dimanche 21 juillet 2013

Quo Primum Tempore - Saint Pie V



Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 14 juillet 1570


Pie, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, pour Mémoire à la Postérité.


Dès le premier instant de Notre élévation au sommet de la Hiérarchie Apostolique, Nous avons tourné avec amour Notre esprit et Nos forces et dirigé toutes Nos pensées vers ce qui était de nature à conserver la pureté du culte de l'Église, et, avec l'aide de Dieu Lui-même, Nous nous sommes efforcé de le réaliser en plénitude, en y apportant tout Notre soin.


Comme parmi d'autres décisions du saint Concile de Trente, il nous incombait de décider de l'édition et de la réforme des livres sacrés, le Catéchisme, le Bréviaire et le Missel ; après avoir déjà, grâce à Dieu, édité le Catéchisme pour l'instruction du peuple, et pour qu'à Dieu soient rendues les louanges qui Lui sont dues, corrigé complètement le Bréviaire, pour que le Missel répondît au Bréviaire, ce qui est convenable et normal puisqu'il sied qu'il n'y ait dans l'Église de Dieu qu'une seule façon de psalmodier et un seul rite pour célébrer la Messe, il Nous apparaissait désormais nécessaire de penser le plus tôt possible à ce qui restait à faire dans ce domaine, à savoir : éditer le Missel lui-même.


C'est pourquoi Nous avons estimé devoir confier cette charge à des savants choisis ; et, de fait, ce sont eux qui, après avoir soigneusement rassemblé tous les manuscrits, non seulement les anciens de Notre Bibliothèque Vaticane, mais aussi d'autres recherchés de tous les côtés, corrigés et exempts d'altération, ainsi que les décisions des Anciens et les écrits d'auteurs estimés qui nous ont laissé des documents relatifs à l'organisation de ces mêmes rites, ont rétabli le Missel lui-même conformément à la règle antique et aux rites des Saints-Pères.


Une fois celui-ci révisé et corrigé, après mûre réflexion, afin que tous profitent de cette disposition et du travail que Nous avons entrepris, Nous avons ordonné qu'il fût imprimé à Rome le plus tôt possible, et qu'une fois imprimé, il fût publié, afin que les prêtres sachent quelles prières ils doivent utiliser, quels sont les rites et quelles sont les cérémonies qu'ils doivent conserver dorénavant dans la célébration des Messes.


Pour que tous accueillent partout et observent ce qui leur a été transmis par l'Église romaine, Mère et Maîtresse de toutes les autres Églises, et pour que par la suite et dans les temps à venir dans toutes les églises, patriarcales, cathédrales, collégiales et paroissiales de toutes les provinces de la Chrétienté, séculières ou de n'importe quels Ordres monastiques, tant d'hommes que de femmes, même d'Ordres militaires réguliers, et dans les églises et chapelles sans charge d'âmes dans lesquelles la célébration de la messe conventuelle à haute voix avec le Chœur, ou à voix basse selon le rite de l'Église romaine est de coutume ou d'obligation, on ne chante ou ne récite d'autres formules que celle conforme au Missel que Nous avons publié, même si ces églises ont obtenu une dispense quelconque, par un indult du Siège Apostolique, par le fait d'une coutume, d'un privilège ou même d'un serment, ou par une confirmation apostolique, ou sont dotées d'autres permissions quelconques ; à moins que depuis la première institution approuvée par le Siège Apostolique ou en vertu de la coutume, cette dernière ou l'institution elle-même aient été observées dans ces mêmes églises depuis deux cents ans au moins, d'une façon continue, pour la célébration des messes. Dans ce cas, Nous ne supprimons aucunement à ces églises leur institution ou coutume de célébrer la messe ; mais si ce Missel que Nous avons fait publier leur plaisait davantage, de l'avis de l'Évêque ou du Prélat, ou de l'ensemble du Chapitre, Nous permettons que, sans que quoi que ce soit y fasse obstacle, elles puissent célébrer la messe suivant celui-ci.


Par Notre présente constitution, qui est valable à perpétuité, Nous avons décidé et Nous ordonnons, sous peine de Notre malédiction, que pour toutes les autres églises précitées l’usage de leurs missels propres soit retiré et absolument et totalement rejeté, et que jamais rien ne soit ajouté, retranché ou modifié à Notre missel, que nous venons d’éditer.


Nous avons décidé rigoureusement pour l'ensemble et pour chacune des églises énumérées ci-dessus, pour les Patriarches, les Administrateurs et pour toutes autres personnes revêtues de quelque dignité ecclésiastique, fussent-ils même Cardinaux de la Sainte Église romaine ou eussent-ils tout autre grade ou prééminence quelconque, qu'ils devront, en vertu de la sainte obéissance, abandonner à l'avenir et rejeter entièrement tous les autres principes et rites, si anciens soient-ils, provenant des autres missels dont ils avaient jusqu'ici l'habitude de se servir, et qu'ils devront chanter ou dire la Messe suivant le rite, la manière et la règle que Nous enseignons par ce Missel et qu'ils ne pourront se permettre d'ajouter, dans la célébration de la Messe, d'autres cérémonies ou de réciter d'autres prières que celles contenues dans ce Missel.


Et même par les dispositions des présentes et au nom de notre autorité apostolique, Nous concédons et accordons que ce même missel pourra être suivi en totalité dans la messe chantée ou lue, dans quelque église que ce soit, sans aucun scrupule de conscience et sans encourir aucune punition, condamnation ou censure, et qu’on pourra valablement l’utiliser librement et licitement, et cela à perpétuité.


Et, d’une façon analogue, Nous avons décidé et déclarons que les supérieurs, administrateurs, chapelains et autres prêtres de quelque nom qu’ils seront désignés, ou les religieux de n’importe quel ordre, ne peuvent être tenus de célébrer la messe autrement que nous l’avons fixée, et que jamais et en aucun temps qui que ce soit ne pourra les contraindre et les forcer à laisser ce missel ou à abroger la présente instruction ou la modifier, mais qu’elle demeurera toujours en vigueur et valide, dans toute sa force, nonobstant les décisions antérieures et les constitutions et ordonnances apostoliques, et les constitutions générales ou spéciales émanant de conciles provinciaux et généraux, pas plus que l’usage des églises précitées confirmé par une prescription très ancienne et immémoriale, mais ne remontant pas à plus de deux cents ans, ni les décisions ou coutumes contraires, quelles qu’elles soient.

Nous voulons, au contraire, et Nous le décrétons avec la même autorité, qu'après la publication de Notre présente Constitution, ainsi que du Missel, tous les prêtres qui sont présents dans la Curie romaine soient tenus de chanter ou de dire la Messe selon ce Missel dans un délai d'un mois : ceux qui sont de ce côté des Alpes, au bout de trois mois : et enfin, ceux qui habitent de l'autre côté des montagnes, au bout de six mois ou dès que celui-ci leur sera offert à acheter.


Et pour qu'en tout lieu de la Terre il soit conservé sans corruption et exempt de fautes et d'erreurs, Nous interdisons par Notre autorité apostolique et par le contenu d'instructions semblables à la présente, à tous les imprimeurs domiciliés dans le domaine soumis directement ou indirectement à Notre autorité et à la sainte Église romaine, sous peine de confiscation des livres et d'une amende de deux cents ducats d'or à payer au Trésor Apostolique, et aux autres, domiciliés en quelque lieu du monde, sous peine d'excommunication et d'autres sanctions en Notre pouvoir, de se permettre en aucune manière ou de s'arroger le droit de l'imprimer ou de l'offrir, ou de l'accepter sans Notre permission ou une permission spéciale d'un Commissaire Apostolique qui doit être chargé par Nous de ce soin, et sans que ce Commissaire n'ait comparé avec le Missel imprimé à Rome, suivant la grande impression, un original destiné au même imprimeur pour lui servir de modèle pour ceux que ledit imprimeur doit imprimer, ni sans qu'on n'ait préalablement bien établi qu'il concorde avec ledit Missel et ne présente absolument aucune divergence par rapport à celui-ci.

Cependant, comme il serait difficile de transmettre la présente lettre en tous lieux de la Chrétienté et de la porter tout de suite à la connaissance de tous, Nous ordonnons de la publier et de l'afficher, suivant l'usage, à la Basilique du Prince des Apôtres et à la Chancellerie Apostolique, ainsi que sur le Champ de Flore, et d'imprimer aussi des exemplaires de cette même lettre signés de la main d'un notaire public et munis du sceau d'une personnalité revêtue d'une dignité ecclésiastique, auxquels on devra partout, chez tous les peuples et en tous lieux, accorder la même confiance absolument exempte de doute que si l'on montrait ou exposait la présente.


Qu’absolument personne, donc, ne puisse déroger à cette page qui exprime Notre permission, Notre décision, Notre ordonnance, Notre commandement, Notre précepte, Notre concession, Notre indult, Notre déclaration, Notre décret et Notre interdiction, ou n’ose témérairement aller à l’encontre de ses dispositions.


Si cependant quelqu’un se permettait une telle altération, qu’il sache qu’il encourrait l’indignation de Dieu tout-puissant et de ses bienheureux apôtres Pierre et Paul.


Donné à Rome, à Saint-Pierre, l'an mil cinq cent soixante dix de l'Incarnation du Seigneur, la veille des Ides de Juillet, en la cinquième année de Notre Pontificat.


Pie V, Pape

samedi 20 juillet 2013

Libéralisme Ch. 35 et 36


XXXV

Quels sont les bons, quels sont les mauvais journaux ; ce qu'il faut penser du bien qui se trouve dans les mauvais et du mal qui se trouve dans les bons.

Étant donné, d'une part, que le courant, bon ou mauvais, qui approuve ou condamne une chose, doit servir au simple fidèle de critère ordinaire et familier de vérité, pour se tenir à tout le moins en défiance et sur ses gardes ; étant donné, d'autre part, que les journaux sont le meilleur moyen de discerner ce courant, et qu'il faut, par conséquent, recourir à eux en plus d'une occasion, la question suivante se place ici d'elle-même : quels doivent être pour un catholique aujourd'hui les journaux qui méritent de sa part une véritable confiance ? Mieux : quels sont les journaux qui doivent lui inspirer très peu de confiance et ceux qui ne doivent lui en inspirer aucune ? Premièrement, il est clair (per se patet) que les journaux qui s'honorent (ou plus tôt se déshonorent) en se déclarant eux-mêmes libéraux et se considérant comme tels ne doivent nous en inspirer aucune en ce qui touche le libéralisme. Comment nous fier à eux ? Ils sont précisément les ennemis contre lesquels nous avons sans cesse à nous tenir en garde, contre lesquels nous avons constamment à guerroyer. Ce point est donc hors de toute discussion. Tout ce qui de nos jours, se décerne le titre de libéral l'est certainement, et par suite notre ennemi déclaré et celui de l'Église de Dieu. Il ne faut donc tenir aucun compte de ses recommandations ou de son approbation, si ce n'est pour tenir en suspicion tout ce qu'en religion il approuve ou recommande.

Il y a encore une classe de journaux, moins prompte à se démasquer et à se prononcer, qui aime à vivre dans l'ambiguïté, à demeurer dans les couleurs indéfinies et les teintes indécises. A toute heure elle se proclame catholique et par moments elle déteste et abomine le libéralisme, du moins à l'en croire sur parole. Les bons journaux qui en font partie sont généralement connus pour catholiques libéraux. De celle-là il faut se défier plus encore et ne point se laisser duper par ses momeries et son piétisme. Il est certain que, dans tous les cas difficiles, la tendance libérale l'emportera chez elle sur la tendance catholique, si fraternellement que toutes deux se promettent de vivre ensemble. Ce fait s'est toujours vu et logiquement il se produira toujours.

Le courant libéral est plus aisé à suivre, il est composé de plus de prosélytes, et plus sympathique à l'amour-propre. Le courant catholique est plus difficile en apparence, il compte moins de partisans et d'amis, exige que l'on navigue sans cesse contre l'impulsion naturelle et perverse des idées et des passions. Dans des cœurs incertains et vacillants comme ceux des libéraux, il est tout simple que ce courant catholique succombe et que le courant libéral prévale. Il n'y a donc pas lieu, dans les cas difficiles, de se fier à la presse catholique libérale. De plus, elle présente cet inconvénient que ses jugements ne servent pas autant que ceux de la presse libérale pour formuler la preuve contradictoire, par la raison très simple que son jugement n'est absolu et radical en rien, mais pour l'ordinaire ‘’opportuniste’’.

La bonne presse est la presse intégralement bonne, c'est-à-dire celle qui défend le bien dans ses bons principes et dans ses bonnes applications la plus opposée à tout mal reconnu comme tel, opposita per diametrum, comme dit saint Ignace dans le livre d'or de ses Exercices, la presse qui se tient sur la frontière opposée à celle de l'erreur et qui regarde toujours son ennemie en face ; non celle qui bivouaque une fois ou l'autre avec elle et ne s'oppose qu'à certaines de ses évolutions déterminées, celle qui est hostile au mal en tout, car c'est ‘’en tout ‘’que le mal est mal, même dans le bien qui peut par hasard l'accompagner quelquefois.

Nous ferons ici une observation dans le but d'expliquer notre dernière phrase qui paraîtra trop hardie à un grand nombre.

Les mauvais journaux peuvent parfois contenir quelque chose de bon. Que faut-il penser de ce bien que renferment quelquefois les mauvais journaux ? Il faut penser que ce bien ne les empêche pas d'être mauvais si leur doctrine ou nature intrinsèque est mauvaise. Dans la majeure partie des cas, ce bien est un artifice satanique pour recommander une feuille ou tout au moins dissimuler ce qu'elle porte en elle-même d'essentiellement mauvais. Quelques qualités accidentellement bonnes n'enlèvent pas à un être mauvais sa nature mauvaise. Un assassin et un voleur ne sont pas bons parce qu'un beau jour ils récitent un Ave Maria ou font l'aumône à un pauvre. Ils sont mauvais, malgré leurs œuvres bonnes, parce que l'ensemble essentiel de leurs actes est mauvais ainsi que leurs tendances habituelles. Et s'ils se servent du bien qu'ils accomplissent pour accréditer leur malice, il en résulte que, même ce qui en soi est ordinairement bon, devient mauvais par la fin qu'ils se proposent.

Au contraire, il arrive quelquefois que de bons journaux tombent dans telle ou telle erreur de doctrine, ou en quelques excès de passion, et font alors quelque chose que l'on ne peut effectivement approuver. Faut-il à cause de cela les déclarer mauvais, les réprouver comme tels ? Non, pour une raison inverse quoiqu'analogue. Le mal chez eux est accidentel, et le bien constitue leur substance et leur état ordinaire. Un ou plusieurs péchés ne rendent pas un homme mauvais surtout s'il proteste contre eux par le repentir et l'amendement. Celui-là seul est mauvais qui l'est en pleine connaissance de cause, habituellement, et proteste vouloir l'être. Les journalistes catholiques ne sont pas des anges, tant s'en faut, mais des hommes fragiles et de misérables pécheurs. Vouloir donc qu'on les condamne pour telle ou telle erreur, pour tel ou tel emportement ou excès, c'est avoir du bien et de la vertu une opinion pharisaïque et janséniste en désaccord avec tous les principes de saine morale. S'il fallait juger de cette manière, quelle institution serait bonne et digne d'estime dans l'Église de Dieu ?

Résumons-nous : il y a de bons et de mauvais journaux ; parmi ces derniers, il faut ranger ceux dont la doctrine est ambiguë et mal définie. Ce qui est mauvais ne devient pas bon parce qu'il se glisse en lui quelque bien, et ce qui est bon ne devient pas mauvais à cause de quelques défauts et même de quelques péchés qui s'y mêlent.

Le bon catholique qui jugera et agira loyalement d'après ces principes se trompera très rarement.

XXXVI

S'il est bon quelquefois que catholiques et libéraux s'unissent pour une fin commune, et dans quelle condition ?

Une autre question a souvent été agitée de nos jours. Elle se rapporte à l'union des catholiques et des libéraux moins avancés, dans le but commun de contenir la révolution radicale et déchaînée. Songe doré ou candide illusion chez quelques-uns ; chez d'autres, au contraire, piège perfide au moyen duquel ils ont prétendu paralyser nos forces et nous désunir, ce qu'ils ont en grande partie réalisé.

Que devons-nous penser de ces tentatives unionistes, nous qui voulons avant tout autre intérêt celui de notre sainte religion ?

En thèse générale nous devons penser que de pareilles unions ne sont ni bonnes ni recommandables. Cela se déduit tout naturellement des principes posés jusqu'ici. Le libéralisme, si modéré et si patelin qu'il se présente dans la forme, est par son essence en opposition directe et radicale avec le catholicisme. Les libéraux sont donc ennemis nés des catholiques, et ce n'est qu'accidentellement que les uns et les autres peuvent avoir des intérêts véritablement communs.

De ceci cependant il peut se présenter quelques cas très rares. Ainsi, l'union des forces intégralement catholiques avec celles du groupe le plus modéré du libéralisme contre la fraction la plus avancée des libéraux peut être utile en un cas donné. Quand cette union est réellement opportune il faut l'établir sur les bases suivantes :

1°- Ne jamais prendre pour point de départ la neutralité ou la conciliation entre principes et intérêts essentiellement opposés, comme le sont les principes et les intérêts des catholiques et des libéraux. Cette neutralité ou conciliation est condamnée par le Syllabus et par conséquent elle est une base fausse ; cette union est une trahison, c'est l'abandon du camp catholique par une partie de ceux qui sont tenus de le défendre. Qu'on ne dise donc pas : « Faisons abstraction des différences de doctrine et d'appréciations ». Cette lâche abdication des principes ne doit jamais avoir lieu. Il faut dire tout d'abord « malgré la radicale et essentielle opposition de principes et d'appréciations, etc. »

C'est ainsi qu'il importe de parler et d'agir, pour éviter la confusion des idées, le scandale des simples et le triomphe de l'ennemi.

2° - Bien moins encore faut-il accorder au groupe libéral l'honneur de nous enrôler sous sa bannière. Que chacun garde sa propre devise, ou vienne se ranger sous la nôtre quiconque veut lutter avec nous contre un ennemi commun. En d'autres termes : qu'ils s'unissent à nous, mais ne nous unissons jamais à eux. Habitués qu'ils sont à leur enseigne bigarrée il ne leur sera pas si difficile d'accepter nos couleurs ; pour nous qui voulons tout pur et sans mélange, cette confusion de drapeaux serait intolérable.

3° - Ne jamais croire qu'on a établi ainsi les bases d'une action constante et normale, elles ne peuvent l'être qu'en vue d'une action fortuite et passagère. Une action constante et normale ne s'établit qu'avec des éléments homogènes s'engrenant entre eux comme des rouages parfaitement combinés. Pour que des personnes de convictions radicalement opposées s'entendissent longtemps, des actes continuels d'héroïque vertu seraient nécessaires de part et d'autre. Or, l'héroïsme n'est pas chose ordinaire et d'un usage journalier. C'est donc exposer une œuvre à un lamentable insuccès, que de l'édifier sur la base d'opinions contraires, quel que soit d'ailleurs leur accord sur un point accidentel. Pour un acte transitoire de défense commune ou de commune attaque, un essai pareil de coalition de forces est très permis, il peut être louable et d'une grande utilité, pourvu toutefois qu'on n'oublie pas les autres conditions ou règles que nous avons déjà posées : elles sont d'une imprescriptible nécessité. En dehors de ces conditions, non seulement nous croyons que leur union avec les libéraux pour une entreprise quelconque n'est pas favorable aux catholiques, mais encore nous estimons qu'elle est véritablement préjudiciable. Au lieu d'augmenter les forces, comme il arrive quand on réunit des quantités homogènes, elle paralysera et annulera la vigueur de celles-là même qui auraient pu, isolées, faire quelque chose pour la défense de la vérité. Sans doute, un proverbe dit : « Malheur à qui va seul ». Mais il en est un autre démontré aussi vrai par l'expérience et nullement en contradiction avec lui, le voici : « Mieux vaut solitude que mauvaise compagnie ». Saint Thomas dit, croyons-nous, nous ne nous souvenons plus en quel endroit : Bona est unio, sed potior est unitas : « Bonne est l'union, meilleure est l'unité ». S'il faut sacrifier la véritable unité comme arrhes d'une union fictive et forcée, rien n'est gagné au change, et à notre humble avis beaucoup est perdu.

A l'appui de ces considérations, que l'on serait tenté de considérer comme de pures divagations théoriques, l'expérience ne montre que trop le résultat ordinaire de ces essais d'union. Leur résultat est toujours de rendre plus acerbes les luttes et les rancunes. Il n'y a pas un seul exemple de coalition de ce genre ayant servi à édifier et à consolider.

vendredi 19 juillet 2013

Les femmes en révoltes


Aujourd’hui nous allons paraître jouer aux bourreaux. Vous pouvez voir cela comme une personne qui a la gangrène prit à une jambe et qu’un médecin va la couper, au début cela paraît seulement cruel, mais à fin le médecin a réussi à sauver le corps entier pour un seul membre perdu.

Il y a une problématique que même certains prêtres ne veulent pas parler de peur de « froisser » quelques personnes et faire de la « discrimination » envers les familles aillant plus de filles que de garçon. Eh oui! Nous allons parler du fameux port de pantalon.

Cet écrit se fera de la part d’une femme à une autre, et même au jeune homme et mari. La question de l’importance de rester féminine et de ne pas devenir simplement féministe est grave. Certaine personne non même pas l’air de se rendre compte de ce trouble majeur.

Pour un petit aperçu, dans la bible il est clairement indiqué : « Une femme ne mettra point un vêtement d’homme, et un homme ne se servira point d’un vêtement de femme; car il est abominable devant Dieu, celui qui fait cela » Deutéronome  22 : 5

Pourquoi tant de femmes s’acharnent à laisser de côté sa féminité et tout ce qui fait son charme pour ressembler à un homme? La réponse est simple, la femme refuse d’être une femme et veut être « l’égale » de l’homme. Ce qu’elles oublient c’est qu’il n’y a aucune égalité, mais un complément. C’est du féminisme pur et simple de vouloir l’égalité entre les sexes. Pour une simple question « d’égalité » et de port de pantalon, la femme laisse tomber son rôle et la famille est maintenant démolie.

Nous savons que la femme révoltée a entraîné le monde à la perversité. Nous avons la fâcheuse impression de voir des filles d’Ève au lieu des filles de la Sainte Vierge Marie. La Sainte Vierge elle-même nous avertit à Fatima : « Il viendra des modes qui offenseront beaucoup mon Divin Fils. »

 

Plusieurs femmes diront qu’avoir une jupe ou une robe entraine des difficultés pour certaines activités. Oui, cela est vrai. Par contre, lesdites activités surtout celle qui sont un simple amusant peuvent très bien être remplacé par autre chose. Si ces activités ne se font pas en robe ou en jupe, alors très simplement, changer d’activité. Nous ne sommes pas sur terre pour avoir que ce que l’on désire.

 

Il ne faut pas oublier qu’autrefois (et même aujourd’hui) les femmes portaient leurs vêtements respectifs pour faire plusieurs choses.

 

Voici quelques images que j’ai trouvées représentant des femmes dans les années 1800 (où le pantalon d’homme n’était aucunement porté par les femmes) :

 

 Raquette, patin, luge…





guerre de balle de neige



 


Ce qui est amusant dans ces images c’est que cela se passe en hiver… Même le froid ne faisait pas peur à ces dames. Il ne faut pas oublier que faire de la bicyclette, du ski se fait très bien aussi.

Le jardin et les petits travaux d’extérieur, les travaux et corvées dans la maison, l’éducation des enfants, les courses au village ou à la ville ce font autant en jupes qu’en robe.

 

Sans compter le fait que les femmes ou jeunes filles portent les robes et jupes à l’Église, mais rendues à la maison elles se dévêtissent pour s’envelopper d’un « short » ou d’un pantalon ». Ce n’est pas seulement à l’Église que celles-ci doivent ressembler à des femmes, mais partout et en tout temps!

 

Le Cardinal Siri à donner trois aspects négatifs au pantalon dans son avertissement suivant : 

« 1 : Il modifie la mentalité des femmes : Refus de la féminité, rivalité avec l’homme.
2 : Il tend à vicier les rapports entre l’homme et la femme : Sans le frein de la pudeur, les relations entre l’homme et la femme sont entraînées vers la pure sensualité, à l’opposé de l’estime et du respect.

3 : Il détruit facilement la dignité d’une mère face à ses enfants : L’enfant ignore la définition de l’attentat à la pudeur, de la frivolité ou de l’infidélité ; mais il possède un sixième sens instinctif qui lui fait deviner toutes ces choses, qui l’en fait souffrir et qui en laisse son âme profondément blessée»

Dans un petit texte du Padre Pio à une personne en 1968 il dit : « Le sexe féminin est le sexe délicat. Son comportement extérieur devrait être empreint de délicatesse et d'amabilité; plus que le sexe masculin, il devrait être tout de pudeur, de réserve. Or, tout au contraire, par leur comportement, les femmes renversant l'ordre divin, pervertissent l'humanité, la société, la famille, l'innocence dont elles sont entourées.

O Femmes, n'encombrez pas les plages, excitant au péché par votre attitude! Vous troublez les yeux des hommes, sous prétexte de leur plaire.

Que votre modèle soit la beauté, la vertu et la candeur de la douce Vierge Céleste! Ne choisissez pas Satan, le corrupteur maudit et provocant! Ne parez pas votre corps à la légère! Ce corps qui deviendra un jour, même pour les croque-morts, un objet d'horreur. Vivez dans la prudence, le bon sen et non en insensées! »

Présentement nous avons aussi un autre danger. Nous voyons de plus en plus à la chapelle de Montréal (et d’ailleurs…) la « libéralisation » de la femme. Nous remarquons que plus le temps passe, plus les femmes et jeunes filles se « lâchent lousses » (laissent aller) pour la décence dans leurs vêtements. Les décolletés se font moins rares et les jupes ou robes rapetissent en longueur.

Auraient ont oublié les conseils de modesties chrétiennes ? La question se règle facilement quand nous nous regardons dans un miroir. « Est-ce que mon vêtement peut provoquer des regards ou des pensées impures ? » Oui ? Alors, jette cela à la poubelle !  Si le fait de s’assoir évoque une jupe courte ou se pencher évoque un énorme trou qui laisse voir la poitrine alors ces vêtements ne conviennent pas à des catholiques. Eh oui, c’est pratiquement une question de centimètres, contrairement à ce que l’abbé Wegner a dit à propos du vêtement. Ce sont des centimètres qui peuvent déterminer si vous vous dirigez vers l’enfer ou le ciel, par le fait d’être trop haut ou trop bas pour mettre le prochain ou soi-même en péché. Sinon mesdemoiselles et mesdames, apprenez à faire de la couture et à rajouter des pièces !

Libéralisme Ch. 33 et 34


XXXIII

Remèdes les plus efficaces et les plus opportuns qu'il convient d'appliquer aux populations dominées par le libéralisme

Nous en indiquerons quelques-uns :

1°- L'organisation de tous les bons catholiques qu'ils soient nombreux ou non. Dans chaque localité, il faut qu'ils se connaissent, se voient, s'unissent. Il ne doit pas y avoir aujourd'hui une cité, une bourgade catholique, qui n'ait son noyau d'hommes d'action. Cette organisation attire les indécis, donne du courage aux hésitants, fait contrepoids à l'influence du qu'en dira-t-on et rend chacun fort de la force de tous. Vous n'êtes qu'une douzaine d'hommes de cœur, n'importe : fondez une académie de la jeunesse catholique, une conférence ou du moins une confrérie. Mettez-vous aussitôt en relation avec la société analogue de la ville voisine ou de la capitale. Serrez-vous de la sorte dans toute la contrée, associations avec associations ; reformant à l'aide de vos boucliers la fameuse tortue que les légionnaires romains formaient en réunissant leurs boucliers ; ainsi unis, si peu nombreux que vous soyez, vous porterez haut la bannière d'une doctrine saine, pure, intransigeante, sans déguisement ni atténuation, sans pacte ni alliance avec l'ennemi. L'intransigeance courageuse offre un aspect noble, sympathique et chevaleresque. Il est beau de voir un homme battu comme un rocher par les flots et les vents rester debout, immobile, sans reculer. Bon exemple surtout, bon exemple constamment ! Prêchez par votre conduite, prêchez. Par elle en tout lieu. Vous verrez bientôt avec quelle facilité vous imposerez d'abord le respect, puis l'admiration et ensuite la sympathie. Les prosélytes ne vous manqueront pas. Oh ! si tous les bons catholiques comprenaient le brillant apostolat séculier qu'ils peu, exercer ainsi dans leurs villes respectives ! Unis au curé, attachés comme le lierre au mur paroissial, fermes comme son vieux clocher, ils peuvent défier tout orage et faire face à toute tempête ;

2° - Les bons journaux. Choisissez parmi les bons journaux celui qui est meilleur et qui s'adapte le mieux aux besoins et à l'intelligence des personnes qui vous entourent. Lisez-le, mais ne vous contentez pas de cela, donnez-le à lire, expliquez-le, commentez-le, qu'il soit votre base d'opération. Faites-vous correspondant de son administration ; occupez-vous de lui trouver des abonnés et de lui adresser les demandes d'abonnement, facilitez aux pauvres artisans et aux cultivateurs cette opération, la plus ennuyeuse de toutes pour eux. Donnez ce journal aux jeunes gens qui commencent leur carrière ; vantez sa forme littéraire, son style académique, sa verve et ses bons mots. Ils commencera par goûter la sauce et finiront par manger le poisson. C'est ainsi que travaille l'impiété, ainsi que nous devons travailler nous-mêmes. Un bon journal est une nécessité en ce siècle. Que l'on dise tout ce que l'on voudra de ses inconvénients, ils n'égaleront jamais ses avantages et ses bienfaits. Ils convient en outre, de favoriser la circulation de tout autre imprimé d'un caractère analogue, tels que brochure de circonstance, discours important, lettre pastorale énergique, etc, etc ;

L'école catholique. Où l'instituteur officiel est bon catholique et digne de confiance, appuyez-le de toutes vos forces ; où il ne l'est pas, efforcez-vous dans un langage net et franc de le discréditer. Un tel homme est le plus grand fléau de la localité. Il est nécessaire que tout le monde connaisse comme diable celui qui est diable, afin qu'on ne lui confie pas imprudemment le principal, c'est-à-dire l'éducation. Quand ce malheur arrive, qu'on cherche à établir école contre école, drapeau contre drapeau ; s'il y a moyen, qu'on appelle les religieux ; si c'est impossible, qu'on charge de cette bonne œuvre quelque laïque sûr. Que l'école soit gratuite, et qu'elle s'ouvre aux heures les plus commodes pour tous, le matin, l'après-midi ou le soir. Les jours de fête, que l'on y attire les enfants, par l'attrait des divertissements et d'un accueil amical. Qu'on leur dise carrément que l'autre école, celle du mauvais maître, est l'école de Satan. Un célèbre révolutionnaire, Danton, s'écriait continuellement : « De l'audace ! Encore de l'audace !, « notre cri constant doit être : «Franchise ! Franchise ! Lumière ! Lumière ! » Rien ne vaut mieux pour mettre en fuite ces larves de l'enfer qui ne peuvent séduire qu'à la faveur de l'obscurité.

 

XXXIV

Signe très apparent auquel on reconnaîtra facilement ce qui procède de l'esprit vraiment catholique, et ce qui procède de l'esprit entaché de libéralisme ou radicalement libéral

Passons à autre chose maintenant, à propos du mot obscurité qui termine notre chapitre précédent. L'obscurité est le grand auxiliaire de l'iniquité. Qui male agit odit lucem, a dit le Seigneur.

De là le soin continuel que prend l'hérésie de s'entourer de nuages. Il n'est pas bien difficile de découvrir l'ennemi qui se présente visière levée, ni de reconnaître pour libéraux ceux qui commencent par déclarer franchement qu'ils le sont. Mais cette franchise n'est pas ordinaire à la secte, aussi faut-il deviner l'ennemi sous son déguisement, et celui-ci est la plupart du temps excessivement habile et cauteleux. Ajoutons que le plus souvent l'œil qui doit le reconnaître n'est pas un œil de lynx ; il est donc indispensable de posséder un critère facile, simple, populaire pour discerner à chaque instant l'œuvre catholique de ce qui est l'infernal appeau du libéralisme.

Il arrive souvent qu'on annonce un projet, ou une entreprise, qu'on fonde une institution, et que le fidèle catholique ne parvient pas à discerner promptement s'il doit s'y associer ou s'y opposer de toutes ses forces. Ceci arrive surtout lorsque l'enfer pousse l'artifice jusqu'à se parer d'une ou de quelques-unes des couleurs les plus attrayantes de notre drapeau et en certaines occasions jusqu'à se servir de notre langage habituel. En pareil cas combien, hélas ! font le jeu de Satan, persuadés bonnement qu'ils s'emploient à une œuvre catholique Mais, dira-t-on, « chacun peut consulter l'Église dont la parole infaillible dissipe toute incertitude ». Très bien, mais l'autorité de l'Église ne saurait être consultée à tout moment et pour chaque cas particulier. L'Église a pour habitude d'établir sagement les principes généraux et les règles générales de conduite, abandonnant au jugement et à la prudence de chaque fidèle leur application aux mille et un cas concrets de chaque jour. Or, les cas de cette nature se présentant tous les jours, il faut les résoudre instantanément et comme en causant. Le journal qui paraît, l'association qui s'établit, la fête publique à laquelle on est convié, la souscription pour laquelle on demande de l'argent, tout cela peut être de Dieu ou du diable et ce qu'il y a de pire, cela peut être du diable en se présentant, comme nous l'avons dit, avec toute la gravité mystique et toute la tenue des choses de Dieu. Comment donc se diriger en de tels labyrinthes ?

Voici deux petites règles, d'un caractère très pratique, qui nous paraissent devoir servir à tout chrétien pour poser le pied avec assurance sur un terrain si glissant :

1°- observer soigneusement quelle classe de personnes lance l'affaire, telle est la première règle de prudence et de sens commun. Elle est fondée sur cette maxime du Sauveur : Un mauvais arbre ne peut donner de bons fruits. Il est évident que les libéraux sont naturellement portés à produire des écrits, des œuvres et des travaux libéraux, misérablement informés de l'esprit libéral, ou qui du moins en sont entachés. Il faut donc examiner quels sont les antécédents de la personne ou des personnes qui organisent ou initient l'œuvre en question. S'ils sont tels que vous ne puissiez avoir une confiance entière dans leurs doctrines, tenez-vous en garde contre toutes leurs entreprises. Ne les réprouvez pas immédiatement, car c'est un axiome de théologie que toutes les œuvres des infidèles ne sont pas péché, et cet axiome peut s'appliquer aux œuvres des libéraux. Mais, gardez-vous de les tenir immédiatement pour bonnes, méfiez-vous en, soumettez-les à un long examen, attendez leurs résultats.

2° - examiner le genre de personnes qui louent l'œuvre en question. Cette règle est encore plus sûre que la précédente. Il y a dans le monde actuel, au su de tous, deux courants parfaitement distincts : le courant catholique et le courant maçonnique ou libéral. Le premier est produit, ou plutôt réfléchi par la presse catholique, le second est réfléchi et matériellement produit chaque jour par les journaux révolutionnaires. Le premier s'inspire de Rome et le second des loges maçonniques. Annonce-t-on un livre ? Publie-t-on les bases d'un projet ? Voyez si le courant libéral les approuve, les recommande et les prend à son compte. Si oui, le livre et le projet sont jugés : ils lui appartiennent. Car il est évident que le libéralisme, ou le diable son inspirateur, distinguent sur-le-champ ce qui leur est dommageable ou leur est utile, et qu'ils ne sont pas si sots que d'aider à ce qui leur est opposé ou de s'opposer à ce qui favorise leurs desseins. Les partis et les sectes ont un instinct, une intuition particulière (olfactus mentis), selon l'expression d'un philosophe, qui leur révèle a priori ce qui leur est bon et ce qui leur est hostile. Défiez-vous donc de tout ce que les libéraux louent et vantent. Il est évident qu'ils ont reconnu que par sa nature ou par son origine, par les moyens qu'ils mettent en œuvre ou par sa fin, l'objet ainsi loué est favorable au libéralisme. L'instinct clairvoyant de la secte ne peut pas s'y tromper. Il est plus facile à un journal catholique de se laisser prendre à louer et à recommander une chose qui ne le mérite guère en elle-même, qu'à un journal libéral de faire l'éloge et de recommander comme sienne quelques-unes des œuvres qui sont encore sujettes à discussion. A vrai dire, nous nous fions plus à l'odorat de nos ennemis qu'à celui de nos propres frères. Certains scrupules de charité et l'habitude de bien penser du prochain, aveuglent quelquefois les bons jusqu'au point de leur laisser croire pour le moins à de bonnes intentions là où elles ne sont malheureusement pas. Il n'en est pas ainsi des méchants : ils tirent tout de suite à boulets rouges contre ce qui vient à l'encontre de leur manière de penser ; infatigables, ils battent la grosse caisse de la réclame en faveur de ce qui, par un côté ou par un autre, prête la main à leur néfaste propagande. Méfiez-vous donc de tout ce que vos ennemis prônent.

Nous avons recueilli dans un journal, les modestes vers suivants : ils pourraient être meilleurs mais non plus vrais.

Il s'agit du libéralisme :

Dit-il que oui ? C'est imposture.
Dit-il que non ? C'est vérité.
Ce qu'il appelle iniquité
Tu le tiendras pour vertu pure !
Tel que de son ire il poursuit,
Sois-en sûr est un honnête homme ;
Mais avec soin évite, en somme,
Quiconque est adulé par lui.
Si cela tu fais à propos
Bien tu le sauras mot pour mot.


Il nous semble que ces deux règles de sens commun, que nous pourrions appeler plus exactement de bon sens chrétien, suffisent sinon pour nous faire juger définitivement toute question, du moins pour nous empêcher de trébucher trop facilement contre les aspérités du terrain scabreux sur lequel nous marchons et luttons aujourd'hui. Le catholique de ce siècle ne doit jamais perdre de vue que le sol qu'il foule est miné de toutes parts par les sociétés secrètes, que ce sont elles qui donnent la note aux polémiques anticatholiques, elles que servent inconsciemment et très souvent encore ceux-là même qui détestent le plus leur travail infernal. La lutte actuelle est principalement souterraine et contre un ennemi invisible, qui se présente rarement avec sa véritable devise. Il faut donc plutôt le flairer que le voir, le deviner avec l'instinct que le montrer du doigt. Un bon flair et du sens pratique sont plus nécessaires ici que des raisonnements subtils et de laborieuses théories. Ces jumelles que nous recommandons à nos amis ne nous ont jamais induits en erreur.

mercredi 17 juillet 2013

La fausse humilité de "François"


Beaucoup d'entre nous ont eu un doute que l'humilité du pape Bergoglio n'était rien d'autre qu'une arme de propagande pour progressisme.

Maintenant, une confirmation dramatique fait surface: Le célèbre magazine Vanity Fair l’a placé sur la couverture de son édition italienne (10 Juillet 2013), ci-dessus, et choisi François "l'homme de l'année».

En tant que manifestation d'approbation en ce qui concerne la révolution que François effectue en tant que Pape, le magazine a affirmé: "Ses 100 premiers jours l’ont déjà placé dans la catégorie des leaders mondiaux qui font l'histoire mais la révolution continue.».

Parmi les célébrités consultées par Vanity Fair pour faire son choix il y avait Elton John, le chanteur anglais homosexuel "marié" à un autre homme depuis 2005. "François est un miracle d'humilité dans l'ère de la vanité», a déclaré Elton John. "Le pape semble vouloir que l'Église revienne aux anciennes valeurs du Christ et, en même temps,  la faire entrer dans le 21e siècle."

Il espérait que François serait «tendre la main à des enfants, des femmes et des hommes qui vivent avec le VIH et le SIDA - souvent seul et caché dans le silence."

Ainsi, après avoir été salué par les francs-maçons et les juifs, François est maintenant loué par l'un des magazines mondains les plus extravagants.

Il ne ressemble pas à un signe de fidélité au Christ, qui a déclaré que ses disciples seraient persécutés par le monde, qui semblent être une bonne indication de l'humilité, depuis quand les humbles de la terre gagnent des prix dans les foires mondaines de vanité.
 
traduction du site cathinfo.com

mardi 16 juillet 2013

Libéralisme Ch. 31 et 32


XXXI

Pentes par lesquelles un catholique glisse le plus ordinairement dans le libéralisme

Diverses sont les pentes par lesquelles le fidèle chrétien est entraîné dans l'erreur du libéralisme, et il importe grandement de les indiquer ici, tant pour comprendre par leur étude l'universalité de cette secte, que pour prémunir les imprudents contre ses pièges et ses dangers.

Très souvent la corruption du cœur est une suite des erreurs de l'intelligence ; mais, plus fréquemment encore, l'erreur de l'intelligence suit la corruption du cœur. L'histoire des hérésies démontre clairement ce fait. Leurs commencements présentent presque toujours le même caractère : c'est une blessure d'amour-propre ou un grief que l'on veut venger ; c'est une femme qui fait perdre à l'hérésiarque la cervelle et son âme, ou bien une bourse d'or pour laquelle il vend sa conscience. Presque toujours l'erreur tire son origine, non de profondes et laborieuses études, mais de ces trois têtes d'hydre que saint Jean signale et qu'il appelle : Concupiscentia carvis, concupiscentia oculorum, superbia vitae. C'est par là qu'on se précipite en toutes les erreurs, par là qu'on va au libéralisme ; étudions ces pentes dans leurs formes les plus ordinaires.

1° - L’homme devient libéral par suite d'un désir naturel d'indépendance et de vie facile.

Le libéralisme est nécessairement sympathique à la nature dépravée de l'homme, autant que le catholicisme lui est contraire dans son essence même.

Le libéralisme est émancipation, et le catholicisme est frein. Or, l'homme déchu aime par une certaine tendance très naturelle un système qui légitime et sanctifie l'orgueil de sa raison et les emportements de ses appétits, ce qui a fait dire à Tertullien : « L'âme, dans ses nobles aspirations, est naturellement chrétienne ». De même, on peut dire que : l'homme, par le vice de son origine, naît naturellement libéral. Il est donc logique que dès qu'il commence à comprendre que du libéralisme viendra toute protection pour ses caprices et ses débordements il se déclare libéral en bonne et due forme.

2°- Par l'envie de parvenir. Le libéralisme est aujourd'hui l'idée dominante ; il règne partout et principalement dans la sphère officielle. Il est donc une sûre recommandation pour faire son chemin.

A peine sorti du foyer paternel, le jeune homme jette un coup d'œil sur les diverses voies qui conduisent à la fortune, à la renommée, à la gloire et s'aperçoit qu'une condition essentielle pour parvenir, c'est d'être de son siècle, d'être libéral. Ne pas être libéral, c'est se créer à soi-même les plus infranchissables obstacles. Il lui faut donc de l'héroïsme pour résister au tentateur qui lui montre, comme à Jésus-Christ dans le désert, un splendide avenir en lui disant : haec omnia tibi dabo si cadens adoraveris me : « Tout cela je te le donnerai si, prosterné, tu m'adores. » Or, les héros sont rares, et il est naturel que la plupart des jeunes gens commencent leur carrière en s'affiliant au libéralisme. Ceci leur vaut des compliments dans les journaux, la recommanda¬tion de puissants protecteurs, la réputation d'hommes éclairés et de savants universels. Le pauvre ultramontain a besoin de cent fois plus de mérite pour se faire connaître et pour acquérir un nom ; or, la jeunesse est ordinairement peu scrupuleuse. Le libéralisme, d'ailleurs, est essentiellement favorable à la vie publique après laquelle cet âge soupire si ardemment. Il tient en perspective des députations, des commissions, des rédactions, etc., qui constituent l'organisme de la machine officielle. C'est donc une merveille de Dieu et de sa grâce qu'il se rencontre un seul jeune homme qui déteste un si perfide corrupteur.

3°- Par l'avarice. La spoliation de l'Église a été et continue à être une source principale de prosélytes pour le libéralisme. Cette inique spoliation fut décrété autant pour priver l'Église de ses moyens d'influence humaine, que pour procurer avec leur aide de fervents adeptes à la cause libérale. Les coryphées du libéralisme l'ont eux-mêmes confessé, lorsqu'ils ont été accusés d'avoir donné pour rien à leurs amis les riches possessions de l'Église. Et malheur à celui qui mange une fois le fruit de l'enclos d'autrui ! Un champ, un héritage de maisons qui ont appartenu au couvent ou à la paroisse et qui sont aujourd'hui aux mains de telle ou telle famille, l'enchaînent pour jamais au char du libéralisme. Dans la plupart des cas, il n'y a pas d'espérance probable que ni elle, ni même ses descendants renoncent à l'erreur libérale. Le démon révolutionnaire a su élever entre eux et la vérité cette infranchissable barrière. Nous avons vu de riches et influents cultivateurs, catholiques purs et fervents jusqu'en 1835 et depuis lors libéraux décidés et contumaces. En voulez-vous savoir la raison ? Regardez ces champs irrigués, ces terres à blé ou ces bois autrefois propriété du monastère. Par eux les cultivateurs dont nous parlons ont arrondi leur patrimoine, par eux ils ont vendu leur âme et leur famille à la révolution. La conversion de ces injustes possesseurs est moralement impossible. Tous les arguments de l'amitié, toutes les objurgations des missionnaires, tous les remords de la conscience viennent se briser contre la dureté de leur âme qui se retranche derrière ces acquisitions sacrilèges. C'est la désamortisation qui a fait et fait encore le libéralisme. Voilà la vérité.

Telles sont les causes ordinaires de perversion libérale, toutes les autres en découlent. Quiconque ne possède qu'une expérience moyenne du monde et du cœur humain pourrait à peine en signaler d'autres.

XXXII

Causes permanentes du libéralisme dans la société actuelle

Outre ces pentes par lesquelles on va au libéralisme, il y a ce que nous pourrions appeler ses causes permanentes dans la société actuelle et c'est dans ces causes que nous devons chercher les raisons pour lesquelles son extirpation offre tant de difficultés.

En premier lieu, les causes permanentes du libéralisme sont celles-là même que nous avons signalées comme pentes et déclivités qui nous y amènent. La philosophie nous apprend que communément « les choses se conservent et s'augmentent par les mêmes causes qui les ont produites. Per quae res gignitur per eamdem et servatur et augetur ». Nous pouvons toutefois, en dehors de ces causes, en signaler quelques autres d'un caractère spécial :

1° - la corruption des mœurs. La franc-maçonnerie l'a décrétée et son programme infernal s'accomplit à la lettre ; spectacles, livres, tableaux, mœurs publiques et privées, on s'efforce de tout saturer d'obscénité et d'impureté. Le résultat est infaillible : d'une génération corrompue sortira nécessairement une génération révolutionnaire. Ainsi s'explique le soin avec lequel le libéralisme lâche la bride à tous les excès d'immoralité. Il sait bien à quoi lui sert la corruption ; c'est son apôtre et son propagandiste naturel.

2° - le journalisme. L'influence exercée sans relâche par les si nombreuses publications périodiques que le libéralisme répand de toute part est incalculable. Si invraisemblable que cela paraisse, elles obligent aujourd'hui, bon gré, mal gré, le citoyen à vivre dans une atmosphère libérale. Le commerce, les arts, la littérature, la science, la politique, les nouvelles nationales et étrangères, tout arrive en quelque façon par le canal du libéralisme et tout, par conséquent, revêt une teinte libérale. De telle sorte que, sans y prendre garde on pense, on parle et on agit en libéral. Telle est la malsaine influence de l'air empoisonné que l'on respire ! Le pauvre peuple, à cause de sa bonne foi naturelle l'absorbe plus facilement que personne, il l'absorbe en vers, en prose, en gravure, sous forme sérieuse ou plaisante, sur la place publique, dans l'atelier, la campagne, partout. L'enseignement libéral s'est emparé de lui, et ne l'abandonne pas un instant. Son action est rendue encore plus pernicieuse par la condition particulière du disciple, comme nous allons le dire.

3° - l'ignorance presque générale en matière de religion. En environnant de toutes parts le peuple de maîtres trompeurs, le libéralisme s'est très habilement appliqué à rompre toutes ses communications avec celui qui seul pouvait lui découvrir l'imposture, c'est-à-dire avec l'Église. Il y a cent ans que tous les efforts du libéralisme tendent à paralyser l'Église, à la rendre muette, à ne lui laisser tout au plus qu'un caractère officiel, à lui interdire tout contact avec le peuple. Tel a été, les libéraux eux-mêmes l'ont avoué, le but qu'on s'est proposé dans la destruction des couvents et des monastères, dans les entraves mises à l'enseignement catholique, dans l'acharnement avec lequel on travaille à ridiculiser le clergé et à lui ôter son prestige. L'Église se voit ceinte de liens artificieusement disposés de façon à lui rendre impossible toute opposition à la marche envahissante du libéralisme. Les concordats, tels qu'ils s'observent aujourd'hui chez presque tous les peuples, sont autant de carcans qui lui serrent la gorge et paralysent ses mouvements. Entre le peuple et le clergé, on a creusé et on creuse encore tous les jours davantage un abîme de haines, de préjugés et de calomnies. C'est au point qu'une partie de notre nation, chrétienne par le baptême, ne connaît pas plus sa religion que celle de Mahomet ou de Confucius. On s'efforce en outre de lui éviter toute relation obligatoire avec la paroisse, par l'institution du registre civil du mariage civil, de la sépulture civile ; le but évident de ces mesures est de l'amener à la rupture de tout lien entre l'Église et lui. C'est un programme séparatiste complet. Dans son unité de principe, de moyens et de fin, il est facile de reconnaître la main de Satan.

Il y aurait encore d'autres causes à noter. Mais les limites de cet ouvrage ne le permettent pas, et toutes, d'ailleurs, ne pourraient se dire ici.

Libéralisme Ch. 29 et 30


XXIX

Quelle conduite doit observer le bon catholique avec les ministres de Dieu ainsi infectés de libéralisme ?

Voilà qui est bien, dira quelqu'un. Tout ceci est très facile à comprendre, et il suffit d'avoir quelque peu feuilleté l'histoire pour s'en convaincre. Mais, le côté délicat et épineux est de tracer la conduite que doit tenir avec les ecclésiastiques dévoyés, le fidèle laïque, aussi saintement jaloux de la pureté de sa foi que des droits légitimes de l'autorité.

Il est indispensable ici d'établir diverses distinctions et classifications et de répondre différemment à chacune d'elles.

1° - Il peut arriver qu'un ministre de l'Église soit publiquement condamné par elle comme libéral; dans ce cas il suffira de se souvenir que tout fidèle ecclésiastique ou laïque que l'Église sépare de son sein, cesse d'être catholique quant au droit d'être tenu pour tel, tant que, par une véritable rétractation et un formel repentir, il ne s'est pas fait réintégrer dans la communion des fidèles. Lorsqu'il en est ainsi d'un ministre de l'Église, c'est un loup ; il cesse d'être un pasteur et même une brebis. Il faut l'éviter, et surtout prier pour lui.

2° - Il peut se présenter le cas d'un ministre tombé dans l'hérésie sans être officiellement déclaré coupable par l'Église, il convient alors d'user d'une grande circonspection. Un ministre de l'Église, tombé dans une erreur contre la foi ne peut être officiellement discrédité que par le chef hiérarchique, ayant juridiction sur lui. Toutefois, sur le terrain de la polémique purement scientifique, on peut l'attaquer pour ses erreurs et l'en convaincre, laissant toujours le dernier mot ou la sentence définitive à l'autorité seule infaillible du maître universel. La grande règle, la seule règle en ces matières, dirions-nous volontiers, c'est la pratique constante de l'Église de Dieu, suivant cet adage d'u saint Père. Quod semper, quod ubique, quod ab omnibus. Eh bien ! Voici comment l'on a toujours procédé dans l'Église de Dieu. De simples fidèles ont remarqué chez un ecclésiastique des doctrines opposées à celles communément enseignées comme exclusivement bonnes et vraies ; contre elles ils ont poussé le cri d'alarme dans leurs livres, de vive voix et dans leurs brochures, réclamant ainsi du magistère infaillible de Rome la sentence décisive. Ce sont les aboiements du chien qui avertissent le berger. A peine s'il y a eu dans le catholicisme une hérésie qui n'ait point été démasquée et confondue tout d'abord de cette façon.

3° - Le cas peut se présenter où le malheureux dévoyé soit un ministre de l'Église auquel nous sommes particulièrement subordonnés. Il est nécessaire alors de procéder avec plus de mesure et de discrétion encore. Il faut respecter en lui l'autorité divine jusqu'à ce que l'Église l'en déclare dépouiller. Si l'erreur est douteuse, il faut appeler sur elle l'attention des supérieurs immédiats, afin qu'ils demandent à celui qui en est soupçonné des explications nettes et claires. L'erreur est-elle évidente, il n'est pas néanmoins permis de se mettre immédiatement en révolte ouverte, et il faut se contenter d'une résistance passive à cette autorité, sur les points où elle se met manifestement en contradiction avec les doctrines reconnues pour saines dans l'Église. On doit conserver pour elle le respect extérieur qui lui est dû, lui obéir en tout ce qui n'est pas d'un enseignement condamné ni nuisible ; et lui résister pacifiquement et respectueusement en tout ce qui s'écarte du sentiment commun catholique.

4° - Il peut encore arriver (c'est le cas le plus fréquent), que l'erreur d'un ministre de l'Église porte moins sur des points de la doctrine catholique, que sur certaines appréciations de faits et de personnes ; appréciations plus ou moins liées avec elle. Dans ce cas, la prudence chrétienne conseille de tenir en prévention ce prêtre entaché, de préférer à ses avis ceux des prêtres qui n'ont pas de pareilles taches, et de se souvenir de cette maxime du Sauveur : « Un peu de levain fait fermenter toute la masse ». En conséquence, la règle à ce propos, sûre entre toutes, est ici de se tenir en une prudente défiance. Enfin, en ceci comme en tout autre chose, il faut demander à Dieu ses lumières, aux personnes dignes et d'une foi intègre leurs conseils, nous tenant toujours sur la plus grande réserve avec quiconque ne juge pas sainement des erreurs du jour, ou ne se prononce pas clairement contre elles.

Voilà tout ce que nous pouvons dire sur ce sujet, hérissé d'innombrables difficultés qu'il est impossible de résoudre en thèse générale. N'oublions pas une observation d'où jaillissent des torrents de lumière. On connaît mieux l'homme par ses affections personnelles que par ses paroles et ses écrits. Être l'ami des libéraux, mendier leurs faveurs et leurs louanges est, régulièrement parlant, pour un prêtre, une preuve plus que douteuse d'orthodoxie doctrinale.

Que nos amis fixent leur attention sur ce phénomène moral, ils verront combien est sûre la règle, combien infaillible le critère qu'ils en tireront.

XXX

Que faut-il penser des relations que le Pape entretient avec les gouvernements et les personnages libéraux ?

Mais alors, s'écriera-t-on, que devons-nous penser des relations et des amitiés que l'Église entretient avec les gouvernements et les personnages libéraux, ou, ce qui revient au même, avec le libéralisme.

Réponse.

Nous devons estimer que ce sont là des relations et amitiés officielles : rien de plus. Ces relations ne supposent aucune affection particulière pour les personnes qui en sont l'objet, bien moins l'approbation de leurs actes et infiniment moins encore l'adhésion à leurs doctrines ou leur approbation. Ceci est un point qu'il convient d'éclaircir, puisque c'est là-dessus que les sectaires du libéralisme dressent un grand appareil de théologie libérale pour combattre la sainte intransigeance catholique.

Il convient d'abord de faire remarquer qu'il y a deux ministères dans l'Église de Dieu : un que nous appellerons apostolique, relatif à la propagation de la foi et au salut des âmes, l'autre que nous pourrions très bien nommé diplomatique, ayant pour sujet les relations humaines avec les pouvoirs de la terre.

Le premier est le plus noble : c'est à proprement parler le principal et essentiel. Le second est inférieur et subordonné au premier, dont il est uniquement l'auxiliaire. Dans le premier l'Église est intolérante et intransigeante ; elle va droit à sa fin, et rompt plutôt que de plier : Frangi non flecti. Voyez plutôt l'histoire de ses persécutions. Il s'agit de droits divins et de devoirs divins, par conséquent il n'y a là ni atténuation ni transaction possible. Dans le second ministère, l'Église est condescendante, bienveillante et pleine de patience. Elle discute, elle sollicite, elle négocie, elle donne des louanges dans le but d'adoucir, elle se tait quelquefois pour mieux réussir, recule, se semble, mais pour mieux avancer et pour tirer bientôt un meilleur parti de la situation. Dans cet ordre de relations sa devise pourrait être : flecti non frangi. Il s'agit ici de relations humaines, elles comportent par suite une certaine flexibilité et admettent l'usage de ressorts spéciaux.

Sur ce terrain tout ce qui n'est pas déclaré mauvais et défendu par la loi commune dans les relations ordinaires entre les hommes est licite et bon. Plus clairement : l'Église croit pouvoir se servir et se sert en effet dans cette sphère de toutes les ressources d'une ‘’honnête diplomatie’’.

Qui osera lui faire un reproche soit de ce qu'elle accrédite des ambassadeurs auprès de gouvernements mauvais et même de princes infidèles et en accepte de leur part, soit de ce qu'elle leur fasse ou reçoive d'eux des présents, des politesses et des honneurs diplomatiques, de ce qu'elle offre des distinctions, des titres, des décorations à leurs représentants, de ce qu'elle honore leurs famille, par de courtoises et gracieuses manières de parler et rehausse leurs fêtes par la présence de ses légats ?

Mais voilà qu'aussitôt les sots et les libéraux nous viennent à l'encontre : « Eh ! pourquoi devrions-nous détester le libéralisme et combattre les gouvernements libéraux, puisque le Pape traite avec eux, les reconnaît, et les comble de distinctions ? » Méchants ou bornés ! L'un et l'autre à la fois peut-être, écoutez cette comparaison et jugez ensuite. Père de famille, vous avez cinq ou six filles que vous élevez dans la plus rigoureuse honnêteté. En face de votre maison ou simplement séparées de vous par un mur mitoyen, vivent des créatures infâmes Vous recommandez sans cesse à vos filles de n'avoir aucune relation avec ces femmes de mauvaise vie. Vous leur défendez même de les regarder et de les saluer. Vous voulez qu'elles les tiennent pour perverses et corrompues, qu’elles abhorrent leur conduite et leurs idées, prennent soin de ne leur ressembler en rien, ni par leur langage, ni par leurs œuvres, ni par leurs toilettes. Vos filles bonnes et dociles ont le devoir évident de suivre vos ordres qui sont ceux d'un père de famille prudent et avisé. Mais voilà qu'un différend s'élève entre vous et ce voisinage sur un point d'intérêt commun. Une confrontation de limites ou une conduite d'eau par exemple, et vous, père de famille honorable, vous êtes tenu, tout en demeurant honorable, d'entrer en pourparlers avec une de ces créatures infâmes sans que pour cela elle cesse d'être infâme, ou tout au moins avec quelqu'un qui la représente. Vous devez traiter de cette affaire et avoir des entrevues. Vous vous parlez et usez l'un envers l'autre des formules de courtoisie en usage dans la société et cherchez à vous entendre et à conclure un accord sur la question en litige.

Vos filles auraient-elles raison de s'écrier tout aussitôt : « Puisque notre père est entré en relations avec nos voisines de mauvaise vie, c'est qu'elles ne sont pas aussi mauvaises qu'il le prétend. Nous pourrons donc, nous aussi, avoir des rapports avec elles, leur supposer de bonnes mœurs, trouver leur toilettes modestes, louable et honorable leur manière de vivre ».

Voyons, est-ce que vos filles ne parleraient pas comme des sottes en tenant ce langage ? Appliquons maintenant la parabole ou comparaison.

L'Église est la famille des gens de bien (ou qui devraient l'être et qu'elle désire tels), mais elle est entourée de gouvernements plus ou moins pervers ou entièrement pervertis. Elle dit donc à ses enfants : « Détestez les maximes de ces gouvernements ; combattez-les ; leur doctrine n'est qu'erreur, leurs lois ne sont qu'iniquité ». Toutefois, et en même temps, dans des questions où sont engagés ses intérêts propres et parfois les leurs, elle se trouve dans la nécessité de traiter avec les chefs ou représentants de ces mauvais gouvernements, et, de fait, elle traite avec eux, reçoit leurs compliments, et use envers eux des formules d'urbanité diplomatique en usage dans tous pays, pactise avec eux sur des sujets d'intérêt commun, s'efforçant de tirer le meilleur parti possible de sa situation au milieu de pareils voisins. Agir ainsi, est-ce mal ? Non, sans aucun doute. Mais n'est-il pas ridicule qu'un catholique se prévalant aussitôt de cette conduite nous la présente comme la sanction des doctrines que l'Église ne cesse de condamner, et comme l'approbation d'actes qu'elle ne cesse de combattre ?

Voyons, est-ce que l'Église sanctionne le Coran, en traitant de puissance à puissance avec les sectateurs du Coran ? Approuve-t-elle la polygamie parce qu'elle reçoit les présents et les ambassades du Grand-Turc ? Eh bien ! c'est de la même façon que l'Église approuve le libéralisme, quand elle décore ses rois ou ses ministres, quand elle leur envoie ses bénédictions, simples formules de courtoisie chrétienne que le pape accorde même aux protestants. C'est un sophisme que de prétendre que l'Église autorise par de tels actes ce que par d'autres actes elle ne cesse de condamner. Son ministère diplomatique n'annule pas son ministère apostolique ; et c'est dans ce dernier qu'il faut chercher l'explication des contradictions apparentes de son ministère diplomatique.

Ainsi se comporte le pape avec les chefs des nations, ainsi l'évêque avec ceux du diocèse, ainsi le curé avec ceux de la paroisse. Chacun sait jusqu'où vont ces relations officielles et diplomatiques et quel en est le véritable sens, seuls les malheureux sectaires du libéralisme et ceux qui en sont entachés l'ignorent ou feignent de l'ignorer.