général du clergé du monde: ce n’est pas mal en soi.  Cela règle la moralité de l’acte au point de vue de l’ordre naturel, mais pas du tout dans l’ordre surnaturel où nous vivons.  Après qu’on a dit que l’acte est bon en soi, il faut absolument monter aux motifs pour savoir si on peut avoir du mérite éternel pour cet acte qu’on va poser.  Or comme on l’a dit, les champs d’opération des chrétiens doit être uniquement des actes bons en soi.  Or le mérite de ces actes leur vient surtout des motifs; donc les prêtres devraient constamment rappeler aux fidèles la question des motifs et leur bien enseigner que des motifs naturels ne donnent aucun mérite devant Dieu.  C’est alors que les prêtres verraient la nécessité pour eux d’étudier toute cette question des motifs, si peu connue par la majorité des prêtres.  Quand est-ce qu’on entend un prêtre dire aux fidèles que leurs motifs naturels ne leur donnent aucun mérite devant Dieu?  À peu près jamais.  C’est donc qu’ils les ignorent.  Que les prêtres imitent donc N.S.  en parlant des bonnes choses; il parle uniquement des motifs: si on les fait pour les hommes, que les hommes nous récompensent; si on les fait pour Dieu, c’est Dieu qui nous récompensera.  Il met donc notre choix entre deux bonnes choses en soi: nos motifs naturels et nos motifs surnaturels, tous les deux venant de Dieu, les premiers par nature, les seconds par grâce.  Voilà l’alternative proposée par Dieu dans son plan pour nous avoir au ciel.  Or Jésus dit que c’est cette question des motifs qui est le fondement de la solidité de notre maison spirituelle: ceux qui bâtissent sur le sable des motifs naturels tombent dans le péché et ceux qui bâtissent sur le roc des motifs surnaturels ne pécheront jamais.  Ce devrait être assez pour que les prêtres prennent cette façon d’agir en face des bonnes oeuvres ou des actions indifférentes.  Le remède au péché, selon Jésus dans ce sermon, n’est donc pas de décider si telle action est mauvaise en soi ou bonne; mais une fois que cette distinction est posée il reste toute la question des motifs qui contient le remède au péché ou la cause du péché et le mérite éternel.  Quand donc les prêtres du monde entier se contentent de faire la distinction entre mauvaise en soi et bonne en soi, ils n’ont absolument rien fait pour régler la question du mérite éternel de ces actions.  Est-ce surprenant que le monde aille si mal avec des solutions de païens?  des solutions d’ignorants du plan divin?

Comme on a la tête dure sur cette question des plaisirs permis il sera bon d’examiner quelques-uns des plus fréquents.  La danse.  Que de questions diverses à ce sujet!  Que de réponses différentes également!  Dans un diocèse on les défend sous peine de péché mortel; dans un autre sous peine de péché véniel; dans un autre on ne dit rien; ailleurs les prêtres ont des salles de danse pour amuser les fidèles; ailleurs des Évêques même encouragent la danse en personne, des Archevêques même ouvrent la danse en personne!  On a vu des Archevêques nommer des prêtres pour aller recruter des filles dans les couvents pour les amener danser avec les soldats!  Des prêtres et des religieuses organisent des danses pour préserver les jeunes du péché mortel!  Est-ce que ces divergences ne suffisent pas pour montrer que les prêtres sont de travers pour juger les plaisirs indifférents dans l’ordre surnaturel?  Voici les deux solutions que tout prêtre catholique et véritable théologien devrait donner aux fidèles au sujet de la danse.  D’abord on doit pousser les fidèles à les sacrifier afin de récolter les danses éternelles aux dépens de celles de la terre comme tout cultivateur fait pour récolter le grain qu’il aime le plus, il en sème le plus possible.  Nous ne parlons évidemment ici que des bonnes danses en soi.

Donc voici comment répondre à une fille qui demande à un prêtre ce qu’il pense de la danse.  D’abord qu’il félicite cette fille d’aimer la danse.  Elle sera renversée!  peut-être scandalisée!  Continuez: Est-ce que vous n’aimeriez pas à danser souvent?   longtemps?   toute votre vie?   C’est justement ce qu’elle veut.  Offrez-lui alors le plaisir de danser éternellement.  Elle va sûrement dire qu’elle le veut.  Eh bien!  alors, dites-lui que pour récolter des danses dans le ciel, il faut qu’elle en sème sur la terre et assez pour montrer clairement au bon Dieu qu’elle préfère les danses au ciel à celles de la terre, donc qu’elle doit en sacrifier plus qu’elle n’en prend.  Deuxième solution: elle est dans les motifs.  Si on danse, il faut sûrement le faire avec mérite éternel comme tout chrétien est tenu de travailler pour son ciel en toutes choses.  Donc il faut qu’il rejette ses motifs naturels et qu’il danse uniquement pour des motifs surnaturels, exactement comme il le ferait au ciel.  Voilà ce que tout prêtre devrait enseigner aux fidèles: danser le moins possible et si on danse par nécessité ou utilité, le faire uniquement pour des motifs surnaturels.  Voilà les seules solutions chrétiennes de la danse.  Elles s’appliquent aux sports…

Les sports.  Évidemment, mais c’est là aussi qu’il se glisse une foule de sophismes pour paganiser tous ces amusements; il est bon de s’y arrêter un peu.  Nos prêtres philosophes ne voient naturellement aucun mal à se livrer à la passion des sports puisqu’en soi ils sont bons.  Comme prêtres, ils sentent bien que cet argument ne vaut pas; alors ils en cherchent d’autres.  Ils prétendent que les sports protègent la jeunesse du péché.  C’est vrai pendant qu’ils jouent, mais après, c’est faux.  Ces gens auront de fortes tentations quand même et ce n’est pas vrai que ces jeux leur donnent du surnaturel pour mieux résister au mal.  Au contraire, si une chose insignifiante comme tout sport peut accaparer tout son coeur, que sera-ce quand les tentations de la chair l’assailliront?  Jésus dit que notre victoire sur le monde viendra de notre foi; jamais il n’a dit de notre entraînement dans les jeux.  Ce n’est pas vrai non plus que les nations plus adonnées aux sports sont plus pures que les autres, ni plus morales.  Quand est- ce qu’on voit ces «sports» affectionnés aux choses de Dieu?  Ils se donnent corps et âme aux choses de la terre comme ils le font aux sports.  Les Apôtres étaient mieux inspirés quand ils prêchaient l’abstention des amusements de toutes sortes comme on peut le voir par le témoignage des premiers Pères.  Mathetes dit que les païens tuaient les chrétiens parce que ceux-ci avaient abjuré tous les plaisirs; ils n’allaient plus aux bains publics, ni aux cirques, ni aux bals, etc.  Un autre écrit dans son Épître à Diognetus: «Les chrétiens sont dans le monde comme l’âme est dans le corps.  L’âme est répandue dans tous les membres du corps, les chrétiens le sont dans toutes les parties du monde.  L’âme demeure dans le corps, mais n’est pas du corps; ainsi les chrétiens vivent dans le monde, mais ne sont pas du monde.  L’âme est invisible comme la religion des chrétiens… La chair hait l’âme et lui fait la guerre, quelque innocente qu’elle soit, parce qu’elle l’empêche de se satisfaire.  Le monde hait les chrétiens quoique innocents, parce qu’ils méprisent les plaisirs du monde.  L’âme aime le corps qui la déteste et les chrétiens aiment ceux qui les haïssent.  L’âme demeure immortelle dans un corps mortel, de même les chrétiens vivent une vie incorruptible au milieu de la corruption du monde et attendent l’incorruptibilité du ciel.»

Comme le clergé est loin de cet esprit primitif des Apôtres.  La plupart des prêtres encouragent les fidèles dans tous les amusements comme de vrais païens.  Leur coeur en est plein puisqu’ils en parlent constamment en général.  Quant aux prêtres qui disent qu’ils ont besoin de délassements, on peut leur suggérer de bons délassements bien catholiques!  Au lieu de se promener des heures de temps sur le champ de golf, qu’ils aillent visiter les malades et les pauvres des environs, qu’ils aillent à la recherche de leurs païens qui ne viennent pas à l’église ni aux sacrements, qu’ils organisent des oeuvres pour subvenir aux besoins des pauvres, pour faire le catéchisme à ceux qui ne peuvent pas venir à l’église, etc.  Que les religieux demandent la permission aux curés de faire cela dans leurs paroisses, sans demander de l’argent pour leurs services et les curés leur donneront la permission avec plaisir.  On fait des jaloux quand on court les riches pour les bienfaits qu’on en retire, quand on va là pour s’empiffrer et soutirer de l’argent.  Mais quand on va vers les misérables et les pauvres, aucun curé ne sera froissé de ce travail apostolique.

La mode mérite une mention spéciale pour les idées fausses qu’on a à son sujet.  Là encore les prêtres qui ne l’attaquent que lorsqu’elle est indécente, sont de travers avec le plan divin.  Le mal de la mode n’est pas seulement dans l’indécence.  Il faut régler cette question uniquement selon les motifs.  Une femme doit s’habiller uniquement pour plaire à Dieu; quand elle le fait pour plaire au monde, elle insulte Dieu son Maître et son divin époux, à qui elle appartient corps et âme.  Il est évident que c’est la même doctrine que pour les bonnes oeuvres que Jésus donne dans le sermon sur la montagne; la récompense viendra selon les motifs, si on s’habille pour plaire aux hommes, qu’on n’attende pas de récompense de Dieu.  Si donc on veut une récompense de Dieu, il faut s’habiller uniquement pour plaire à Dieu.  En d’autres termes, le mal de la mode vient de ce qu’elle est un signe évident de notre amour pour le monde qui est le rival de Dieu dans notre coeur.  Que dirait un mari si sa femme allait chercher ses motifs de s’habiller chez un autre homme?  Il serait indigné parce que c’est un signe que sa femme aime cet autre homme.  Ce n’est pas l’habit en soi qui le choquerait, mais le motif de sa femme qui s’habille pour plaire à l’autre.  Voilà le mal de la mode: c’est un signe évident qu’on aime le monde plus que Dieu et cela est une abomination devant Dieu.  Évidemment une femme n’est pas obligée de s’habiller comme il y a des siècles.  Mais elle doit suivre la mode de loin, autant qu’elle le peut, tout en gardant les convenances.  Par exemple, que fait-on quand on se trouve près d’un ennemi?  on s’éloigne le plus possible même quand il faut rester dans la même salle ou le même endroit.  Eh bien!  le monde est l’ennemi de Dieu et le nôtre; on ne peut pas s’empêcher d’être avec lui, mais au moins suivons-le d’aussi loin que possible.  Il y a de bonnes chrétiennes qui évitent les exagérations de la mode et qui ne sont pas persécutées.  Les pires ennemis sont les femmes avec lesquelles on vit, les amies et les parentes.

Le signe qu’on est païen est quand on aime à suivre la mode de très près et même de l’exagérer.  Le signe d’une chrétienne c’est de faire tout le contraire autant que possible.  Par exemple, quand c’est la mode de n’avoir pas de manches, d’en porter quand même; puis ses robes sont toujours un peu plus longues que les écourtées païennes.  Quand les autres se mettent du rouge sur les lèvres elle n’en met pas et se fiche des critiques des païennes et préfère montrer son amour pour Dieu plutôt que pour le monde.  N’oublions pas que ce sont les démons qui règnent sur le monde naturel, comme le dit Jésus plusieurs fois.  Alors l’esprit du monde est issu des démons.  Or c’est sûrement l’esprit du monde qui fait la mode.  On a un bon exemple dans l’Écriture que les démons d’impureté aiment à déshabiller le monde.  En St Luc, 8-26, Jésus chasse deux mille démons d’impureté d’un seul homme qu’ils tenaient tout nu.  Ces démons demandent d’aller dans les pourceaux qui passaient là et Jésus le leur permet pour montrer qu’ils étaient des esprits immondes et impurs.  C’est alors que Jésus dit que ce démon d’impureté ne se chasse que par le jeûne et la prière.

Eh bien!  ce sont les mêmes démons qui président à la mode.  Les ennemis de l’Église veulent le perdre en corrompant le monde par la mode.  Leur jeu est évident; ils commencent par déshabiller les tout petits enfants, puis à mesure qu’ils grandissent, les gens s’habituent à ces demi-nudités, puis ce sont les petites filles avec des robes aux genoux, puis au-dessus des genoux, puis ce sont les grandes et enfin les femmes qui exhibent le plus de chair possible.  Ainsi avec les bas blancs d’abord puis de couleur de chair, puis pas du tout.  Quel dommage que les chrétiennes suivent ces démons d’impureté si loin dans l’indécence comme jusqu’aux «shorts».  C’est du paganisme tout pur et de l’animal sans raison.  Quelle diabolique invention que les dernières à la mode: les rayons de soleil seraient bons pour la santé….  et voilà qu’on s’expose aux rayons du soleil, à moitié vêtu, puis enfin tout nu par centaines et par milliers.  Et dire que des chrétiens se font prendre par des sophismes diaboliques de la sorte.  Il n’y a pas que les corps qui se noircissent là, les âmes encore bien plus et le règne des démons d’impureté augmente en proportion.  Deut.  22-5: «Une femme ne portera pas un habit d’homme et un homme ne mettra point un vêtement de femme car quiconque fait ces choses est en abomination devant Yahveh.» St Jean Chrysostome, 52ème hom.  sur St Jean, écrit: «Je veux parler de ces femmes qui mettent leurs bras nus sous les regards des personnes de l’autre sexe.  Que faites-vous là, femmes?   Vous vous produisez dans un état d’immodestie qui devrait vous faire rougir et cela en pleine place publique, vous membres du Christ, et en présence des hommes qui s’y trouvent!… et vous ne croiriez pas offenser Dieu?   Quelle démence!» Tous les chrétiens devraient faire une campagne contre toute

immodestie, dans les toilettes, dans les peintures, les statues et les annonces de toutes sortes.  À Montréal, je voyais depuis quelque temps un panneau-réclame très immodeste.  J’ai protesté auprès du Maire et le résultat fut qu’on l’enleva et qu’on sera plus sévère à l’avenir.  On me dit aussi que j’étais le premier prêtre à protester contre ces choses.  À Trois-Rivières un prêtre qui m’avait entendu raconter ce que j’avais fait fit la même chose là et avec le même succès, et là aussi on lui dit qu’il était le premier prêtre à protester.  Pourquoi les prêtres ne le font-ils pas plus souvent?  Ils sont donc responsables s’ils laissent passer ces immodesties sans protester.  Le tabac, comme l’opium, la morphine et les boissons enivrantes méritent un traitement spécial, à cause de la passion qu’ils créent comme par nature.  C’est inutile d’apporter des arguments naturels, comme la question de santé, de dépenses, de malpropreté; la passion résiste ordinairement à tous ces arguments de raison.  Il faut être bien simple pour faire une différence entre fumer et priser: c’est aussi animal de se mettre le tabac dans le nez que dans la bouche, ou encore de fumer la pipe, le cigare ou la cigarette.  Quelle bêtise!  Ce n’est pas la chose que Dieu regarde dans l’ordre surnaturel, mais le motif.

C’est curieux comme les prêtres sont indulgents pour les passionnés du tabac et sévères pour les passionnés d’autres choses.  Que diraient-ils si un autre prêtre mangeait du chocolat à la journée, comme ils fument à la journée?  s’il avait ses poches pleines de bonbons, qu’il en offre à tout le monde et qu’il en quête constamment comme les fumeurs font entre eux?  Il n’y a pas plus de sensualité là qu’à sucer son cigare ou sa cigarette à l’année!  C’est une attache détestable qui fait un tort immense à la vie spirituelle, comme nous allons le voir par tout ce que nous dirons contre les attaches en général.

LE TORT FAIT PAR LES ATTACHES

On a une attache quand on a comme une amitié particulière pour une personne ou pour une chose; qu’on y pense souvent, qu’on la recherche pour elle-même et pour la satisfaction qu’elle donne à la nature, quand on s’ennuie de ne pas l’avoir.  Ce sont des attaches qui nous fournissent nos motifs naturels et vice versa, ce sont nos motifs naturels qui alimentent nos attaches.  Elles font un tort immense à la vie spirituelle, comme les microbes au corps humain.  Arrêtonsnous un peu aux principaux torts qu’elles font à l’âme.  1.  Elles renversent le plan divin.  Dieu a créé les échantillons comme des moyens pour arriver à lui qui est notre fin dernière.  Or quand on a une attache, on met sa fin en l’échantillon en proportion qu’on l’aime pour lui-même.  C’est comme préférer le portrait à la personne, le catalogue au magasin, le reflet à la perfection divine.  Or si on est assez insensé pour faire cela sur un point, on le fera sur d’autres plaisirs à mesure qu’ils se présenteront à la nature.  Ces gens qui s’arrêtent à une attache montrent leur insouciance pour la fin et donc pour les choses de Dieu.  Comment peuvent-ils avoir un grand amour de Dieu quand ils aiment de ses échantillons pour eux-mêmes, quand ils sont supposés aimer Dieu.  Cet amour est enlevé à Dieu et ces gens vont contre le premier commandement.  Il est évident que Dieu va leur faire payer ce manque positif d’amour, car il est dit qu’on recevra la même mesure que nous donnons.  Comme la plupart des prêtres et des fidèles ont des attaches, on voit pourquoi ils ont si peu de goût des choses célestes.  Leur coeur est aux échantillons comme on peut le voir par leurs conversations, habituellement des choses de ce monde, et à peu près jamais des choses du ciel.

Un mari qui s’amourache d’une autre femme s’ennuie avec la sienne.  Il recherche l’autre le plus possible.  Comme nous n’avons qu’un coeur pour aimer Dieu et les créatures, on agit envers Dieu comme envers les créatures.  Alors, les fidèles et les prêtres qui s’amourachent d’un échantillon de Dieu, s’ennuient avec Dieu!… 2.-Privent l’âme de l’exercice nécessaire pour résister aux grandes tentations.

Jésus dit que notre victoire sur le monde viendra de notre foi.  Or pour monter dans la foi, il faut rejeter le naturel où nous vivons par nature, et comme nous l’avons dit, le surnaturel est la récolte du sacrifice du naturel.  Selon le plan divin, Dieu nous présente un bien attrayant et agréable pour nous donner une chance de le semer afin de récolter un bien surnaturel correspondant.  Jamais il ne donne du divin sans demander le sacrifice de l’humain d’une façon ou d’une autre.  L’âme se nourrit donc de surnaturel aux dépens du naturel.  C’est ce surnaturel accumulé au jour le jour par les sacrifices des plaisirs naturels qui fera la force de l’âme pour résister aux démons, dans les grandes tentations de la vie qui viennent sûrement tôt ou tard.  Or celui qui s’attache à ces plaisirs fait tout le contraire; il fortifie son païen, qui se contentera aussi facilement dans les grandes tentations que dans ces petits plaisirs de chaque jour que le monde offre constamment à tous les hommes.  Les démons vont essayer de lui préparer une attache après l’autre et, finalement, le pauvre homme est tellement pris, que les démons en font ce qu’ils veulent.  L’araignée est un bon échantillon du diable dans les tentations pour perdre les âmes.  Elle étend sa toile inoffensive en soi, mais malheur à la mouche qui vient s’y coller.  L’araignée lui passe un fil sur le dos, puis un autre et un autre et finalement la mouche ne peut plus se dégager et l’araignée la tue.

Eh bien!  le diable étend ses filets et ses pièges comme dit St Ignace dans les deux étendards, par les plaisirs terrestres.  Voici une attache à la cigarette… oh, ce n’est pas grand-chose, un fil de rien!  Mais on les multiplie et la passion se fortifie dans le païen.  Puis ce sera une autre attache, par exemple, les vues animées, puis les joutes de toutes sortes, etc.  Finalement cet homme est si bien pris qu’il ne peut plus sortir de ces filets et le surnaturel meurt graduellement en lui, faute d’être alimenté comme toute vie doit l’être.  Comme les athlètes s’exercent longtemps même avec des amis afin de pouvoir vaincre leur adversaire qu’ils doivent bientôt rencontrer, de même un chrétien doit s’exercer non seulement dans les choses défendues, mais même dans les choses permises qui sont encore plus nombreuses.  Eh bien!  Dieu a mis une foule de choses agréables pour lesquelles on se crée vite une véritable passion, comme par exemple le tabac.  Que de belles occasions de mériter un accroissement de surnaturel en refusant de fumer, si répandu parmi nous.  Voici encore un exemple.  Une fille de campagne se met à envier le sort des filles de ville qu’elle voit en leurs beaux atours.  Si elle se met à en vouloir de semblables, le démon va la pousser tellement qu’elle finira par venir en ville pour gagner de l’argent afin de s’acheter de belles toilettes.  Combien de ces pauvres filles qui ont trouvé même bien plus vite qu’elles ne pensaient ce qu’elles voulaient!  En demandant une position à tel riche commerçant ou homme de profession, il va lui offrir tout de suite justement ce qu’elle a tant voulu: des toilettes, une auto même… et un logis tout pour rien… à condition qu’elle se livre à lui pour une vie de péché. 

Combien d’hommes sont tellement attachés à la richesse qu’ils sont capables de livrer leur âme au démon pour faire de l’argent à tout prix!  Ils n’ont qu’à se prêter à toutes sortes d’opérations plus ou moins louches dans le commerce, dans l’administration d’une ville, d’une grosse compagnie riche ou du gouvernement.  Leur attache pour l’argent leur ferme les yeux sur les exigences de la loi morale et sur les protestations de la conscience.

Tous ceux qui tombent dans le péché mortel tôt ou tard dans la vie sont des gens qui ont cultivé des attaches même pour les choses permises comme de fumer, de priser, de se passionner pour les sports, etc.  En toutes ces choses ils ont nourri leur animal au lieu de nourrir leur âme.  Tous ces petits plaisirs sont autant de grains de sable dans les fondations de la vie spirituelle et, dans les tentations, l’âme tombe dans le péché mortel.  Que de femmes éprises de vanités de toutes sortes, comme de beaux ameublements, de beaux tapis et de belles toilettes, s’y donnent tellement qu’elles ne veulent pas avoir d’enfants qui gâteraient leur vie de païennes et elles vivent dans le péché mortel durant des années.  3.- Elles empêchent l’âme d’être éclairée par Dieu.  On fait des confidences à une personne en proportion qu’on l’aime et qu’on se sent aimé.  Eh bien!  quand Dieu voit qu’on a une affection particulière pour une de ses rivales, une créature, il ne fait pas de confidence à cette âme.  Son coeur est aux choses de la terre, Dieu garde ses lumières sur les choses du ciel.  Quand une épouse remarque que son mari a une affection pour une autre femme, elle lui ferme son coeur; Dieu fait de même pour ceux qui ont des attaches.  Voyons ce qu’un grand Docteur de l’Église dit à ce sujet:

St Jean de la Croix,Viv.  flam.  st.  3-17, écrit: «Mais l’âme était encore aveugle lorsqu’elle prenait plaisir à quelque chose en dehors de Dieu, car l’aveuglement du sens raisonnable et supérieur, c’est la tendance qui comme une cataracte ou un nuage vient s’interposer et voiler l’oeil de la raison et l’empêcher de voir les objets qui sont devant lui.  Aussi quand sa tendance se propose de trouver quelque satisfaction dans un objet sensible, elle est aveugle, elle ne peut contempler les grandeurs, les richesses et les beautés de Dieu qui sont voilées à son regard.  Mettez dans l’oeil un grain de poussière même très petit, il suffit pour empêcher de voir des objets si grands qu’ils soient; de même une légère attache ou un acte inutile suffisent pour empêcher l’âme de voir toutes les grandeurs divines.  L’âme ne peut les contempler qu’une fois qu’elle a rompu avec toutes les consolations sensibles et les attaches personnelles.  Oh, qui pourrait exprimer ici combien il est impossible à l’âme de pouvoir avec de telles attaches juger des choses de Dieu comme elles sont!  Car pour cela il faut qu’elle ait complètement banni tous ses goûts et toutes ses tendances, sans quoi, elle arriverait infailliblement à regarder les choses de Dieu comme ne venant pas de lui et celles qui ne sont pas de Dieu comme venant de lui.  Dès lors, en effet, que le nuage de la tendance de l’âme est sur l’oeil de son jugement, elle ne voit que le nuage, qui est tantôt d’une couleur, tantôt d’une autre, selon les circonstances, elle s’imagine que le nuage c’est Dieu, parce qu’elle ne voit, je le répète, que le nuage qui est sur le sens et Dieu n’est pas accessible aux sens.  Voilà comment les tendances et le goût des choses sensibles empêchent la connaissance des vérités les plus sublimes.  C’est ce que le Sage veut nous faire comprendre quand il nous dit, 4-12, que l’enchantement de la vanité obscurcit les biens et l’inconstance de la concupiscence pervertit un esprit sans malice, c’est-à-dire un jugement droit.

Voilà pourquoi ceux qui ne sont pas encore assez spirituels parce qu’ils ne sont pas encore assez purifiés de ces tendances et de ces goûts, et qu’il y a encore en eux quelque chose de l’homme animal, s’imaginent que les choses les plus viles et les plus basses de l’esprit ou celles qui se rapprochent le plus des sens selon lesquels ils vivent encore, sont très importantes; au contraire, celles qui sont les plus précieuses et les plus élevées pour l’esprit ou qui s’éloignent davantage des sens, ils les estimeront peu et en feront peu de cas; ils les regarderont même parfois comme des folies.  C’est bien là ce que dit St Paul: «L’homme animal ne perçoit pas les choses de Dieu, elles sont une folie pour lui et il ne veut les comprendre.  1 Cor.  2-14.  Par homme animal on désigne ici celui qui vit conformément à ses tendances et à ses goûts naturels…» Ce dernier paragraphe condamne tous les prêtres en général, qui créent toutes sortes d’organisations extérieures pour favoriser la religion de leurs fidèles.  Pour les donner à Dieu qui n’est pas de ce monde ils les affectionnent à ce monde.  Quel aveuglement!  Aussi, on voit que moins un prêtre a de foi et plus il est aux choses du monde et à ses organisations de bingos, de râfles, d’amusements, de soirées, de parties de cartes, etc.

Comment ces païens d’un travers à l’autre pourraient-ils prêcher l’Évangile du mépris du monde et de la folie de la croix?  Jamais ils n’en diront un mot et pourtant St Paul dit que là est la force et la sagesse de Dieu, qui donne le goût des choses du ciel.  Aussi comme ils détestent monter en chaire!  lls suppriment le plus possible la prédication, abrègent les sermons qu’ils sentent bien plats et vont jusqu’à supprimer toute prédication durant les mois d’été sous prétexte qu’il fait trop chaud et ils iront passer des heures en plein soleil pour voir des parties.  C’est du paganisme tout pur!  St Paul loue la virginité pour que le coeur soit tout aux choses de Dieu.  Mais à quoi bon avoir fait ce voeu, comme les prêtres et les religieux, s’ils se livrent corps et âme aux choses de la terre?  Si leur coeur est tout aux amusements comme le coeur des païens?  La preuve qu’il est là est dans ce fait que ces prêtres ne parlent que de bagatelles et de vanités du monde comme n’importe quel païen et qu’ils ont même horreur de parler des choses de Dieu.  Si on veut embêter un prêtre ou un religieux qu’on le lance dans les choses spirituelles.  On va se faire fermer vite ou il s’en va!  Finissons par un texte.  Imitation L.  III, ch.  53: «Ma grâce ne souffre pas de mélange de choses étrangères ni des consolations terrestres…comptez pour rien le monde entier et occupez-vous de Dieu plutôt que des oeuvres extérieures… car votre coeur ne peut être à moi et se plaire en même temps à ce qui passe.» 4.- Les attaches ferment la bouche aux prêtres et aux parents sur la principale idée du plan divin: le surnaturel est la récolte du naturel sacrifié.  Car celui qui a une attache se justifie en se disant: il n’y a pas de mal à prendre ce plaisir.  Il est donc obligé de laisser les autres en faire autant.  Naturellement il aiguillera ses attaques contre les péchés seulement.  Il ne peut plus donner tout le plan divin qui exige le sacrifice des choses permises comme des autres.  lls ne seront pas pratiques non plus dans leurs attaques contre les péchés; jamais ils ne pourront parler contre les causes des péchés qui sont justement ces attaches aux plaisirs encore permis, mais qui conduisent ordinairement aux péchés.  Que dirions-nous de médecins qui soigneraient seulement les maladies, mais qui seraient trop insensés pour faire disparaître les causes des maladies quand ils le peuvent?  C’est justement le cas de tous ces prêtres qui ont des attaches; jamais ils ne pourront indiquer aux fidèles les causes des maladies morales, les péchés, qui sont les attaches, puisqu’ils en ont eux-mêmes.

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