mardi 13 août 2013

Mortalium Animos - Pie XI

Aux Patriarches, Primats, Archevêques, et autres ordinaires des lieux en paix et communion avec le Siège Apostolique
Vénérables Frères,
Salut et Bénédiction Apostolique



Jamais peut-être dans le passé, les esprits des hommes n'ont été saisis aussi fort que nous le voyons de nos jours, du désir de renforcer et d'étendre pour le bien commun de la société humaine, les relations fraternelles qui nous lient à cause de notre communauté d'origine et de nature.

Les peuples, en effet, ne jouissent pas encore pleinement des bienfaits de la paix; et même, çà et là, de vieilles et de nouvelles discordes provoquent l'éruption de séditions et de guerres civiles. Par ailleurs, la plupart, assurément, des controverses qui touchent à la tranquillité et à la prospérité des peuples ne peuvent d'aucune manière recevoir de solution sans l'action concertée et les efforts des chefs des Etats et de ceux qui en gèrent et poursuivent les intérêts. On comprend donc aisément, et cela d'autant mieux que plus personne ne refuse d'admettre l'unité du genre humain, pourquoi la plupart des hommes désirent voir, au nom de cette fraternité universelle, les divers peuples s'unir entre eux par des liens chaque jour plus étroits.

C'est un résultat semblable que d'aucuns s'efforcent d'obtenir dans les choses qui regardent l'ordre de la Loi nouvelle, apportée par le Christ Notre Seigneur. Convaincus qu'il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l'espoir qu'il serait possible d'amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C'est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d'auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission.

De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu'elles s'appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s'égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l'athéisme. La conclusion est claire: se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c'est s'éloigner complètement de la religion divinement révélée.

Il est vrai, quand il s'agit de favoriser l'unité entre tous les chrétiens, certains esprits sont trop facilement séduits par une apparence de bien. N'est-il pas juste, répète-t-on, n'est-ce pas même un devoir pour tous ceux qui invoquent le nom du Christ, de s'abstenir d'accusations réciproques et de s'unir enfin un jour par les liens de la charité des uns envers les autres ? Qui donc oserait affirmer qu'il aime le Christ s'il ne cherche de toutes ses forces à réaliser le voeu du Christ lui-même demandant à son Père que ses disciples soient "un" (Joan. XVII, 21) ? Et de plus le Christ n'a-t-il pas voulu que ses disciples fussent marqués et distingués des autres hommes par ce signe qu'ils s'aimeraient entre eux: " C'est à ce signe que tous connaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres " (Joan. XIII, 35) ?

Plaise à Dieu, ajoute-t-on, que tous les chrétiens soient "un" ! Car par l'unité, ils seraient beaucoup plus forts pour repousser la peste de l'impiété qui, s'infiltrant et se répandant chaque jour davantage, s'apprête à ruiner l'Evangile.

Tels sont, parmi d'autres du même genre, les arguments que répandent et développent ceux qu'on appelle panchrétiens. Et il s'en faut que ces panchrétiens soient peu nombreux et disséminés; ils se sont, au contraire, multipliés en organisations complètes et ils ont fondé des associations largement répandues, que dirigent, le plus souvent, des non catholiques, quelles que soient leurs divergences en matières de foi. Leur entreprise est, d'ailleurs, poursuivie si activement qu'elle obtient en beaucoup d'endroits l'accueil de personnes de tout ordre et qu'elle séduit même de nombreux catholiques par l'espoir de former une union conforme, apparemment, aux voeux de notre Mère la Sainte Eglise, laquelle, certes, n'a rien plus à coeur que de rappeler et de ramener à son giron ses enfants égarés.
Mais en fait, sous les séductions et le charme de ces discours, se cache une erreur assurément fort grave, qui disloque de fond en comble les fondements de la foi catholique.

Avertis par la conscience de notre charge apostolique de ne pas laisser circonvenir par des erreurs pernicieuses le troupeau du Seigneur, nous faisons appel, vénérables frères, à votre zèle pour prendre garde à un tel malheur. Nous avons, en effet, la confiance que, par l'écrit et par la parole, chacun de vous pourra plus facilement atteindre son peuple et lui faire comprendre les principes et les raisons que nous allons exposer et que les catholiques pourront y trouver une règle de pensée et de conduite pour les entreprises visant à réunir, de quelque manière que ce soit, en un seul corps, tous ceux qui se réclament du nom chrétien.

Dieu, Auteur de toutes choses, nous a créés pour le connaître et le servir; étant notre Créateur, il a donc un droit absolu à notre sujétion. Certes, Dieu aurait pu n'imposer à l'homme, comme règle, que la loi naturelle qu'il a, en le créant, gravée dans son coeur, et dans la suite en diriger les développements par sa providence ordinaire; mais en fait il préféra promulguer des préceptes à observer, et, au cours des âges, c'est-à-dire depuis les débuts de l'humanité jusqu'à la venue du Christ Jésus et sa prédication, il enseigna lui-même aux hommes les obligations dues à lui, Créateur, par tout être doué de raison : " Dieu, qui, à diverses reprises et en plusieurs manières, parla jadis à nos pères par les prophètes, nous a, une dernière fois, parlé en ces jours-ci par son Fils " (Hebr. I, 1-2).
Il en résulte qu'il ne peut y avoir de vraie religion en dehors de celle qui s'appuie sur la parole de Dieu révélée: cette révélation, commencée à l'origine et continuée sous la Loi Ancienne, le Christ Jésus lui-même l'a parachevée sous la Loi Nouvelle. Mais, si Dieu a parlé - et l'histoire porte témoignage qu'il a de fait parlé -, il n'est personne qui ne voie que le devoir de l'homme, c'est de croire sans réserve à Dieu qui parle et d'obéir totalement à Dieu qui commande.

Pour que nous remplissions convenablement ce double devoir en vue de la gloire de Dieu et de notre salut, le Fils unique de Dieu a établi sur terre son Eglise. Or, ceux qui se déclarent chrétiens ne peuvent pas, pensons-nous, refuser de croire que le Christ a fondé une Eglise, et une Eglise unique; mais si, en outre, on leur demande de quelle nature doit être, suivant la volonté de son Fondateur, cette Eglise, alors tous ne s'entendent plus. Par exemple, un bon nombre d'entre eux nient que l'Eglise doive être visible et décelable extérieurement, en ce sens, du moins, qu'elle doive se présenter comme un seul corps de fidèles unanimes à professer une seule et même doctrine sous un seul magistère et un seul gouvernement; pour eux, au contraire, l'Eglise visible n'est rien d'autre qu'une fédération réalisée entre les diverses communautés de chrétiens malgré leurs adhésions à des doctrines différentes et même contradictoires.

Or, en vérité, son Eglise, le Christ Notre Seigneur l'a établie en société parfaite, extérieure par nature et perceptible aux sens, avec la mission de continuer dans l'avenir l'oeuvre de salut du genre humain, sous la conduite d'un seul chef (Matth. XVI, 18; Luc. XXII, 32; Joan. XXI, 15-17), par l'enseignement de vive voix (Marc. XVI, 15) et par l'administration des sacrements, sources de la grâce céleste (Joan. III, 5; VI, 48-59; XX, 22; cf. Matth. XVIII, 18; etc.); c'est pourquoi, dans les paraboles, il l'a déclarée semblable à un royaume (Matth. XIII), à une maison (cf. Matth. XVI, 18), à un bercail (Joan. X, 16) et à un troupeau (Joan. XXI, 15-17). Sans aucun doute, cette Eglise, si admirablement établie, ne pouvait finir ni s'éteindre à la mort de son Fondateur et des Apôtres qui furent les premiers chargés de la propager, car elle avait reçu l'ordre de conduire, sans distinction de temps et de lieux, tous les hommes au salut éternel: " Allez donc et enseignez toutes les nations " (Matth. XXVIII, 19). Dans l'accomplissement ininterrompu de cette mission, l'Eglise pourra-t-elle manquer de force et d'efficacité, quand le Christ lui-même lui prête son assistance continuelle: " Voici que je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles " (Matth. XXVIII, 20) ?

Il est, par conséquent, impossible, non seulement que l'Eglise ne subsiste aujourd'hui et toujours, mais aussi qu'elle ne subsiste pas absolument la même qu'aux temps apostoliques; - à moins que nous ne voulions dire - à Dieu ne plaise ! - ou bien que le Christ Notre Seigneur a failli à son dessein ou bien qu'il s'est trompé quand il affirma que les portes de l'enfer ne prévaudraient jamais contre elle (Matth. XVI, 18).

C'est ici l'occasion d'exposer et de réfuter la fausse théorie dont visiblement dépend toute cette question et d'où partent les multiples activités concertées des non-catholiques en vue de confédérer, comme nous l'avons dit, les églises chrétiennes.

Les auteurs de ce projet ont pris l'habitude d'alléguer, presque à l'infini, les paroles du Christ : " Qu'ils soient un... Il n'y aura qu'un bercail et qu'un pasteur " (Joan. XVII, 21; X, 15), mais en voulant que, par ces mots, soient signifiés un voeu et une prière du Christ Jésus qui, jusqu'à ce jour, auraient été privés de résultat. Ils soutiennent, en effet, que l'unité de foi et de gouvernement, caractéristique de la véritable et unique Eglise du Christ, n'a presque jamais existé jusqu'à présent et n'existe pas aujourd'hui; que cette unité peut, certes, être souhaitée et qu'elle sera peut-être un jour établie par une entente commune des volontés, mais qu'il faut entre-temps la tenir pour une sorte de rêve. Ils ajoutent que l'Eglise, en elle-même, de sa nature, est divisée en parties, c'est-à-dire constituée de très nombreuses églises ou communautés particulières, encore séparées, qui, malgré quelques principes communs de doctrine, diffèrent pour tout le reste; que chaque église jouit de droits parfaitement identiques; que l'Eglise ne fut une et unique que tout au plus depuis l'âge apostolique jusqu'aux premiers conciles oecuméniques.

Il faut donc, disent-ils, négliger et écarter les controverses même les plus anciennes et les divergences de doctrine qui déchirent encore aujourd'hui le nom chrétien, et, au moyen des autres vérités doctrinales, constituer et proposer une certaine règle de foi commune: dans la profession de cette foi, tous sentiront qu'ils sont frères plus qu'ils ne le sauront; seulement, une fois réunies en une fédération universelle, les multiples églises ou communautés pourront s'opposer avec force et succès aux progrès de l'impiété.

C'est là, vénérables frères, leur opinion commune. Il en est, toutefois, qui affirment et concèdent que le protestantisme a rejeté trop inconsidérément certains dogmes de foi et plusieurs pratiques du culte extérieur, agréables et utiles sans aucun doute, que l'Eglise Romaine, au contraire, conserve encore. Ils se hâtent, d'ailleurs, d'ajouter que cette Eglise Romaine, elle aussi, s'est égarée, qu'elle a corrompu la religion primitive en lui ajoutant certaines doctrines moins étrangères que contraires à l'Evangile et en obligeant à y croire; parmi ces doctrines, ils citent en premier lieu celle de la primauté de juridiction attribuée à Pierre et à ses successeurs sur le siège romain. Dans ce nombre, il en est, assez peu, il est vrai, qui concèdent au Pontife romain soit une primauté honorifique, soit une certaine juridiction ou pouvoir, qui, estiment-ils toutefois, découle non du droit divin mais, d'une certaine façon, du consentement des fidèles; d'autres vont jusqu'à désirer que leurs fameux congrès, qu'on pourrait qualifier de bariolés, soient présidés par le Pontife lui-même. Pourtant, si on peut trouver des non-catholiques, d'ailleurs nombreux, qui prêchent à pleine voix une communion fraternelle dans le Christ Jésus, on n'en trouverait pas à qui vienne la pensée de se soumettre et d'obéir au Vicaire de Jésus-Christ quand il enseigne et quand il commande. Entre-temps, ils affirment qu'ils traiteront volontiers avec l'Eglise Romaine, mais à droits égaux, c'est-à-dire en égaux avec un égal; mais s'ils pouvaient traiter, il ne semble pas douteux qu'ils le feraient avec la pensée de ne pas être tenus, par le pacte éventuellement conclu, à renoncer aux opinions en raison desquelles, encore maintenant, ils restent dans leurs errements et dans leurs erreurs hors de l'unique bercail du Christ.

Dans ces conditions, il va de soi que le Siège Apostolique ne peut, d'aucune manière, participer à leurs congrès et que, d'aucune manière, les catholiques ne peuvent apporter leurs suffrages à de telles entreprises ou y collaborer; s'ils le faisaient, ils accorderaient une autorité à une fausse religion chrétienne, entièrement étrangère à l'unique Eglise du Christ.

Pouvons-nous souffrir - ce serait le comble de l'iniquité - que soit mise en accommodements la vérité, et la vérité divinement révélée? Car, en la circonstance, il s'agit de respecter la vérité révélée. Puisque c'est pour instruire de la foi évangélique tous les peuples que le Christ Jésus envoya ses Apôtres dans le monde entier et que, pour les garder de toute erreur, il voulut qu'ils fussent auparavant instruits de toute vérité par l'Esprit-Saint (Joan. XVI, 13), est-il vrai que, dans l'Eglise que Dieu lui-même assiste comme chef et gardien, cette doctrine des Apôtres a complètement disparu ou a été jamais falsifiée? Si notre Rédempteur a déclaré explicitement que son Evangile est destiné non seulement aux temps apostoliques, mais aussi aux âges futurs, l'objet de la foi a-t-il pu, avec le temps, devenir si obscur et si incertain qu'il faille aujourd'hui tolérer même les opinions contradictoires?

Si cela était vrai, il faudrait également dire que tant la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres que la présence perpétuelle de ce même Esprit dans l'Eglise et la prédication elle-même de Jésus-Christ ont perdu, depuis plusieurs siècles, toute leur efficacité et tout leur utilité: affirmation évidemment blasphématoire.

De plus, quand le Fils unique de Dieu a commandé à ses envoyés d'enseigner toutes les nations, il a en même temps imposé à tous les hommes le devoir d'ajouter foi à ce qui leur serait annoncé par les " témoins préordonnés par Dieu " (Act. X, 41), et il a sanctionné cet ordre par ces mots : " Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné " (Marc. XVI, 16). Or, l'un et l'autre de ces deux commandements, qui ne peuvent pas ne pas être observés, celui d'enseigner et celui de croire pour obtenir la vie éternelle, ces deux commandements ne peuvent même pas se comprendre si l'Eglise n'expose pas intégralement et visiblement la doctrine évangélique et si, dans cet exposé, elle n'est à l'abri de tout danger d'erreur. Aussi, ils s'égarent également, ceux qui pensent que le dépôt de la vérité existe quelque part sur terre, mais que sa recherche exige de si durs labeurs, des études et des discussions si prolongées que, pour le découvrir et entrer en sa possession, à peine la vie de l'homme y suffirait; comme si le Dieu très bon avait parlé par les prophètes et par son Fils unique à cette fin que seulement un petit nombre d'hommes enfin mûris par l'âge pût apprendre les vérités révélées par eux, et nullement pour donner une doctrine de foi et de morale qui dirigerait l'homme pendant tout le cours de sa vie mortelle.

Il est vrai, ces panchrétiens qui cherchent à fédérer les églises, semblent poursuivre le très noble dessein de promouvoir la charité entre tous les chrétiens; mais comment la charité pourrait-elle tourner au détriment de la foi? Personne sans doute n'ignore que saint Jean lui-même, l'Apôtre de la charité, que l'on a vu dans son Evangile, dévoiler les secrets du Coeur Sacré de Jésus et qui ne cessait d'inculquer dans l'esprit de ses fidèles le précepte nouveau: " Aimez-vous les uns les autres ", interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure: " Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas " (Joan. II, 10). C'est pourquoi, puisque la charité a pour fondement une foi intègre et sincère, c'est l'unité de foi qui doit être le lien principal unissant les disciples du Christ.

Comment, dès lors, concevoir la légitimité d'une sorte de pacte chrétien, dont les adhérents, même dans les questions de foi, garderaient chacun leur manière particulière de penser et de juger, alors même qu'elle serait en contradiction avec celles des autres? Et par quelle formule, Nous le demandons, pourraient-ils constituer une seule et même société de fidèles, des hommes qui divergent en opinions contradictoires? Par exemple, au sujet de la sainte Tradition, ceux qui affirment qu'elle est une source authentique de la Révélation et ceux qui le nient? De même, pour la hiérarchie ecclésiastique, composée d'évêques, de prêtres et de ministres, ceux qui pensent qu'elle est d'institution divine et ceux qui déclarent qu'elle a été introduite peu à peu selon les temps et les circonstances? Egalement au sujet de la très sainte Eucharistie, ceux qui adorent le Christ véritablement présent en elle grâce à cette merveilleuse transformation du pain et du vin appelée transsubstantiation, et ceux qui affirment que le corps du Christ ne s'y trouve présent que par la foi ou par un signe et la vertu du Sacrement; ceux qui reconnaissent à la même Eucharistie à la fois la nature de sacrifice et celle de sacrement, et ceux qui n'y voient rien d'autre que le souvenir et la commémoraison de la Cène du Seigneur? Et aussi, quant aux Saints régnant avec le Christ et spécialement Marie Mère de Dieu, ceux qui croient qu'il est bon et utile de les invoquer par des supplications et de vénérer leurs images, et ceux qui prétendent que ce culte ne peut être rendu, parce qu'opposé à l'honneur de Jésus-Christ " seul médiateur entre Dieu et les hommes " (I Tim. II, 5)?
En vérité, nous ne savons pas comment, à travers une si grande divergence d'opinions, la voie vers l'unité de l'Eglise pourrait être ouverte, quand cette unité ne peut naître que d'un magistère unique, d'une règle unique de foi et d'une même croyance des chrétiens. En revanche, nous savons très bien que, par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion ou indifférentisme et vers ce qu'on nomme le modernisme, dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n'est pas absolue, mais relative, c'est-à-dire qu'elle s'adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu'elle n'est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu'elle est de nature à s'accommoder à la vie des hommes.

De plus, quant aux vérités à croire, il est absolument illicite d'user de la distinction qu'il leur plaît d'introduire dans les dogmes de foi, entre ceux qui seraient fondamentaux et ceux qui seraient non fondamentaux, comme si les premiers devaient être reçus par tous tandis que les seconds pourraient être laissés comme matières libres à l'assentiment des fidèles: la vertu surnaturelle de foi a en effet, pour objet formel l'autorité de Dieu révélant, autorité qui ne souffre aucune distinction de ce genre. C'est pourquoi tous les vrais disciples du Christ accordent au dogme de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu la même foi que, par exemple, au mystère de l'Auguste Trinité, et de même ils ne croient pas à l'Incarnation de Notre Seigneur autrement qu'au magistère infaillible du Pontife Romain dans le sens, bien entendu, qu'il a été défini par le Concile oecuménique du Vatican. Car, de la diversité et même du caractère récent des époques où, par un décret solennel, l'Eglise a sanctionné et défini ces vérités, il ne s'ensuit pas qu'elles n'ont pas la même certitude, qu'elles ne sont pas avec la même force imposées à notre foi: n'est-ce pas Dieu qui les a toutes révélées?

En effet, le magistère de l'Eglise - lequel, suivant le plan divin, a été établi ici-bas pour que les vérités révélées subsistent perpétuellement intactes et qu'elles soient transmises facilement et sûrement à la connaissance des hommes - s'exerce chaque jour par le Pontife Romain et par les évêques en communion avec lui; mais en outre, toutes les fois qu'il s'impose de résister plus efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou d'imprimer dans l'esprit des fidèles des vérités expliquées avec plus de clarté et de précision, ce magistère comporte le devoir de procéder opportunément à des définitions en formes et termes solennels.
Certes, cet usage extraordinaire du magistère n'introduit aucune nouveauté à la somme des vérités qui sont contenues, au moins implicitement, dans le dépôt de la Révélation confié par Dieu à l'Eglise; mais ou bien il rend manifeste ce qui jusque là pouvait peut-être paraître obscur à plusieurs, ou bien il prescrit de regarder comme de foi ce que, auparavant, certains mettaient en discussion.

On comprend donc, Vénérables Frères, pourquoi ce Siège Apostolique n'a jamais autorisé ses fidèles à prendre part aux congrès des non-catholiques: il n'est pas permis, en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu'en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ, puisqu'ils ont eu jadis le malheur de s'en séparer.

Le retour à l'unique véritable Eglise, disons-Nous, bien visible à tous les regards, et qui, par la volonté de son Fondateur, doit rester perpétuellement telle qu'il l'a instituée lui-même pour le salut de tous. Car jamais au cours des siècles, l'Epouse mystique du Christ n'a été souillée, et elle ne pourra jamais l'être, au témoignage de saint Cyprien: " L'Epouse du Christ ne peut commettre un adultère: elle est intacte et pure. Elle ne connaît qu'une seule demeure; par sa chaste pudeur, elle garde l'inviolabilité d'un seul foyer " (De cath. Ecclesiae unitate, VI). Et le saint martyr s'étonnait vivement, et à bon droit, qu'on pût croire " que cette unité provenant de la stabilité divine, consolidée par les sacrements célestes, pouvait être déchirée dans l'Église et brisée par le heurt des volontés discordantes " (ibid.). Le corps mystique du Christ, c'est-à-dire l'Eglise, étant un (I Cor., XII, 12), formé de parties liées et coordonnées (Eph. IV, 16) à l'instar d'un corps physique, il est absurde et ridicule de dire qu'il peut se composer de membres épars et disjoints; par suite, quiconque ne lui est pas uni n'est pas un de ses membres et n'est pas attaché à sa tête qui est le Christ (Eph.V, 30; 1,22).
Or, dans cette unique Eglise du Christ, personne ne se trouve, personne ne demeure, si, par son obéissance, il ne reconnaît et n'accepte l'autorité et le pouvoir de Pierre et de ses légitimes successeurs. N'ont-ils pas obéi à l'Evêque de Rome, Pasteur suprême des âmes, les ancêtres de ceux qui, aujourd'hui, sont enfoncés dans les erreurs de Photius et des novateurs? Des fils ont, hélas ! déserté la maison paternelle, laquelle ne s'est point pour cela effondrée et n'a pas péri, soutenue qu'elle était par l'assistance perpétuelle de Dieu. Qu'ils reviennent donc au Père commun, qui oubliera les insultes proférées jadis contre le Siège Apostolique et les recevra avec la plus grande affection. Si, comme ils le répètent, ils désirent se joindre à nous et aux nôtres, pourquoi ne se hâteraient-ils pas d'aller vers l'Eglise, " mère et maîtresse de tous les fidèles du Christ " (Conc. Latran IV, c. 5).

Qu'ils écoutent Lactance s'écriant: " Seule... l'Eglise catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu; qui n'y entre pas ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. Que personne ne se flatte d'une lutte obstinée. Car c'est une question de vie et de salut; si l'on n'y veille avec précaution et diligence, c'est la perte et la mort " (Divin. Instit., IV. 30, 11-12).

Que les fils dissidents reviennent donc au Siège Apostolique, établi en cette ville que les princes des Apôtres, Pierre et Paul, ont consacrée de leur sang, au Siège " racine et mère de l'Eglise catholique " (S. Cypr., Ep. 48 ad Cornelium, 3).

Qu'ils y reviennent, non certes avec l'idée et l'espoir que " l'Eglise du Dieu vivant, colonne et fondement de la vérité " (I Tim. II, 15) renoncera à l'intégrité de la foi et tolérera leurs erreurs, mais, au contraire, pour se confier à son magistère et à son gouvernement. Plaise à Dieu que cet heureux événement, que tant de nos prédécesseurs n'ont pas connu, Nous ayons le bonheur de le voir, que nous puissions embrasser avec un coeur de père les fils dont nous déplorons la funeste séparation; plaise à Dieu notre Sauveur, " qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité " (I Tim. II,4), d'entendre Notre ardente supplication pour qu'il daigne appeler tous les égarés à l'unité de l'Eglise. En cette affaire certainement très importante, Nous faisons appel et Nous voulons que l'on recoure à l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de la divine grâce, victorieuse de toutes les hérésies et Secours des chrétiens, afin qu'elle Nous obtienne au plus tôt la venue de ce jour tant désiré où tous les hommes écouteront la voix de son divin Fils " en gardant l'unité de l'Esprit dans le lien de la paix " (Eph. IV, 3).

Vous comprenez, Vénérables Frères, combien nous souhaitons cette union. Nous désirons que Nos fils le sachent aussi, non seulement ceux qui appartiennent à l'univers catholique, mais aussi tous ceux qui sont séparés de nous. Si, par une humble prière, ces derniers implorent les lumières célestes, il n'est pas douteux qu'ils ne reconnaissent la seule vraie Église de Jésus-Christ et qu'ils n'y entrent enfin, unis à Nous par une charité parfaite. Dans cette attente, comme gage des bienfaits divins et en témoignage de Notre bienveillance paternelle, Nous vous accordons de tout coeur, Vénérables Frères, ainsi qu'à votre clergé et à votre peuple, la bénédiction apostolique.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 6 janvier, en la fête de l'Epiphanie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'an 1928, le sixième de Notre Pontificat.




samedi 3 août 2013

Libéralisme Ch. 43, 44 et Fin


XLIII

Observation très pratique et très digne d'être prise en considération sur le caractère en apparence différent que présente le libéralisme en différents pays et dans les différentes périodes historiques d'un même pays. 

Ainsi que nous l'avons dit, le libéralisme est autant une hérésie pratique qu'une hérésie doctrinale, et ce principal caractère explique un grand nombre des phénomènes que présente cette maudite erreur dans son développement actuel au milieu de la société moderne. De ces phénomènes, le premier est l'apparente variété avec laquelle il se présente dans chacune des nations qu'il a infestées, ce qui (pour beaucoup de personnes de bonne foi et pour d'autres mal intentionnées) autorise à répandre la fausse idée qu'il existe, non un seul, mais plusieurs libéralismes. En effet le libéralisme, grâce à son caractère pratique, prend une certaine forme distincte dans chaque région, et quoique son concept intrinsèque et essentiel (qui est l'émancipation sociale de la loi chrétienne ou le naturalisme politique) soit un, les aspects sous lesquels il s'offre à l'étude de l'observateur sont très variés. La raison de ce fait se comprend d'ailleurs parfaitement.

Une proposition hérétique est la même et donne la même note à Madrid qu'à Londres, à Rome qu'à Paris ou à Saint-Pétersbourg. Mais une doctrine, qui a toujours tendu à se produire plus par des faits et des institutions que par des thèses franchement formulées, doit nécessairement emprunter beaucoup au climat régional, au tempérament physiologique, aux antécédents historiques, à l'état des idées, aux intérêts actuels d'une nation et à mille autres circonstances.

Nécessairement, nous le répétons, le libéralisme doit emprunter de tout cela des aspects et des caractères extérieurs qui le font apparaître multiple, quand, en réalité, il est un et absolument simple.
Ainsi par exemple, celui qui n'aurait étudié que le libéralisme français, virulent, éhonté, ivre de haines voltairiennes contre tout ce qui a la moindre saveur de christianisme, aurait difficilement compris, au début de ce siècle, le libéralisme espagnol, hypocrite, semi-mystique, bercé et quasi baptisé, dans son déplorable berceau de Cadix, avec l'invocation de la très Sainte-Trinité, Père, Fils, et Saint-Esprit. Un observateur superficiel aurait donc pu très facilement avoir tout de suite l'idée que le libéralisme tempéré des Espagnols n'avait rien de commun avec le libéralisme excessif, et franchement satanique, professé à la même époque par nos voisins Les Français. Et cependant des yeux perspicaces voyaient dès lors ce que l'expérience d'un demi-siècle a rendu visible même pour les aveugles, à savoir : que le libéralisme qui marche cierge en main et croix au front, le libéralisme qui dans la première époque constitutionnelle eut pour pères et pour parrains d'intègres magistrats, des prêtres importants et même haut placés parmi les dignitaires ecclésiastiques, le libéralisme qui ordonnait la lecture des articles de sa constitution dans la chaire de nos paroisses, célébrait avec de joyeux carillons et le chant du Te Deum les infernales victoires du maçonnisme sur la foi de la vieille Espagne, était aussi pervers et aussi diabolique dans son concept essentiel que celui qui plaçait sur les autels de Paris la déesse Raison et ordonnait par décret officiel l'abolition du culte catholique dans toute la France. C'était simplement que le libéralisme se présentait en France à visage découvert, comme il pouvait s'y présenter étant donné l'état social de la nation française, tandis qu'il s'introduisait sournoisement en Espagne et y prospérait, étant donné notre état social, comme uniquement il pouvait y prospérer, c'est-à-dire affublé du masque catholique, justifié ou plus exactement conduit par la main et presque autorisé du sceau officiel pour beaucoup de catholiques.

Ce contraste ne peut plus se présenter aujourd'hui sous un aspect aussi tranché ; les déceptions ont été si nombreuses et si fortes qu'elles ont jeté sur l'étude de cette question d'éclatantes lumières, dont le premier rang appartient aux déclarations répétées de l'Église. Toutefois, il n'est pas rare d'entendre encore parler en ce sens beaucoup de gens qui croient, ou font semblant de croire, qu'on peut être en certaine façon libéral chez nous, tandis qu'on ne peut l'être, par exemple, ni en France, ni en Italie, parce que le problème s'y trouve posé en termes différents. C'est là l'infirmité de tous ceux qui sont plus frappés par les accidents d'un sujet que par son fond substantiel.

Il importait de tirer tout ceci au clair, et nous nous sommes efforcés de le faire dans ces articles parce que le diable se retranche et se barricade merveilleusement derrière ces distinctions et ces confusions. De plus ceci nous oblige à signaler ici quelques points de vue d'où l'on voit nettement ce qui quelquefois apparaît, sur ce sujet, trouble et douteux à bien des gens.

1° - Le libéralisme est un, comme la race humaine, ce qui ne l'empêche pas de se diversifier chez les différentes nations et dans les différents climats, tout comme la race humaine produit des types divers dans les diverses régions géographiques. Ainsi, comme descendent d'Adam le nègre, le blanc, le jaune, le fougueux Français, le flegmatique Allemand, l'Anglais positif, l'Italien et l'Espagnol rêveurs et idéalistes qui ont une tige et une racine communes, ainsi sont d'un même tronc et d'un même bois, le libéral qui sur quelques points rugit et blasphème comme un démon et celui qui ailleurs prie en se frappant la poitrine comme un anachorète, celui qui écrit dans l’Ami du peuple les diatribes vénéneuses de Marat, celui qui sécularise la société avec des formes urbaines et du meilleur monde, ou défend et soutient ses sécularisateurs comme La Epoca ou el Imparcial.

2° - Outre la forme spéciale, que le libéralisme présente dans chaque nation, étant donnée l'idiosyncratie de cette même nation, il revêt des formes spéciales en rapport avec son plus ou moins grand degré de développement dans chaque pays. C'est comme une phtisie maligne qui a différentes périodes dans chacune desquelles elle se montre avec des symptômes propres et spéciaux. Telle nation, comme la France, par exemple, se trouve au dernier degré de phtisie, envahie jusque dans les plus intimes viscères par la putréfaction ; telle autre, comme l'Espagne, conserve encore dans un état sain une grande partie de son organisme.

Il convient donc de ne pas considérer un individu comme tout à fait bien portant, par cela seul qu'il est relativement moins malade que son voisin ; ni de manquer d'appeler peste et infection ce qui l'est réellement, quoique le mal ne se montre pas encore avec les signes putrides de la décomposition et de la gangrène. C'est absolument la même phtisie, et la même gangrène surviendra, si le mal n'est pas extirpé par des remèdes sagement appliqués. Que le pauvre phtisique ne se fasse pas l'illusion de croire qu'il est sain par cela seul qu'il ne se corrompt pas tout vivant comme d'autres plus avancés que lui ; et qu'il ne s'en rapporte pas à de faux docteurs qui lui assurent que son mal n'est pas à craindre, que ce sont là des exagérations et des alarmes de pessimistes intransigeants !

3° - Chaque degré du mal exige un traitement et une médication à part. Ceci est évident, per se, et il n'est pas nécessaire que nous perdions notre temps à le démontrer. Cependant, l'oubli de cette vérité donne lieu à beaucoup de faux pas dans la propagande catholique. Il arrive souvent que des règles très sages et très prudentes, données dans un pays par de grands écrivains catholiques contre le libéralisme, sont invoqués en d'autres pays comme de puissants arguments en faveur du libéralisme, et contre la marche conseillée par les propagandistes et les défenseurs les plus autorisés de la bonne cause.

Récemment nous avons vu citer comme condamnant la ligne de conduite des plus fermes catholiques espagnols un passage du fameux cardinal Manning, lumière de l'Église catholique en Angleterre et qui ne songe à rien moins qu'à être libéral ou ami des libéraux anglais ou espagnols.

Qu'y a-t-il là ?

Il y a seulement ce que nous venons de signaler.

Distingue tempora, dit un apophtegme juridique, et concorda bis jura. Au lieu de cela qu'on dise : Distingue loca et qu'on l'applique à notre cas. Donnons un exemple. La prescription médicale ordonnée pour un phtisique à la troisième période serait nuisible peut-être à un phtisique à la première, si elle lui était appliquée, et la prescription ordonnée à celui-ci occasionnerait peut-être instantanément la mort de celui-là. De même les remèdes prescrits très à propos contre le libéralisme dans une nation pourront, appliqués dans une autre, produire un effet diamétralement opposé.

Pour être plus explicite encore, et sans recourir à aucune allégorie, nous dirons : il y a des solutions qui seront acceptées et bénies en Angleterre par les catholiques comme un immense bienfait, tandis que les mêmes solutions devront être combattues à outrance et considérées comme une désastreuse calamité en Espagne ; de même le Saint-Siège a fait des conventions avec certains gouvernements qui ont été pour lui de véritables victoires et qui pourraient être chez nous de honteuses déroutes pour la foi. Par conséquent, des paroles au moyen desquelles un sage prélat ou un grand journaliste ont avantageusement combattu le libéralisme sur un point peuvent sur un autre point devenir des armes terribles, à l'aide desquelles ce même libéralisme paralysera les efforts des plus vaillants champions du catholicisme.

Et maintenant nous ferons une observation qui saute aux yeux de tout le monde.

Les plus hardis fauteurs du catholicisme libéral dans notre patrie ont presque toujours jusqu'en ces derniers temps recueilli principalement leurs arguments et leurs autorités de la presse et de l'épiscopat belge et français.

4° - Les antécédents historiques de chaque nation et son état social présent sont ce qui doit d'abord déterminer le caractère de la propagande anti-libérale chez elle, comme ils y déterminent le caractère spécial du libéralisme. Ainsi, la propagande anti-libérale en Espagne doit être, avant tout, et surtout espagnole, non française, ni belge, ni allemande, ni italienne, ni anglaise. C'est dans nos propres traditions, dans nos propres mœurs, dans nos propres écrivains, dans notre caractère national propre, qu'il faut chercher le point de départ pour notre restauration propre et les armes pour l'entreprendre ou pour l'accélérer. Le premier soin du bon médecin est de mettre ses prescriptions en harmonie avec le tempérament héréditaire de son malade.

Ici où nous avons toujours été belliqueux, il est très naturel que notre attitude ait toujours quelque chose de belliqueux. Ici où nous sommes nourris dans les souvenirs d'une lutte populaire de sept siècles pour la défense de la foi, on n'a jamais le droit de jeter à la face de notre peuple catholique, comme un péché monstrueux, d'avoir quelquefois pris les armes pour défendre la religion outragée. Ici, en Espagne, pays d'éternelle croisade, comme l'a dit avec un accent d'envie l'illustre P. Faber, l'épée de celui qui défend Dieu en juste et loyal combat et la plume qui le prêche dans un livre ont toujours été sœurs, jamais ennemies. Ici depuis saint Herménégilde jusqu'à la guerre de l'indépendance et plus loin encore, la défense armée de la foi catholique est un fait déclaré saint ou peu s'en faut. Nous dirons la même chose du style quelque peu acerbe, employé dans les polémiques, la même chose du peu d'égards accordés à l'adversaire, la même chose de la sainte intransigeance qui n'admet aucune affinité avec l'erreur, même la plus éloignée.

A la façon espagnole, comme nos pères et nos aïeux, comme nos saints et nos martyrs, c'est ainsi que nous désirons que notre peuple continue à défendre la sainte religion et non comme peut-être le conseille ou l'exige la constitution moins virile des autres nations.

XLIV

Et qu'y a-t-il dans la question du libéralisme sur la « thèse » et sur « l'hypothèse », dont on a tant parlé dans ces derniers temps ?


Ce serait ici le lieu le plus opportun pour donner quelques éclaircissements, sur la thèse et sur l'hypothèse dont on a fait tant de bruit, sorte de barbacanes ou de tranchées, derrière lesquelles le catholicisme libéral moribond a essayé en ces derniers temps de se retrancher. Mais cet opuscule est déjà trop volumineux, aussi nous voyons-nous forcé à ne dire sur ce sujet que peu, très peu de paroles.

Qu'est-ce que la thèse ?

C'est le devoir simple et absolu pour toute société et tout état de vivre conformément à la loi de Dieu, selon la révélation de son fils Jésus-Christ, confiée au magistère de son Église.

Qu'est-ce que l'hypothèse ?

C'est le cas hypothétique d'un peuple ou d'un État dans lequel, pour des raisons d'impossibilité morale ou matérielle, on ne peut franchement établir la thèse, c'est-à-dire le règne exclusif de Dieu, et où les catholiques doivent dès lors se contenter de ce que cette situation hypothétique peut donner par elle-même, et s'estimer très heureux s'ils parviennent à éviter la persécution matérielle, ou à vivre sur un pied d'égalité avec les ennemis de leur foi, ou à obtenir la plus petite somme de privilèges civils. La thèse se rapporte donc au caractère absolu de la vérité, l'hypothèse aux conditions plus ou moins dures auxquelles la vérité doit s'assujettir quelquefois dans la pratique, étant données les conditions hypothétiques de chaque nation.

La question qui se pose maintenant est la suivante :

L’Espagne est-elle dans des conditions hypothétiques qui rendent acceptable comme un mal nécessaire la dure oppression dans laquelle vit parmi nous la vérité catholique, et l'abominable droit de cité que l'on y concède à l'erreur ? La sécularisation du mariage et des cimetières tant de fois tentée, l'horrible licence de corruption et de blasphème accordée à la presse, le rationalisme scientifique imposé à la jeunesse par le moyen de l'enseignement officiel, ces libertés de perdition et d'autres encore, qui constituent le corps et l'âme du libéralisme, sont-elles si impérieusement exigées par notre état social, qu'il soit totalement impossible aux pouvoirs publics de s'en passer ?

Le libéralisme est-il ici un mal moindre que nous devions accepter, nous les catholiques, comme un moyen d'éviter de plus grands maux, ou bien, tout au contraire, est-il un mal très grave qui ne nous a délivrés d'aucun autre mal, et qui nous menace en échange de nous amener le plus déplorable et le plus effrayant avenir ?

Qu'on parcoure une à une toutes les réformes (nous parlons de religion) qui depuis soixante ans ont transformé l'organisation catholique de notre pays en organisation athée. En est-il une seule qui ait été impérieusement exigée par une nécessité sociale ? Quelle est celle qui n'a pas été violemment introduite comme un coin dans le cœur catholique de notre peuple, afin qu'elle y pénétrât peu à peu, à coups redoublés de décrets, et encore de décrets, assénés par la brutale massue libérale ? Toutes les prétendues exigences de l'époque ont été ici des créations officielles, c'est officiellement que la révolution y a été implantée et avec les deniers publics, qu'on l'y a maintenue. Campée comme une armée d'invasion, elle vit sur notre sol et fait vivre à nos frais sa bureaucratie, qui seule profite de ses bénéfices. Ici, moins que chez toute autre nation, l'arbre révolutionnaire a germé spontanément ; ici, moins que chez aucun autre peuple, il a pris racines. Après avoir été officiellement imposé pendant plus d'un demi-siècle, tout ce qui est libéral est encore factice en Espagne. Un pronunciamiento l'apporta, un autre pronunciamiento pourrait le balayer sans que le fond de notre nationalité en fût aucunement altéré.

Il n'y a pas d'évolution du libéralisme qui n'ait été chez nous le fait d'une insurrection militaire bien plus que le fait du peuple. Les élections elles-mêmes qu'on proclame l'acte le plus sacré et le plus inviolable des peuples libres, sont toujours faites à l'image et à la ressemblance du ministre de l'intérieur. Ce n'est là un secret pour personne. Que dire de plus ? Le critère libéral par excellence, lui-même, celui des majorités, si on tenait un compte loyal de son verdict, résoudrait la question en faveur de l'organisation catholique du pays et contre son organisation libérale ou rationaliste. En effet la dernière statistique de la population donne le tableau suivant des sectes hétérodoxes dans notre patrie.

Remarquez, que les chiffres ne sont point suspects, attendu leur caractère officiel. Il y a en Espagne, d'après le dernier recensement :

Israélites 402
Protestants de diverses sectes 6.654
Libres-penseurs déclarés 452
Indifférents 358
Spirites 258
Rationalistes 236
Déistes 147
Athées 104
Sectaires de la morale universelle 19
Sectaires de la morale naturelle 16
Sectaires de la conscience 3
Sectaires de la spéculation 1
Positivistes 9
Matérialistes 3
Mahométans 271
Bouddhistes 208
Païens (!) 16
Disciples de Confucius 4
Sans foi déterminée 7982

Et qu'on nous dise maintenant, si pour contenter ces groupes et sous-groupes, dont pour plusieurs il serait difficile au moins de définir et de préciser le ridicule symbole, il est raisonnable de sacrifier la manière d'être religieuse et sociale de dix-huit millions d'Espagnols, qui, par ce fait qu'ils sont catholiques, ont le droit de vivre catholiquement et d'être catholiquement traités par l'État qu'ils servent de leur sang et de leur argent !

N'y a-t-il point là l'oppression la plus irritante de la majorité par une minorité audacieuse et tout à fait indigne d'exercer une si prépondérante influence sur les destinées de la patrie ? Quelles raisons d'hypothèse peut-on indiquer pour l'implantation du libéralisme, ou plus exactement de l'athéisme légal dans notre société ?

Résumons-nous.

La thèse catholique est le droit de Dieu et de l'Évangile à régner exclusivement dans la sphère sociale, et le devoir pour toutes les classes de ladite sphère sociale d'être soumis à Dieu et à l'Évangile.

La thèse révolutionnaire est le faux droit que prétend avoir la société de vivre par elle-même et sans soumission aucune à Dieu et à la foi, et complètement émancipée de tout pouvoir qui ne procède pas d'elle-même.

L'hypothèse, que les catholiques libéraux nous proposent entre ces deux thèses, n'est qu'une mutilation des droits absolus de Dieu sur l'autel d'une fausse entente entre lui et son ennemi. Voyez à quels artifices la révolution a recouru pour atteindre ce résultat ! Elle cherche par tous les moyens possibles à faire entendre et à se persuader que la nation espagnole est dans des conditions telles qu'elles lui défendent de chercher, pour guérir ses divisions, un autre genre de remèdes ou de soulagements que cette espèce de conciliation ou transaction entre les prétendus droits de l'État rebelle et les véritables droits de Dieu, son seul roi et seigneur.

Et pendant que l'on proclame que l'Espagne est déjà dans cette malheureuse hypothèse, ce qui est faux et n'existe que dans de détestables désirs, on s'efforce par tous les moyens possibles de transformer en réalité effective cette hypothèse désirée, de rendre un jour ou l'autre véritablement impossible la thèse catholique, et inévitable la thèse franchement révolutionnaire, abîme où périraient du même coup notre nationalité et notre foi. Grande sera devant Dieu et devant la patrie la responsabilité de ceux qui, de parole ou d'action, de commission ou d'omission, se seront faits les complices de cette horrible supercherie, par laquelle, sous prétexte de moindre mal et d'hypothétiques circonstances, on n'arrive qu'à paralyser les efforts de ceux qui soutiennent qu'il est encore possible de rétablir en Espagne l'intégrale souveraineté sociale de Dieu, et d'aider ceux qui aspirent à voir un jour établir absolument, parmi nous, la souveraineté sociale du démon.

Épilogue et conclusion

C’est assez. Ce n'est pas l'esprit de parti qui a dicté ces simples réflexions, et aucun mobile d'humaine inimitié ne les a inspirées. Nous l'affirmons devant Dieu comme nous le ferions au moment de mourir et de comparaître devant son redoutable tribunal.

Nous avons cherché à être logique plutôt qu'éloquent. Si on nous lit avec attention on verra que nous avons tiré nos déductions, même les plus dures, les unes des autres et toutes d'un principe commun incontestable, non par la voie oblique du sophisme, mais par la droite voie du loyal raisonnement qui n'incline ni à droite, ni à gauche, soit par amour, soit par haine. Ce qui nous a été enseigné comme sûr et certain par l'Église dans les livres de théologie dogmatique et morale, voilà ce que nous avons essayé simplement de faire connaître à nos lecteurs.

Nous jetons ces humbles pages aux quatre vents du ciel, que le souffle de Dieu les porte où il voudra. Si elles peuvent faire quelque bien, qu'elles le fassent pour son compte, et qu'elles vaillent à l'auteur bien intentionné pour le pardon de ses nombreux péchés.

Un mot encore, c'est le dernier et peut-être le plus important. Au moyen d'arguments et de répliques il arrive parfois qu'on réduit son adversaire au silence, ce qui n'est pas peu de chose en certaines occasions, mais cela seul ne suffit pas bien souvent à sa conversion. Pour atteindre ce but les prières ferventes valent autant, sinon mieux, que les raisonnements les plus habilement liés. L'Église a obtenu plus de victoires par les soupirs sortis du cœur de ses enfants, que par la plume de ses controversistes et l'épée de ses capitaines. Que la prière soit donc l'arme principale de nos combats, sans oublier les autres. Par elle, plus que sous l'effort des machines de guerre, tombèrent les murs de Jéricho. Josué n'aurait pas vaincu le féroce Amalech, si Moïse, les mains élevées vers le ciel, n'avait été en fervente oraison pendant la bataille. Que les bons prient donc, qu'ils prient sans cesse, et que le véritable épilogue de ces articles, ce qui en résume tout le sujet, soit cette oraison : Ecclesiae tuæ, quæsumus, Domine, preces placatus admitte, ut, destructis adversitatibus et erroribus universis, secura tibi servie libertate.

mercredi 31 juillet 2013

Libéralisme Ch. 41 et 42


XLI

Y a-t il exagération à ne reconnaître comme parti parfaitement catholique qu'un parti radicalement antilibéral ?

Ce que vous venez de dire nous a convaincus, s'écrieront quelques-uns des nôtres, de ceux-là qui sont timides et craintifs à l'excès quand il s'agit de politique ou de parti ; mais, que doit être le parti auquel s'affiliera le bon catholique, pour défendre comme vous le dites, concrètement et pratiquement, sa foi contre l'oppression du libéralisme ? L’esprit de parti peut ici vous halluciner et faire que malgré vous, dans votre cœur, le désir de favoriser par le moyen de la religion une cause politique déterminée, l'emporte sur celui de favoriser par la religion la politique.

Il nous semble, ami lecteur, que nous présentons ici la difficulté dans toute sa force, et telle qu'on l'entend objecter par une foule de personnes. Heureusement il nous sera très facile de la réduire à néant, si grand que soit le nombre de nos frères qu'elle arrête court et réduit au silence.

Nous affirmons donc, sans crainte d'être logiquement contredits, que la manière la plus efficace et la plus logique de combattre le libéralisme, c'est de travailler en communauté de vues et d'efforts avec le parti le plus radicalement anti-libéral.

Mais c'est là une vérité de La Palisse !

D'accord, mais ce n'en est pas moins une vérité ; et à qui la faute s'il est devenu nécessaire de présenter à certaines gens les plus solides vérités de la philosophie sous une forme plus que naïve ? Non, ce n'est pas esprit de parti, mais esprit de vérité, que d'affirmer l'impossibilité d'une opposition efficace au libéralisme, en dehors d'un parti véritablement catholique, et ensuite l'impossibilité d'un parti radicalement catholique qui ne soit en même temps un parti radicalement anti-libéral.

Cette double affirmation affecte douloureusement certains palais viciés par les ragoûts des métis (catholiques-libéraux), mais elle n'en est pas moins incontestable. Le catholicisme et le libéralisme sont des systèmes de doctrine et d'action essentiellement opposés, nous croyons l'avoir démontré dans la série de nos articles. Il faut donc nécessairement reconnaître, quoi qu'il en coûte et si amer que cela nous paraisse, qu'il est impossible d'être intégralement catholique sans être intégralement anti-libéral. Ces idées donnent une équation rigoureusement mathématique. Les hommes et les partis (sauf les cas d'erreur et de bonne foi) ne sont catholiques dans leurs doctrines qu'autant qu'ils ne professent aucune opinion anti-catholique, et il est de toute évidence qu'ils professeront une doctrine anti-catholique toutes les fois qu'ils feront profession consciente, en tout ou en partie, de quelque doctrine libérale. Dire par suite tel parti libéral, telle personne libérale, n'est pas catholique, est une proposition aussi exacte que si l'on disait : ce qui est blanc n'est pas noir ou bien ce qui est rouge n'est pas bleu. C'est simplement énoncer d'un sujet ce qui résulte logiquement de l'application qu'on lui fait du principe de contradiction. Ne quid idem simul esse et non esse : « Une même chose ne peut être et ne pas être en même temps ». Vienne donc ici le plus savant des libéraux, et qu'il nous dise s'il est dans le monde un théorème de mathématiques dont la conclusion vaille mieux que la suivante : « Il n'y a de parti parfaitement catholique qu'un parti radicalement anti-libéral. »

Il n'y a donc, nous le répétons, d'autre parti catholique, acceptable en bonne thèse pour des catholiques, que celui où l'on professe, où l'on soutient, où l'on pratique des idées résolument anti-libérales. Tout autre, si respectable qu'il soit, si conservateur qu'il se montre, quel que puisse être l'ordre matériel qu'il assure au pays, les avantages et les biens que par accident il offre à la religion, n'est pas un parti catholique, du moment qu'il se présente fondé sur des principes libéraux, ou organisé dans un esprit libéral, ou dirigé vers un but libéral. En parlant ainsi, nous nous reportons à ce qui a été indiqué plus haut, à savoir : que parmi les libéraux, les uns acceptent uniquement les principes du libéralisme, sans en vouloir les applications, tandis que les autres acceptent ces applications sans vouloir, au moins ouvertement, admettre les principes. Nous le répétons donc : un parti libéral, dès qu'il est libéral, soit dans ses principes, soit dans ses applications, n'est pas plus catholique que le blanc n'est le noir, qu'un carré n'est un cercle, qu'une vallée n'est une montagne et que l'obscurité n'est la lumière.

Le journalisme révolutionnaire qui, pour bouleverser le monde, l'a doté d'une philosophie et d'une littérature spéciales, a inventé aussi une manière de raisonner qui lui est entièrement propre et qui consiste, non à raisonner comme on le faisait anciennement en déduisant les conséquences des principes, mais à raisonner comme on le fait dans les carrefours et les réunions de commères, en cédant à la première impression, en lançant à droite et à gauche de pompeuses paroles (sesquipedalia verba), en étourdissant et fatiguant son propre entendement et celui d'autrui d'un impétueux tourbillon de prose volcanique au lieu de l'éclairer et de le guider avec la brillante et sereine lumière d'une argumentation bien suivie. Il se scandalisera donc, la chose est certaine, de nous voir refuser le titre de catholique à tant de partis représentés dans la vie publique par des hommes qui, le cierge à la main, suivent nos processions, et représentés dans la presse par tant d'organes, qui pendant la Semaine Sainte publient des chants plaintifs (en-dechas) en l'honneur du Martyr du Golgotha (style progressiste pur) ou bien dans la nuit de Noël des cantiques joyeux (vellancicos) pour célébrer l'Enfant de Bethléem, et qui, par cela seul, se croient d'aussi légitimes représentants d'une politique catholique que le grand Cisneros et notre illustre Isabelle première. Eh bien ! qu'ils s'en scandalisent ou non, nous leur dirons qu'ils sont aussi catholiques que Cisneros et Isabelle furent luthériens et franc-maçons.

Chaque chose est ce qu'elle est, rien de plus. Les meilleures apparences ne peuvent rendre bon ce qui est essentiellement mauvais. Qu'il parle et qu'en tout il paraisse agir en catholique, le libéral n'en sera pas moins un libéral. Tout au plus sera-t-il un libéral honteux imitant le langage, le costume, les façons et les bonnes apparences des catholiques.

 

XLII

Où l'on donne en passant l'explication simple et claire d'une devise de la Revista Popular que beaucoup ont mal comprise.

« Comme vous laissez donc (dira quelqu'un) en mauvais état la devise si dogmatique pour plusieurs, qui a tant de fois retenti à nos oreilles ! Rien, pas même une pensée pour la politique, tout, jusqu'au dernier soupir, pour la Religion ».

Cette devise a sa raison d'être, mes amis, elle caractérise parfaitement, sans préjudice pour les grandes doctrines jusqu'ici exposées, la Revue de propagande populaire qui l'inscrit chaque semaine en tête de ses colonnes.

Son explication est facile et jaillit du caractère même de la propagande populaire, et du sens purement populaire qu'y reçoivent certaines expressions. Nous allons le démontrer rapidement.

Politique et religion, dans leur sens le plus élevé, dans leur sens métaphysique, ne sont pas des idées distinctes ; la première, au contraire, est contenue dans la seconde, comme la partie est contenue dans le tout, ou comme la branche est comprise dans l'arbre, pour nous servir d'une comparaison plus vulgaire.

La politique ou l'art de gouverner les peuples n'est autre chose, dans sa partie morale (la seule dont il soit question ici), que l'application des grands principes de la religion à la direction de la société, par les moyens nécessaires à sa véritable fin.

Considérée à ce point de vue, la politique est la religion ou fait partie de la religion, tout comme l'art de régir un monastère, la loi qui préside à la vie conjugale ou les devoirs mutuels des pères et des enfants. Par suite il serait absurde de dire : « Je ne veux rien pour la politique, parce que je veux tout pour la religion », attendu justement que la politique est une partie très importante de la religion, puisqu'elle est ou doit être simplement une application sur grande échelle des principes et des règles que la religion promulgue pour les choses humaines, qui sont toutes contenues dans son immense sphère. Mais, le peuple n'est pas métaphysicien, et dans les écrits de propagande populaire, on ne peut donner aux mots l'acception rigoureuse qu'ils reçoivent dans les écoles.

Si le propagandiste parlait en métaphysicien il ne serait pas compris dans les cercles et les petits comités où se recrute son public spécial. Il faut donc absolument qu'il donne à certaines paroles qu'il emploie le sens que leur prête le simple populaire dont il veut être compris. Or, le peuple, qu'entend-il par politique ? Il entend tel ou tel roi, tel ou tel président de la république dont il voit l'effigie sur les pièces de monnaie et le papier timbré, le ministère de telle ou telle couleur qui vient de tomber ou qui monte au pouvoir, les députés qui, divisés en majorité et minorité, se prennent aux cheveux pour faire triompher le parti qu'ils soutiennent ; le gouverneur civil et l'alcalde qui intriguent dans les élections, les contributions qu'il faut payer, les soldats et les employés qu'il faut faire vivre, etc, etc. Voilà, pour le peuple ce qu'est la politique, toute la politique, et il n'existe pas pour lui de sphère plus haute et plus transcendantale.

Par conséquent, dire au peuple : « Nous ne te parlerons pas de politique », c'est lui dire que, par le journal qu'on lui offre il ne saura jamais s'il y a une république ou une monarchie, si tel ou tel prince de souche vulgaire ou de dynastie royale porte le sceptre ou une couronne plus ou moins démocratisée, si les ordres qu'il reçoit, les impôts qu'il paye et les châtiments qu'il subit lui viennent par tel ou tel, d'un ministère avancé ou d'un ministère conservateur, si Perez a été nommé alcalde à la place de Fernandez, si c'est le voisin d'en face au lieu de celui du coin qui a obtenu un bureau de tabac. C'est ainsi que le peuple sait que ce journal ne lui parlera pas de politique (qui pour lui n'est pas autre chose que ce que nous venons de dire), mais seulement de religion. A notre humble avis c'est donc à juste titre que la Revue en question prit pour son programme dès le principe et conserve encore cette devise : Rien, pas même une pensée, pour la politique, etc, etc. Ainsi l'ont entendu dès le premier moment tous ceux qui ont compris l'esprit de cette revue, et pour l'entendre de la sorte ils n'eurent aucun besoin d'arguties et de subtilités. Du reste cette publication elle-même, si notre mémoire ne nous trompe, se chargea dans son premier article de déclarer sa pensée. Après avoir expliqué, comme nous venons de le faire, le sens de cette devise elle ajoutait : « Rien avec les divisions passagères qui troublent aujourd'hui les enfants de notre patrie. Qu'un roi ou le premier venu gouverne, qu'on intronise si on veut la république unitaire ou fédérale nous promettons sur l'honneur de n'y point faire opposition, pourvu que l'on respecte nos droits catholiques et qu'on ne froisse pas nos croyances. Remarquez le bien, l'immuable, l'éternel, ce qui est supérieur aux misérables petites intrigues de parti, c'est là ce que nous défendons, c'est à cela que nous avons consacré toute notre existence ». Et peu après, pour plus de clarté et pour mettre à la portée même des plus bornés le véritable sens de la phrase : Rien pour la politique, l'auteur de l'article continuait ainsi : « Dieu nous préserve cependant de faire la moindre critique des bons journaux qui, en défendant la même sainte cause que nous, aspirent à réaliser un idéal politique plus favorable peut-être aux intérêts du catholicisme si persécuté en Europe et dans notre patrie. Dieu sait combien nous les aimons, combien nous les admirons, combien nous les applaudissons ! Ils méritent bien de la religion et des bonnes mœurs, ce sont les maîtres de notre jeunesse inexpérimentée ; à leur ombre bienfaisante s'est formée une génération décidément catholique et brillamment guerrière, qui compense nos afflictions par d'abondantes consolations. Ils sont nos modèles, et, quoique de loin, nous suivrons leurs traces bénies et les rayons de lumière qu'ils projettent sur notre histoire contemporaine ». Ainsi s'exprimait la Revista Popular, du 1er janvier 1881. Que les scrupuleux se tranquillisent donc, nos paroles d'aujourd'hui ne contredisent pas nos paroles d'alors et ces dernières n'ont à subir aucune modification pour être d'accord avec les nôtres : les deux propagandes vibrent à l'unisson. Celle qui dit Rien pour la politique et celle qui conseille la défense de la religion contre le libéralisme sur le terrain politique, sont deux sœurs tellement sœurs, qu'on pourrait les appeler jumelles, si jumelles qu'elles sont nées d'une seule âme et d'un seul cœur.

lundi 29 juillet 2013

La nouvelle église voulue par la synarchie


LA NOUVELLE ÉGLISE VOULUE PAR LA SYNARCHIE

- TEXTES LE DÉMONTRANT
 

Dans son livre « Mystère d’Iniquité »(1), Pierre Virion le dénonçait déjà avec une profonde clairvoyance ; auteur du prologue de l’édition en espagnol de cet ouvrage, l’Abbé Meinvielle se posait la question suivante : « Comment briser l’ossature de l’Église catholique romaine pour faire entrer celle-ci dans cette Église universelle de la Maçonnerie avec les autres cultes de ceux qui croient ou non en Jésus-Christ, qui croient ou non en Dieu ? Dans ce nouvel ouvrage, Pierre Virion s’applique justement à illustrer cette question et à nous révéler en quoi consiste le misterium iniquitatis dont parle l’Apôtre (II Tess., 2, 7). Le mystère d’iniquité consiste précisément en ce que l’« Appareil public de l’Église », qui devait servir à amener les âmes à Jésus-Christ, sert en fait à les perdre et à les asservir au démon. C’est en cela que réside le “mystère de perversité” : que le sel se corrompe et cesse de saler (Mt., 5, 3). […] L’Église est indéfectible et durera en tant que telle jusqu’à la fin. Mais l’Église de Jésus-Christ ne peut être assimilée à l’ “Appareil public de l’Église.” » (p. 9).
 

On a là – exprimé en d’autres termes – le fait indiscutable que Monseigneur Lefebvre signalait déjà en disant qu’« il ne faut pas assimiler l’Église visible (la seule vraie) avec l’Église officielle, qui ne possède pas les notes caractérisant et permettant d’identifier la véritable Église du Christ ». Dans le même sens, cela nous remet en mémoire ce que disait le célèbre et vénérable Cardinal Pie en affirmant que « l'Église, société sans doute toujours visible, sera de plus en plus ramenée à des proportions simplement individuelles et domestiques ».
 

Le commentaire du Cardinal Pie fait présager ce que sera le grand mystère d’iniquité qui réduira l’Église à sa plus simple expression : un petit reste dispersé de par le monde et réfugié dans le désert, sans pasteurs ou presque. Cela signifie que la grande persécution ou tribulation – telle qu’il ne s’en sera jamais vu et qu’il ne s’en verra plus jamais ensuite – consistera en ce rapetissement de l’Église, que nul ne pourrait sauver si ces temps n’étaient abrégés en faveur des élus, de ceux que Dieu aime.
 

L’Abbé Meinvielle continue son prologue en démontrant que le progressisme est l’œuvre de la collaboration du christianisme avec la maçonnerie : « Il va de soi que cette collaboration du christianisme avec l’antichristianisme de la maçonnerie aura pour conséquence une transformation nécessaire de la doctrine et de la vie chrétiennes. Cette transformation, voilà justement ce qu’est le progressisme. Celui-ci est axé sur l’erreur consistant à assimiler l’Église au monde. Une nouvelle dimension serait donnée à l’homme, celle du monde. D’où la suppression de la nécessité d’un Dieu sauveur : le Christ n’est pas venu pour sauver le monde, l’Église n’est pas nécessaire au salut de l’homme. Le salut de l’homme vient de l’immanence de celui-ci. L’homme est Dieu au plus profond de son être ; c’est pourquoi il n’est transcendé par aucune Église et par aucun Dieu. Il est possible et obligatoire d’employer un langage théiste adapté au vulgaire. Mais en réalité, ce n’est là que l’expression exotérique de l’immanence totale du divin en l’homme et dans le monde. Telle est l’unique réalité ésotérique unifiant toutes les religions de l’humanité. C’est pourquoi le culte de l’homme et de l’humanité, qui est celui des loges maçonniques, doit être imposé comme étant le seul culte de la véritable humanité » (p. 11). Voilà qui met en évidence le caractère gnostique et ésotérique du progressisme et de la nouvelle religion.
 

L’Abbé Meinvielle poursuit en ces termes : « Ainsi, par le biais de la nouvelle religion du progressisme, le culte catholique fait place au culte maçonnique de la fraternité universelle » (p. 11). Par conséquent, comme le montre ce prêtre, « Aucun dogme ne reste debout » (p. 11).
 

En effet : « Tout est subverti au nom de la science et des principes maçonniques. La nouvelle théologie du progressisme, élaborée par de prestigieux théologiens, envahit les séminaires, les universités et les établissements de formation, où elle configure la mentalité des nouvelles générations ecclésiastiques » (p. 11 et 12).

 
Voilà pourquoi l’Abbé Meinvielle a pu exposer cette prophétie, qui se réalise manifestement aujourd’hui sous nos yeux : « D’ici quelques années, si la main de Dieu n’intervient pas directement, l’“Appareil public de l’Église catholique” professera une religion complètement différente de celle que nous a enseignée Jésus-Christ et que nous ont transmise les Pères, les docteurs et les saints de l’Église bimillénaire. D’où cette fureur satanique qui s’est déchaînée contre l’Église préconciliaire. […] La vieille et séculaire ennemie de l’Église – la Synagogue – a cherché à détruire l’Église pour toujours. » (p. 12).

 
Pierre Virion parvient à la conclusion que la nouvelle Église correspond à un plan occulte : « … nous nous voyons obligés de parvenir à la conclusion – soutenus en cela par une documentation indiscutable – qu’un magistère occulte dirige l’ensemble des docteurs de la nouvelle “Église” inventée au sein des hautes sociétés secrètes à la fin du siècle dernier (2). Autre fait essentiel depuis que l’œcuménicité de cette nouvelle “Église” s’est séparée de la nôtre : ladite “Église” accueille en même temps l’erreur et la vérité, toutes les religions, toutes les idéologies, toutes les institutions, tous les régimes politiques, y compris le communisme soviétique et le communisme chinois. » (p. 15 et 16).
 

La conjuration contre l’Église est manifeste : « À la fin du siècle dernier (3), il a été ourdi contre l’Église une formidable conjuration, qui se déroule actuellement devant nos yeux. » (p. 16).
 

L’auteur décrit l’espoir qui sous-tendait cette conjuration : « … voir tomber le “Vatican royal” et régner un Pape qui sera le Pontife de la “Synarchie Divine”, à la tête d’un “nouveau catholicisme”, et qui consacrera l’esprit, tout l’esprit de la société moderne. […] Car la Synarchie entièrement réalisée sera avant tout la Contre-église organisée. » (p. 16 et 17).
 

« L’Église universelle synarchique, telle que l’initié Saint-Yves la décrit dans ses œuvres, n’est autre que l’ensemble syncrétique de toutes les religions, considérées comme égales entre elles, avec l’attribution d’une certaine primauté motrice à la Kabbale et – surtout à la fin de sa vie – d’une importance particulière à l’hindouisme. » (p. 23). En résumé : « Une église nouvelle, une autre foi, un autre culte, un œcuménisme maçonnique. » (p. 24).
 

On veut un pape qui soit un pontife synarchique : « Il faut leur persuader que la Papauté romaine est coupable d’avoir remplacé le Magistère initial de Pierre par les honneurs et les richesses d’un impérialisme latin qui doit tomber sous les coups d’un nouveau clergé, convaincu par avance de l’inévitable victoire d’une nouvelle Église. Et cette dernière sera instaurée par un Pontife qui réunira dans sa personne et dans sa charge celles des Papes et celles des Mages de la Synarchie. » (p. 42).

 
Ainsi les écritures seront-elles interprétées selon la Kabbale et la Gnose : « … assimiler de manière équivoque la lettre des Écritures à la cosmogonie de la Kabbale et de la Gnose, avec la prétention de professer le véritable esprit de l’Évangile, au contraire de l’Église romaine. D’où une subversion de la Foi qui, parfois présentée avec une grande subtilité, échappe même à des ecclésiastiques dont la culture théologique n’est pas assez solide, du moins sous certains aspects. » (p. 44).
 

L’auteur cite ensuite l’abbé Roca, prêtre apostat et initié aux secrets des dieux : « Par conséquent, il est inévitable que se produire une rébellion contre la structure et l’autorité de l’Église romaine, contre sa discipline sacramentelle, et c’est sur ce chapitre que Roca nous intéresse tout particulièrement. Ses hérésies ne sont pas les seules et ne se signalent pas non plus par leur nouveauté. Mais ce qui impressionne en lui, c’est sa volonté froidement subversive de modernisme sur des questions qui sont d’actualité de nos jours, unie à sa conviction d’illuminé de leur réalisation future et du fait qu’un jour, la « sublime synarchie » mènera à bien la conquête de l’Église. » (p. 46).
 

« Ce qui se prépare dans l’Église universelle ? […] Ce n’est pas une réforme, ce n’est pas une révolution – je n’ose employer ce mot, qui serait malsonnant et inexact – c’est une évolution. » (p. 46 et 47).

 
« Sous sa forme actuelle, la Papauté disparaîtra. Le Pontife de la divine synarchie ressemblera autant au Pape de l’époque actuelle que ce dernier ressemble à celui du Lac Salé […] Le nouvel ordre social s’implantera en marge de Rome, sans Rome, malgré Rome, contre Rome. » (p. 47).
 

« Mais le F…. Renan qui, sans être comme Roca dans le secret des dieux, présentait la même imprégnation naturaliste, avait sans doute déjà entendu parler de lui, puisque dans “L’Abbesse de Jouarre”, il décrit les réformes religieuses (euphémisme par lequel il désigne la révolution religieuse et morale) qu’accompliront des personnalités de l’Église elle-même, en conformité absolue avec les observances. Autrement dit, le clergé régulier – et non pas séparé –, influencé par le néo-christianisme ouvert aux courants de pensée modernes, fera subir à l’Église, lors d’un futur Concile, la dégradation dogmatique et disciplinaire favorable à son intégration dans l’“œcuménisme” des Loges. » (p. 55 et 56). Ce qui devait se produire avec le Concile Vatican II.
 

« Je crois que le culte divin, tel que le fixent la liturgie, le cérémonial, les rites et les préceptes de l’Église catholique, subira bientôt, lors d’un Concile Œcuménique, une transformation qui lui restituera en même temps la vénérable simplicité de l’âge d’or apostolique, la mettra en harmonie avec le Nouvel État de Conscience de la Civilisation Moderne. » (p. 56).
 

« Il se produira quelque chose qui laissera le monde dans la stupéfaction et le fera tomber à genoux devant son Rédempteur. Et ce quelque chose sera la démonstration de l’accord parfait entre les idéaux de la Civilisation Moderne et ceux du Christ et de son Évangile. Il signifiera la consécration du nouvel ordre social et le baptême solennel de la Civilisation Moderne. » (p. 56 et 57).
 

« Le Pontife se bornera à confirmer et à glorifier l’œuvre de l’Esprit du Christ ou du Christ-Esprit dans l’esprit public, et grâce au privilège de son infaillibilité personnelle, il déclarera publiquement urbi et orbi que la civilisation actuel est fille légitime du Saint Évangile de la Rédemption Sociale. » (p. 57).

 
« La Papauté succombera ; elle périra sous le couteau sacré qu’auront forgé les Pères du dernier Concile. Le César papal est une Hostie couronnée pour le sacrifice. » (p. 58).
 

« La révélation étant niée, les mystères subsistent, et l’on prétend les expliquer. Mais comment le faire autrement qu’à travers la gnose, cette science sans limites, comme dit le F…. Camille Savoire ? Et comment les justifier, si ce n’est par l’exposition des “mystères secrets” ? » (p. 62).

 
« Le lien qui unit l’occultisme au modernisme et, aujourd’hui, à la Religion Universelle des Sectes, n’est autre que le christianisme syncrétiste qui apparaît clairement ici. » (p. 63).

 
« Sur le plan international, le Fédéralisme ; dans l’ordre économique, un socialisme technocratique, dénominateur commun du communisme et du capitalisme scientifiquement conjugués ; ni l’un ni l’autre n’éviteront la révolution de la rue. La révolution des esprits se fera par la réduction de toutes les valeurs à un autre dénominateur commun : le “Nouvel Humanisme” ou “Humanisme Intégral” qui masquera les objectifs traditionnels de la Contre-église. » (p. 78).
 

« L’insistance du Pacte Synarchique sur la nomination des ecclésiastiques démontre surabondamment que cette intégration doit déboucher sur une Église nationale qui fasse table rase du pouvoir juridictionnel du Pape, puis de son magistère doctrinal. D’autres paragraphes du document ne cachent pas, en effet, la prétention de s’opposer à la violation des consciences libérées et à l’admission de toute orthodoxie, quelle qu’elle soit, à l’exception de celles du régime, naturellement. Car il existe une orthodoxie du régime. Bien que seul revienne continuellement dans tous les chapitres du Pacte le leit motiv de l’“humanisme intégral” païen et panthéiste des Hautes Sociétés Secrètes, duquel provient “la Primauté du Spirituel dans notre Mouvement Révolutionnaire”, selon ce que souligne le même texte. Curieux écho aux titres d’œuvres de Jacques Maritain publiées à la même époque et dont le succès, connu de tous, montre combien se sont répandus certains mots-clés. » (p. 94).

 
« Enfin, sous réserve que ces deux premiers objectifs aient été atteints, le troisième consistera à mener une vaste campagne de propagande en faveur de ce singulier œcuménisme de toutes les religions : l’“Église Universelle”, selon la terminologie des Congrès aujourd’hui parfaitement connus, l’“Église Catholique”, selon les termes audacieux de Saint-Yves d’Alveydre. Tel était tout le programme de la Contre-église synarchique : la “Nouvelle Église” à la recherche de laquelle Jules Romains consacra un ouvrage qui n’a pas laissé d’exercer une certains influence dans les milieux catholiques et maçonniques. » (p. 105 et 106).

 
« Le résultat du rapprochement saute aux yeux. Ou bien la maçonnerie s’intègre à un œcuménisme présenté comme chrétien, ainsi que le prétendent certains, et alors, selon ce que préconise Saint-Yves d’Alveydre, le catholicisme sera un syncrétisme que le patriarche de l’Église gnostique décrit dans les termes suivants : “l’élément commun à toutes les religions (catholicisme) est rationnel et traditionnel ; par conséquent, il est éternel […] Le catholicisme proprement dit n’est pas remis en question, contrairement à la seule orthodoxie romaine, destinée de tous temps à tomber un jour”. (Barbiere, « Infiltraciones masónicas en la Iglesia, p. 100). Ou bien, ce qui revient au même, l’Église catholique sera intégrée, comme d’autres le disent, à l’“œcuménisme” maçonnique, ce qui signifiera sa soumission à la Synarchie Universelle, en accord également avec Saint-Yves d’Alveydre (p. 15 et suivantes). Il est aberrant d’oublier que la doctrine synarchique, ébauchée il y a trois siècles, puis élaborée à l’époque de Saint-Yves d’Alveydre et révisée en 1935, ne sépare jamais la politique des questions religieuses et qu’elle les confond au contraire dans les perspectives d’un Gouvernement mondial qui ne serait autre que celui de la Contre-Église. » (p. 144).
 

« L’abolition des dogmes – ceux du catholicisme, évidemment – s’impose en premier lieu pour l’instauration d’une religion nouvelle qui ne manquera pas de susciter de nouveaux dogmes. Sur ce chapitre, Roca se montre disciple de Papus, réorganisateur du Martinisme : “Il y aura une nouvelle religion ; il y aura un nouveau dogme, un nouveau rite, un nouveau sacerdoce dont la relation avec l’Église qui tombe sera exactement ce que fut celle de l’Église catholique avec l’Église mosaïque, sa défunte mère”. » (p. 151).
 

« C’est pourquoi il importe d’entreprendre une tâche de démolition doctrinale pour faire passer de nouveaux dogmes adaptés à l’avenir spirituel de l’humanité. Objectivement, le premier de ces dogmes sera celui de l’évolution, qui ne peut guère se maintenir sur un tel terrain sans ceux du panthéisme et de l’“Humanisme intégral” du Pacte synarchique. » (p. 152).
 

« Il sera nécessaire de créer une religion nouvelle, une morale nouvelle, une société nouvelle. Nous avons de bonnes raisons de croire que l’intégration jouera un rôle important dans ce monde de demain et qu’elle sera la clé de voûte de la conscience planétaire, de même que le séparatisme fut celle du régime égocentrique dont nous allons nous dépouiller. » (p. 153).
 

« L’humanisme païen est un autre dogme de la nouvelle religion. » (p. 153).

 
« La masse se transforme ainsi en directrice de sa propre évolution religieuse, que l’Autorité Pontificale aura pour mission de couvrir de son infaillibilité. » (p. 157). On ne peut s’empêcher d’observer ici que ces apostats et ces hérétiques ont besoin pour cela de l’image d’un Pape, afin que derrière l’écran de l’infaillibilité pontificale, qui n’a aucun crédit à leurs yeux, ils puissent imposer aux fidèles l’erreur et l’apostasie de leur fornication avec les rois de la terre tout en s’enivrant du sang des martyrs, c’est-à-dire en tirant vanité de la gloire de ceux-ci dans le but de manipuler la masse en question à leurs propres fins mercenaires. Or, cette falsification, cette corruption, cette apostasie est subtilement offerte à l’admiration publique, car la grande prostituée exhibe les symboles du pouvoir et de la richesse – la pourpre, l’écarlate et les bijoux –, grâce à quoi le pouvoir au service du mal s’acquiert un prestige porteur d’admiration et d’adhésion.
 

« Nous observons néanmoins que la liberté préconisée n’est pas la liberté psychologique du sujet, mais un droit objectif de rejeter la vraie religion, celle de l’Église catholique, apostolique et romaine. Et l’on fera reposer le critère extrinsèque sur l’égalité des religions. Une fois établie, cette liberté aura pour effets : 1. de réduire à rien le magistère pontifical ; 2. de ruiner de fait l’orthodoxie romaine ; 3. d’instaurer sur ces ruines un syncrétisme artificiel, expression d’un « œcuménisme » derrière lequel se cache la haute autorité maçonnique. Car il existe un œcuménisme d’extraction maçonnique, néo-catholique, para-communiste, massivement propagé par les journaux et revues confessionnelles ou non, politiques et littéraires, un œcuménisme total résultant de la simple accrétion des cultes et au nom duquel l’Église est félicitée par ses théologiens les plus audacieux, mais vitupérée pour son passé, sa tradition, son « immobilisme », son intégrité doctrinale future, si elle ne s’insère pas dans le mouvement du futurisme synarchique. » (p. 173).
 

« Ne permettez pas que l’on dise, mes Frères, que la Maçonnerie est l’anti-église. Cela n’a jamais été qu’une formule de circonstance. Fondamentalement, la maçonnerie veut être une super-église, l’Église qui les réunira toutes. » (p. 182).

 
« Laissons à présent le prêtre apostat nous parler avec son assurance coutumière, captée à de bonnes sources, du formidable complot ourdi contre l’Église. “Bien qu’elle ne sorte pas des formes temporelles d’un passé qui meurt et ne peut revivre, la Papauté des anciens temps n’a plus rien à dire aux temps modernes, qui n’ont d’ailleurs pas d’oreilles pour l’entendre. La vieille Papauté n’a rien à faire dans le nouvel ordre social qui s’implantera forcément, inéluctablement en marge de Rome, sans Rome, malgré Rome, contre Rome […] La vieille Papauté rompra le silence lorsque sera accomplie l’œuvre évangélique de cette glorieuse palingénésie (4). Retournant alors dans son sépulcre, Pierre réalisera l’oracle du Christ. ‘Il confirmera ses frères’, c’est-à-dire tous les peuples chrétiens, sur les nouvelles voies auxquelles leur Rédempteur les a fait accéder. Il consacrera la civilisation moderne, il la proclamera Fille de l’Église, héritière des promesses du Seigneur et du véritable esprit de ses paraboles. En prononçant sa propre caducité, la Papauté romaine déclarera urbi et orbi qu’ayant accompli sa mission et joué son rôle d’initiateur, elle se dissout spontanément sous sa forme antique pour laisser le champ libre aux opérations supérieures du nouveau pontificat, de la nouvelle Église et du nouveau sacerdoce qu’elle instituera canoniquement avant d’exhaler son dernier soupir.” » (p. 198 et 199).

 
« Lorsqu’il sera visible aux yeux de tous que l’ordre nouveau dérive logiquement de l’ordre ancien […] le vieux pontificat et le vieux sacerdoce abdiqueront de bonne grâce devant le Pontificat et les prêtres du futur, qui seront ceux du passé convertis et transfigurés en vue de l’organisation de la Planète, à la lumière de l’Évangile. Et cette Église nouvelle, bien qu’elle ne doive peut-être rien conserver de la discipline scolastique et de la forme rudimentaire de l’Église antique, recevra néanmoins de Rome l’ordination et la juridiction canonique. Il est nécessaire que la loi de l’évolution reprenne le cycle ouvert par le Saint Évangile sous les pas de l’Humanité Nouvelle. La Synarchie possède la taille suffisante pour mener à bien cette rénovation générale. » (p. 199 et 200).
 

« Celui qui désire voir à la tête d’un “Concile œcuménique” de l’Humanité Synarchique, composé de sages, de chefs d’État, de cardinaux et d’évêques et constituant la “première chambre de la Synarchie Trinitaire, dont le marquis de Saint-Yves d’Alveydre a trouvé les marques dans l’antique enseignement des temples” “n’est pas un pontife de la foi ou du pistil (5), mais un pontife de la gnose ou de la science ésotérique”. » (p. 206 et 207).
 

« L’illuminisme et la théogonie aboutissent ainsi à une inversion des vérités fondamentales et incontestables de la révélation et, par conséquent, de la théologie catholique. » (p. 218 et 219).

 
« En conséquence, et ceci est important, c’est aussi la formule de la régénération (ou réintégration) de l’homme par le « Grand Œuvre » de l’hermétisme qui fait de l’homme (inférieur) un dieu (supérieur). La régénération de l’homme par la gnose (connaissance ésotérique et initiatique) s’oppose donc à la rédemption par le Christ. » (p. 219).

 
« Le sceau de Salomon est donc l’image parfaite de la création divinisée, plérômisée (6), comme disent les gnostiques, les hermétistes et les occultistes. Par rapport à l’homme, c’est la figuration parfaite des paroles de la Genèse : “eritis sicut dei” : “vous serez comme des dieux”. (p. 221).
 

« La voie ouverte et suivie est cela qui conduira rapidement et très bientôt à la modification des fondations humaines de l’Église, en remplaçant la monarchie pontificale par l’instauration de l’Église universelle démocratique. » (p. 263). Voilà pourquoi – soit dit en passant – on a pu voir Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI sans tiare. Et ces deux derniers, en outre, ne sont pas couronnés, ainsi que l’exige la sacro-sainte démocratie, car on sait déjà, grâce à la définition insurpassable de Nicolás Gómez Dávila, que la démocratie est une religion anthropothéiste.

 
« Un Bourbon s’est exclamé : “L’État, c’est moi !”. Un empereur a déclaré : “La Révolution, c’est moi”. Un Pape a soutenu : “La tradition, c’est moi”. Or, aucun de ces trois hommes n’a dit la vérité. Seul le vicaire de Jésus-Christ exprimera la vérité lorsqu’il dira : “La démocratie, c’est moi”. La démocratie, c’est le Pape, car elle est la fille de ce Christ et de cet Évangile qu’il représente sur la terre. » (p. 263-264).

 
« Relisons donc dans les pages de cette œuvre, et nous les comprendrons mieux (c’est capital), les sinistres prédictions de l’ex-abbé Rocca et d’autres personnages sur l’avènement de l’Église et de la “divine synarchie” (Roca) imaginée dans “les temples primitifs durant le cycle des sages initiations”. Nous ne pouvons mettre en doute la réalité du formidable complot se déroulant au sein même de l’Église, qui se croit fort d’une consécration Urbi et Orbi du “Nouveau Pontificat, de la Nouvelle Église et du Nouveau Sacerdoce”. » (p. 264).


Tous ces textes sont éloquents en eux-mêmes, car ils démontrent comment l’Église est devenue victime de ses pires ennemis. Cela conduisit du reste le Père Pío, dont nul ne met la sainteté en doute, à charger en 1957 l’Abbé Luigi Villa de se consacrer à l’étude approfondie de la maçonnerie, et en particulier de la maçonnerie ecclésiastique, ce qui est relaté ainsi : « … Le Père Pío lui donna la mission suivante : “Tu devras consacrer toute ta vie à défendre l’Église du Christ contre les agissements de la franc-maçonnerie, en particulier la franc-maçonnerie ecclésiastique” » ; puis, lors de la deuxième rencontre entre les deux prêtres, en 1963 : « À la fin de la rencontre, le Père Pío donna l’accolade à l’Abbé Villa et lui dit : “Courage ! Courage ! Car l’Église est déjà envahie par la franc-maçonnerie”, avant d’ajouter : “La franc-maçonnerie est déjà parvenue jusqu’aux pantoufles du Pape” (Paul VI !). » (« Quién es el Padre Luigi Villa ?» par le Dr Franco Adessa, p. 4 et 6).

 
L’Abbé Villa a écrit que les trois derniers Papes – Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI (abstraction faite de Jean-Paul 1er, qui a régné moins d’un mois) – étaient des Juifs et des francs maçons ; il a même affirmé que Paul VI, qui fut un parfait homosexuel, donc vulnérable au chantage, avait servi d’informateur (espion) au KGB en dénonçant à ce dernier les prêtres clandestins envoyés à travers le Rideau de Fer par le Pape Pie XII, de telle sorte que : « … les soviétiques faisaient chanter Montini pour qu’il leur nomme les prêtres que le Vatican envoyait clandestinement en Union Soviétique, à travers le Rideau de Fer, durant la Guerre froide. La police secrète soviétique était donc toujours prête, et à peine ces prêtres clandestins avaient-ils franchi la frontière russe qu’ils étaient appréhendés et fusillés ou expédiés au Goulag. » (Chiesa Viva, n° 441, septembre 2011, p. 58).

 
Et dans cet autre texte, nous apprenons que : « L’Abbé Villa était au courant du fait que le Cardinal Pietro Palazzini avait envoyé au postulateur de la cause de béatification de Paul VI une lettre qui contenait les noms des trois derniers amants de Paul VI. Le Cardinal Pietro Palazzini était une autorité en la matière, car il conservait deux dossiers de documents démontrant à l’évidence la réalité du vice impure et contrenature de Paul VI. » (Quién es el Padre Luigi Villa ?, p. 33 et 34).
 

En plus de cela, l’Abbé Villa dénonce le fait que Paul VI portait en sautoir l’insigne caractéristique du Sacerdoce suprême de l’Ancien Testament, à savoir le pectoral portant douze pierres symbolisant les douze tribus de l’Israël de Dieu. « Or, la vérité, c’est que dans la hiérarchie maçonnique, Paul VI était vraiment au sommet. » (Chiesa Viva, n° 441, p. 42). Puis, faisant allusion à la sculpture maçonnique placée en l’honneur de Paul VI dans la cathédrale de Sacro Monte, à Varèse (7), L’Abbé Villa écrit : « Par ce geste de reconnaissance envers Paul VI, la maçonnerie le déclare donc officiellement Pontife Juif. » (Chiesa Viva, n° 441, p. 40). Cela explique pourquoi Paul VI se découronne (c’est-à-dire abdique) en se défaisant de la tiare et pourquoi il arbore mystérieusement le pectoral en question (que beaucoup confondent par erreur avec l’efod).
 

L’ascendance juive de Jean-Paul II ne fait aucun doute non plus, ce que confirme l’application qu’il fit de sa devise selon saint Malachie : De labore solis, c’est-à-dire l’éclipse du soleil, qui, en parcourant le monde, a fait disparaître l’Église sous les ténèbres de l’erreur : « Pour Wojtyla, la religion juive faisait aussi partie de lui, d’abord en tant qu’archevêque de Cracovie, puis en tant que Pape. Cette relation au judaïsme soulève une question : Wojtyla était-il juif ? Que tel fut le cas, on en doit le témoignage à Yaskov Wise, spécialiste de la généalogie judaïque. Wise étudia l’ascendance féminine de la famille Wojtyla. On sait qu’en vertu d’un décret rabbinique, le lignage juif n’est transmis que par la mère, non le père. Or, la mère de Karol avait épousé un catholique, mais son nom de jeune fille, Emilia Kaczorowski, est une adaptation polonaise de Katz, nom judaïque très commun dans le monde yiddish. Quant à la grand-mère de Karol, elle s’appelait Marianna Scizh, autre nom judaïque (Schulze, Shultz). » (Chiesa Viva, n° 430, septembre 2010, p. 22).
 

L’Abbé Villa consacre à Benoît XVI un de ses derniers articles pour la revue Chiesa Viva (numéro de septembre 2012), qu’il a intitulé de façon suggestive : Les Tauber, une des principales branches kabbalistes de la Synagogue, et où il développe ce titre ainsi : « Il importe d’avertir le lecteur que Joseph Alois Ratzinger (Tauber-Peintner), aujourd’hui Benoît XVI, descend d’une des principales branches kabbalistiques de la Synagogue (le Grand Rabbinat de Prague). En outre, il convient de mettre en relief l’effort accompli depuis plus de cinq cents ans par les tribus juives (en particulier celle de Neftali), pour usurper le siège de Pierre, comme l’a affirmé John Retcliffe dans le chapitre “Le cimetière juif de Prague et le Conseil des représentants des douze Tribus d’Israël” de son livre “Biarritz”, qui peut être consulté dans les Protocoles des Sages de Sion, édition spéciale (complète). » Plus avant, sous le sous-titre « Quelques faits historiques sur le “Maharal” (8) de Prague – Le passé antérieur de Benoît XVI », l’auteur écrit ceci : « Parmi ses passés antérieurs, le Juif Joseph Alois Ratzinger (en réalité, Tauber) provient d’une succession de neuf rabbins d’Autriche-Hongrie et d’Allemagne, mais de façon particulière du Maharal (Yeouda Loew ben Bezalel), considéré comme un des principaux sages occultistes de l’histoire. Le Maharal, connu des kabbalistes satanistes, acquit sa grande célébrité en tant que chef spirituel de la communauté juive de Prague. » (p. 30). Voilà pourquoi on a vu se succéder des pontifes découronnés, sans tiare papale.
 

Qu’ajouter à semblable dénonciation ? Les faits exposés ci-dessus expliqueraient la mystérieuse renonciation de l’intéressé et son ahurissante proclamation comme Pape émérite conservant le titre de « Sa Sainteté », qui, au de s’éloigner de Rome comme il le devrait pour ne pas créer d’interférences, non seulement y demeure, mais s’y enracine dans un couvent du Vatican après ses vacances hivernales à Castel Gandolfo, afin de continuer à régner de façon occulte (sous camouflage), assurant ainsi le triomphe de la Synagogue de Satan au sein de l’Église comme le révèle la devise que lui avait affectée saint Malachie : De gloria Olivae. Ainsi se comprend – à la lumière de la Kabbale – pourquoi un franc-maçon comme le Cardinal Achille Liénart a pu s’exclamer : « Humainement parlant, l’Église est perdue ! », et il est permis d’affirmer qu’une telle situation ne pourra se régler sous l’action d’un Pape, quelque bon et saint qu’il soit (car on ne voit pas d’où il pourrait bien surgir), d’un saint Pie V, d’un saint Pie X ou de saint Pierre lui-même, mais uniquement sous celle de Notre Seigneur Lui-même lors de Sa Parousie, dont chaque jour qui passe nous rapproche sous l’action de l’histoire et qui arrivera sans doute bien plus tôt que nous ne persistons à le penser. Voilà pourquoi le Pape Pie XII, après avoir dit qu’on avait enterré la vérité, leva un jour les yeux au ciel en s’exclamant : « Venez, Seigneur Jésus ! L'humanité n'a pas la force d'écarter l'obstacle qu'elle-même a créé en cherchant à empêcher Votre Retour…Venez, Seigneur Jésus ! Il y a tant de signes que votre Retour n'est pas loin ! » (Message pascal de 1957).
 

Abbé Basilio Méramo
Bogotá, le 11 mars 2013

 

(1) Publié en espagnol sous le titre La Masonería dentro de la Iglesia (La maçonnerie au sein de l’Église), par la maison d’édition Cruy y Fierro (Buenos Aires, Argentine, 1968).

 
(2) NdT : le dix-neuvième.

 
(3) NdT : idem.

 
(4) NdT : Retour à la vie, renaissance, régénération.
 

(5) NdT : ?????

 
(6) NdT : néologisme construit sur le substantif Plérôme, qui désigne, dans le langage des gnostiques, le monde de l’Esprit pur, la plénitude divine.

 
(7) NdT (d’après Wikipédia) : Dans la cathédrale de Sacro Monte, on peut voir une statue de Paul VI commandée au sculpteur Floriano Bodini par Mgr Pasquale Macchi. Quoique cette œuvre offre une ressemblance avec le Pape, elle exalte en réalité la franc-maçonnerie du fait des symboles visibles sur elle, notamment un mouton à cinq pattes. La statue fut inaugurée le 24 mai 1986 par Giulio Andreotti, ministre italien des Affaires étrangères, et le Cardinal Casaroli, Secrétaire d’État du Vatican, qui la bénit. Tant l’archevêque Pasquale Macchi que Giulio Andreotti et le cardinal Agostino Casaroli appartenaient à la franc-maçonnerie, ainsi que l’a révélé la liste de Pecorelli, notamment.
 

(8) NdT (d’après Wikipédia) : Rabbi Yeouda Loew ben Bezalel (1512 - 1609), dit « Notre enseignant, le Rav Loew » (Morenou HaRav Loew), abrégé en MaHaRaL (dénomination par laquelle il est le mieux connu) est l'un des plus grands Aharonim (terme générique désignant dans l'histoire du peuple juif, et en particulier dans l'évolution de la Halakha (Loi juive) et de l'exégèse talmudique, les rabbins, décisionnaires religieux et figures spirituelles du judaïsme à partir du XIVème siècle dans le monde ashkénaze, et du XVIème siècle dans le monde sépharade. L'ère des Aḥaronim se poursuit de nos jours).