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mercredi 13 décembre 2017

Paul IV - Bulle Cum ex apostolicum et le pape hérétique

Si vous avez des critiques constructives, faites-nous le savoir.

***Mea culpa. Un ami attentif nous a fait la remarque qu'à 9 minutes, il y a une erreur de photo. Un portrait de Pie XII aurait du y être  mais c'est Benoît XV.***

https://gloria.tv/video/DmUXBRwk1YSE62f6JT7Q1HKAP




mercredi 11 octobre 2017

Jean la grenouille

Cela est autant valable pour la résistance Source : http://www.slideserve.com/kalei/histoire-de-jean-grenouille-tradi-fid-le-de-la-fsspx

vendredi 9 octobre 2015

Saint François de Sales démolit la position de la FSSPX



La position de la FSSPX est de dire que les « pasteurs » de l’église conciliaire ont juridiction ordinaire tandis que les membres de la FSSPX auraient une juridiction extraordinaire. Cela revient à dire qu’il y aurait deux Eglises catholique, ce qui est une négation du Credo. C’est croire non plus en l’Eglise UNE, sainte, catholique et apostolique mais en deux Eglises, l’une hérétique (ou dans l’erreur) mais possédant tout de même juridiction ordinaire (non-sens) et l’autre qui serait la véritable Eglise mais qui ne posséderait que juridiction extraordinaire. Cette position est réfutée par Saint François de Sales dans sa Lettre ouverte aux protestants.

Saint François de Sales, Docteur de l’Eglise, Lettre ouverte aux protestants : « Je dis, secondement, que jamais aucune mission extraordinaire ne doit être reçue, étant désavouée de l’autorité ordinaire qui est en l’Eglise de Notre Seigneur. Car,

1.- nous sommes obligés d’obéir à nos pasteurs ordinaires sous peine d’être publicains et païens (Matthieu, 18 :17). Comment donc pourrions-nous ranger nous sous autre discipline que la leur ? Les extraordinaires seront tenus pour néant, puisque nous serions obligés de ne pas les entendre, dans le cas où, comme j’ai dit, elles seraient désavouées des pasteurs ordinaires.

2. Dieu n’est point auteur de divisions, mais d’union et de concorde (I Corinthiens, 14 : 33), principalement entre ses disciples et ministres ecclésiastiques, comme Notre Seigneur montre clairement en la sainte prière qu’il fit à son Père dans les derniers jours de sa vie mortelle (Jean, 17 : 11 et 21). Comment donc autoriserait-il deux sortes de pasteurs, l’un extraordinaire, l’autre ordinaire ? Quant à l’ordinaire qu’elle soit autorisée cela est certain ; quant à l’extraordinaire, nous le présupposons : ce seraient donc deux Eglises différentes, qui est contre la plus pure parole de Notre Seigneur, qui n’a qu’une seule épouse, qu’une seule colombe, qu’une seule parfaite (Cantiques, 6 : 8.). Et comment pourrait être le troupeau uni, conduit par deux pasteurs inconnus l’un de l’autre, à divers repaires, à divers huchements (appels) et redans (retranchements), et dont l’un et l’autre voudraient tout avoir ? Ainsi serait l’Eglise, sous diversité de pasteurs ordinaires et extraordinaires, tirassëe (tiraillée) ça et là en diverses sectes. Et quoi ? Notre Seigneur est-il divisé (1 Corinthiens, 1 : 13) , ou en lui-même ou en son corps qui est l’Eglise ? Non, pour vrai, mais, au contraire, il ni a qu’un Seigneur (Ephésiens, 4 : 5), lequel a bâti son corps mystique avec une belle variété de membres très bien agencés, assemblés et serrés comtement, par toutes les jointures de la sousministration mutuelle; de façon que de vouloir mettre en l’Eglise cette division de troupes ordinaires et extraordinaires, c’est la ruiner et perdre. Il faut donc revenir à ce que nous disions, que jamais la vocation extraordinaire n’est légitime quand elle est désavouée de l’ordinaire. »



dimanche 23 novembre 2014

Pour en finir avec 40 ans de lefebvrisme ! - Petrus

Suite à la lecture de cette article, qui fera très certainement scandale, nous vous recommandons de vous mettre à lire les bons auteurs antilibéraux principalement du 19ième siècle, le cardinal Pie, cardinal Gousset, monseigneur Gaume, l'abbé Rohrbacher, l'abbé Aubry, l'abbé Alexis Pelletier, Jules-Paul Tardivel, Louis Veuillot, les encycliques de Grégoire XVI à Pie XII, etc.

Quarante ans. Voilà tout juste quarante ans que Mgr Lefebvre publiait sa célèbre déclaration du 21 novembre 2014. Dans Itinéraires, Jean Madiran était allé jusqu’à écrire qu’elle était « la charte de l’Eglise militante ». Elle est en réalité le principal acte fondateur du lefebvrisme et tous ceux qui se réclament du fondateur d’Ecône aujourd’hui encore font totalement leur cette déclaration. C’est le cas de Suresnes et de Menzingen qui ont commémoré le quarantième anniversaire de cette déclaration en la relayant sur les sites Internet de La Porte latine et de Dici. Les dissidents anti-fellaysiens de l’Union sacerdotale Marcel Lefebvre (USML) se réclament, eux aussi, ouvertement, de cette déclaration. Le Père Bruno, coordinateur national de l’USML, a placé ce même texte sur le site officiel de l’Union, France fidèle, et écrit que « ce texte magnifique est la charte de notre combat. (…) Nous faisons nôtre (cette déclaration) ».

De prime abord l’on pourrait s’étonner : comment se fait-il que des frères ennemis qui ont une vision diamétralement opposée sur le principe d’un accord avec la « Rome moderniste » puissent se réclamer, avec un même enthousiasme et une belle unanimité, de la déclaration du 21 novembre 1974 ? La réponse est simple : c’est que dans cette déclaration, acte fondateur du lefebvrisme, on trouve résumée, concentrée toute l’incohérence fondamentale du mouvement et de la pensée lefebvristes. Dans ce document Mgr Lefebvre reconnaît en Paul VI et dans ceux qui l’entourent au Vatican à la fois la Rome moderniste (à laquelle il faut désobéir) et la Rome éternelle (à laquelle il faut être fidèle). On ne peut en effet comprendre autrement cette déclaration car ceux qui pensaient et disaient que la Rome moderniste n’était en rien la Rome éternelle et qu’elle était donc illégitime, hérétique, apostate et sans aucune autorité ont été systématiquement chassés de la FSSPX. Cela vaut toujours aujourd’hui car expulser tous les prêtres ou séminaristes convaincus de sédévacantisme est vite devenu un sport national (et même international) au sein de ladite Fraternité. Au reste, dans cette déclaration que les esprits superficiels et faux jugent magnifique alors qu’elle est théologiquement nulle et absurde, tout à fait à l’image de son auteur, Mgr Lefebvre reconnaît publiquement l’autorité de Paul VI qu’il qualifie de « saint Père » , de « Souverain Pontife » de « successeur de Pierre » Par trois fois, dans cette déclaration, le fondateur de la FSSPX reconnaît publiquement en Montini le vicaire du Christ. Chapeau bas ! Pis (si l’on puit dire), dans ce texte, Mgr Lefebvre introduit le principe du libre-examen protestant consistant à trier dans les discours et les actes de celui qu’il reconnaît comme successeur de Pierre : « si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes (ceux de Paul VI reconnu par lui comme pape)  ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église. » Autrement dit Mgr Lefebvre s’érige en magistère parallèle tout en reconnaissant l’autorité de Paul VI. C’est à lui que revient désormais le soin de trier (au nom de quelle autorité ? de quelle infaillibilité ? de quelle légitimité ?) ce qui est catholique, ce qui est acceptable, ce qui est conforme à la Tradition et ce qui ne l’est pas dans les paroles et les actes de ceux qu’il reconnaît comme vicaires du Christ. Il s’agit là d’une revendication exorbitante car quel est le garant infaillible de la Tradition sinon le magistère, sinon le pape qui est, rappelons-le, la règle vivante et prochaine de la foi. C’est au pape qu’il appartient de dire avec autorité ce qui est conforme à la Tradition et ce qui ne l’est pas, ce qui est catholique et ce qui ne l’est pas. Si l’on pense et agit autrement, on n’est plus catholique.  Là où est Pierre, là est l’Eglise.

On voit donc que le lefebvrisme s’en prend aux fondements mêmes de l’Eglise, vicie gravement l’acte de foi. Car si nous croyons les vérités de foi (objet de la révélation), c’est parce que Dieu les a révélées (auteur de la révélation) et que l’Eglise nous les enseigne (règle de la foi). L’Eglise jouit donc d’une infaillibilité doctrinale. Faire sien le discours lefebvriste, ce n’est rien moins que s’en prendre à la pierre sur laquelle repose l’Eglise. Il faut vraiment que les traditionalistes soient relativistes et se désintéressent complètement des questions doctrinales pour avoir sans cesse à la  bouche du saint Marcel par-ci, du saint Marcel par-là (rappelons d’ailleurs que Mgr Williamson a fondé une initiative Saint Marcel, que l’abbé Philippe Laguérie, une fois exclu de la FSSPX en 2004 et auquel Suresnes avait envoyé des vigiles et des chiens pour le chasser du prieuré de Bruges, avait fondé une cultuelle saint Marcel, que ses partisans avaient animé un site nommé Fraternité canal historique et que ceux qui entourent aujourd’hui Richard Williamson sont regroupés dans l’Union sacerdotale Marcel Lefebvre. Comme s’il s’agissait déjà d’un saint canonisé par la sainte Eglise ! Même l’abbé Abrahamowicz a créé en Italie une Domus Marcel Lefebvre. Décidément on n’en sort pas ! ) Comme me le confiait plaisamment un vieux prêtre sédévacantiste, il ne faut pas trop attendre des prêtres qui quittent aujourd’hui la FSSPX (ou qui en ont été chassés) car après avoir été 10, 20, 30 ou 40 ans dans une fosse septique ou une fosse à purin, c’est normal qu’ils sentent mauvais ! Ou, comme me le disait pareillement une dame à la pointe du combat sédévacantiste ultra (ça j'adore !) depuis un demi-siècle « que vouliez-vous qu’il sortît de bon d’une source empoisonnée comme Lefebvre ? » Difficile de lui donner tort.

Nous l’avons déjà souvent écrit : Monseigneur Lefebvre, c’est comme le Bazar de l’Hôtel de Ville de Paris : on y trouve tout… et son contraire ! C’est pourquoi, dans les divisions actuelles de la FSSPX et des communautés amies, l’on se lance à la figure des déclarations contradictoires, mais toutes parfaitement authentiques, de Mgr Lefebvre pour justifier sa position. Chacun s’érige ainsi en disciple authentique du défunt fondateur de la FSSPX, en gardien de l’Ordre du temple lefebvrien sans jamais se poser la question de savoir si ces divisions fratricides n’ont précisément pas pour origine les incohérences, les atermoiements et, disons-le, la duplicité de Mgr Lefebvre dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas un modèle d’invariance. En avril 2012 les évêques de la FSSPX se sont envoyés sans aménité des lettres cinglantes avec des citations contradictoires mais authentiques de Mgr Lefebvre. Les accordistes mettent en avant les nombreuses déclarations et prises de position du fondateur d’Ecône en faveur des accords avec les occupants du Vatican, les anti-accordistes mettent en exergue les déclarations, aussi nombreuses, du même Mgr Lefebvre contre les accords. Mais tous restent inconditionnellement lefebvristes sans se poser de questions ! C’est t’y pas beau !

Si Mgr Lefebvre a dit tout et son contraire, c’est qu’il n’a pas osé franchir le Rubicon. Par tempérament diplomate, libéral et consensuel, par lâcheté, par crainte des conséquences, bref pour des raisons essentiellement mondaines. Or il n’est rien de pire que ceux qui ne vont pas au bout de leur combat. Dieu vomit les tièdes. La tiédeur, c’est déjà une forme de trahison, peut-être la pire qui soit. Il faut rappeler que Mgr Lefebvre n’a réagi que très tardivement à la révolution dans l’Eglise. Il a ainsi refusé d’apposer sa signature au Bref examen critique des cardinaux Ottaviani et Bacci (en fait le texte avait été rédigé par le père Guérard des Lauriers autrement plus doctrinal que le fondateur de la FSSPX, même si sa thèse ne nous convainc nullement !), il a signé tous les textes de Vatican II contrairement à ce qu’il avait affirmé mensongèrement pendant des années (il a fallu attendre la biographie de Mgr Tissier de Mallerais pour mettre fin à cette légende) et il a demandé (et obtenu) les autorisations nécessaires à de (pseudo-) autorités conciliaires pour la création de la Fraternité et du séminaire en 1970. Mgr Lefebvre n’était donc pas un briseur de barrage, un valeureux combattant de la foi. Là où nous aurions eu besoin d’un athlète de la foi, nous avons eu un diplomate. Là où il aurait fallu un confesseur de la foi, nous avons eu un prélat pragmatique et naviguant à vue. Là où il aurait fallu un pourfendeur infatigable de l’hérésie et de l’apostasie, nous avons eu un politicien essayant de négocier une place au sein de l’église conciliaire. Là où il aurait fallu former des âmes de feu, des âmes qui brûlent, prêtes à tous les sacrifices, toutes les persécutions, n’ont été promues que des lavettes énamourées devant Monseigneur (Mgr a dit, Mgr a fait, Mgr pense…), des tartuffes, des hommes sans consistance, sans conviction, sans colonne vertébrale, des Lorans, des Schmidberger, des Simoulin, des Bouchacourt, des de La Rocque, digne héritier du défunt colonel de La Rocque connu pour son modérantisme et son strict légalisme à l’égard de la IIIe République maçonnique, des Fellay qui, dans le civil, n’aurait pas pu espérer mieux qu’être chef de rayon à la Migros !

Si tous ces gens n’étaient pas aveuglés par le culte sectaire qu’ils vouent à un simple évêque sans juridiction et qu’ils étaient un tant soit peu capables d’esprit critique, de distance critique à l’égard de leur maître à penser,  ils auraient compris que les crises à répétition de la FSSPX depuis quarante ans n’ont d’autre origine que les incohérences doctrinales de Mgr Lefebvre, que sa versatilité. Selon ses intérêts du moment, selon ses interlocuteurs, selon ses auditeurs, il était capable de dire tout et son contraire. Y compris à l’intérieur d’un même discours, d’une même homélie. Il serait d’ailleurs instructif de faire un livre sur les contradictions permanentes du ci-devant archevêque de Dakar. Sur la page de droite on mettrait les déclarations de rupture avec le modernisme et avec le Vatican, sur la page de gauche celles en faveur d’un accord pratique. Le résultat serait édifiant. Et il est faux de dire que ces contradictions ne seraient que l’effet d’un retard à l’allumage, de l’obscurité de la situation et qu’elles se seraient dissipées peu à peu, le temps l’aidant à voir plus clair. En septembre 1987 il déclare que Rome est dans l’apostasie, que tous ces gens ont quitté ou quittent l’Eglise, qu’on ne peut pas collaborer avec eux, même s’ils donnent un évêque, même s’ils lèvent les sanctions contre la FSSPX. Et presque aussitôt après cette déclaration apparemment très ferme, il s’engage dans des discussions avec le Vatican qui aboutissent à la signature du protocole d’accord le 5 mai 1988. Lequel n’est guère moins lamentable que le protocole signé 24 ans plus tard par Mgr Fellay.

Dans les deux déclarations on reconnaît et on approuve explicitement le nouveau code de droit canon de 1983, la validité de la nouvelle messe et de tous les nouveaux sacrements, l’autorité de l’occupant du siège de Pierre et même Vatican II. Dans le document signé par Mgr Lefebvre, il est ainsi écrit : « Nous déclarons accepter la doctrine contenue dans le numéro 25 de la Constitution dogmatique Lumen Gentium du concile Vatican II  sur le Magistère ecclésiastique et l’adhésion qui lui est due ». Dans la déclaration de Mgr Fellay, on peut lire : « le concile Vatican II à son tour éclaire — c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement — certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement. » Certes Mgr Lefebvre a retiré sa signature dès le lendemain (6 mai 1988) mais, comme Mgr Fellay après lui, il ne s’est jamais vraiment rétracté sur le fond. Il aura même plusieurs déclarations ultérieures où il affirme que ce préambule n’était pas vraiment mauvais ni inacceptable car sinon il ne l’aurait pas signé. Ce qui a finalement empêché l’accord à l’époque, c’est le manque de confiance envers ses interlocuteurs romains et nullement la doctrine, la foi, les principes intangibles. Le désaccord s’est fait sur la composition des membres de la commission romaine qui devait être chargée de la « tradition » et à cause des doutes qu’avait Mgr Lefebvre dans la volonté de ses interlocuteurs de lui accorder un évêque issu de la FSSPX pour assurer la survie de son œuvre. Pour justifier qu’il soit quand même passé à l’acte en faisant des sacres sans mandat tout en reconnaissant publiquement l’autorité de Jean Paul II et en se disant en communion avec lui au canon de la messe, c’est-à-dire dans la partie la plus importante, la plus sacrée du saint sacrifice, et alors même qu’un an plus tôt il confiait dans un entretien avec Michel Reboul dans Monde et vie que s’il sacrait des évêques sans mandat pontifical il serait schismatique, Mgr Lefebvre eut une argumentation lamentable digne de sa personnalité : « les tentes sont louées », « les gens ont payé l’hôtel », bref on ne peut plus faire marche arrière.

Le jour des sacres, dans son homélie, Mgr Lefebvre avait demandé que soient gravés sur sa tombe ces fameux mots de saint Paul : « Tradidi quod et accepi » J’ai transmis ce que j’ai reçu. Ses disciples ont évidemment obéi à sa recommandation. Et ses sectateurs encore aujourd’hui se pâment devant cette déclaration. Or là encore il s’agit d’une imposture : où Mgr Lefebvre a-t-il appris qu’un concile œcuménique promulgué par un vrai pape pouvait être faillible et seulement pastoral ? Où a-t-il lu que l’on pouvait sacrer des évêques contre la volonté explicite et publique de celui que l’on reconnaît comme le vicaire du Christ ? Où a-t-il appris que le magistère ordinaire et universel de l’Eglise n’était pas nécessairement infaillible ou que, pour qu’il le soit, il faut un consensus non seulement dans l’espace mais aussi dans le temps ? Où a-t-il appris que l’on pouvait maintenir un séminaire, former et ordonner des prêtres contre l’ordre formel de l’autorité que l’on considère comme légitime ? Où a-t-il appris que l’on pouvait conférer le sacrement de confirmation dans n’importe quel diocèse du monde sans même en référer à ceux que l’on reconnaît comme évêques résidentiels légitimes ? Où a-t-il appris que l’on pouvait se dire catholique et désobéir en tout à celui que l’on reconnaît publiquement comme vicaire du Christ ? Dans quel manuel de théologie catholique a-t-il appris que les canonisations faites par un vrai pape pouvaient ne pas être infaillibles, qu’une messe, qu’un code de droit canon, qu’un catéchisme, qu’un rituel de sacrements promulgués par le pape pour l’Eglise universelle pouvaient être nocifs et dangereux pour la foi ? Où a-t-il appris que l’on pouvait chasser à vie de sa prétendue fraternité et sans aucune hésitation des prêtres, des diacres que l’on a soi-même ordonnés au seul motif qu’en conscience ils ne peuvent se dire en communion au canon de la messe avec des occupants du siège de Pierre qui détruisent l’Eglise ? Où a-t-il appris que l’on pouvait sans aucun problème de conscience les jeter à la rue sans se soucier de leur survie, de leur couverture sociale, de leur détresse, de leur déréliction ? En cela, soit dit en passant, Mgr Fellay est un digne héritier de Mgr Lefebvre. Et c’est cet homme misérable que l’on présente comme un saint, comme un héros et un athlète de la foi, comme le sauveur de l’Eglise et de la Tradition. Alors qu’il en a été le plus redoutable et efficace fossoyeur.

Comme l’écrivait avec sévérité mais avec justesse feu le père Barbara : après Jean XXIII, Paul VI et Jean Paul II (et, ajouterions-nous aujourd’hui, Benoît XVI et François), Mgr Lefebvre a été l’un des principaux destructeurs de l’Eglise militante, le plus redoutable adversaire du sédévacantisme et donc de la vérité catholique. Combien de prêtres et de laïcs m’ont déclaré qu’ils seraient devenus sédévacantistes sans Mgr Lefebvre auquel ils faisaient, à tort, toute confiance ? Il n’y a certes pas de quoi se vanter de ce bilan calamiteux. Chaque fois qu’il fallait faire un choix crucial, Lefebvre fit le mauvais : sur la validité de la messe et des nouveaux sacrements, sur l’autorité des occupants illégitimes du siège de Pierre, sur l’acceptation de la liturgie et du bréviaire de Jean XXIII, sur le choix des hommes aux postes-clés.


La Fraternité Saint-Pie X, c’est un peu comme le Parti communiste de la grande époque. Il faut suivre inconditionnellement la ligne du parti, même quand celle-ci change (et elle change souvent). Si l’on n’obéit pas, on est expulsé sans pitié. Faire l’histoire de la Fraternité depuis quarante ans, c’est écrire l’histoire de ses purges, de ses exclusions. Il n’est donc pas étonnant que tout ce milieu soit de moins en moins crédible sur le plan humain, intellectuel et doctrinal. Un édifice ainsi construit sur du sable ne peut donner de bons fruits. Ce qui maintient encore en vie la FSSPX, c’est la force de la structure et la tyrannie de sa direction. De sorte qu’elle peut durer encore un certain temps : après tout, les partis politiques eux-mêmes, malgré leurs trahisons, leurs crimes, les scandales multiples qui les éclaboussent, se maintiennent durablement en vie et traversent les décennies. Mais si la structure demeure sur le plan légal, on peut s’interroger : que restera-t-il dans vingt ou trente ans du lefebvrisme, une fois que la FSSPX et les communautés amies auront été complètement absorbées par l’église conciliaire, lorsque ce seront les faux prélats conciliaires qui conféreront les ordinations, les confirmations ? Rien probablement. Ou si peu. Mgr Lefebvre n’aura rien sauvé du tout. Pas même la messe puisque ce seront des « évêques » conciliaires invalides qui assureront demain les ordinations au sein de la FSSPX. Et même s’ils utilisent le rite traditionnel, cela ne sera d’aucun effet puisque ces “évêques” conciliaires ne sont ni prêtres ni évêques ayant été ordonnés et sacrés dans le cadre du nouveau rituel des ordinations et des sacres du 18 juin 1968 de Montini.

Un certain nombre de prêtres à la base ne sont pas en phase avec l’actuelle politique de Menzingen mais ils suivent quand même car ils ne savent pas où aller. Ils sont perdus et le courage n’est pas leur vertu première. Il faut dire qu’avec un tel fondateur ils ont été, si j’ose dire, à bonne école. Et que dire des quatre évêques, plus lamentables les uns que les autres, y compris Richard Williamson qui accorde le plus grand crédit à de pseudo-apparitions mariales à une fidèle illuminée de la FSSPX et qui multiplie dans ses Kyrie eleison les attaques stupides et absurdes contre le sédévacantisme montrant ainsi une fois de plus que s’engager à ses côtés est une totale impasse. Mgr Lefebvre, c’est clair, a bien choisi ses évêques. Ils sont et mourront lefebvristes, qu’on se le dise, même s’ils se détestent entre eux ! Quant aux prêtres hostiles à la politique de Menzingen, ils préfèrent se soumettre à la terreur plutôt que de subir les simulacres de procès qu’a ainsi connu un abbé Pinaud ou un abbé Salenave. Comme dans les procès staliniens il fallait que le “coupable” reconnût sa faute, demandât pardon au tyran de Menzingen, à l’associé de l’affairiste milliardiaire et sioniste Maximilien Krah. On n’essaie pas de convaincre l’accusé qu’il se trompe, qu’il a tort sur le plan doctrinal, qu’il est dans l’erreur. Non, il doit confesser sa faute, demander publiquement pardon au grand timonier, promettre de ne plus recommencer et obéir en tous points à la ligne du parti. C’est ainsi que Mgr Lefebvre procédait à son époque : il refusait de rencontrer ceux qui  l’avaient quitté ou qu’il avait exclu avant qu’ils ne fassent repentance et lui demandent pardon. L’abbé Seuillot nous a affirmé par exemple que c’est ainsi que Mgr Lefebvre avait procédé dans son cas. De sorte que l’entretien n’eut jamais lieu. Avec l’abbé Zins c’est encore pire : il avait fait croire à ce dernier qu’il accepterait de le rencontrer ; l’abbé Zins, désargenté, avait fait un long voyage pour le voir et finalement il s’est arrangé pour ne jamais le rencontrer, le faisant longuement poireauter. Mais à part ça, c’est sûr, Marcel Lefebvre est un saint qui est au paradis !

On notera d’ailleurs que dans la si mal nommée Fraternité les procédés sont les mêmes à gauche qu’à droite : on a chassé sans ménagement l’abbé Aulagnier en 2003 (par un simple fax, difficile d’aller plus loin dans la sécheresse administrative) parce qu’il approuvait les accords de Campos. C’est d’autant plus un comble que c’est Menzingen qui a demandé aux prêtres de Campos de s’asseoir à ses côtés à la table des négociations avec le Vatican en 2000-2001. Et l’accord que l’abbé Aulagnier voulait faire sincèrement avec le Vatican, tout le monde sait aujourd’hui que Mgr Fellay y travaillait déjà à l’époque. Mais Paul Aulagnier avait simplement eu le tort de se déclarer trop tôt et trop ouvertement accordiste. Mgr Fellay, lui, voulait arriver au même objectif par la ruse, le mensonge et la duplicité. D’où l’orchestration pendant quinze ans d’un double discours : un discours ad intra contre les accords dans ses homélies, ses conférences, dans Cor unum. Et un discours ad extra (à travers notamment sa discrète et efficace courroie de transmission, le GREC) en faveur d’un rapprochement et d’un accord avec la “Rome moderniste”. Il est difficile d’aller plus loin dans la manipulation. Naturellement, pendant de longues années, les troupes lefebvristes n’y ont vu que du feu. Et maintenant que Fellay est débarrassé de Mgr Williamson, des dominicains d’Avrillé, des bénédictins de Nova Friburgo et des prêtres les plus remuants contre toute perspective d’accord, tout indique que la FSSPX va se rallier dans les mois ou, plus probablement, dans les quelques années qui viennent à la secte conciliaire.


On le voit : la Fraternité Saint-Pie X n’aura servi historiquement qu’à canaliser et à neutraliser la résistance catholique à Vatican II et aux détestables réformes qui en sont issues. Comme le Front national aura réussi à neutraliser la résistance française au mondialisme et à la destruction de la France. Il faut vraiment avoir une cervelle de colibri pour ne pas le voir.


Que faut-il donc faire pour ceux qui veulent rester intégralement catholiques dans les ténèbres actuelles ? Prier, se sanctifier, garder la foi dans toute son intégrité, voir clair sur l’hérésie moderniste et sur l’imposture du lefebvrisme. En résumé l’église conciliaire n’est pas l’Eglise catholique, les occupants du siège de Pierre depuis Jean XXIII ne sont pas les vicaires du Christ, Mgr Lefebvre n’est pas le sauveur de la tradition mais son fossoyeur. Tout le reste n’est que balivernes.

Petrus.

samedi 18 octobre 2014

La naïveté crasse d'un prêtre


Un article de l'abbé François Knittel de la FSSPX vu sur un site des Dominicains d'Avrillé peut nous surprendre un peu, mais à y réfléchir, nous montre l'ambiance à l'intérieur des murs de cette communauté.

Nous vous montrons l'article de l'abbé Knittel et d'une note de bas de page ensuite nous répondons par un autre article que l'abbé Basilio Méramo a écrit en 2007.


Le P. Alberto Soria Jimenez, moine bénédictin de l'Abbaye de la Sainte-Croix en Espagne a soutenu en 2013 à l'université Saint-Damase de Madrid une thèse doctorale sur Les principes d'interprétation du motu proprio Summomm Pontificum. Ce travail vient d'être publié en espagnol avec une présentation du cardinal Antonio Cañizares, préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Les 13 pages de la présentation sont fort instructives. En voici un bref résumé. Toutes les citations entre guillemets sont tirées de cette présentation.

UN TRAVAIL DE RÉFÉRENCE EN DROIT CANON

En guise de préambule, le cardinal observe que le P. Soria ne célèbre pas lui-même selon le rite traditionnel. Il est donc un observateur extérieur et neutre dont l'impartialité ne saurait être mise en doute. En outre, la variété et l'amplitude des sources utilisées et des auteurs consultés attestent la richesse de son étude. 

Notre bénédictin procède à une analyse minutieuse de la terminologie utilisée dans le motu proprio afin de déterminer la mens legislatoris, c'est-à-dire l'esprit du législateur. Pour ce faire, il met en œuvre les moyens classiques dont usent les canonistes pour interpréter les lois : cerner le sens proprement juridique des mots utilisés, recourir aux lieux parallèles dans la législation de l'Église, tenir compte de la fin et des circonstances de la loi. 

Il s'en suit que "ce travail constitue une référence aussi bien pour l'étude que pour l'application de Summorum Pontificum et de l'Instruction Universæ Ecclesiæ".

UNE RÉPONSE AUX OBJECTIONS

Nombreuses furent les réactions suscitées par la publication du motu proprio du 7 juillet 2007. Ces réactions, le P. Soria les rapporte longuement, qu'elles soient favorables ou non aux mesures édictées par Benoît XVI. Or, " parmi les textes cités, de nombreuses critiques manifestent une conception du Concile et de la réforme liturgique qui témoigne clairement à quel point la diffusion généralisée de l'"herméneutique de rupture" au sujet de ces événements, loin d'être fantasmagorique, est une réalité bien concrète ". Le cardinal va s'attacher à répondre aux trois principales critiques opposées au motu proprio.

1ère objection : le motu proprio serait une initiative personnelle de Benoît XVI.

Les faits montrent, au contraire, que le motu proprio résulte d'une lente maturation jalonnée par plusieurs étapes : la pétition signée en 1971 par des représentants du monde de la culture pour que le rite traditionnel soit conservé, la réunion de la commission cardinalice en décembre 1986 pour dresser un premier bilan de l'Indult de 1984, la publication du motu proprio Ecclesia Dei et l'érection de la commission éponyme en 1988.

2e objection : la querelle liturgique serait une affaire de curés. 

 De fait, " la législation fut au départ très limitée. Elle ne prenait en compte que la dimension cléricale, ignorant quasi totalement les laïcs, étant donné que la préoccupation principale était disciplinaire et n'entendait que contrôler les éventuelles désobéissances à la loi qui était promulguée. ", Mais, " avec le temps, la question a revêtu un aspect toujours plus pastoral pour aller à l'encontre des besoins des fidèles, ce qui se traduit par un notable changement de ton de la terminologie utilisée : on ne parle plus, ainsi, du "problème" que poseraient prêtres et fidèles attachés au rite dit tridentin, mais bien de la "richesse " que sa conservation représente ".

Du plan purement disciplinaire, on est passé au domaine théologique et pastoral. Ce faisant, " le motu proprio a modifié la situation précédente, en faisant comprendre que la célébration de la forme extraordinaire devrait être normale ".

3e objection : la célébration de la messe traditionnelle serait en opposition avec Vatican II.

En réalité, la désobéissance et le refus ne sont pas là où on l'imagine : " Lorsque sont dénoncées des attitudes ou des positions de "refus du Concile ", c'est toujours à sens unique, c'est-à-dire à propos de ceux qui n'acceptent pas l'état actuel de la liturgie alors que, la plupart du temps, les comportements et pratiques qui provoquent ce refus ne viennent pas du Concile en soi, pas plus qu'il ne s'agit de mises en œuvre de ses principes, mais, au contraire, de comportements et de pratiques qui le trahissent en ce qu'ils sont diamétralement opposés à ce qu'exprimât l'assemblée conciliaire. Personne ne parle, ou alors avec bien moins de sévérité, de la désobéissance et du "refus", malheureusement si fréquent, opposés aux grands principes clairement exposés par le Concile ".

Certes, " il y a eu une réforme [c'est-à-dire] un changement dans les formes, mais pas une véritable rénovation, telle que l'envisageait Sacrosantum Concilium ". On pense spontanément à la suppression du latin, à la disparition du chant grégorien, à la célébration face au peuple et à la communion dans la main : toutes choses dont on ne trouve aucune trace dans la constitution conciliaire sur la liturgie [8C].

Mais, ajoute le cardinal, que dire de ceux qui, au lieu de rendre un culte au Père éternel (SC, n° 7), confisquent la liturgie au profit de leur créativité ? De ceux qui, loin de considérer " comme égaux en droit et dignité tous les rites légitimement reconnus " (SC, n°4), méprisent la liturgie romaine traditionnelle? De ceux qui, oublieux de la dimension publique du culte catholique (SC, n° 27), s'accommoderaient sans scrupule d'une célébration de la liturgie traditionnelle en l'absence de fidèles?

Un constat s'impose: "Il est plus Que jamais nécessaire d'accroître la vie liturgique, grâce à une formation adéquate des ministres et de tous les fidèles ".

UN PRÉALABLE NÉCESSAIRE

Le préfet de la Congrégation pour le culte divin élargit ensuite la perspective en montrant que "la réconciliation liturgique est une nécessité urgente préalable à l'évangélisation et à l'œcuménisme ". A ses yeux, " la réalisation "pratique" de cette réconciliation au sein de l'Église est nécessaire pour continuer de manière crédible sur le chemin de l'évangélisation et de l'œcuménisme ".

En se réconciliant avec sa tradition liturgique, l'Église renforce la crédibilité de son désir d'unité entre chrétiens. Comment ramener les autres à l'unité de l'Église quand celle-ci souffre elle-même de divisions ? " La prémisse ut unum sint [qu'ils soient un] 'suppose le ut unum maneant [qu'ils demeurent un] ". " Par sa législation, Benoît XVI a manifesté son amour paternel et sa compréhension envers ceux qui se sentent spécialement attachés à la tradition liturgique romaine et qui couraient le risque de devenir, de manière définitive, des marginaux dans l'Église ".

Le motu proprio est un signal fort [1], non seulement pour les chrétiens séparés, mais aussi pour tous les hommes appelés au salut. Deux indices le confirment. D'une part, l'intérêt particulier de la jeunesse pour le rite traditionnel qui ouvre, de manière assez inattendue, de nouvelles perspectives apostoliques. D'autre part, la multiplication des vocations sacerdotales et religieuses dans les milieux attachés à la liturgie traditionnelle est gage d'avenir pour l'évangélisation. Voilà des " signes des temps " qui demandent réflexion et docilité !

Abbé François KNITTEL


[1] Le pape Benoit XVI décida un peu plus tard, en 2007, de libérer la messe traditionnelle latine par un motu proprio intitulé « Summorum pontificum » et de lever en 2009 les « excommunications » émises contre les quatre évêques de la FSSPX. http://sspx.ca/fr/un-beau-myst%C3%A8re Cette citation vient du site de la fraternité dans le district du Canada. Ce motu proprio est l'œuvre du serpent Benoit XVI, ce cadeau du pape(?) est vraiment un présent empoisonné par son esprit fourbe. Que les prêtres et les fidèles relisent les sermons de Mgr Lefebvre sur le serpent qu’est Ratzinger. 

La doctrine de l'Église est aussi sinon plus importante que la Messe de toujours, ce motu proprio est ainsi insuffisant en plus il faut se posé la question s'il y a vraiment Église à Rome ou une église qui a pour chef un antéchrist en François. 



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À propos du Motu proprio: Qu’en penser?

L’état d’attentisme et d’optimisme qui entoure ce document est incroyable, ceci est comme une marque ou un signe de relâchement général du combat au sein du cercle des fidèles traditionalistes dont il semble qu’ils ne soient pas dotés de la même consistance spirituelle et doctrinale de jadis, lesquels enracinent solidement les principes. Cela s’apparente à une forme d’anémie spirituelle ou de détérioration des neurones qui paraissent empêcher une vue claire des choses. La Rome moderniste a toujours voulu et veut neutraliser le doigt accusateur de sa trahison et de son apostasie et tente de diluer, à défaut de ne pas pouvoir détruire, toute résistance traditionnelle de nature à combattre ses erreurs.

La Fraternité Sacerdotale St Pie X se trouve être la seule congrégation ecclésiastique d’envergure universelle (au niveau mondial) à laquelle s’ajoutent tous les autres groupes qui s’opposent au modernisme, même s’il y en a certains autres qui le font, mais qui sont davantage limités à l’échelle internationale. Partant il est évident que l’objectif principal consiste à détruire, annihiler ou absorber, ou à tout le moins neutraliser cette résistance de quelle que manière que ce soit et il apparait que la meilleure et la plus efficace soit celle de la lente, mais importante désagrégation, dilution de cette force, par le biais de procédés d’une grande action dialectique, qui permette le “solve et coagula” (dissoudre et coaguler) typique de la Révolution Antichrétienne qui règne au sein même de l’Eglise.

Un des procédés utilisés pour parvenir à vaincre la résistance traditionaliste est ainsi de corrompre en diluant les concepts ou les notions claires et précises qui ont été à l’origine de cette même résistance. Le moyen sera de produire un changement dans la mentalité des fidèles fermes dans la Tradition qui permette d’atteindre l’objectif tant désiré par les ennemis infiltrés dans l’Eglise et qui la gouvernent en détruisant la Foi de toujours et en créant une nouvelle Eglise post-conciliaire conformément aux plans de la synarchie ou globalisation universelle, dirigés par le pouvoir occulte de la Haute finance.

Le Motu proprio de Benoit XVI a pour finalité (dans un acte d’audace réfléchie) d’envelopper, de diluer puis d’absorber le bastion le plus fort de résistance au modernisme qui perdure encore en défendant la Foi, laquelle est toujours plus rongée par les effets du Concile Vatican II.

L’on s’efforce de passer sous silence le rejet frontal de la nouvelle messe en reconnaissant que la Messe Tridentine (de toujours ou de Saint Pie V) n’a jamais été supprimée, mais en reconnaissant aussi que la nouvelle messe demeure la forme ordinaire (commune ou générale) et la Messe Tridentine la forme ou expression extraordinaire (spéciale et particulière) d’un même rite.

Tout cela ne peut être admis du fait d’une erreur de fond doctrinal manifeste, car Mgr Lefebvre avait bien précisé que la nouvelle messe était un rite bâtard, mauvais, non catholique, proche de l’hérésie, qu’il était protestantisé, contraire à la Sacro-sainte Tradition de l’Église, alors comment pourrait-on dire aujourd’hui que c’est le même rite, c’est absurde, comme il est également absurde de penser, de croire ou de dire qu’avec le Motu Proprio la Messe Tridentine retrouve ses droits au point d’exulter un Te Deum ou de considérer cela comme un triomphe posthume de Monseigneur Lefebvre, alors même que le droit à la Messe de toujours ne peut consister, dans le meilleur des cas, en une égalité juridique avec la nouvelle messe, les deux comme forme ordinaire-ce qui constitue déjà un affront à l’exclusivité de la Messe tridentine et catholique face à la nouvelle messe protestantisme ou protestante suivant les manières dont on l’observe et on la qualifie, car si nous nous arrêtons à la définition telle qu’elle figure dans l’article 7 de l’Institutio Generalis du nouveau missel, nous nous trouvons face à la cène protestante dans toute son expression. Or, il n’existe même pas d’égalité de droit (ce qui serait déjà baisser les armes) sinon pire encore, des droits inégaux, la nouvelle messe étant ce qui est commun ou ordinaire et la Messe tridentine, ce qui est du ressort du spécial ou de l’extraordinaire.

Cela revient à affirmer que la concubine est la femme ordinaire (de tous les jours) et l’épouse légitime (épouse extraordinaire, celle des jours exceptionnels) et implique que l’épouse légitime n’est même pas en rapport égal dame et maîtresse de maison avec la concubine.

Cela montre de surcroît qu’il s’agit d’un indult universel camouflé, masqué en un droit spécifique extraordinaire. Avec tout cela l’on fait en sorte, en raison du privilège obtenu, de payer le prix de la reconnaissance de la concubine et d’accepter, bien que l’une étant l’ordinaire et l’autre l’extraordinaire qu’elles soient toutes les deux les servantes d’un même Seigneur. Quelle plus grande entourloupe que celle d’un démon habillé en ange de lumière?

De plus, sous apparence de bien, l’on nous gratifie de l’illusion d’un mirage, tel que par exemple, le fait de semer la division dans le camp des modernistes ou que les prêtres modernistes pourront dire la Messe Tridentine. Le premier élément, le même Benoit XVI se chargera de le déblayer car comme lui-même nous en avertit, pour dire la messe tridentine sont requises une culture liturgique et une connaissance minimale du latin que n’ont pas la majeure partie des prêtres, restant ainsi acquis que la nouvelle messe, tant de fait (situation réelle) comme de droit (norme juridique), est la norme ordinaire.

L’apparent avantage consistant en ce que les prêtres modernistes auront la possibilité (liberté) de dire la Messe Tridentine est une autre illusion, produite par l’effet de mirage après avoir vécu pratiquement pendant quarante ans dans le désert de l’abominable désolation à cause de la révolution liturgique; A quoi peuvent bien nous servir-ou quel bénéfice peut-on tirer des prêtres qui nous disent la vraie messe si leur doctrine demeure toujours moderniste, car leur  formation philosophique et théologique est moderniste et cela est très difficile à faire disparaître, à changer; Ce qui pourrait tout bonnement arriver est que l’on favorise la confusion tels des sépulcres blanchis, blancs de l’extérieur et pourris de l’intérieur, blanchis ou masqués en disant la Messe Tridentine mais pourris de l’intérieur du fait de leur mentalité et de leur formation moderniste, et ce, avec la circonstance aggravante de ne pas avoir la garantie de la certitude infaillible de leurs ordinations sacerdotales conférées avec le nouveau rite. Il ne se trouve aucun théologien en mesure de prouver la certitude infaillible des ordinations avec le nouveau rite, il y a au minimum un doute positif sur leur validité, si tant est que nous n’ayons une preuve de leur invalidité pour des motifs théologiques sacramentels de poids que l’on ne peut plus cesser de prendre en considération. De toutes les manières, sans entrer de plein fouet dans la question, qu’il nous suffise de dire que les ordinations sacerdotales conférées avec le nouveau rite sont dépourvues du sceau de la garantie infaillible propre à exclure tout doute d’invalidité.

J’espère que ces réflexions seront utiles afin que nous soyons consolidés dans la vérité et dans ses droits exclusifs sans amalgames dialectiques entre le bien et le mal, entre la vérité et l’erreur, entre Dieu et le Diable, entre le Christ et l’Anti-Christ, entre l’Eglise du Christ et la nouvelle Eglise Synagogue de Satan ou de l’Anti-Christ.

Nous sommes encore en un temps pour verser nos larmes en récitant un Miserere et que Dieu ait pitié de nos misères, sans que nous nous laissions aller à l’illusion et au mirage d’un optimisme infondé qui ne correspond pas à la réalité de la crise irréversible et ultime que nous vivons.

Que la Très Sainte Vierge Marie nous protège et qu’avec sa force devant la Croix nous demeurions forts dans la foi et dans l’amour de son Divin Fils

Abbé Basilio Méramo

4 Août de 2007

mardi 4 février 2014

Monseigneur Lefebvre embarrassant



Ce sermon un peu poussiéreux que nous mettons à votre disposition est d’une époque qu’on aimerait oublier à Menzingen ou tout le moins cacher. On s’amuse à faire un Mgr Lefebvre comme il nous plaie tel un Jacques-Régis du Cray alias Ennemond alias Côme de Pévigny. Ce triste personnage est repris régulièrement sur tradinews qui sont censés faire un visage de ladite tradition, mais qui dirige le monde vers un rallierisme avec des textes bien choisis. L’institut du Bon Pasteur, la Fraternité Saint-Pierre et autres ne peuvent faire partie de la Tradition puisqu’ils ont intégré une secte qui n’est pas catholique.
 Très rarement ils passent quelques textes vraiment catholiques pour pouvoir endormir les éternels naïfs. Il faut savoir que la vérité ne se mélange pas avec l’erreur. On n'attrape pas des mouches avec du vinaigre. Avec cette prudence, nous reconnaîtrons les traditionalistes face aux modernistes et aux libéraux.
Nous n'utiliserons pas la méthode de plusieurs de prendre des textes et couper pour choisir les bouts qui feront notre affaire pour amener les fidèles vers une nouvelle pensée et par ceci faire le jeu du diable de l'hypocrisie.
Après cette petite précision, laissons Mgr Lefebvre nous poser certaines questions tout à fait légitimes en ces temps et que plusieurs évitent comme la peste.


Homélie Monseigneur
Pâques
30 mars 1986
Mes bien chers amis,
Mes bien chers frères,
Permettez-moi, avant d’évoquer quelques considérations sur cette belle fête de Pâques, sur les sentiments qui doivent nous animer en ce beau jour, de compléter — surtout pour vous, mes chers séminaristes, qui allez dans quelques instants prendre le chemin des vacances — vous allez rencontrer vos parents, vos amis, et je ne voudrais pas que ce que je vous ai dit jeudi dernier à l’occasion de la messe chrismale, soit mal interprété par vous.
Nous le savons tous, mes bien chers frères, mes bien chers amis, nous savons tous que nous sommes actuellement devant une situation dans l’Église qui est de plus en plus inquiétante. Ce n’est pas depuis aujourd’hui que le problème se pose. Le problème se pose depuis le concile particulièrement et depuis l’application des réformes du concile.
Or, nous assistons à une espèce d’escalade de l’œcuménisme pratiqué par le pape et par les évêques. Ce n’est pas un mystère ; c’est vu et su par tout le monde ; c’est présenté à la télévision, par tous les moyens de communication sociale. Tout le monde est bien au courant de cet œcuménisme qui est pratiqué aujourd’hui par les autorités de l’Église.
Alors cet œcuménisme nous pose – à vous j’en suis certain – chers fidèles, chers amis, un grave problème de conscience. Pour nous, nous voulons et nous avons décidé – et je ne pense pas que nous ayons l’intention de changer : nous voulons rester catholiques. Et le catholicisme pour nous, signifie : garder la foi, les sacrements, le Saint Sacrifice de la messe, le catéchisme que l’Église a enseigné, a légué, comme un héritage précieux pendant dix-neuf siècles, à des générations et des générations de catholiques. Nous-mêmes nous avons reçu dans notre enfance, dans notre jeunesse, dans notre adolescence, notre âge mûr, nous avons reçu ce précieux héritage et nous y sommes attachés comme à la prunelle de nos yeux, en pensant que cette foi qui nous a été léguée et tous les moyens de garder la foi qui nous ont été légués, d’entretenir la grâce en nous, sont un moyen nécessaire, absolument indispensable pour sauver nos âmes, pour aller au Ciel. Ce n’est pas pour autre chose que nous voulons demeurer catholiques : pour sauver nos âmes.
Alors, lorsque j’avais l’occasion de vous dire jeudi dernier, mes chers amis, que nous avons l’impression de nous éloigner toujours davantage de ceux qui pratiquent cet œcuménisme insensé, contraire à la foi catholique — je devrais dire plutôt, que demeurant catholiques et décidant de demeurer catholiques jusqu’à la fin de nos jours — ce sont eux que nous voyons s’éloigner de nous, parce que nous demeurons catholiques et qu’ils s’éloignent toujours un peu plus de la profession de cette foi catholique qui est le premier précepte qui est celui d’un baptisé, de professer sa foi.
Ce n’est pas pour rien que nos parrain et marraine ont prononcé le Credo le jour de notre baptême – et que nous-mêmes ensuite – à la confirmation que nous avons reçue, nous avons répété par nous-mêmes, ce Credo, qui nous attache définitivement à la foi catholique.
Or, c’est un fait certain, connu désormais de tout le monde, depuis surtout le voyage du pape au Maroc, au Togo, dans les Indes, et dans les communiqués que le Saint-Siège officiellement a fait paraître encore ces jours derniers, pour dire que le pape avait l’intention de se rendre chez les juifs, pour prier avec eux, que le pape avait l’intention de se rendre à Taizé pour prier avec les protestants et qu’il avait l’intention – il l’a dit lui-même publiquement à Saint-Paul-hors-les-murs – de faire une cérémonie qui réunirait toutes les religions du monde pour prier avec elles, à Assise, pour la paix – à l’occasion de l’Année de la paix qui a été proclamée par l’O.N.U. et qui pour l’O.N.U. doit avoir lieu le 24 octobre. Voilà les faits. Vous les avez lus dans les journaux ; vous les avez entendus à la télévision, pour ceux qui ont la télévision.
Que pensons-nous ? Quelle est la réaction de notre foi catholique ? C’est cela qui compte, ce n’est pas notre sentiment personnel, une espèce d’impression ou une constatation quelconque. Il s’agit de savoir ce qu’en pense l’Église catholique ; ce que l’on nous a enseigné ; ce que notre foi nous dit devant ces faits.
C’est pourquoi je me permets de vous lire quelques mots très courts que j’ai recueillis dans le Dictionnaire de Droit canonique, du chanoine Naz, qui est officiellement le commentaire du Droit canon qui est la loi de l’Église depuis les premiers temps de l’Église. Le Droit canon édité et publié sur l’ordre du pape Pie X et publié par Benoît XV, le Droit canon est l’expression de la loi de l’Église qui a été la sienne pendant dix-neuf siècles.
Que dit-il à propos de ce que l’on appelle la communicatio in sacris, c’est-à-dire la participation à un culte a-catholique, participation d’un culte non catholique ? Je crois que c’est bien ce qui nous occupe ; c’est bien ce que nous voyons : la participation du pape et des évêques à des cultes non catholiques.
Qu’est-ce qu’en dit l’Église ?
La communicatio in sacris, comme le dit l’Église en latin : Elle est interdite avec les non-catholiques par le canon 1258, paragraphe 1, qui dit : “Il est absolument interdit aux fidèles d’assister ou de prendre part activement aux cultes des a-catholiques de quelque manière que ce soit”. De quelque manière que ce soit.
Et voici comment il l’explique — et cela je ne fais que copier ce qui se trouve dans le commentaire officiel de la doctrine de l’Église — :
« La participation est active et formelle quand un catholique participe à un culte hétérodoxe, c’est-à-dire non catholique, avec l’intention d’honorer Dieu par ce moyen, à la manière des non-catholiques ».
Je répète... (Monseigneur relit le paragraphe).
C’est exactement ce devant quoi nous nous trouvons. Je pense réellement que les évêques et que le pape ont l’intention d’honorer Dieu, par le culte non catholique, auquel ils participent. Je ne pense pas me tromper.
« Une telle participation est interdite, sous n’importe quelle forme – quo vis modo – parce qu’elle implique profession d’une fausse religion et par conséquent le reniement de la foi catholique.
« Il n’est permis ni de prier, ni de chanter, ni de jouer de l’orgue dans un temple hérétique ou schismatique en s’associant aux fidèles qui célèbrent leur culte, même si les termes du chant et des prières sont orthodoxes ».
Ce n’est pas moi qui ai écrit cela. C’est écrit en toutes lettres dans le Dictionnaire de Droit canonique par le chanoine Naz, qui fait pièce officielle, qui a toujours été considérée dans l’Église comme un commentaire tout à fait officiel et valable.
« Ceux qui participent ainsi activement et formellement au culte des non-catholiques sont présumés adhérer aux croyances de ces derniers. C’est pourquoi le canon 2316 les déclare suspects d’hérésie et s’ils persévèrent ils sont considérés comme réellement hérétiques. »
Ce n’est pas moi qui le dis, encore une fois. Pourquoi cette législation de l’Église ? Pour nous aider à pratiquer le premier commandement que nous avons de professer notre foi catholique.
Si nous professons notre foi catholique, il nous est impossible, inconcevable de professer une autre foi, un autre culte. Parce qu’en priant dans un autre culte nous faisons profession d’honorer le dieu qui est invoqué par ce culte, par le culte d’une fausse religion. Une fausse religion, c’est honorer un faux dieu ; un dieu qui est une construction de l’esprit ou qui est une idole quelconque, mais qui n’est pas le vrai Dieu.
Comment voulez-vous que les juifs prient le vrai Dieu ? Ils sont formellement, essentiellement contre Notre Seigneur Jésus-Christ, depuis précisément le jour de la Résurrection de Notre Seigneur. Et même avant, puisqu’ils L’ont crucifié.
Mais d’une manière quasi officielle, après la Résurrection de Notre Seigneur. Et ils se sont mis immédiatement à persécuter les disciples de Notre Seigneur et cela pendant des siècles. Comment peut-on prier le vrai Dieu avec les juifs ? Qui est Notre Seigneur Jésus-Christ ? Le Verbe de Dieu. Il est Dieu. Nous n’avons qu’un seul Dieu : Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et qu’un seul Seigneur : Notre Seigneur Jésus-Christ.
Ce sont les évangélistes qui nous rappellent cela à satiété. Si donc on s’oppose à Notre Seigneur
Jésus-Christ, comme le dit explicitement saint Jean dans ses Lettres : “Qui n’a pas le Fils, n’a pas le Père. Celui qui n’honore pas le Fils, n’honore pas le Père.”
C’est normal, il n’y a qu’un seul Dieu en trois Personnes. Si l’une des Personnes est déshonorée, est refusée, on ne peut pas honorer les autres Personnes, c’est impossible. C’est détruire la Sainte Trinité. Par conséquent, en déshonorant Notre Seigneur Jésus-Christ, les juifs déshonorent la Sainte Trinité. Comment peuvent-ils prier le vrai Dieu ? Il n’y a pas d’autre Dieu au Ciel, que nous connaissions, qui nous ait été enseigné par notre foi catholique.
Voilà la situation devant laquelle nous nous trouvons. Je ne l’invente pas. Ce n’est pas moi qui le veux, je voudrais mourir pour qu’elle n’existe pas cette situation. Je voudrais donner ma vie. Mais nous nous trouvons devant cette situation. Comment la juger selon notre foi, suivant la doctrine de l’Église ? Nous nous trouvons vraiment devant un dilemme grave, excessivement grave, qui, je crois, n’a jamais existé dans l’Église : Que celui qui est assis sur le siège de Pierre, participe à des cultes de faux dieux. Je ne pense pas que ce ne soit jamais arrivé dans l’Histoire de l’Église.
Quelle conclusion devra nous tirer, peut-être dans quelques mois, devant ces actes répétés de communication à des faux cultes ? Je ne sais pas. Je me le demande. Mais il est possible que nous soyons dans l’obligation de croire que ce pape n’est pas pape.
Car il semble à première vue — je ne veux pas encore le dire d’une manière solennelle et formelle — mais il semble à première vue — qu’il soit impossible qu’un pape soit hérétique publiquement et formellement.
Notre Seigneur lui a promis (au successeur de Pierre) d’être avec lui, de garder sa foi, de le garder dans la foi. Comment celui auquel Notre Seigneur a promis de le garder dans la foi définitivement et sans qu’il puisse errer dans la foi, peut-il en même temps être hérétique publiquement et quasi apostasier ?
Voici un problème qui vous concerne tous, qui ne concerne pas moi seulement.
Si l’on nous a persécutés, si maintenant on nous traite comme des gens qui sont presque hors de l’Église, pourquoi ? Parce que nous sommes restés catholiques. Parce que nous avons voulu rester catholiques. Et alors nous constatons que demeurant catholiques, ces personnes s’éloignent toujours davantage de la doctrine catholique et par conséquent s’éloignent de nous. Que voulez-vous que l’on y fasse ? Absolument comme les juifs se sont éloignés de Notre Seigneur. Ils se sont éloignés de Lui toujours davantage, jusqu’à devenir des ennemis jurés de Notre Seigneur Jésus-Christ. Alors qu’ils auraient dû tous se réunir à Notre Seigneur ; alors qu’ils auraient dû tous suivre la très Sainte Vierge Marie et les apôtres – à l’exception faite de Judas bien sûr – mais tous les disciples de Notre Seigneur, juifs, qui se sont convertis à Notre Seigneur et qui ont suivi Notre Seigneur. Notre religion chrétienne a commencé avec des juifs, des juifs convertis. Pourquoi y en a-t-il un certain nombre qui ont refusé de se convertir malgré toute l’évidence des miracles de Notre Seigneur, l’évidence de sa Résurrection ? Puisque les soldats qui étaient présents ont couru, effrayés, après l’apparition de l’ange et les tremblements de terre qui avaient eu lieu ; effrayés ils sont partis voir les Princes des prêtres pour dire ce qui était arrivé. C’est-à-dire que Notre Seigneur n’était plus là ; qu’il était ressuscité ; qu’il n’y avait plus rien dans le tombeau et qu’ils avaient entendu un tremblement de terre effrayant. Ils venaient apporter leurs constatations, leur témoignage.
Qu’est-ce qu’ont dit les Princes des prêtres ? Au lieu de dire : Ah, vraiment, nous faisons amende honorable ; nous nous sommes trompés ; nous adorons Notre Seigneur Jésus-Christ s’il est ressuscité. Comment ne pas L’adorer ? Comment ne pas Le suivre ? – Non – Qu’ont-t-ils dit aux soldats ? : “Voilà une forte somme d’argent et allez dire dans tout Jérusalem que pendant que vous dormiez, les apôtres sont venus prendre le Corps de Notre Seigneur”.
Alors, comme le dit très bien saint Augustin, en souriant je pense, il dit : “Mais comment ont-ils pu dire que les apôtres ont enlevé le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, comment les ont-ils vus puisqu’ils dormaient ?” Ils n’ont pas pu voir. Ils disaient même que pendant qu’ils dormaient les apôtres sont venus enlever le Corps de Notre Seigneur, donc ils ne les ont pas vus. Mensonge, mensonge, mensonge. C’est le démon qui les a inspirés ; ils sont restés sous l’influence du démon.
Que faire, mes bien chers frères, mes bien chers amis ? Prier. Devant cette situation de l’Église, nous devrions prier matin et soir, jour et nuit, prier la très Sainte Vierge Marie de venir au secours de son Église.
Car c’est un scandale considérable – au vrai terme de scandale – scandale, c’est poussé au péché. Eh bien par ce scandale de l’œcuménisme, par ce scandale de la participation aux cultes de fausses religions, les chrétiens perdent la foi. Les catholiques perdent la foi ; ils n’ont plus la foi dans l’Église catholique. Ils ne croient plus qu’il n’y a qu’une seule religion vraie ; qu’il n’y a qu’un seul Dieu, la Trinité Sainte et Notre Seigneur Jésus-Christ. La foi disparaît.
Quand l’exemple et le scandale viennent de si haut, que celui qui est sur le siège de Pierre et que presque tous les évêques... alors pauvres chrétiens, qui sont livrés à eux-mêmes ; qui n’ont pas suffisamment de formation chrétienne, pour maintenir leur foi catholique malgré tout, ou qui n’ont pas à côté d’eux des prêtres qui les aident à garder cette foi, ils sont complètement désemparés.
Ou ils perdent la foi, ne pratiquent plus, ne prient plus, ou ils s’engagent dans des sectes quelconques. Alors nous devons beaucoup prier, réfléchir, demander au Bon Dieu de nous garder dans la foi catholique, quoi qu’il arrive.
Ces événements ne dépendent pas de nous, encore une fois. C’est comme un film de cinéma qui se déroule devant nos yeux. Depuis le concile, nous voyons la situation s’aggraver, d’année en année, toujours plus grave, toujours plus grave. Le synode a encore marqué un point d’orgue – je dirai encore plus grave que les autres – parce qu’ils ont dit : Nous continuons, nous continuons, malgré toutes les difficultés ; le concile a été l’œuvre du Saint-Esprit, a été une Pentecôte extraordinaire, il faut continuer. Continuons dans l’esprit du concile. Pas de restrictions, pas de réprimandes, pas de retour à la Tradition.
Et nous voyons maintenant que le fait que le synode ait dit : Il faut continuer dans l’esprit du concile, eh bien nous voyons les étapes, maintenant se précipiter, aller encore plus vite. Forcément puisqu’il n’y a pas eu d’objection à ces vingt années d’esprit du concile mis en pratique. Maintenant, désormais, tous ceux qui sont d’accord avec ces transformations dans l’Église, disent il n’y a pas de raison de ne pas continuer plus rapidement encore. On en arrive à la destruction totale de l’Église.
Mais je ne voudrais pas ne pas évoquer quelques considérations sur la belle fête de Pâques que nous avons et qui, justement, encouragent notre foi. Car voyez-vous l’Église catholique est la seule, en définitive, qui nous parle de l’au-delà d’une manière certaine.
Oh, comme nous devons remercier le Bon Dieu d’avoir la foi catholique. Pauvres âmes qui n’ont pas la foi et qui errent – je dirai – dans l’aveuglement ; qui ne pensent qu’aux choses d’ici-bas et qui lorsqu’elles pensent ou qu’elles ont l’occasion de penser aux choses de l’avenir, ce qu’il en sera après la mort, préfèrent plutôt fermer les yeux, fermer les oreilles, ne pas évoquer ces choses-là, pour ne pas avoir à y penser.
Pauvres gens qui dans leur aveuglement et dans leur attachement aux choses de ce monde, ferment les yeux sur les choses les plus belles qui nous attendent là-haut.
Aujourd’hui disent nos offices, Notre Seigneur a ouvert la porte du Ciel. Mais regardons donc vers le Ciel. Il nous ouvre les portes du Ciel, pourquoi ? Mais pour nous y amener tous, bien sûr !
Pour que tous les hommes Le suivent. Lui, puisqu’il a ouvert cette porte et qu’il est Lui-même LA
Porte. Ego sum ostium : Je suis la Porte du Ciel. Mais regardons Jésus-Christ, regardons sa Résurrection, regardons toutes les Âmes saintes qui L’entourent ; regardons tous ces justes de l’Ancien Testament, qui vont bientôt monter avec Lui au Ciel et former déjà le corps des Élus au Ciel.
Alors que nous enseigne l’Église sur cet au-delà qui nous attend tous ? Cette vie (sur terre) est courte, est brève.
L’Église nous dit qu’il y a quatre possibilités pour les âmes, quatre lieux dans lesquels elles peuvent être placées, dont trois définitifs et un provisoire.
Les lieux définitifs sont : le Ciel, les Limbes et l’Enfer.
Le lieu provisoire, c’est le Purgatoire.
Voilà ce que nous enseigne l’Église. Il n’y a pas d’autres lieux. Ou c’est le bonheur éternel, immédiatement acquis, ou c’est le bonheur éternel acquis par l’intermédiaire d’un séjour plus ou moins prolongé au Purgatoire pour purifier nos âmes de nos péchés véniels, des peines dues aux péchés que nous avons commis.
Ou ce sont les Limbes pour les âmes de ceux qui n’ont pas péché personnellement et qui sont
morts avec le péché originel, comme tous ces enfants qui meurent... hélas — quand on pense à tous ces avortements, tous ces enfants sont privés de la grâce sanctifiante, privés du bonheur éternel du Ciel — ils ne sont pas malheureux, mais ils sont tout de même dans cette privation invraisemblable d’un bonheur ineffable, dont nous n’avons aucune idée ici-bas. Cela ce sont les Limbes.
Et puis enfin l’Enfer.
Et saint Thomas donne une comparaison, très moderne je dirai, parce qu’il dit : “Nos âmes lorsqu’elles quitteront nos corps, ici-bas, iront chacune à leur place, comme les astres qui ont été projetés dans le ciel par le Bon Dieu”. Chacun a pris sa place selon sa gravité, suivant les lois de la gravitation, suivant son importance, il a pris sa place. Comme nous dirions aujourd’hui pour les satellites. Nous lançons des satellites qui, suivant leur poids, suivant leur grandeur, suivant leur vitesse, prennent leur place sur orbite et tournent autour de la terre.
Eh bien les âmes aussi – d’une certaine manière – prendront chacune leur place. Par rapport à quoi ? Par rapport à leur relation avec Notre Seigneur Jésus-Christ.
Sommes-nous vraiment des fidèles de Notre Seigneur Jésus-Christ ? L’aimons-nous de tout notre cœur ? Mourrons-nous dans cet amour en disant : J’offre ma vie tout entière ; j’offre tout, j’offre mes souffrances ; j’offre ma mort pour Notre Seigneur Jésus-Christ ; pour être uni à Notre
Seigneur Jésus-Christ ; pour réparer les fautes, par amour pour Notre Seigneur.
Alors, si vraiment nous faisons un acte de charité parfaite avant de mourir, nos âmes tout naturellement partiront dans le Ciel et se placeront dans le Ciel suivant notre degré de charité ; plus ou moins près de Notre Seigneur, automatiquement, le Bon Dieu n’aura même pas à nous juger. C’est nous-mêmes qui nous jugeons par la charité que nous avons pour le Bon Dieu, pour Notre Seigneur et nous aurons le bonheur éternel.
Si au contraire nous avons des peines à expier, ce sera le Purgatoire. Et dans le Purgatoire, nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes. N’oublions pas cela, mes bien chers frères. N’oublions pas que dans le Purgatoire, les âmes du Purgatoire ne peuvent rien faire par elles-mêmes ; elles ne peuvent pas mériter ; elles sont fixées dans ce qu’elles sont, simplement qu’elles ont un temps de peine à expier. Mais ce temps peut être abrégé par nous, par les fidèles qui sont encore sur la terre. Nous pouvons prier justement, il faut prier pour les âmes du Purgatoire. C’est une grande raison de prier pour les âmes du Purgatoire. Parce que nous, nous pouvons mériter pour elles, par nos prières, par nos sacrifices ; en offrant nos sacrifices pour les âmes du Purgatoire, pour les âmes de nos parents, de nos amis, de tous ceux qui souffrent au Purgatoire. Nous pouvons soulager leurs peines. Elles ne peuvent plus pour elles-mêmes ; elles attendent la fin de cette purification, de ce Purgatoire et elles souhaitent que ceux qui sont sur la terre, leurs amis, leurs parents, prient pour elles afin de les délivrer le plus vite possible de ces peines et qu’elles aillent rejoindre les élus au Ciel.
Par contre, inutile de prier pour les élus du Ciel ; inutile de prier pour ceux qui sont dans les
Limbes ; inutile de prier pour ceux qui sont en Enfer, parce que dans ces trois lieux, l’état est définitif.
Mais comme nous ne le savons pas, nous ne savons pas parmi nos parents, nos amis, ceux qui meurent, sont-ils au Ciel ? Sont-ils au Purgatoire ? Hélas sont-ils en Enfer ? Nous ne savons pas.
Alors nous devons prier pour eux et le Bon Dieu se sert de ces prières pour ceux qui peuvent recevoir les mérites de ces prières, si les personnes pour lesquelles nous prions ne sont plus susceptibles de changer d’état ou de modifier leur état.
Par contre, ceux qui sont au Ciel, peuvent prier pour nous. Et c’est pourquoi nous devons souvent invoquer les saints du Ciel, invoquer particulièrement bien sûr Notre Seigneur, la très Sainte Vierge Marie, les saints les plus puissants, ceux pour lesquels nous avons une dévotion particulière, notre saint Patron, notre sainte Patronne, pour leur demander de venir à notre secours. Eux peuvent intercéder auprès de Notre Seigneur Jésus-Christ pour nous, pour nos âmes ; afin que nous progressions dans la perfection ; afin que nous nous préparions à ce moment si important, le moment le plus important de notre vie qui est notre mort. Pour que nous soyons prêts à aller les rejoindre là-haut dans l’éternité.
Voilà ce que nous enseigne la Sainte Église. Au moins les choses sont claires, simples, naturelles, bonnes pour nous, qui nous encouragent à marcher dans le chemin de la perfection. Et c’est pourquoi il est si profitable et je félicite tous ceux qui ici on déjà fréquenté les exercices spirituels de saint Ignace, qui ont fait des retraites, pour méditer sur nos fins dernières ; pour méditer sur ces magnifiques horizons que le Bon Dieu nous présente à l’occasion de sa Résurrection.
Tout ce que nous connaissons ici-bas n’est rien en comparaison de ce que nous connaîtrons si le Bon Dieu nous accueille dans son Paradis. C’est Saint Paul qui le dit : “Il n’y a aucune proportion entre ce que nous sommes ici et ce qu’il y a dans le Ciel”.
Alors, méditons ces choses et efforçons-nous de pouvoir être accueillis – je dirai – par les anges, comme les saintes Femmes ont été accueillies.
Voyez-vous la différence qu’il y a eu entre les gardiens du tombeau de Notre Seigneur et les saintes Femmes qui sont venues pour voir Notre Seigneur, les saints Anges eux-mêmes leur ont dit : “Vous, approchez, parce ce que nous savons que vous cherchez Jésus-Christ qui a été crucifié. Nous le savons. Alors, venez, venez voir là où il a été déposé”.
Les femmes étaient effrayées, le tremblement de terre, l’ange qui descend du Ciel, resplendissant de lumière et de splendeur, elles sont épouvantées ; elles se seraient bien enfuies aussi, comme les gardiens qui eux se sont enfuis, ont pris la fuite. Non, à elles, les anges ont dit : “non, nous savons que vous, vous cherchez Notre Seigneur Jésus-Christ”.
Puissions-nous aussi entendre : “Nous savons que vous, vous recherchez Notre Seigneur Jésus-
Christ”. Que nos saints Anges gardiens nous disent cela, lorsque nous arriverons à notre dernier moment. Lorsque le Bon Dieu nous appellera, puissions-nous être reçus comme cela par les anges et non pas nous enfuir et aller avec ceux qui sont avec le Prince du mensonge, comme l’ont fait ces pauvres soldats en allant trouver les Princes des prêtres.
Demandons à la très Sainte Vierge Marie de nous guider au cours de notre vie, pour qu’un jour nous puissions aller partager son bonheur dans le Ciel.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.