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mercredi 13 décembre 2017

Paul IV - Bulle Cum ex apostolicum et le pape hérétique

Si vous avez des critiques constructives, faites-nous le savoir.

***Mea culpa. Un ami attentif nous a fait la remarque qu'à 9 minutes, il y a une erreur de photo. Un portrait de Pie XII aurait du y être  mais c'est Benoît XV.***

https://gloria.tv/video/DmUXBRwk1YSE62f6JT7Q1HKAP




mercredi 9 mars 2016

Une vidéo sur le "sédévacantisme" non catholique

Voici une vidéo de 1min17...
Derrière cette vidéo, l'auteur avait probablement une bonne intention malheureusement cette définition de l'Infaillibilité n'est pas catholique.
D'abord, regardons ce qu'en dit le Concile du Vatican :
« On doit croire, de foi divine et catholique, toutes les vérités qui se trouvent contenues dans la parole de Dieu écrite ou traditionnelle et que l'Eglise propose à notre foi comme divinement révélées, qu'elle fasse cette proposition par un jugement solennel ou par son magistère ordinaire et universel. » (Const. Dei Filius)
Il ne faut surtout pas oublier qu'il y a deux modes d'enseignement, l'enseignement pontifical extraordinaire et l'enseignement ordinaire.
Extraordinaire c'est-à-dire une définition solennelle faite en grande pompe telle qu'une bulle ou un concile. Il est tout autant infaillible dans son magistère ordinaire tel que les brefs, discours, encycliques, etc.
En conclusion, il n'est pas infaillible seulement ex cathedra.
« Dès que se fait entendre la voix du magistère de l'Eglise, tant ordinaire qu'extraordinaire, recueillez-la, cette voix, d'une oreille attentive et d'un esprit docile. » (Pie XII aux membres de l'Angelicum, 14 janvier 1958)
« On ne doit pas penser que ce qui est proposé dans les lettres encycliques n'exige pas de soi l'assentiment, sous le prétexte que les papes n'y exerceraient pas le pouvoir suprême de leur magistère. C'est bien, en effet, du magistère ordinaire que relève cet enseignement et pour ce magistère vaut aussi la parole [du Christ aux Apôtres] : « Qui vous écoute, m'écoute » (Luc X, 16), et le plus souvent ce qui est proposé et imposé dans les encycliques appartient depuis longtemps d'ailleurs à la doctrine catholique. Que si dans leurs actes, les souverains pontifes portent à dessein un jugement sur une question jusqu'alors disputée, il apparaît donc à tous que, conformément à l'esprit et à la volonté de ces mêmes pontifes, cette question ne peut plus être tenue pour une question libre entre théologiens » (Encyclique Humani generis, 12 août 1950)
Un peu plus loin dans le vidéo nous pouvons y lire : « Le corps des évêques jouit également de ce privilège, soit qu'il s'agisse des évêques dispersés dans tout l'univers, lorsqu'ils sont unanimes à admettre et enseigner la même vérité, soit lorsqu'ils sont réunis en concile général. »
« Ces vérités, l’Église les enseigne quotidiennement, tant principalement par le pape, que par chacun des évêques en communion avec lui. Tous, et le pape et les évêques, dans cet enseignement ordinaire, sont infaillibles de l'infaillibilité même de l'Église. Ils diffèrent seulement en ceci : les évêques ne sont pas infaillibles par eux-mêmes, mais ont besoin de la communion avec le pape qui les confirme, mais le pape, lui n'a besoin de rien d'autre que de l'assistance du Saint-Esprit, qui lui a été promis. Ainsi il enseigne et n'est pas enseigné, il confirme et n'est pas, confirmé. »

Pour ce qui d'un concile, le concile ne peut être catholique sans l'accord du pape. Car seulement lui seul a eu la promesse du Christ lui-même de paître, "paie mes brebis" paie mes agneaux. Un concile sans pape est sujet a l'erreur. Dans le canon 227 du code droit canonique de 1917 du Chanoine Raoul Naz  nous pouvons y lire : « Les décrets du concile n'ont force obligatoire qu'après avoir été confirmés par le Pontife Romain et promulgué sur son ordre. »
Nous voulons aussi profiter de cette occasion pour rappeler à ceux qui croient que le pape n'est pas Infaillible quand il parle comme docteur privé. Ce qui est entièrement faux. « Il est probable et on peut le croire pieusement, que le souverain pontife, non seulement ne peut pas errer en tant que pape, mais aussi qu'il ne pourra point être hérétique ou croire avec pertinacité une quelconque erreur dans la foi en tant que simple particulier (particularem personam). Cela se prouve premièrement parce que cela est requis par la suave disposition de la providence de Dieu. Car le pontife non seulement ne doit pas et ne peut pas prêcher l'hérésie, mais aussi il doit toujours enseigner la vérité, et sans doute le fera-t-il, étant donné que Notre Seigneur lui a ordonné d'affermir ses frères [...]. Cependant, je le demande, comment un pape hérétique affermirait-t-il ses Frères dans la foi et leur prêcherait-il toujours la vraie foi ? Dieu pourrait, sans doute, arracher d'un coeur hérétique une confession de vraie foi, comme en un autre temps, Il a fait parler l'ânesse de Balaam. Mais cela serait plutôt de la violence et nullement conforme avec la manière d'agir de la divine providence, laquelle dispose toutes choses avec douceur. Cela se prouve deuxièmement de par l'événement, car jusqu'à ce jour, nul n’a été hérétique [...] ; donc c'est un signe que cela ne peut pas arriver. Pour plus d'informations consulter le manuel de théologie réalisé par Pighius" (Saint Robert Bellarmin : De romano pontifice).

Imaginez-vous un évêque qui rencontre le Pape en privé, seul à seul, et lui poserait une question sur un point doctrinal en particulier et ce pape lui répondrait une hérésie. Cet évêque répéterait l'hérésie parmi son entourage, en autre, ses curés. Les curés propageront la même hérésie aux fidèles. Le grand pourfendeur de l'hérésie serait le pape lui-même. Le pape devra combattre sa propre hérésie?
Etant catholique, dès qu'il accepte le pontificat, l'Esprit-Saint le protège contre toute hérésie, penser le contraire serait absurde.


jeudi 9 avril 2015

Petit catéchisme sur l'Infaillibilité du Souverain Pontife

Ce petit catéchisme, composé à Rome et approuvé par le Très-Révérend Maître du Sacré Palais Apostolique, est dédié avec mission à Notre Très-Saint Père le Pape Pie IX
I
Ce qu’est l’Infaillibilité du Pape et aussi ce qu’elle n’est pas
 
Comprenez-vous ce qu’est l’Infaillibilité du Pape et aussi ce qu’elle n’est pas?
Par la grâce de Dieu, je crois le comprendre et être en état de réfuter toutes les erreurs que répandent les ennemis de l’Infaillibilité.
 
Très-bien! – Mais d’abord qu’est-ce que cette Infaillibilité? – Cela veut-il dire que le Pape est impeccable?
Non certes. – Le Pape, enfant d’Adam, comme nous, peut avoir ses défauts et commettre des fautes.- C’est de la parole du Pape qu’il s’agit et non de sa conduite.
 
Et toute parole qui sort de la bouche du pape, est-ce qu’il nous faudra la recevoir comme un oracle?
Non. – La parole du souverain Pontife, quelle que soit son autorité, et quelques respect qu’elle mérite, n’est pourtant infaillible que lorsqu’il enseigne comme Pape.
 
Vous voulez dire quand il parle ex cathedrâ. – Mais quand est-ce que le Pape parle, précisément, comme Pape ex cathedrâ (de sa chaire)?
La chaire (cathedra) signifie l’enseignement du maître. – Le Pape parle ex cathedrâ quand, en sa qualité de maître et de Pasteur universel de tous les chrétiens, de son autorité souveraine et apostolique, il définit quelque doctrine concernant la foi et les mœurs pour l’Église catholique tout entière. L’Infaillibilité pontificale est donc le privilège que le Pontife romain a reçu de Dieu de ne pouvoir se tromper quand il parle ex cathedrâ en matière de foi et de mœurs.
 
D’où vient que, dans ce cas, le Pape ne peut enseigner l’erreur au lieu de la vérité; en d’autres termes, qu’il est infaillible?
Il est infaillible parce que Dieu l’assiste, parce que l’Esprit-Saint, l’Esprit de vérité l’assiste, selon la promesse faite à Pierre, et en lui à ses successeurs.
 
Le Pape a donc la même infaillibilité que l’Église?
Précisément. – Le Pape, même seul, en sa qualité de maître et de docteur universel, a cette même infaillibilité que Jésus-Christ a donnée à son Église pour l’enseignement de la foi et de la morale.
 
Donc, lorsque le Pape a porté une définition, il faut la tenir pour infaillible, on ne peut plus y toucher, ni la réformer?
Oui; les définitions du Pape, faites de sa seule autorité souveraine et apostolique, sont dès lors par elles-mêmes immuables; il n’est pas besoin d’attendre le consentement de l’Église pour être certain de leur vérité, et, par suite, elles ne peuvent être réformées.
 
Mais, à défaut de ce consentement, pourra-t-il arriver que, d’un côté l’on voie le Pape, et de l’autre l’Église?
Non. – On ne verra jamais d’un côté le Pape enseignant une doctrine et de l’autre côté tous les évêques enseignant le contraire. Et ainsi disparaît cet épouvantail de l’infaillibilité isolée, comme on dit, personnelle et séparée. Toujours l’Épiscopat catholique, sous l’influence du Saint-Esprit qui assiste l’Église, adhèrera au jugement porté par le Pape de son infaillible autorité. L’édifice restera toujours, oui, toujours uni au fondement; mais pour être soutenu par lui et non pour le soutenir.
 
Nous aurons donc deux infaillibilités : l’infaillibilité collective de l’Église enseignante et l’infaillibilité personnelle du Pape?
À parler exactement, l’Infaillibilité est une dans son principe, qui est l’assistance du Saint-Esprit; une dans sa fin qui est le bien universel de tous les fidèles. Seulement le sujet en qui elle réside, peut être ou le chef de l’Église seul, ou ce même chef auquel s’unit, tout en lui demeurant subordonné, l’Épiscopat catholique pour former l’Église enseignante. Et ainsi, nous avons comme un double organe par lequel Dieu nous fait entendre sa voix : l’Église enseignante, ou le Pape avec l’Épiscopat catholique dispersé ou réuni en Concile; et le Pape seul, parlant ex cathedrâ, comme Docteur universel, avec sa seule autorité apostolique.
 
II
La définition est nouvelle
Le dogme n’est pas nouveau
 
L’Infaillibilité du Pape uni aux évêques, ou l’Infaillibilité de l’Église est un dogme ancien et reçu de tout temps; mais cette infaillibilité du Pape, indépendamment du consentement et de l’autorité des évêques, n’est-elle pas, comme on le prétend, un dogme nouveau?
La définition est nouvelle; le dogme n’est pas être nouveau. Le dogme est ancien autant que l’Évangile, où il est dit : - que Jésus-Christ établit Pierre comme fondement de l’Église et Pasteur universel : - qu’il pria pour que sa foi ne défaillît jamais : - qu’il lui donna le privilège de confirmer ses frères dans la foi. Or, il est évident que si les décisions du Pape avaient besoin d’être examinées et confirmées par les évêques, le fondement, au lieu de soutenir l’édifice, seraient soutenu par lui; - Pierre, au lieu de confirmer ses frères, serait confirmé par eux dans sa foi.
Le dogme est donc aussi ancien que l’Évangile lui-même.
 
Mais anciennement cette infaillibilité a-t-elle aussi été reconnue par l’Église?
Elle a toujours été reconnue d’une manière plus ou moins expresse, et dans son enseignement et dans sa pratique. Les papes ont donné leurs définitions, comme infaillibles, immuables et sans appel; les SS. Pères, les Évêques, l’Église entière a toujours vénéré l’infaillible autorité de la chair de Pierre dans l’enseignement de ses successeurs, bien qu’elle ne fût pas encore définie comme un dogme de foi.
 
Pourquoi donc l’Église n’a-t-elle pas défini plus tôt cette infaillibilité du Pape?
Plus tôt, il n’en était pas besoin : c’est de nos jours que cette définition est devenue opportune. Ce dogme (comme celui de l’Immaculé Conception de Marie) a passé par trois phases distinctes. D’abord il est admis pendant des siècles, surtout dans la pratique, simplement, sans discussions ni recherches. Puis, vint une période de doutes et de controverses, d’opposition dans le sein même de l’Église, de la part des fidèles que l’on appela Gallicans : mais l’Église, avec une énergie, mêlée de suavité, ne cessa de repousser de toute manière cette erreur et d’éclaircir toujours davantage la vérité, jusqu’au moment où elle crut devoir enfin la définir solennellement. – Désormais, pour tous les catholiques, c’est une vérité de foi.
 
Mas la vérité, mais la foi, n’est-elle donc pas toujours la même?
Le soleil aussi est toujours le même en soi; mais par rapport à nous, sa lumière croît jusqu’à midi. L’Infaillibilité du Souverain Pontife fut toujours en soi une vérité de foi; mais, par rapport à nous, elle a développé graduellement sa lumière, jusqu’au Concile du Vatican, où elle a atteint par sa définition dogmatique le plus haut degré de sa splendeur. Et, par suite, nier l’Infaillibilité du Pape a toujours été une erreur, mais ce n’était pas une hérésie, comme ce le serait aujourd’hui, parce que l’Église ne l’avait pas suffisamment proposée à notre foi, ainsi qu’elle vient de le faire dans ce Concile, le premier qui se soit réuni depuis les grandes controverses soulevées à ce sujet.  
 
Mais aussi ce Concile du Vatican sera le dernier des conciles. En effet, s’il est de foi que le Pape est de soi infaillible et peut décider les questions de doctrine de sa seule autorité apostolique, a quoi bon de nouveaux conciles?
Des Conciles peuvent être nécessaires encore pour bien des raisons; mais cette nécessité ne sera jamais absolue : et il devait en être ainsi pour le bien de l’Église. Et de fait, avant cette définition, les Papes ont, sans Conciles, quand il en a été besoin, défini des vérités et condamné des erreurs. Et, de nos jours surtout, où l’erreur court et se répand avec tant de rapidité, c’est un grand avantage que, pour la voir infailliblement condamné et la vérité proclamée avec la certitude de la foi, nous ne soyons pas obligés d’attendre (combien de temps, Dieu le sait) la réunion d’un Concile ou l’assentiment des Évêques dispersés de l’Église entière, et qu’il suffise de la voix du Vicaire de Jésus-Christ, Pasteur et Docteur universel.
 
On dit pourtant que dans ce Concile les évêques se sont dépouillés de leur autorité, pour donner au Pape une autorité nouvelle?
Une autorité nouvelle. Mais le Concile ne lui a absolument rien donné. Cette autorité, le Pape l’avait et l’exerçait, et l’Église entière la reconnaissait de fait. Le Concile, par sa définition, s’est borné à reconnaître solennellement, comme dogme de foi, l’autorité infaillible que Jésus-Christ lui-même a donnée au Pape. Il n’a donc été rien donné au Pape. Il n’a donc été rien enlevé à l’autorité divine des évêques, soit réunis en Concile. Il n’y a rien de nouveau, sinon la définition solennelle de l’ancienne doctrine catholique de l’infaillibilité du Pape.
 
III
Que doit-on entendre par infaillibilité en matière de foi et de mœurs
 
Je voudrais maintenant savoir d’une manière plus précise quelles sont les matières dans lesquelles le Pape est infaillible?
Je vous l’ai déjà dit : il est infaillible dans les matières qui concernent la foi et les mœurs; de même qu’on a toujours dit que l’Église est infaillible dans l’enseignement de la foi et de la morale, ainsi en est-il du Pape.
 
Fort bien; mais avec ces mots de la foi et de la morale, dont la signification est si étendue, ne risque-t-on pas d’élargir l’Infaillibilité du Pape et de l’Église et de la faire sortir de la sphère qui lui est propre?
Cette même assistance du Saint-Esprit qui produit l’infaillibilité, fait aussi qu’elle ne peut jamais sortir de sa sphère, ce qui serait la plus grossière des erreurs. Quelle infaillibilité que celle qui se méprendrait au point de décider plus qu’elle ne doit! Quel docteur infaillible que celui qui ne saurait point discerner les sujets de sa compétence de ceux qui y échappent, ou qui, le sachant, s’arrogerait une autorité infaillible qu’il n’a pas!
L’enseignement de l’Église s’est toujours maintenu dans les limites de la foi et de la morale : ici le fait ne saurait jamais être opposé au droit.
 
Eh bien! voyons comment, par le fait, l’Église et le Pape ont compris et exercé cette autorité divine dans leur enseignement.
Ils ont embrassé dans leur enseignement tout ce qui se rapporte aux choses que nous devons croire ou pratiquer pour parvenir au salut éternel. Avant tout, les articles de foi expressément révélé; plus ou moins liées à la foi et à la morale chrétienne et par suite au salut éternel. Ainsi donc, en fait comme en droit, il appartient à l’autorité doctrinale de l’Église ou du Pape (ce qui est tout un) de condamner non-seulement les hérésies déclarées, mais aussi les erreurs qui, de plus ou moins près, touchent à la foi et à la morale; par conséquent de condamner des livres, des propositions, des opposition avec la foi ou la morale; de réprouver certaines sectes ou sociétés comme illicites et immorales, et d’approuver au contraire comme pieux et bons les ordres religieux; de juger de la vérité des vertus et de canoniser les saints; d’admettre ou de rejeter certaines doctrines qui regardent le bien général, les droits ou la discipline de l’Église de Jésus-Christ. Tout cela se lie à la foi et à la morale, et tombe par conséquent sous l’Infaillibilité de l’Église ou du Pape.
 
Mais ceci est vraiment excessif!... Et qui donc explique de la sorte l’infaillibilité dans les doctrines relatives à la foi et mœurs?
L’Église elle-même par ses actes. Est-il vrai, oui ou non, que l’Église, que les Papes se sont crus autorisées à porter sur tous ces sujets un jugement d’une infaillible vérité, et conséquemment une sentence irréfragable, qui exige l’assentiment de tous les fidèles? Si le Pape a défini quelque chose, en sa qualité de maître universel de l’Église, le pape a parlé avec l’assistance spéciale du Saint-Esprit; donc il n’a pas excédé les limites de son autorité; donc les points qu’il a définis, ont tous quelque connexion avec les vérités révélées, avec la foi ou la morale.
 
Mais si quelqu’un ne la voit pas cette connexion?
Si quelqu’un ne la voit pas cette relation si facile à voir, qu’il s’en prenne à la faiblesse de son jugement et non au Pape. Autrement il faudrait en faire retomber la faute sur le Saint-Esprit, qui n’aurait pas su l’assister. Au lieu donc de dire que le Pape parle de ce qui ne le regarde pas, qu’il prenne garde lui-même de parler de ce qu’il ignore. Que d’ignorants de nos jours parlent théologie en prétendant faire la leçon au Pape!
 
Il semble toutefois que le Pape veuille s’avancer sur le libre terrain de la science et de la raison; est-ce qu’alors il ne serait pas exposé à faire fausse route et à tomber dans l’erreur?
Ce sont bien plutôt la science et la raison qui pénètrent dans le domaine de la religion, de la foi, de la morale, et se heurtent à quelques-uns de ses dogmes. Alors l’Église et le Pape crient : « Arrière, imprudents, reculez, téméraires! » Et ainsi, quand le Pape condamne quelques erreurs de la raison et de la prétendue science, il demeure toujours à son poste sur le terrain de la religion.
 
Que direz-vous quand le Pape, sous le prétexte de son infaillibilité, voudra entrer jusque dans la politique? Est-ce que la politique n’est pas indépendante!
Indépendante même de Dieu, de la morale, de la justice? Quelle belle politique ce serait là!
Le Pape, ainsi qu’aux particuliers, a le droit d’enseigner la morale aux nations et aux gouvernements, de condamner les faux principes, même en politiques, et aussi les maximes erronées de nos sociétés modernes, quand cela touche à la religion, c’est-à-dire, comme nous l’avons répété si souvent, à la foi et à la morale.
 
Et alors, avec cette infaillibilité, le pape pourra quelque jour porter une sentence de déposition contre un souverain excommunié, délier ses sujets du serment de fidélités, et nous ramener en plein moyen âge?
Ceci n’est qu’un vain épouvantail. C’est confondre les choses et les temps les plus différents. Qu’a donc à faire l’infaillibilité avec la déposition des souverains?
C’est l’autorité qui était en jeu et non l’Infaillibilité, lorsque certains actes spirituels du Pape (l’excommunication par exemple) produisaient des effets civils et politiques admis et reconnus par les princes et les peuples, et passés dans le droit public des sociétés chrétiennes, l’infaillibilités n’y entrait pour rien. Autre chose est l’Infaillibilité, ou si vous le préférez, l’autorité dans l’enseignement, autre chose est l’autorité suprême dans le gouvernement. L’Infaillibilité est toujours la même, l’autorité, bien qu’au fond toujours la même aussi, dans ses applications, dans son extension aux effets civils et politiques, dans son mode, dans ses formes, dépend des circonstances et des temps.
Ceux-là donc, qui soulèvent ces difficultés politiques contre l’Infaillibilité, confondent des choses et des temps différents; et ils font à dessein pour embrouiller la question et rendre ainsi l’Infaillibilité odieuse à la société moderne. Mais la société peut être tranquille : les Papes de nos jours ne songent pas à déposer les souverains… Ce sont les sociétés secrètes et les révolutions qui s’en chargent, à l’aide de ce qu’elles appellent la souveraineté du peuple. Ne sortons donc pas de la question : cela nous entraînerait trop loin. À vrai dire, après le catéchisme sur l’Infaillibilité, c’est tout un catéchisme encore qu’il nous faudrait sur l’autorité du Pape, au sujet de laquelle on a, de nos jours, tant et tant déraisonné.
 
IV
Difficultés rationnelles et historiques
 
Vous m’avez bien expliqué ce que c’est que l’Infaillibilité du Pape et ce qu’elle n’est pas : ce qu’elle embrasse et ce qui est en dehors d’elle, et vous avez résolu quelques-unes des objections qu’on lui oppose. – Je veux vous en soumettre quelques autres encore, pour m’assurer si vous êtes bien en état de répondre à toutes les erreurs que l’on propage à ce sujet. – Que répondriez-vous donc à celui qui vous dirait que Dieu seul est infaillible, et que tout homme est sujet à l’erreur?
Certainement Dieu seul est infaillible par sa nature : mais c’est lui précisément, ce Dieu infaillible, qui selon ses promesses, assiste son Vicaire pour le préserver de l’erreur, et lui communiquer un rayon de son infaillibilité. C’est ainsi que Dieu seul peut opérer des miracles; seul il voit l’avenir; et pourtant d’innombrables saints, par un don spécial, n’en ont pas moins opéré des miracles et fait des prophéties.
 
Mais vous-même vous avez accordé que le Pape n’est pas impeccable; en somme, le Pape est homme et soumis à toutes les faiblesses humaines. Ne pourrait-il donc arriver qu’en dictant une définition de foi ou de morale il se laissât guider par quelque passion, ou qu’il mît du caprice et de la légèreté dans son enseignement?
Non; car Dieu, qui a promis au Pape l’infaillibilité, ne peut permettre que par passion, par caprice, par défaut d’étude, il fasse jamais une définition erronée. Nous en revenons toujours à ce point : l’Infaillibilité ne tient ni à la vertu ni à la science de l’homme; elle dépend de l’assistance de Dieu, qui n’exclut pas cependant l’étude et les recherches de la théologie.
 
Très-bien : mais il n’y a pas de raisonnement qui puisse prévaloir contre les faits. Vos raisons sont excellentes : néanmoins l’histoire est là, pour démontrer que, malgré leur infaillibilité, quelques Papes sont tombés dans l’erreur.
Sont tombés dans l’erreur en donnant à l’Église des enseignements sur la foi ou la morale!...Oh! non! Jamais!! – C’est ici le point capital. Tout ce qu’on a dit et répété au sujet d’autres chutes, d’autres méprises des Papes, vraies ou fausses, n’a rien à faire dans la question qui nous occupe. Parmi toutes ces définitions, émanées des Papes, qu’on cherche une définition fausse, une définition concernant la morale ou la foi qui ait dû être rétractée ou réformée par son auteur lui-même, ou par ses successeurs ou par l’Église : on ne la trouvera pas. Vous découvrez dans l’histoire quelque trait qui accuse la conduite des Papes; mais un fait, un seul fait qui aille contre leur infaillibilité dans les définitions doctrinales en matière de foi ou de mœurs, ce fait est encore à découvrir et à démontrer. L’histoire nous apporte donc une magnifique confirmation de la doctrine de l’infaillibilité récemment définie par le Concile du Vatican.
 
V
Conclusion pratique
 
Désormais la définition est faite. Il ne reste plus aux catholiques qu’à s’incliner; mais cette définition a-t-elle été un bien ou un mal?... Et d’abord, était-il besoin de la porter?
Non seulement il en était besoin, mais c’était une véritable nécessité. Après tout le bruit qui s’était fait contre l’infaillibilité du Pape, la définition de la vérité n’était pas seulement opportune, elle devenait absolument nécessaire. Et, même en dehors de cette considération, elle était sous beaucoup de rapports très opportun et très utile pour le bien de l’Église. Avant la définition on pouvait la discuter de bonne foi; mais aujourd’hui la question de son opportunité est tranchée, tout aussi bien que celle de sa vérité. Le Concile, assisté par le Saint-Esprit, a parlé : qui osera dire que, sans doute il a défini un dogme important révélé de Dieu, mais qu’il eût fait plus prudemment de taire et de laisser l’erreur se propager?
 
Toutefois cette bienheureuse définition a fait naître la discorde et les contradictions. Voyez la conduite de certains gouvernements, voyez la secte de ces nouveaux hérétiques, qui se donner le nom de vieux-catholiques?
Tant pis pour eux; c’est leur faute. Il n’est que trop vrai qu’il faut qu’il se produise des scandales pour faire discerner les vrais catholiques des faux. D’autres Conciles aussi et d’autres définitions ont soulevé des contradictions même plus violentes, et des révoltes plus redoutables encore. Jésus-Christ fut salué dans le Temple par le saint vieillard Siméon comme un signe de contradiction : ainsi en est-il de son Vicaire ici-bas. La faute en est tout entière à ceux qui tournent à leur ruine une définition qui, pour eux aussi, eût été un instrument de salut, s’ils avaient su s’incliner humblement devant elle, au lieu de se briser la tête contre la pierre que Jésus-Christ lui-même, pour le bien de son Église, a déposée dans ses fondements.
 
Oui, l’Infaillibilité est un beau privilège pour celui qui est chargé d’enseigner la vérité au monde : mais elle pèse lourdement sur ceux qui doivent se soumettre à ses définitions?
Ne parlez pas ainsi. Ce n’est pas pour son avantage que le Pape a reçu l’Infaillibilité, mais pour le bien des fidèles. Et n’est-ce pas en effet un bien inappréciable pour le monde que de posséder une chaire de vérité, une autorité infaillible qui lui enseigne la foi et la morale?
 
Soit! Mais en donnant tant de relief à ce principe d’autorité infaillible, vous supprimez la liberté de la science, la liberté du progrès, la liberté de la civilisation moderne, la liberté de la raison?
Laissez donc là toutes ces libertés! C’est de la licence qu’il s’agit et de la licence de l’erreur. Est-ce que cette licence-là vous paraît un bien? Et n’est-ce pas au contraire un grand bien pour la science, pour le progrès, pour la civilisation que d’avoir un docteur vivant, qui, au nom de Dieu, combatte l’erreur et enseigne la vérité sur tout ce qui touche à la foi et à la morale. Et certes, que cela ait été solennellement défini, c’est un immense avantage pour la foi et pour la raison, pour les particuliers et pour les peuples, pour l’Église et pour la société tout entière.
 
Je conçois que la définition étant portée, il ne nous reste plus qu’à nous soumettre aux décisions du Pape par amour ou par force.
Par amour, seulement par amour! L’obéissance des catholiques aux enseignements du Pape doit être entière, spontanée, affectueuse, filiale. La définition de l’infaillibilité nous oblige à la reconnaissance envers Dieu, qui nous a donné un Pasteur infaillible dans la foi et dans la morale; à la reconnaissance envers le Concile qui nous a mieux fait connaître ce grand bienfait de Dieu; à la soumission, au dévouement, à l’amour envers le Pape et la chaire de saint Pierre, qui est la chaire de la vérité; enfin, à un amour particulier envers Pie IX, le Pontife infaillible de la Vierge Immaculée, qui après avoir glorifié Marie en définissant son Immaculée Conception, a vu le Concile du Vatican définir l’Infaillibilité pontificale.
Ce sont là les fruits qu’avec la grâce de Dieu j’espère avoir recueillis des instructions que j’ai entendues sur l’Infaillibilité du Pape.

samedi 28 février 2015

Paul IV - Bulle Cum ex apostolatus

De notre charge apostolique, à nous confiée par Dieu, nonobstant la faiblesse de nos mérites, découle pour nous le souci constant du troupeau du Seigneur. En conséquence, pour le garder fidèlement et le diriger salutairement, tel un berger vigilant, nous devons veiller avec assiduité et pourvoir avec attention à ce que soient repoussés loin de la bergerie du Christ tous ceux qui, à notre époque, pécheurs invétérés, s'appuient sur leurs propres lumières, s'insurgent avec une insolence perverse contre l'enseignement de la foi orthodoxe, pervertissent par des inventions superstitieuses et factices l'intelligence des saintes Écritures, se démènent pour déchirer l'unité de l'Église et de la tunique sans couture du Seigneur ; à ce qu'ils puissent continuer l'enseignement de l'erreur au mépris de l'état de disciple de la Vérité.

§ 1. Nous considérons la situation actuelle assez grave et dangereuse pour que le Pontife Romain, Vicaire de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ sur terre, revêtu de la plénitude du pouvoir sur les nations et les royaumes, juge de tous les hommes et ne pouvant être jugé par personne en ce monde, puisse toutefois être contredit s'il dévie de la Foi catholique.

Et, puisque là où le danger s'étend, là aussi il devient plus profond, il faut y veiller avec plus de diligence de telle sorte que des pseudo-prophètes ou des hommes revêtus d'une juridiction séculière ne puissent prendre misérablement dans leurs actes les âmes des gens simples, entraîner avec eux à la perdition et à la damnation éternelle des peuples innombrables soumis à leur soin et à leur autorité, soit spirituelle, soit temporelle. Et, pour que nous puissions ne jamais voir dans le lieu-Saint l'abomination de la désolation prédite par le Prophète Daniel, nous voulons autant que nous le pourrons avec l'aide de Dieu et selon notre charge pastorale, capturer les renards occupés à saccager la vigne du Seigneur et écarter les loups des bergeries, afin de ne pas sembler être comme les chiens muets, impuissants à aboyer, pour ne pas nous perdre avec les mauvais serviteurs et ne pas être assimilé à un mercenaire.

§ 2. Après mûre délibération à ce sujet avec nos vénérables frères des Cardinaux de la sainte Église Romaine, sur leur conseil et avec leur assentiment unanime, de part notre autorité apostolique, nous approuvons et renouvelons toutes et chacune des sentences, censures et peines d'excommunication, interdit et privation et autres, quelles qu'elles soient, portées et promulguées par les Pontifes Romains nos prédécesseurs ou tenus pour tels, soit par leurs lettres circulaires (même paraissant extravagantes), reçues par l'Église de Dieu dans les saints conciles, soit par les saints canons et constitutions et ordonnances apostoliques portés et promulgués, de quelque façon que ce soit, contre les hérétiques et les schismatiques. Nous voulons et décrétons qu'elles soient observées PERPÉTUELLEMENT . Si peut-être elles ne le sont pas, qu'elles soient rétablies en pleine observance et doivent le rester. En outre, quiconque serait arrêté, avouant ou convaincu d'avoir dévié de la foi catholique, être tombé en quelque hérésie ou schisme, l'avoir suscité ou y avoir adhéré, ou encore (que Dieu dans sa clémence et sa bonté envers tous les hommes, daigne l'empêcher !) si quelqu'un devait à l'avenir dévier et tomber dans l'hérésie ou le schisme, les susciter ou y adhérer, et qu'il soit pris sur le fait de cette déviation, incitation ou adhésion, qu'il l'avoue ou en soit convaincu, de quelque état, dignité, ordre, condition et prééminence qu'il soit, même évêque, archevêque, patriarche, primat, de dignité ecclésiastique encore supérieure, honoré du cardinalat, et ou que ce soit, investi de la charge de légat du Siège apostolique, perpétuelle ou temporaire, ou qu'il resplendisse d'une excellence et autorité séculière, conte, baron, marquis, duc, roi empereur, qui que ce soit parmi eux, il encourra les sentences, censures, peines susdites, nous le voulons et le décrétons.

§ 3. Considérant toutefois qu'il est bien de détourner du mal par la crainte des peines, ceux qui ne s'en abstiennent pas pour l'amour de la vertu; que les évêques, archevêques, ... etc. qui doivent guider les autres et leur servir d'exemples afin de les garder dans la foi catholique, pèchent plus gravement que les autres s'ils viennent à prévariquer, puisque non seulement ils se perdent eux-mêmes, mais de plus ils entraînent avec eux à la perdition et à l'abîme de la mort éternelle d'innombrables peuples confiés à leur soin et à leur autorité ou leurs sujets de quelque autre façon, sur un semblable conseil et assentiment (des cardinaux), en vertu de cette constitution nôtre VALIDE A PERPÉTUITÉ, par haine d'un si grand crime, le plus grave et pernicieux possible dans l'Église de Dieu, dans la plénitude de notre pouvoir apostolique, nous décidons, statuons, décrétons et définissons les sentences, censures et peines susdites...etc.

§ 4. Ceux qui prétendront avoir un droit de patronage ou de nomination de personnes aptes à gouverner des églises cathédrales, métropolitaines, patriarcales, primatiales, ou des monastères et autres bénéfices ecclésiastiques devenus vacants par ces privations, pour ne pas les exposer aux inconvénients d'une longue vacance après les avoir arrachés à l'esclavage des hérétiques, et afin de les confier à des personnes aptes à diriger fidèlement les peuples dans les voies de la justice, ceux-là devront présenter les dites personnes aux églises, monastères et autres bénéfices dans les limites du temps fixé par le droit canonique ou des contrats particuliers, ou statué en accord avec le Saint-Siège ; de même ils seront tenus de les présenter à Nous-mêmes ou au Pontife romain alors régnant ; sinon, le laps de temps écoulé, la pleine et libre disposition des églises, monastères et bénéfices susdits reviendra de plein droit à Nous et au Pontife romain susdit.

§ 5. En outre, quiconque prendra sur lui, sciemment et de quelque manière que ce soit, d'accueillir, défendre, favoriser ou croire les coupables arrêtés sur aveux ou preuves d'hérésie, ou encore d'enseigner leurs erreurs, celui-là encourra, du fait même, une sentence d'excommunication. Il deviendra hors la loi : il ne pourra participer ni oralement, ni en acte, ni par écrit, ni par délégation ou procuration, aux fonctions publiques ou privées, Conseils, Synodes, Concile général ou provincial, Conclave des Cardinaux, assemblée des fidèles, élections, témoignage en justice. Il n'y sera point admis.

§ 6. De plus, si jamais un jour il apparaissait qu'un évêque, faisant même fonction d'archevêque, de patriarche ou de primat ; qu'un cardinal de l'Église Romaine, même légat ; qu'un SOUVERAIN PONTIFE LUI-MÊME, avant sa promotion et élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, déviant de la foi catholique, est tombé en quelque hérésie, sa promotion ou élévation, même si elle a eu lieu dans la concorde et avec l'assentiment unanime de tous les cardinaux, est NULLE , SANS VALEUR, NON AVENUE. Son entrée en charge, consécration, gouvernement, administration, tout devra être tenu pour ILLÉGITIME.

S'il s'agit du souverain Pontife, on ne pourra prétendre que son intronisation, adoration (agenouillement devant lui), l'obéissance à lui jurée, le cours d'une durée quelle qu'elle soit (de son règne), que tout cela a invalidé ou peut invalider son pontificat ; celui-ci ne peut être tenu pour légitime JAMAIS ET EN AUCUN DE SES ACTES.

De tels hommes, promus évêques, archevêques, patriarches, primats, cardinaux ou SOUVERAIN PONTIFE, ne peuvent être censés avoir reçu ou pouvoir recevoir AUCUN DROIT d'administration, ni dans le domaine spirituel, ni dans le domaine temporel. Tous leurs dits, faits, et gestes, leur administration et tous ses effets, tout est dénué de valeur et ne confère, par conséquent, aucune autorité, aucun droit à personne. Ces hommes ainsi promus seront donc, sans besoin d'aucune déclaration ultérieure, privés de toute dignité, place, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir, même si tous et chacun de ces hommes n'a dévié de la foi catholique, tombant dans le schisme ou l'hérésie, qu'après son élection, soit en suscitant soit en embrassant ces erreurs.

§ 7. Quand aux personnes assujetties au Pontife, aussi bien clercs séculiers et réguliers que laïcs, cardinaux y compris, qui auraient participé à l'élection du Pontife Romain déjà hors de la foi catholique, par hérésie ou schisme, ou qui y consentiraient de quelque autre manière, qui lui auraient promis obéissance, qui se seraient agenouillées devant lui...etc. de même quiconque se lierait à de telles personnes par hommage, serment ou caution, au lieu de renoncer en tout temps à leur obéir, les servir impunément, de les éviter comme des MAGICIENS, des PAÏENS et des PUBLICAINS et HÉRÉSIARQUES , toutes ses personnes assujetties, si elles prétendent néanmoins rester attachées fidèles et obéissantes... toutes ces personnes seront soumises au châtiment des censures et des peines qui frappent les gens qui déchirent la tunique du Seigneur.

§ 8. Nonobstant les décisions et dispositions apostoliques, ou encore les privilèges, indults et écrits apostoliques qui auraient été donnés à de tels [hérétiques promus invalidement pseudo- évêques, archevêques, patriarches, primats ou cardinaux ou à toute autre personne. [Nous cassons de tels écrits en leur faveur, quelle que soit la manière dont ils aient été formulés]: peu importe le contexte, la forme, les clauses. [Tout cela est nul,] fût-ce des décrets, des motu proprio ou [des formulations telles que] "de science certaine" et "dans la plénitude la puissance apostolique". [Nous frappons de même de nullité] tout consistoire ou encore tout autre moyen mis en œuvre: approbations répétées et renouvelées, insertion dans le corps des lois ecclésiastiques, chapitres des CONCLAVES, serment, confirmation apostolique ou toute autre confirmation, eût-elle été corroborée par serment par nous-mêmes.

Toutes les choses accordées à ceux qui ont été mentionnés expressément plus haut conservent leur valeur par ailleurs; nous les supprimons seulement et spécialement pour ces cas-là, sans que quiconque puisse y opposer quoi que ce soit.

§ 9. Mais pour que le présent écrit arrive à la connaissance de tous les intéressés, nous voulons que l'original (ou une copie signée par la main d'un notaire public et authentifiée par le sceau d'un dignitaire ecclésiastique; nous déterminons que l'on doit y ajouter foi) soit publié et affiché par quelques-uns de nos hérauts - aux portes de la basilique du prince des apôtres, - à la chancellerie apostolique, - et aussi au bord du Campo dei Fiori, et qu'une copie y soit laissée affichée. La publication et l'affichage et le fait d'y laisser une copie affichée suffisent et doivent être tenus pour solennels et légaux; il n'y a aucune autre publication à réclamer ou à attendre.

§ 10. Que personne donc ne se permette d'enfreindre ce document qui exprimant notre décision, innovation, sanction, statut, dérogation, décret, interdiction ou d'y contrevenir avec une audace téméraire. Si quelqu'un avait cette outrecuidance, il encourrait, qu'il le sache, L'INDIGNATION DU DIEU TOUT-PUISSANT ET DES BIENHEUREUX APÔTRES SAINT PIERRE ET SAINT PAUL.

Donné à Rome, à Saint Pierre, le 15 des calendes de mars, l'an 1559, la quatrième année de notre pontificat.

† Moi, PAUL (IV), évêque de l'Église catholique.

samedi 10 janvier 2015

Paul Scortesco - L'Église condamnée

 Nous ajoutons à ce texte nos citations qui seront identifié par des lettres entre parenthèses.


CHAPITRE I

L’ÉGLISE CONDAMNÉE A MORT

Je récidive... Rien à faire ! Je croyais pourtant avoir dit tout ce que j’avais à dire... Eh non, les événements se précipitent ! Et ne pas continuer à combattre quand l’Église est de plus en plus menacée, c’est déserter, c’est forfaire à l’honneur envers sa propre Mère, envers l’Épouse de Notre-Seigneur Jésus-Christ... Ne pas la défendre quand elle est condamnée à mort - et nous le verrons comment et pourquoi - c’est se rendre complice du plus abominable crime de l’histoire de l’humanité.

J’exagère ? Je ne fais encore que constater des faits. De nouveaux faits. Sans la moindre enflure, mais sans céder à la veulerie qui est de rigueur en ce moment; j’ai simplement le courage de les regarder en face, de les voir en toute leur ignominie. Sans les voiler et les diminuer, de peur de déplaire...

Mais si vous ne voulez pas en être informé, cher lecteur, fermez cette plaquette ! Ne continuez pas à la lire. Vous perdriez votre temps. Mais vous feriez partie de ces catholiques qui veulent ignorer cette condamnation à mort de leur Église. Et c’est là une résignation suicidaire !


Peut-on rester, en effet, indifférent en face de la suspension a divinis de Mgr Marcel Lefebvre ? Car avec lui, n’est-ce pas l’Église même qui a été SUSPENDUE ? N’est-ce pas à Écône qu’elle s’est réfugiée ?

Oui, l’Église est condamnée. Par qui ? Par ses ennemis qui depuis 1789 ont tout fait pour la tuer ? Diantre, non ! Cette fois-ci, et plus que jamais, par ceux-là mêmes qui n’ont d’autre mission que de la défendre. Je dis «plus que jamais» parce que, au temps de l’arianisme, quand la hiérarchie contestait la divinité du Christ, Rome n’est pas allée jusqu’à vouloir instaurer une nouvelle religion, celle de l’Homme à la place de Dieu fait homme ! Et elle avait gardé la messe des martyrs, des apôtres et des saints ; elle ne l’avait pas remplacée par une «nouvelle eucharistie» qu’on n’ose même pas appeler messe aujourd’hui !


Oui, c’est plus grave que jamais parce que Paul VI va plus loin que le pape Libère (A) en se déclarant en accord avec les évêques qui expulsent de leur paroisse les prêtres qui refusent «l’eucharistie qui fait simplement mémoire» de la nouvelle religion. Il ne s’oppose même pas aux évêques qui les expulsent avec la police, comme ce Mgr Paul Grégoire l’a fait pour l’abbé Yves Normandin, de sa paroisse Sainte-Yvette de Montréal[i]. (B)


Paul VI est donc en communion avec ces évêques, mais en total désaccord avec Mgr Marcel Lefebvre; il le suspend a divinis parce qu’il a le tort de vouloir rester fidèle à l’Église catholique et romaine. Et quand, en outre, il condamne les prêtres ordonnés à Écône, alors là, il n’y a plus le moindre doute; Paul VI jette bas son masque : il veut condamner à mort l’Église. Car sans prêtres, sans de véritables prêtres, point d’Église !

C’est clair et net : EN CONDAMNANT ÉCÔNE, C’EST L’ÉGLISE AVEC TOUTE SA TRADITION QU’IL A CONDAMNÉE.

Ah, quel abîme, quel schisme profond sépare Paul VI de saint Pie V ! Aucune continuité, aucune parenté entre la Bulle Quo primum tempore de saint Pie V qui a respecté même, comme le remarque Jean Madiran[ii], les rites anciens, dominicain, lyonnais, ambrosien, avec la suppression totale de Paul VI, non seulement de la messe romaine, mais de ces rites mêmes ! Au nom de quoi ? D’un rite fabriqué par six protestants et un franc-maçon, Mgr Bugnini. Au nom de quoi encore? Au nom de son «autorité qui vient du Christ». Condamner l’Église de Jésus-Christ, avec son passé deux fois millénaire, au nom de Jésus-Christ ! Magnifique !...




***

L’état de l’Église actuelle ressemble à celui des pays occupés par les communistes qui remplacent leur véritable hiérarchie par des hommes soumis à leurs ordres et qui persécutent les fidèles qui leur résistent. C’est le même sort qui attend les prêtres et les fidèles catholiques qui résistent aujourd’hui à la contre-hiérarchie nommée et maintenue par Paul VI.

Ce qui rappelle les paroles de Notre-Seigneur : «Ils vous exclurons et même l’heure viendra où quiconque vous mettra à mort s’imaginera rendre un culte à Dieu»[iii]. Car les maîtres actuels de l’Église ne lui appartiennent pas; c’est pourquoi, tout et partout, est préparé pour éloigner et exclure les prêtres et les fidèles qui lui appartiennent, ces maîtres leur imposant la clandestinité héroïque des premiers chrétiens !

Mais à qui appartiennent-ils ces maîtres ? Car ce que nous voyons dans l’Église sur le devant de la scène n’est qu’un jeu de marionnettes dont les fils sont tenus dans les mains des personnages cachés : un grand nombre d’évêques ne font qu’exécuter les ordres venus du fond de Loges ; ces Loges qui ont condamné à mort l’Église au nom de l’œcuménisme maçonnique pour lequel Paul VI et sa hiérarchie se démènent depuis qu’ils sont au pouvoir.

Est-ce possible ? Eh oui, on ne peut plus douter depuis que les marionnettes qui remplacent la véritable hiérarchie de l’Église sont démasquées : ce sont des francs-maçons choisis par Paul VI après avoir éloigné la hiérarchie qui entourait Pie XII au Vatican. Ces francs-maçons furent dépistés récemment par une revue italienne bien documentée SI, SI - NO, NO de juin 1976, siégeant via Angnina 289 à Grottaferrata-Roma; puis cette liste de francs-maçons qui mènent l’Église a été reproduite par l’excellente revue française INTROÏBO de juillet 1976 et dans le Bulletin de l’Occident Chrétien de Pierre Fautrad. Il n’y a eu aucune contestation de cette liste. Et pour cause...

Rappelons-là parce que tous les fidèles n’ont pas lu ces trois revues :

Sebastiano Baggio, préfet de la Congrégation des évêques, franc-maçon depuis le 14 août 1957 ;

Agostino Casaroli, secrétaire pour les Affaires étrangères, le diplomate préféré de Paul VI, franc-maçon depuis le 28 septembre 1957 ;

Florenzo Angelini évêque de Messene, franc-maçon depuis le 1 octobre 1957 ;

Pasqualo Macchi, secrétaire particulier de Paul VI, franc-maçon depuis le 23 avril 1958 ;

Virgilio Levi, vice-directeur de l’Osservatore Romano, franc-maçon depuis le 4 juillet 1958 ;

Alessandro Gotardi, archevêque de Trente, franc-maçon depuis le 13 juin 1959 ;

Franco Biffi, chapelain de Paul VI et secrétaire général de l’Université pontificale de Latran, franc-maçon depuis le 15 août 1959 ;

Nicholo Pelegrini, cardinal-archevêque de Turin, franc-maçon depuis le 2 mai 1960 ;

Francesco Marchisano, sous-secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, franc-maçon depuis le 4 février 1961 ;

Virgilio Noè, maître des cérémonies pontificales, sous-secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, francmaçon depuis le 3 avril 1961 ;

Annibal Bugnini, franc-maçon depuis le 23 avril 1963, éloigné parce que trop voyant, mais avancé en grade comme Pro-Nonce apostolique en Iran ;

Jean Villot, cardinal, secrétaire d’État, franc-maçon depuis le 6 août 1966 ;

Léon-Joseph Suenens, cardinal-archevêque de Malines et grand protecteur de l’hérésie pentecôtiste, francmaçon depuis le 15 juin 1966 ;

Ugo Poletti, cardinal-vicaire de Rome, franc-maçon depuis le 17 février 1969 ;

Mario Brini, évêque d’Algeza et secrétaire de la Congrégation pour les Églises orientales, franc-maçon depuis le 13 juillet 1969 ;

Mario Rizi, prélat de la Congrégation pour les Églises orientales, franc-maçon depuis le 13 mars 1969 ;

Pio-Vinto Pinto, officier du Tribunal suprême de la Signature apostolique, franc-maçon depuis le 2 avril 1970.

Le Vatican est donc devenu une Loge maçonnique, la plus importante et la plus dangereuse, parce que la plus hypocrite et la mieux camouflée.

Et l’on sait aussi que le métropolite Athénagoras Ier que Paul VI est allé serrer dans ses bras à Jérusalem avait le haut grade «33è» du Rite Écossais. Et l’on connaît aussi les relations de Paul VI avec les membres de la Loge B’naï-Brith où seuls les juifs peuvent entrer, ces pires ennemis de l’Église que Paul VI a reçu plusieurs fois au Vatican, alors qu’il a toujours refusé de recevoir Mgr Marcel Lefebvre ainsi que les traditionalistes venus en pèlerinage à Rome. Tous ces faits ne sont-ils pas éloquents ?

Mais on est moins bien renseigné sur les autres pays catholiques où les évêques-maçons doivent être presque aussi nombreux ; et quant à la France, on connaît par les journaux la réception dans la Grande Loge de Mgr Péséril, évêque coadjuteur de l’Archevêché de Paris, ainsi que la réception du R.P. Riquet dans la Loge de Laval.

* * *

La loi selon laquelle les catholiques qui deviennent maçons sont excommuniés, existe toujours. Le canon 2335 du Code du Droit canonique est toujours valide. Par conséquent, CETTE HIÉRARCHIE, CES CARDINAUX, CES ÉVÊQUES, CES PRÉLATS, SELON LA LOI CANONIQUE, NE FONT PLUS PARTIE DE L’ÉGLISE. MAIS PAUL VI LES GARDE DANS L’ÉGLISE ! (C)

Les Papes ont toujours excommunié les catholiques francs-maçons. Ainsi, entre autres, Clément XII dans sa Constitution In eminenti, Benoît XIV dans Providus, Pie VII dans Ecclesiam Christi, Léon XII dans la Bulle Quo graviora, Grégoire XVI dans Mirare vos, Pie IX dans Qui pluribus, Pie IX, encore, dans Quanta Cura, le Syllabus et Apostolicae Sedis, Léon XIII dans Humanum genus, etc.

Depuis Clément XII jusqu’à Jean XXIII on compte 79 documents condamnant la franc-maçonnerie.

Il est donc certain, d’une certitude absolue, que Paul VI s’est séparé des Papes qui l’ont précédé. Comment appelle-ton cette séparation ? Et ce mur de séparation ne monte-t-il pas jusqu’au ciel ?

Qu’il ait voulu imposer son œcuménisme maçonnique en s’opposant à toute la Tradition, cela prouve qu’il est sorti de la communauté catholique. Comment appelle-t-on ceux qui sortent de cette communauté, en répudiant le Canon 2335 ?

Pourquoi cette excommunication ? Qu’est-elle la maçonnerie ? J’ai répondu à cette question en d’autres ouvrages, je ne ferai ici que mentionner trois citations du grand connaisseur de la F∴ M∴, Léon de Poncins. Voici la première : «la F∴ M∴ a comme source tout ce qui s’oppose au cours des siècles à Rome : la légende d’Hiram, la Gnose, les Albigeois, les Cathares, les Templiers, les Juifs kabbalistiques et talmudistes». C’est là une fameuse reculade de l’esprit maçonnique de presque deux mille ans !...

Voici la seconde : «La maçonnerie est une branche dégénérée de l’inquiétant syncrétisme religieux de la Gnose du Ier et du IIè siècle de notre ère». Et aujourd’hui ce syncrétisme religieux est imposé par Rome ! C’est Paul VI, le Simon, le Magicien, contre lequel s’est opposé le premier Pape, saint Pierre.

Et voici la troisième. Léon de Poncins cite le méthodiste protestant, Penney Hunt, qu’on ne saurait accuser de fanatisme, les protestants pouvant entrer librement dans les Loges : «La F∴ M∴ est une coalition des anciennes croyances païennes contre la chrétienté ; ce sont les juifs kabbalistes qui ont contribué à la propagation secrète de ces anciennes hérésies dont la F∴ M∴ est une résurgence. Elle assume le rôle d’une église opposée à celle du Christ»[iv]. Et, sous le règne de Paul VI, elle dirige l’Église du Christ !

Comment est-elle parvenue à la diriger ? Ah, d’une manière géniale ! Diaboliquement géniale... Pour condamner l’Église à mort, Paul VI et sa hiérarchie maçonnique n’ont voulu rien brusquer ; ils ont choisi deux méthodes, pour ne pas inquiéter les fidèles, celle d’avancer à petits pas, et celle du double jeu pour attirer les traditionalistes.

Je rappellerai ici, en vitesse, les sept petits pas qui avaient en vue dès le début, la condamnation à mort de l’Église, et qui ont préparé, peu à peu, le coup de grâce, le dernier pas du 24 mai 1976.

Premier pas. Aucune importance : l’abandon de la soutane des prêtres catholiques. Il faut s’adapter au siècle ! Voyez les protestants... Pourquoi rappeler en ce monde matérialiste l’existence des hommes et des femmes voués au Christ ? Désagréable... Et puis pourquoi cette différence marquée entre le prêtre et le laïc ?

Deuxième pas. Insignifiant : la table à la place de l’autel. Règle imposée en 1548 par la Réforme. Pourquoi ? L’autel évoque le Saint-Sacrifice, et la table la cène. II fallait penser d’avance à la messe de Paul VI, et brader donc aussi tout ce qui rappelle le sacré, ostensoirs, calices, custodes, crucifix, icônes... Comment condamner à mort l’Église en mettant en lumière son aspect sacré ?

Troisième pas. La messe retournée : l’officiant tournant le dos à Dieu et face au peuple, à l’ «Assemblée»; il fallait penser à la future définition démocratique de la messe, le fameux Article VII. Mesure typiquement maçonnique.

Quatrième pas. Suppression de la langue universelle. Ce n’est plus Thomas Cranmer, c’est Paul VI : «La compréhension de la prière est plus précieuse que les vétustes vêtements de soie dont elle s’est royalement parée»[v]. Plus de communion des fidèles sur toute la terre ; morcelons l’Église en autant de sectes que de langues !

Cinquième pas. Acrobatique. Apprenons aux catholiques de marcher sur la tête. Le laïcat devient sacerdotal, le clergé laïcisé. Le prêtre à l’usine, politicailleur et «prenant femme» comme lui conseille l’épître falsifiée de saint Paul. Et c’est au laïc de présider l’ «Eucharistie», de baptiser, de communier, d’enterrer... Encore un petit pas selon le vœu du Grand Orient : «Si les structures traditionnelles s’effondrent, tout le reste suivra : la prolifération des sectes locales, s’organisant démocratiquement, créant leurs dogmes, vivant indépendamment de Rome»[vi]. Et vive le «PLURALISME» montinien !

Sixième pas. L’Église était l’annonce de la Révélation. Qu’elle devienne l’annonce de la Révolution ! En effet, c’est bien cette Révolution qui est prêchée dans les Synodes, dans les Assemblées épiscopales - avec leur «libération de l’Homme» - dans les églises par le clergé qui suit ses maîtres à penser, tous les hiérarques maçons ou procommunistes, - avec la bénédiction, bien sûr, du Vatican actuel...

Septième pas. Accompagné d’un coup de grâce. Victoire ! Ce dernier pas aboutissant enfin à ce que les autres poursuivaient : la condamnation à mort de l’Église par l’interdiction pontificale de sa messe de toujours. Et là, nous le verrons, il y a eu aussi une douce glissade jusqu’à l’interdiction affirmée nettement.

En effet, pour commencer, Paul VI n’a pas interdit la messe catholique, mais tout en permettant son interdiction en France et en d’autres pays. En février 1975, les «visiteurs» du Vatican à Écône ont accusé Mgr Marcel Lefebvre de désobéissance au Vatican II et au Pape, mais sans faire la moindre allusion à la messe de saint Pie V. Et dans ses lettres de juin et de septembre 1975, Paul VI n’impose pas non plus l’interdiction de cette messe, n’ayant pas le pouvoir de l’interdire qu’au nom d’une loi magistrale, qu’il ne pourra jamais promulguer infailliblement.

Or, dans son discours du 24 mai 1976, au Consistoire des nouveaux cardinaux, il a osé le faire, par un abus de pouvoir : «Au nom de la Tradition» (!) et en invoquant, je le rappelle encore, son «autorité suprême qui vient du Christ» il a interdit carrément la messe catholique et romaine. Il a fini par une déclaration abrupte et despotique, un vrai ukase : «Nous exigeons une prompte soumission à toutes LES RÉFORMES LITURGIQUES, disciplinaires, pastorales mûries ces dernières années en application des décrets conciliaires ».

Voyons de plus près ces «réformes liturgiques, disciplinaires, pastorales» auxquelles Paul VI exige «une prompte soumission».

Commençons par les réformes liturgiques. Elles furent expressément agencées pour que la messe devienne une mascarade qui varie d’un officiant à l’autre, pour qu’elle dégénère en un spectacle grotesque, avec jazz, danses, embrassades, hosties dans les poches ou promenées en des paniers par des jeunes filles... Cette subversion liturgique est, en effet, la condamnation à mort de l’Église, la messe étant le centre de gravité de la spiritualité catholique.

En effet, au cœur du combat actuel se trouve la messe catholique. Paul VI ne veut plus que des prêtres soient ordonnés pour la célébrer. Il veut que cette messe disparaisse à jamais. Ah, si Mgr Marcel Lefebvre voulait y renoncer, tout s’arrangerait !

C’est évident, personne ne peut plus en douter : Paul VI est en parfaite communion avec ceux qui ruinent la messe, en condamnant ceux qui veulent la garder.

L’évêque de Rochester, Mgr John Fisher, fur condamné à mort par Henri VIII parce qu’il voulait maintenir la messe catholique. Il fut le seul évêque à s’opposer à la Réforme. Quatre siècles plus tard il fût canonisé. L’histoire se répète : Mgr M. Lefebvre est le seul évêque qui s’oppose à la messe protestantisée, une seule nuance séparant les deux cas : Paul VI ne peut lui couper la tête mais il veut le tuer moralement, ce qui est plus grave.

Qu’auriez-vous répondu si, au temps de Pie XII, quelqu’un vous aurait dit : - «Bientôt un Pape se fera aider par six hérétiques et un franc-maçon pour rédiger une nouvelle messe et condamnera ceux qui la refuseront». - «Mais vous êtes fou, vous rêvez, c’est impossible, inimaginable !»... Et aujourd’hui, cette messe qui portait en elle le poison qui allait la tuer est acceptée, tout naturellement, par un grand nombre de fidèles...

Jamais, au grand jamais, la messe de saint Pie V n’aurait pu dégénérer et mourir de cette manière ! Alors il fallait bien inventer une autre qui puisse le faire en vitesse !...

Car elle est morte. Les célébrations dominicales sans prêtre se multiplient partout, dans tous les pays, et en France surtout en Normandie, en Provence et dans l’Ain : «Il s’agit bien de multiplier des "messes sans prêtre" afin de supprimer peu à peu la messe. Il s’agit d’arriver à la suppression du sacerdoce et, finalement, de la foi»[vii]. Donc, plus de consécration qui transforme le pain et le vin au corps et au sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ : ON NE VEUT PLUS DE SA PRÉSENCE DANS L’ÉGLISE.

Voilà les «réformes liturgiques» auxquelles Paul VI exige «une prompte soumission».

Passons maintenant aux «réformes disciplinaires et pastorales mûries ces dernières années en application des décrets conciliaires».

Pendant que Paul VI suspend a divinis Mgr Marcel Lefebvre et les prêtres d’Écône pour crime de fidélité à l’Église de toujours, voici quelques exemples, entre mille, des «réformes» qui foisonnent sous son règne, et auxquelles les fidèles doivent se soumettre :

Une belle réforme est proposée par le R.P. Moingt qui enseigne la catéchèse à l’Archevêché de Paris : «Les rites sacramentels paralysent la vie de l’Église en s’opposant d’avance à toute tentative de rénover; ils la figent dans la tradition du passé»[viii]. Supprimons donc les sacrements ! Voilà un catéchiste, très apprécié, qui respecte la «discipline et la pastorale mûries ces dernières années»... Mûries ou plutôt pourries ?...

Voici une enquête du progressiste Georges Hourdin qui n’a aucun intérêt, je vous l’assure, d’exagérer ; elle se trouve dans La Vie Catholique de mai 1976 : «Les prêtres admettent le mariage des divorcés (43%), l’avortement (8%), l’ordination des femmes (28%) ; ils ne croient pas à l’enfer (17%), ne croient pas aux preuves de l’existence de Dieu (39%). Quant à la messe, ce qui compte pour 61%, ce n’est pas Dieu, c’est le peuple : pas d’assistance, pas de messe». Mais c’est parfait ! Ils sont «disciplinés» ces prêtres qui se soumettent à la définition de la messe de Paul VI où l’Assemblée est la valeur suprême !...

Encore un bel exemple de «prompte soumission aux réformes pastorales» est donné par un évêque comme Mgr Huyghe qui a déclaré le 16 mai 1973 que «le prêtre n’est pas celui qui fait des choses que les simples baptisés ne feraient pas»; il n’est pas plus «un autre Christ» que n’importe quel baptisé»[ix]. Ces paroles dans la bouche d’un protestant n’auraient pas étonné ; mais d’un évêque catholique cela prouve qu’il n’est plus catholique, mais un fervent adepte de la nouvelle pastorale; et l’on comprend pourquoi Paul VI ne l’a jamais empêché de la prêcher.

Dans le sens de la même pastorale une cérémonie a eu lieu le 13 mai 1965 à Saint-Paul-Hors-les-Murs de Rome, une sorte de cène sans consécration qui «si elle n’était pas présidée par un Pape aurait été condamnée par un autre Pape», écrit dans son dernier livre Jean Guitton[x] de l’Académie Française et grand ami de Paul VI.

Et l’Abbé Sulmont cite encore quelques lignes de ce livre dans son Bulletin de juin 1976[xi] : «Le Pape m’écoutait raconter ma vie comme une suite d’hésitations entre deux appels, celui de l’Église la plus traditionaliste et celui du dialogue avec le monde le plus laïque».

«Entre ces deux appels, écrit l’Abbé Sulmont, il semble bien que Guitton n’ait jamais pu choisir, et il exprimera successivement les deux positions extrêmes». Ainsi, p. 318, on lit : «Dans l’Église il y a maintenant la possibilité de considérer comme schismatique le Pape s’il s’écarte du sentiment général de l’Église».

«Schismatique» ? Oh ! Une autre source d’informations le laisse penser de la part d’un Pape qui condamne les prêtres restés fidèles à l’Église catholique et romaine - les prêtres d’Écône - pendant qu’il ne prend la moindre mesure contre les énormes scandales, les profanations et les sacrilèges, les fantaisies et les pitreries de ceux qui suivent sa nouvelle religion. L’Abbé Mouraux les cite dans sa revue Bonum certamen.[xii] En voici quelques uns cités dans celle de juillet 1976 : «L’Archevêque de Bruxelles qui ne tient pas à se laisser distancer par ses collègues français dans la course à l’abîme, a permis l’installation d’un cabaret dans la crypte de la Basilique du Sacré-Cœur de Kœlelberg. Ce nouveau Culte de l’homme a un tel succès que l’affiche que je possède recommande de retenir les places longtemps en avance. Mais il y a mieux encore : au Brésil, le Primat a célébré une messe pour l’anniversaire d’une Loge maçonnique. Et à Munich on vient de créer le premier centre d’espionnage de la nouvelle religion. On lit, en effet, dans le journal allemand D.R.M., n° 15, qu’au nom de l’Archevêque, le Vicaire généra l Gruber a publié un communiqué demandant à tous les prêtres de dénoncer ceux de leurs confrères qui célèbrent la messe de Saint Pie V, en une église ou en un appartement privé». N’est-elle pas émouvante cette soumission à la volonté de Paul VI, à ses «réformes liturgiques, disciplinaires, pastorales» ?

Un autre exemple de soumission «aux orientations qui engagent le Pape lui-même»[xiii] est, non seulement le Culte de l’homme, mais le Culte démocratique du Nombre;[xiv] et c’est à ce Culte qu’on a rendu hommage, selon la revue INTROÏBO, de juillet 1976, à Notre-Dame-de-Paris, le Jeudi Saint de 1975 : «un repas sur une immense table avec quatre cents prêtres... En 1976, encore pire : mille cinq cents convives attablés avec le cardinal Marty»... Un Jeudi-Saint ? Affreux sacrilège...

Encore un bel exemple de soumission aux «orientations» de Paul VI : au nom de son œcuménisme a eu lieu un rassemblement cacophonique d’une douzaine de religions dans la cathédrale de Laon; et Mgr Etchegarray ne veut-il pas ouvrir Notre-Dame-de-la-Garde aux musulmans ? N’est-elle pas touchante cette soumission ?

* * *


Ce clergé qui ne fait plus partie de l’Église catholique et romaine, c’est lui qui nous accuse, nous ses fidèles, d’être des schismatiques ! Et c’est pourquoi je vais m’employer à bien préciser cette notion de «schisme».

Il existe deux cas bien différents. Le premier, quand l’Église est saine et sainte, si des catholiques s’en séparent, comme ce fut, par exemple, le cas des catholiques de Byzance au XIè siècle, alors ils font schisme; et c’est le cas de l’Église orthodoxe.

Dans le second cas, quand l’Église - je veux dire les hommes d’Église - ne garde plus son dépôt sacré, comme, par exemple, ce fut le cas où régnait en elle la hiérarchie passée à l’arianisme - la négation de la divinité du Christ - alors là les catholiques, qui restent fidèles au dogme principal de l’Église, ne sont pas schismatiques : ce sont eux, et non la hiérarchie, qui représentent l’Église de Jésus-Christ.

Saint Athanase l’a affirmé encore plus clairement : «Les catholiques fidèles à la Tradition, même s’ils sont réduits à une poignée, voilà ceux qui sont la véritable Église».

Dire la messe comme cette «poignée» de prêtres qui la dit comme saint Thomas ou le saint curé d’Ars ne peut, en effet, conduire au schisme !

Par conséquent, dans le cas actuel, si des catholiques s’opposent à la nouvelle religion d’origine maçonnique, au culte de l’Homme exalté par Paul VI en de si nombreuses déclarations, c’est bien avec eux, «même s’ils sont réduits à une poignée», que l’Église se trouve. C’est tellement évident qu’on a honte d’y insister... Mais je le fais parce qu’il existe, des traditionalistes mêmes, comme l’Abbé de Nantes, qui se contredit et nous traitent de schismatiques !

Mgr Marcel Lefebvre déplaît à l’Abbé de Nantes comme à Paul VI et aux francs-maçons du Vatican. Mais on ne s’avise jamais de nous dire s’il déplaît à Dieu en restant fidèle à son Église. Oh, plaire à Dieu ! Voilà un schismatique impardonnable !

Non, le schisme est ailleurs. Dans le même discours au Consistoire du 24 mai de cette année, Paul VI n’a pas oublié sa tactique du double jeu : après avoir accusé Mgr Marcel Lefebvre il s’en est pris aux progressistes et aux modernistes condamnés par les Papes, aux véritables schismatiques, en déclarant qu’ «ils ne sont pas nombreux, bien qu’ils fassent beaucoup de bruit». Pas nombreux ? Fichtre ! C’est toute la nouvelle génération de prêtres qui suit ses «orientations», et toute la hiérarchie, qui n’est forte que de son impunité... Et avec laquelle, bien au contraire, il affirme d’être en parfaite communion, oui, en communion avec l’œuvre de mort de cette hiérarchie, qui correspond donc à son esprit et à sa volonté, - mais nullement avec celui qui veut faire vivre et s’épanouir l’Église, sa messe et ses sacrements ! Avec le saint archevêque Mgr Marcel Lefebvre ! Ni avec lui, ni avec les prêtres et les fidèles - de plus en plus nombreux - qui combattent, au nom de Jésus-Christ et de la Sainte Vierge, la Synagogue de Satan qui a pris la place de l’Église... Ce Corps mystique de l’Antichrist, ce CORPS DE LA MORT, ouvert à tous les germes de décomposition, à tous les ennemis de l’Épouse de Notre Seigneur...

C’est pourquoi la vérité qui crève les yeux est proclamée par Mgr Marcel Lefebvre : «L’Église conciliaire est une Église schismatique puisqu’elle rompt avec l’Église catholique de toujours».

Et Paul VI qui ne tient son pouvoir que de la fidélité à l’Église et à sa tradition, ne veut-il pas détruire le dernier rempart de cette fidélité ?

C’est donc par déférence et obéissance à une authentique hiérarchie que nous ne voulons pas suivre celle qui veut la mort de l’Église et pour laquelle la célébration de la sainte messe, codifiée et canonisée par un Saint Pape, est devenue le crime des crimes, le motif d’une persécution monstrueuse et universelle.

Or, malgré toutes ces persécutions, nous le jurons, nous resterons à jamais fidèles à l’Église immortelle.

CONDAMNÉE À MORT, ET MÊME MORTE,

L’ÉGLISE RESSUSCITERA CAR ELLE A

«LES PAROLES DE LA VIE ÉTERNELLE»
 

CHAPITRE II

L’ÉGLISE ÉTERNELLE ET LE TEMPOREL

Vous, ô évêques de l’Église de Jésus-Christ dont on doit s’attendre à ce que vous rappeliez toujours l’éternel, vous l’immolez au temporel !... Votre soumission au moment où nous vivons serait du plus haut comique si l’enjeu n’était pas aussi tragique... Ah ! si le ridicule pouvait tuer vous seriez morts depuis longtemps ! Car, au moment où vous vous targuez d’être parvenus, en ce siècle des lumières, à un haut niveau de l’intelligence et vous méprisez le passé moyenâgeux de l’Église, vous êtes victimes d’une effarante et inepte confusion. Votre impuissance d’adhérer au réel et de distinguer ses différents ordres, celui de l’éternel et celui du temporel, est incroyable, invraisemblable !

Est-ce la maçonnerie qui aveugle et abrutit vos esprits ? Cela expliquerait peut-être, après deux siècles de déchristianisation, votre génération en pleine dégénérescence sénile...

En effet, la hiérarchie qui donne le ton dans l’Église est incapable de séparer ce qui passe de ce qui demeure, l’écoulement de l’histoire et les lois éternelles : «Mise à jour» !... Pourquoi ne pas mettre à jour la loi de la Gravitation universelle ? Oui, pourquoi ne pas mettre à jour les vérités éternelles qui régissent le ciel et la terre ?...

Cette confusion a, comme origine, l’impulsion donnée par Paul VI. Il a tant de fois demandé à l’Église d’épouser les temps modernes. Tous ses appels réitérés sont trop connus pour les rappeler. Je ne ferai ici que citer sa déclaration du 28 juillet 1971 : «Pourquoi le Concile s’est-il attaché à considérer ces valeurs plutôt que les vérités à connaître et à croire ?... Pour s’approcher davantage de la mentalité moderne», c’est-à-dire sacrifier les vérités éternelles au temporel, à cette mentalité déracinée et hantée depuis deux siècles par l’idée d’évolution et de révolution; par les revirements et les changements, par ce qui meurt perpétuellement...

L’Église était hors du temps. Pourquoi l’avoir soumise au temps, - sinon pour l’anéantir ?

Ah ! cette hiérarchie-caméléon qui prend la couleur du milieu ambiant ! S’il est maçon, la voilà maçonne ! S’il est marxiste, la voilà marxiste !... De mimétisme en mimétisme elle a été amenée à libérer Barabbas et condamner à mort Notre Seigneur et son Église...

En vérité, la hiérarchie actuelle ne peut plus comprendre que l’Église possède des sacrements qui reflètent l’éternel, ayant donc le pouvoir de répandre dans les âmes la grâce divine, de faire naître ou de renforcer la foi. Elle les a rabaissés au rang de l’entendement humain. Ainsi pour le baptême il faut attendre l’âge de la raison...

Triomphe du contingent humain sur l’immuable divin... Triomphe du fini sur l’infini ! De la mort sur la vie ! Aberration inouïe ! II s’agit de détruire les Vérités objectives et éternelles de la Révélation au bénéfice des utopies du moment; et c’est pourquoi on a démocratisé et collégialisé l’Église, et remplacé le culte de Dieu par le culte maçonnique de l’Homme...

* * *

Je vais donner quelques exemples qui mettent en lumière ce qu’elle a donné cette soumission de l’éternel au temporel.

Voici quelques perles cueillies, parmi tant d’autres, dans les déclarations du clergé actuel :

«Il y a un catéchisme nouveau parce qu’il y a un monde nouveau».[xv] Qu’il évolue donc avec ce monde qui rejette les vérités enseignées, ce catéchisme ! Ce qui donnera l’escamotage du péché originel, de l’enfer, de Satan, d’une partie du Décalogue... Mais il est épatant, il fait de beaux petits païens ce catéchisme adapté, selon le vœu de Paul VI !...

On peut en cueillir aussi dans les géniales déclarations de Mgr Schmidt, évêque de Metz : «La mutation de civilisation entraîne des changements dans la conception du salut apporté par Jésus-Christ».[xvi] Corrigeons donc Jésus-Christ ! Soumettons-le, sans hésiter, à cette «mutation de civilisation»...

Voici encore une perle d’un bel éclat; elle appartient au fameux théologien, le R.P. Chenu : «Ce que le Christ a prêché en une société archaïque et non technique ne peut convenir en une société progressive et technique».[xvii] Par conséquent, l’Évangile, prêché par le Christ, ne peut convenir en notre société. Les Vérités révélées doivent évoluer et progresser. C’est ce qu’il fallait démontrer.

Encore une perle : «Il n’est pas possible, à un moment où l’évolution du monde est rapide de considérer les rites définitivement fixés».[xviii] Et voilà l’Église secouée par des spasmes perpétuels ! Malade à en mourir...

Mais il ne faut pas croire que cette lamentable aliénation mentale, cette bêtise au front de taureau l’œil obstinément fixé sur le temporel soit l’apanage, uniquement, des évêques et du bas clergé, il se trouve aussi au Vatican : le cardinal Knox, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, après avoir introduit «cinq nouvelles prières eucharistiques», a affirmé que «DANS LES CONDITIONS CHANGEANTES DE NOTRE TEMPS, UNE RÉNOVATION PERMANENTE EST NÉCESSAIRE».[xix] De la messe, bien sûr... De cette messe devenue une chose remuante, sursautante, évoluante, qui a vidé les églises !...

* * *

Mais que cache-t-elle cette soumission de l’éternel au temporel ? Un manque de foi, un matérialisme inavoué, leur esprit ayant brisé tout lien avec la grâce; ce qui fait que ces évêques ne s’intéressent plus qu’aux questions d’ordre économique, social, politique, ayant abandonné leur unique mission de sauver les âmes en exaltant en elles, l’amour de Celui qui a dit : «Je suis la Voie, la Vérité, la Vie»...

Rappelons à ce propos la malédiction divine : «Et Jésus, se retournant, dit à Pierre : retirez-vous de moi, Satan, vous m’êtes un sujet de scandale parce que vous n’avez pas de goût pour les choses de Dieu mais pour celles des hommes». [xx]

À cette hiérarchie, Jésus pourrait lui adresser les mêmes paroles, car ayant le goût des choses humaines et non de Dieu, elle oublie que ce qui fait l’homme et le distingue de la bête, c’est le Dieu en l’homme, et que, s’il le perd, il devient pire qu’une bête ! On n’a qu’à voir ce qui se passe en ce monde qui s’écroule dans le sang...

Et c’est à ce monde né des deux révolutions matérialistes, de 1789 et de 1917, que Paul VI a voulu adapter l’Église ! À ce monde qui s’est détaché de l’éternel et s’est laissé engloutir dans le temporel... Mais ce n’est plus l’Église, cette religion post-conciliaire qui a «le goût des choses humaines»; mais celle de «la mort de Dieu» et du «règne de l’Homme».

* * *

L’Église catholique et romaine était l’exemple le plus convainquant que l’on puisse donner de l’existence d’une réalité qui garde son identité et sa continuité à travers le temps. Elle a, en effet, toujours échappé aux changements en y réagissant vigoureusement. Elle a assisté toujours jeune, de la même jeunesse, aux fluctuations et aux corruptions des sociétés humaines. Ce qui est une preuve de son origine divine.

Jusqu’au règne de Paul VI, tous les règnes des Papes se sont poursuivis dans le même sens en donnant la primauté à l’éternel sur le temporel. Et c’est pourquoi Léon de Poncins se demande «qu’est-ce qui pousse Paul VI à prendre ainsi position contre tous les Papes qui l’ont précédé ? Sont-ce les influences maçonniques dont il est imprégné par le biais de la démocratie chrétienne des Lammenais, Sangnier et Maritain ? Sont-ce les influences juives qui lui viennent de ses origines familiales ?» [xxi]

D’où vient, en effet, son attitude à l’encontre de ses prédécesseurs, surtout en ce qui concerne l’œcuménisme qu’il veut imposer ? Je continue à citer le même auteur : «L’unité du genre humain à laquelle juifs et francs-maçons travaillent, la main dans la main, avec des mots d’ordre et des points de ralliement secrets, est l’unification du monde sous la loi juive»... «L’unité du genre humain se fera par l’unité religieuse». [xxii]Donc unité imposée par les juifs et les francs-maçons.

Et n’oublions pas que les juifs ne croient qu’au temporel, à l’instauration ici-bas de l’âge d’or de l’humanité, le Talmud et la Kabbale ne croyant pas à l’immortalité : le triomphe du temporel sur l’éternel dans l’Église est donc d’origine judéo-maçonnique.

Et n’oublions pas non plus les Marranes espagnols. Mais ils ne furent pas une exception, car le Talmud, code suprême du judaïsme, admet que les juifs changent en apparence de religion : «Cette pratique était en usage chez les Israélites dès les temps les plus anciens. Les Marranes, tout en pratiquant ostensiblement le catholicisme, suivaient en secret les rites du judaïsme auquel ils restaient profondément attachés».[xxiii] Torquemada, chef de l’Inquisition, était un Marrane. Ses atroces cruautés ont contribué, avec succès, à compromettre le catholicisme... [xxiv]

Ils sont encore en train de le compromettre ! Certains sont des fils de francs-maçons ou de communistes entrés tout jeunes dans les séminaires catholiques, comme l’a remarqué Pie XII au temps où il était Nonce Apostolique en Allemagne.[xxv] Ils sont maintenant évêques et cardinaux... Et même Pape ! Est-ce pour cela que Paul VI porte parfois l’EPHOD sur sa poitrine, le même que Caïphe portait lorsqu’il condamna à mort Jésus-Christ ? Est-ce pour cela que l’Église, comme son Époux, est condamnée à mort, sous le règne de Paul VI ?
 





Et voici la question essentielle : cette condamnation à mort de l’Église vient-elle de la part d’un Marrane ?

À la suite d’un Pape d’origine juive, Anacletus II, dont le règne fut calamiteux de 1130 à 1138, les papes Paul III et Paul IV décrétèrent, en deux Motu proprio valables à perpétuité, qu’aucun cardinal d’origine juive (D) (E) ne pourra plus accéder au trône de Pierre (cf. Véritas de juin 1974, Louisville, Ky-40201, U.S.A.). Donc Paul VI n’est pas Pape. Ses actes sont invalides : ce n’est pas un Pape qui a condamné l’Église à mort. Impossible !

Jusqu’où cette condamnation réussira-t-elle à s’imposer aux évêques, aux prêtres et à un grand nombre de fidèles ? Jusques à quand leurs volontés seront paralysées et leurs intelligences obscurcies ? Quelle catastrophe, quelles guerres, quels châtiments du ciel faudra-t-il encore pour qu’ils sortent de leur envoûtement démoniaque, de leur infernal culte de l’homme et du temporel ?


* * *

L’Église a longtemps étonné le monde par ses capacités de redressement au moment où l’on s’y attendait le moins. Cette fois-ci est-il vraiment trop tard ? Allons donc ! On veut bien tuer l’Église, mais elle n’est pas morte, loin de là ! Il existe de grands mouvements qui réveillent les catholiques de leur léthargie Un nombre de plus en plus croissant de fidèles forment dans tous les pays des «Associations Saint Pie V» ; elles maintiennent, toutes, le Saint Sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ offert à Dieu, et aux hommes sous les espèces du pain et du vin. Et puis il existe Écône où bat le cœur de l’Église ![xxvi] Et quel réveil depuis sa condamnation !

Il est probable, qu’à la suite de graves événements, de hauts prélats de la qualité de Mgr Marcel Lefebvre et de Mgr Castro-Mayer se révélerons et choisiront, après la disparition de Paul VI, un Pape qui mettra fin à son apostasie actuelle ; un nouveau saint Pie V, ou un saint Pie X, qui restaurera l’Église et nous fera retrouver la messe qui, en toute sa magnificence, par son origine divine, sera de nouveau marquée par le sceau de l’éternité et échappera à l’affolement du temporel.

En vérité, l’Église est toujours vivante, mais elle vit cachée. Dans son Bulletin de juillet 1974 le célèbre pasteur Richard Wurmbrand écrit : «J’affirme qu’il existe en Roumanie une Église souterraine». Mais, cher Pasteur, elle existe aussi, et de la même manière, en Occident. Ce qui n’est pas de la même manière - nous insistons encore - c’est la cause de ce retour aux catacombes : en Orient parce que les croyants sont persécutés par le régime communiste; en Occident parce qu’ils le sont par leur hiérarchie, par le Vatican, par Paul VI lui-même qui jette l’anathème sur Écône ! Ah ! comme elle voudrait, cette hiérarchie, d’un Archipel Goulag en Occident ! Pour le moment, elle doit se contenter d’enfermer, de temps en temps, quelques saints prêtres en des maisons de fous... Car ne sont-ils pas vraiment fous ces prêtres qui veulent maintenir la Présence réelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ en Son Église ?

En face de cette abomination dans le Lieu Saint et des angoisses qui nous assaillent, seule l’espérance dans la Providence peut aujourd’hui nous donner la certitude que l’Église surgira à la lumière et retrouvera son éclat d’avant le règne de Paul VI. Et fasse le ciel que ce jour soit proche ! Telle sont nos ardentes prières : «Seigneur, hâtez-vous de nous secourir !»

Mais Dieu, depuis qu’il nous a donné son Fils et ses Sacrements, veut que les hommes contribuent à leur salut, qu’ils le veuillent librement...

Nous ne pouvons donc être sauvés que par une croisade menée âprement, virilement, d’abord en nous-mêmes, ensuite dans le monde. Car on ne se croise pas sans une foi tenace, une foi robuste, une foi invincible !... Ils l’ont cette foi les suppôts de Satan : avec quelle fougue ils combattent l’Église depuis deux siècles ! Et aujourd’hui avec quelle virulence lui donnent le coup de grâce...

Et nous ? Sommes-nous prêts à la défendre et combattre pour Elle avec la même fougue et la même virulence ? Comme les fidèles qui combattaient avec les évêques Hilaire et Athanase contre toute la hiérarchie arienne ? Et ce ne fut-il pas ces deux évêques qui remportèrent la victoire et furent canonisés ?

Ayons donc confiance dans la victoire imminente de notre croisade : la lumière de Pâques est si proche des ténèbres du Vendredi Saint !...

Et puis trop c’est trop ! De l’excès même du malheur naît souvent la volonté d’en sortir : l’ignoble condamnation de Mgr Marcel Lefebvre porte à son comble le dégoût du régime montinien et notre détermination de le combattre.

Il ne s’agit pas d’une lutte quelconque, mais d’une mobilisation générale contre un Pouvoir tyrannique dont la brutalité peut en venir, on l’a vu, à des extrêmes imprévisibles !

Et voici l’appel à cette nouvelle croisade lancée par celui qui voyait de loin les menaces qui pèseront sur l’Église; cet appel qui fut lancé par le Pape Pie XII, de sainte mémoire, le 12 mai 1939 :

«Croisés volontaires, levez le nouvel étendard ! Déclarez ; la guerre aux ténèbres d’un monde séparé de Dieu !»

Ce monde qui aujourd’hui a envahi l’Église !...

Ah oui, «combattez enfants de lumière» comme disait la Sainte Vierge à la Salette Foncez sur les suppôts des ténèbres qui on condamner l’Église à mort ! Car la Sainte Vierge les voyait régner un jour dans l’Église...

Et alors Notre Seigneur répondra à notre combat. Comme il a répondu aux combats d’autrefois. Comme à Lepante où les Catholiques, au temps de Saint Pie V, faisaient reculer leurs ennemis en lançant vers le ciel leurs clameurs : «Christus veniat, Christus regnat, Christus imperat !»

Paul VI, son ennemi, disparaîtra

Tenons bon en attendant

Et en avant !

À NOUS L’OFFENSIVE



À DIEU LA VICTOIRE !


[i] Cf. « Un curé dans la rue », édit. Héritage, Montréal


[ii] « Itinéraires », juillet-août 1976, p.12


[iii] Jean, XVI-2


[iv] «Christianisme et Franc-Maçonnerie », pages 48, 72 et 154. Edit. de la Pensée Française, Chiré-en-Montreuil, 86190 Vouillé.


[v] Déclaration célèbre du 26 novembre 1969.


[vi] Dans la revue du GQ « Humanisme », p.37, novembre 1962.


[vii] « Tradition-Informations », p.14, avril 1976, De Giuli, 74330 La Balme de Sillingy.


[viii] In « Les Études », mai 1975, p.76


[ix] Cité par Louis Salleron : In « Carrefour », 3-V-1973.


[x] « Le journal de ma vie », édit. Desclée de Brouwer, 1976.


[xi] Curé de Domqueur, 80620 Domart.


[xii] 69, rue du Maréchal-Oudinot, 54000 Nancy.


[xiii] Paroles de Paul VI dans sa première lettre envoyée à Mgr Marcel Lefebvre.


[xiv] On connait son éloge de la démocratie fondée sur le nombre, à l’O.N.U., le 23 septembre 1968.


[xv] In « Bulletin diocésain de Paris », octobre 1967.


[xvi] Cf. « Itinéraires », p.4, novembre 1967.


[xvii] Idem., p. 137, janvier 1969.


[xviii] Déclaration du cardinal Marty à l’Assemblée épiscopale de septembre 1969.


[xix] In « Notitiae », n°101, p.3, janvier 1975.


[xx] Saint Matthieu, XVI, 22-23.


[xxi] In « Christianisme et Franc-Maçonnerie », p.272. Et il ajoute sur la même page, note 5 : « …il semble établi que la famille du Pape actuel est d’origine juive, plus récente par sa mère, plus ancienne par son père ». Nous verrons plus loin l’importance de cette origine.


[xxii] Op. cit. p.112.


[xxiii] Op. cit. p.113.


[xxiv] Cf. Ed. Drumont, in « La France juive », Ed. Flammarion.


[xxv] Pour plus de précisions, voir mes autres brochures, dont en particulier « Sommes-nous schismatiques ? ».


[xxvi] Malgré leur interdiction, l’ordination des prêtres à Econe, le 29 juin 1976, et la messe de l’un de ces prêtres au Palais des Expositions à Genève, le 4 juillet 1976, obtinrent un immense succès : des milliers de fidèles des pays d’Europe et des Amériques y assistèrent et encouragèrent, avec leur enthousiasme, Mgr Marcel Lefebvre à continuer son œuvre. Et à Lille quel triomphe!


(A) http://liberius.net/livres/Le_pape_saint_Libere_000000008.pdf

(B) Une nouvelle édition a été fait en 2009, revue et corrigé. Édit. Héritage-Québec

(C) Le prince Paul Scortesco aurait probablement été brulé vif alors qu’il aurait affirmé détenir des preuves de l’affiliation de Paul VI à la franc-maçonnerie.

(D) « Il se trouve que la mère de K. Wojtyla était une Kaczorowska et que ce nom n’est pas polonais mais polonisé. Il se compose en effet du nom typiquement juif Katz, polonisé Kacz et de l’indication de lieu vrawsk. Un ouvrage écrit par Nelly Weiss et intitulé Die Herkunft jüdischer Familiennamen (L’origine des noms de famille juive, Ed. Peter Lang AG, Eurpäischer Verlag der Wissenschaften, Bern 1992) apporte les informations suivantes : « Katz est d’origine hébraïque et ne vient pas de Katzc (= chatte) mais est une abréviation de cohen sedec (prêtre juste) ».  Jacques Delacroix - 2000 : l'année charnière, p.62.

(E) https://lacontrerevolution.wordpress.com/2013/05/12/les-origines-juives-de-ratzinger-par-laurent-glauzy/